Passage de relais et petite annonce

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© Jean-Yves Bardin

L’un réalise un rêve, l’autre transmet « avec quiétude » l’œuvre de sa vie. Le premier, Ivan Massonnat, est un “nouveau-venu” qui détient depuis douze ans une maison aux environs de Chinon et a « développé une véritable passion pour le Val de Loire. » Le second, c’est Jo Pithon, vigneron installé en Anjou depuis 1978 qui a notamment contribué à la reconnaissance des vins blancs secs issus de terroirs jusque-là connus pour les liquoreux. L’un des gestes les plus notables de ce défenseur de la première heure d’une idée de la viticulture qui connaît depuis de plus en plus d’adeptes (sols vivants, agriculture bio, vins sans artifices, cuvées parcellaires) a été de ressusciter un coteau situé en surplomb du Layon abandonné depuis quarante ans. Après avoir racheté soixante-dix parcelles à vingt-cinq propriétaires différents, Jo Pithon a défriché et replanté un patrimoine viticole de sept hectares orientés plein sud, vierge de toute chimie, aujourd’hui reconnu comme l’un des plus beaux terroirs de l’Anjou.

C’est sur cette base qu’Ivan Massonat s’apprête à constituer un domaine de vingt-cinq hectares conduits en biodynamie avec « pour objectif de façonner des grands vins de gastronomie, secs et liquoreux », faits pour la garde et exprimant toutes la diversité des sols de l’Anjou noir. «J’inscris mon projet sur le très long terme, et donc je tiens à perpétuer cette noble tradition des liquoreux, reconnus depuis toujours parmi les plus grands de France. Ces cuvées magiques ont traversé les siècles et trouveront demain de nouveaux débouchés, j’en suis convaincu. » En même temps que le domaine Pithon-Paillé et son fameux coteau des Treilles (en image ci-dessus), il achète dix hectares en appellation quart-de-chaume grand cru et six sur l’autre rive du Layon. A terme, ce domaine disposant de vignes en AOC quarts-de-chaume, coteaux-du-layon 1er cru Chaume, savennières et anjou devrait produire entre 60 et 100 000 bouteilles.

De la mosaïque de terroirs “à la bourguignonne” à la promotion de l’Anjou et du chenin blanc (via un soutien à des initiatives collectives telles que la Paulée de l’Anjou noir qui se tiendra le 2 juillet prochain ou le congrès international du chenin programmé en 2019), c’est dans le respect des méthodes et valeurs de Jo Pithon qu’Ivan Massonnat s’apprête à prendre la tête d’une propriété dont le nom n’a pas encore été trouvé mais dont les projets de restructuration sont arrêtés et prévoient de porter « une attention particulière au matériel végétal (sélections massales, greffe anglaise, etc.). » Pour le moment, les deux hommes recherchent un vigneron ou une vigneronne « en amour avec le chenin » pour compléter l’équipe existante. Une recrue qui bénéficiera de l’accompagnement de Jo Pithon dans les premières années. Pour les contacter, rendez-vous sur leur site, évidemment baptisé we love chenin.

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