Pérennité

On le répète depuis longtemps maintenant, mais certains font comme s’ils n’entendaient toujours pas : acheter une bouteille de vin constitue un choix individuel et délibéré et non plus une habitude de consommation. L’époque où la ménagère revenait invariablement de ses courses avec une, deux ou six bouteilles de rouge est terminée. Celle où son mari s’installait au comptoir du bistrot en disant d’un ton décidé « patron, un p’tit ballon de côtes ! » l’est tout autant. Et celle où le médecin du couple empilait chaque année dans sa cave des caisses de bon bordeaux, itou. Faut-il regretter ces temps révolus ? Bien sûr que non. L’époque change, moins de personnes boivent régulièrement du vin, mais ceux qui s’y intéressent demeurent largement assez nombreux, dans le monde entier, et avec un goût pour le sujet autrement curieux et exigeant, pour faire vivre longtemps une filière régénérée et attentive à cette évolution. Il suffisait de se promener dans les allées de la très réussie édition 2026 de Wine Paris pour comprendre tant cette internationalisation aujourd’hui solidement ancrée que les mues profondes et visibles du secteur. Dans la nouvelle ère dans laquelle nous entrons, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, la robotique bouleverseront certainement nos modes de vie et de travail ; la violence de la géopolitique mondiale et le poids des armes dicteront certainement les rapports entre les nations et les continents. Pourtant, la civilisation du vin sera toujours là, instillant d’autres rapports entre les hommes et les communautés que ceux de la force, poursuivant une autre relation avec la terre, le vivant et le ciel que le principe d’exploitation. La civilisation du vin a un bel avenir, pour peu que l’on essaye de le décrypter et de s’y adapter.

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