Bouvet Ladubay, l’effervescence depuis 1851

Cent soixante-quinze ans après sa fondation, Bouvet Ladubay continue de faire pétiller Saumur. Le 3 septembre, la maison, redevenue familiale depuis 2015, célébrait son anniversaire dans ses caves de tuffeau

La soirée, menée avec autant de pep’s que d’élégance par Juliette Monmousseau, avait de quoi réjouir les amateurs d’histoire et de bulles. L’actuelle directrice générale de la maison incarne la quatrième génération d’une dynastie installée à Saint-Hilaire-Saint-Florent depuis le rachat du domaine, en 1932, par son arrière-grand-père Justin-Marcel. Fondée en 1851 par Étienne Bouvet et Célestine Ladubay, la maison aura connu quelques remous, passant entre les mains de plusieurs acteurs majeurs du secteur (Taittinger, United Spirits, Diageo) avant que Juliette et son père Patrice ne la ramènent dans le giron familial en 2015.

Creusées dans le tuffeau, les caves souterraines de Bouvet Ladubay offrent des conditions naturelles idéales. Un dédale de galeries qui se visite à vélo. Photo Sophie Boursier

Aujourd’hui, six millions de flacons quittent chaque année les galeries saumuroises pour faire pétiller les tables de plus de cinquante pays. Un volume qui fait de la maison le leader des fines bulles de Loire. Patrice Monmousseau, artisan de la renaissance de la maison, ne manquait pas d’anecdotes pour retracer cette saga séculaire. Le grand moment ? Un banquet sous les voûtes souterraines, au milieu de plus de mille barriques de chêne où dorment les iconiques Trésor, Saphir, Ogmius… Pour l’occasion, deux cuvées d’exception étaient mises en lumière : le saumur brut vintage Saphir 2024, au muselet signé par l’artiste peintre Jean-François Dubreuil, et la version extra brut Instinct 2022, assemblage de chenin et chardonnay gourmand pour les fêtes.

Fidèle à sa devise, « le vin seul ne suffit pas à faire une grande maison », Bouvet Ladubay cultive aussi l’art de vivre et la création. Cet anniversaire était l’occasion de redécouvrir le Centre d’Art Contemporain, qui attire près de 40 000 visiteurs par an. Inauguré en 1992, il a vu passer César, Olivier Debré, Paul Jenkins, entre autres. Du 30 mai au 30 octobre, l’exposition « Ateliers et portraits d’artistes » y dévoile 157 clichés de Jean-Marie del Moral. À deux pas, le théâtre à l’italienne datant de 1904, voulu par Étienne Bouvet. Restauré en 1992, il accueille toujours spectacles et concerts, notamment lors du Festival d’Anjou.

Photo Pixim.

Ajoutons la collection d’attelages hippomobiles, capitale équestre oblige, la fabuleuse bibliothèque d’étiquettes dans les bureaux du XIXe siècle, et la célèbre traversée des caves à vélo vintage, lampe au front. Bref, 175 ans au compteur, une indépendance retrouvée, du goût, du style et pas l’ombre d’un coup de vieux. Une grande maison comme on les aime.

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