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Vins d’Autriche en chiffres

2 196 hectares
900 producteurs
25 % à l’export

Gumpoldskirchen : jadis, son vin blanc concocté par la coopérative était le plus exporté d’Autriche. Aujourd’hui, le vignoble offre autant de vins blancs que de rouges, un bel équilibre rare dans le pays (qui produit surtout du blanc) avec de part et d’autre, des cépages passionnants. Thermenregion fait partie des seize “régions” productrices de “Qualitätswein”. Parmi ces dernières, neuf seulement sont Districtus Austriae Controllatus (DAC), au cahier des charges plus sévère, l’équivalent de nos AOP. Mais pas Thermenregion, qui traîne des pieds. Les vignerons n’en finissent pas de se tâter pour savoir si oui ou non, elle serait nécessaire. Car pour faire ce choix, ils devront trancher pour un ou deux cépages maximum, comme le grüner-veltliner et le riesling à Kamptal et Kremstal, au lieu de bénéficier des trente-cinq cépages autorisés. Or l’intérêt de cette région réside justement dans sa belle palette de cépages, « même s’il est vrai que nous avons trop de vins sur la liste, une habitude qui nous vient des Heuriger » fait remarquer un vigneron. Inconnue à l’export, Thermenregion est une pépite pour les amateurs de découvertes et de vins originaux. Le nord de la région, avec ses sols calcaires et de coquillages, est propice au blanc. Le rotgipfler et le zierfandel sont les deux têtes de pont, plantées seulement à une centaine d’hectares chacune. Difficile de tirer toute une appellation avec si peu de volume. Le rotgipfler est un croisement naturel entre le roter veltliner et le traminer. Il n’est pas facile à presser et nécessite des macérations à froid avant le pressurage. Il reste toutefois plus facile à cultiver que le zierfandler (ou spätrot, qui veut dire rouge tardif), un autre croisement du même style, particulièrement tardif, ramassé à la même époque que le riesling et le cabernet-sauvignon. Les vignerons ont pour habitude de les assembler.

Le rotgipfler apporte l’élégance, le zierfandler la structure acide. Ils sont aussi intéressants en secs qu’en liquoreux, offrant une profondeur et un bouquet rarement trouvables ailleurs. Pour Johannes Reinisch, producteur à Tattendorf dans le sud, le saint-laurent est en rouge ce que le rotgipfler est en blanc, un pilier de la région. C’est l’endroit du monde on en trouve le plus, avec près de 800 hectares, alors que son lieu de naissance serait l’Alsace où l’ampélographe Johann Philipp Bronner, lui-même originaire du pays de Bade en Allemagne, l’aurait remarqué. Planté en 1950 en Autriche par le monastère Stift Klosterneuburg, au nord de Vienne, il change de couleur (véraison) autour de la Saint-Laurent, le 10 août. Sensible aux gels tardifs en saison, à cause de son débourrement précoce, il offre aussi des rendements irréguliers. Bref, ce n’est pas un cépage facile mais dans le verre, il vaut le détour. On retrouve le côté syrah dans les années chaudes et la légèreté du pinot noir dans les années fraîches. Le zweigelt aussi se plaît dans la Thermenregion, où il couvre 275 hectares. Créé par Fritz Zweigelt à l’Institut de Klosterneuburg, ce cépage précoce et peu sensible aux maladies est tout l’inverse du saint-laurent. Il est indifférent aux gelées et offre de gros rendements. Il donne un vin rouge léger, aux notes épicées, légèrement âpre, idéal pour les barbecues d’été. Enfin, la Thermenregion a son petit trésor. C’est pourquoi les Autrichiens la surnomment “la Bourgogne autrichienne”. Ses pinots noirs, cultivés sur des sols calcaires adaptés, remontent aux moines cisterciens de Cluny qui ont apporté des plants. Ici, les vignerons le cultivent avec précision, curiosité, un intérêt évident. Ils essaient des clones de différentes origines, Autriche, Allemagne, Suisse, France. La version française montre des grains plus petits, plus compacts. Johannes Reinisch en cultive lui-même dix différents, de Geisenheim, Freiburg, Nuits-Saint-Georges… Dans le verre, chaque producteur offre un style à lui, celui de Heinrich Hartl étant particulièrement réussi.

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