Monthélie ou Monthelie sans accent, les deux orthographes coexistent, prolonge directement le vignoble de Volnay avec des sols un peu plus maigres et plus froids qui souvent conviendraient mieux au chardonnay qu’au pinot noir. Les vins rouges, depuis la création des AOC, sont plus recherchés. Leur notoriété était d’ailleurs plus grande en 1936 qu’aujourd’hui parce que les négociants achetaient les vins pour réussir leurs cuvées de volnay ou de pommard. Ces mêmes négociants ont contribué à la perte de prestige du nom, il leur fallait, il le faut toujours, des vins d’entrée de gamme à prix raisonnable qui, par définition, n’intéressent pas l’amateur riche ou snob.

Jacques Lardière, le charismatique vinificateur des vins Louis Jadot pendant quarante ans, ne m’a jamais caché son attirance pour les vins de ce village où il s’approvisionnait aux meilleures sources. Mais il les soumettait à sa vision de vinificateur aimant les vins charnus se développant lentement, mais sûrement, avec l’âge, des tannins « mortifiés » comme il les appelait, c’est-à-dire ayant perdu une sorte de rusticité immédiate, une saveur plus automnale que printanière. Le millésime 1990 à haute maturité du raisin lui a parfaitement convenu. À trente ans, le vin a conservé toute sa chair et développe un bouquet généreux rappelant la prune cuite et les épices douces sans la complexité et la longueur aristocratique des meilleurs volnays, sans la dilution de tant de cuvées beaucoup plus célèbres et coûteuses de côtes-de-nuits dans la même année. Il tient parfaitement 24 heures en bouteille et développe même davantage son vrai caractère.

Louis Jadot, monthelie 1990

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