C’est une équipe pluridisciplinaire qui a remporté l’appel à projet ouvert aux experts du monde entier lancé l’an dernier par la maison Hennessy avec pour objectif « de trouver des solutions appliquées » au problème des maladies du bois de la vigne. Présidé par Yann Fillioux, maître-assembleur de la maison de Cognac, le comité d’évaluation composé de douze personnalités viticoles représentant différentes parties prenantes de la problématique (organismes de recherche, interprofession, viticulture) a choisi, parmi vingt-trois dossiers arborant treize nationalités différentes, l’unité mixte de recherche INRA-Bordeaux Sciences Agro « Santé et agroécologie du vignoble ». Rattachée au département scientifique « Santé des plantes et environnement », cette unité fait partie de l’Institut des sciences de la vigne et du vin qui intègre l’ensemble des équipes de recherche en œnologie et viticulture de Bordeaux.

Budget inédit pour un programme de recherche viticole financé par des fonds privés, la dotation de 600 000 euros sur trois ans dont bénéficieront les chercheurs témoigne de la mobilisation de longue date de la maison Hennessy sur ces problématiques viticoles. Elle était déjà sur le front lors de la crise du phylloxera à la fin du XIXe siècle, « ce fléau qui semblait incontrôlable » et a finalement pu être canalisé grâce à la persévérance de chercheurs et d’investisseurs. « Aujourd’hui, Hennessy fait à nouveau le choix de l’engagement aux côtés du vignoble charentais avec la volonté de se mettre au service de l’ensemble de la filière, en complément des programmes institutionnels » (en apprendre plus ici sur les maladies du bois de la vigne).

Après une première sélection, et une incitation au regroupement de sujets similaires ou complémentaires, sept projets, « initiant pour certains des collaborations scientifiques inédites », ont été retenus en mai dernier. Les experts du comité les ont ensuite analysés avec précision en apportant une attention particulière à différents critères au rang desquels figuraient l’équilibre « entre acquisition de connaissances fondamentales et dimension applicative » et le transfert possible des résultats auprès du monde viticole. Bernard Peillon, le président de la maison Hennessy, précise que « la recherche ne peut évidemment pas garantir de résultats certains, mais la Maison se veut force d’entrainement et d’optimisme. Ce mal viticole n’est pas incurable, nous pouvons le vaincre si nous nous donnons les moyens de l’inventivité et de la confiance. Puisse cette initiative essaimer. »

L’équipe à l’expertise reconnue, ouverte à une large collaboration nationale et internationale*, qui a remporté cet appel à projets est issue du regroupement de deux pré-dossiers. L’unité mixte de recherche « Santé et agroécologie du vignoble » a privilégié une approche systémique, alliant recherche fondamentale et appliquée, visant à diffuser, via une plateforme innovante de communication, des solutions pratiques à court et moyen terme. Après avoir désigné ce projet, le comité va encadrer les trois années de recherche afin de veiller à l’obtention de résultats.

* En France, l’unité de recherche Œnologie de l’ISVV, l’UP en économie GAIA (unité Propre Gouvernance des coopératives agricoles, des territoires, de l’environnement et des marchés), l’Institut français de la vigne et du vin, l’université Reims Champagne Ardennes, les pépinières Mercier Frères, l’unité mixte de recherche Agroécologie, l’unité mixte de recherche Bioger. A l’international, l’Austrian Institute of Technology, l’université du Chili, l’université de Debrecen (Hongrie), l’université de Florence (Italie), l’université de Stellenbosch (Afrique du Sud), l’USDA (Californie), la Technische Universität Muenchen (Allemagne) et VITEC (Espagne).

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