Dans un univers du vin souvent tiraillé entre marketing et effets d’annonce, le château La Pointe a décidé de suivre depuis un peu moins de vingt ans un chemin radicalement différent. Sous l’impulsion d’Éric Monneret, son directeur, et avec le soutien de Generali France qui en est le propriétaire, ce cru de Pomerol a fait le choix de ne pas se contenter de produire du vin, aussi bon soit-il, préférant raconter une histoire plus globale, où chaque étape s’inscrit dans le respect du vivant et la responsabilité environnementale. D’origine jurassienne et élevé en Lorraine, Éric Monneret s’est passionné très tôt pour la science, la nature et la géologie. Au cours de ses études d’ingénieur agronome, il découvre la dimension culturelle et historique du vin. Rapidement, ce nouveau monde le fascine et il décide de compléter sa formation par une double spécialisation en viticulture (à Dijon) et en œnologie (à Montpellier). Diplômé en 1995, cet homme d’engagement débute sa carrière à Sauternes au château Raymond-Lafon. Le propriétaire des lieux, Pierre Mestier, par ailleurs régisseur historique du château d’Yquem, devient son mentor et lui enseigne l’exigence et la rigueur dans la conduite de la vigne comme du commerce. En 2001, Éric Monneret rejoint Generali pour une première expérience. Pour la compagnie d’assurances, valoriser la terre par des pratiques viticoles qualitatives est la condition de la pérennité du patrimoine dans lequel elle diversifie ses actifs. C’est cette vision qu’elle souhaite déployer avec l’acquisition du château La Pointe en 2007, dont elle confie la direction à Éric Monneret. Propulsé architecte du renouveau de cette belle endormie, sa mission va être de révéler durablement le potentiel de ce terroir idéalement situé dans l’appellation. En bon ingénieur, sa première démarche est scientifique. Il lance ainsi un vaste programme d’analyse des sols, réalisé grâce à des fosses pédologiques, afin de mieux comprendre la mosaïque géologique sur laquelle est assis ce vignoble d’un seul tenant, une situation rare à Pomerol. Cette nouvelle lecture va lui permettre de planifier avec précision des pratiques viticoles sur mesure. À partir de 2008, des mesures concrètes sont mises en place. Couverts végétaux et engrais verts, plantation de haies, agropastoralisme, etc., l’objectif de la démarche est sans ambiguïté. La vigne n’est pas une monoculture isolée, mais un élément qui fait partie d’un écosystème complexe. Régénération de la vie des sols, stimulation de la vie microbiologique et renforcement de la biodiversité deviennent ainsi les trois piliers de la transition environnementale souhaitée par une propriété qui obtient rapidement les certifications Haute valeur environnemental (HVE) et ISO 140001.
Le château La Pointe s’inscrit dans un parc que Generali a choisi de préserver intégralement. Véritable poumon vert, ses arbres abritent une biodiversité riche. Le bâtiment principal, ainsi que le chai de vinification et d’élevage, ont été rénovés avec sobriété et élégance.
À qui sait attendre
On peut imaginer que l’investissement d’un groupe institutionnel dans le foncier viticole implique nécessairement une recherche de rentabilité immédiate. Si cette idée reçue a encore de beaux jours devant elle, force est de constater que Generali France a adopté avec son projet pomerolais une démarche inverse, choisissant de réaliser avec cette acquisition un placement patient et raisonné, fondé sur la valeur du terroir et la pérennité de ce dernier. Pas une acquisition d’image, mais un investissement dans la terre et le temps pour un acteur réputé discret dans l’espace public et qui s’est intelligemment mis en retrait de la partie opérationnelle, laissant Éric Monneret et ses équipes s’organiser pour faire fructifier ce patrimoine. Generali France a trouvé dans le Jurassien une personnalité en phase avec ses idéaux. « L’essentiel prime sur l’ostentation. Pour nous, ce sont les vignes et le terroir qui passent avant les chais, avant le château, avant toute image », résume le directeur. La relation de Generali avec le cru repose sur la confiance, la transparence et la liberté, dans un cadre rigoureux, suivi et piloté pragmatiquement. L’actionnaire est informé, mais peu interventionniste. « Il y a dans ma façon de manager la propriété une notion d’entrepreneur qui implique une exigence et une rigueur que je partage avec l’équipe. Nous sommes tous conscients d’être protégés par l’actionnaire, mais il m’appartient de préserver à chaque moment l’intégrité de l’entreprise », ajoute Éric Monneret. Le château lui-même reflète cette philosophie. La Pointe s’inscrit dans un triptyque indissociable : un terroir durable pour faire de grands vins, une architecture sobre dédiée à l’art de vivre accessible, un lieu, notamment le parc intégralement conservé (et pourtant classé en appellation), qui favorise le maintien de la biodiversité. Ainsi, depuis l’acquisition de La Pointe en 2007 jusqu’à celui récent, en appellation saint-émilion grand cru, du château Croque-Michotte (2023), le fil conducteur de Generali France est le même : la valorisation du foncier à long terme soutient une vision engagée. Cela doit passer et cela passe par la mise en place d’initiatives environnementales concrètes, de la préservation des sols à la réduction des émissions carbone en passant par la plantation d’arbres, entre autres.
Observer, comprendre, faire
La feuille de route des équipes de La Pointe et de Croque-Michotte repose sur une approche en trois temps : observer, comprendre, faire. Observer l’état des sols, l’adaptation des cépages, la résilience des vignes et l’exposition des terroirs. Chaque paramètre viticole est scruté pour identifier ses forces et ses faiblesses. Il s’agit ensuite de les comprendre, afin d’intégrer ces observations dans une logique globale qui vise à anticiper les interactions sol-vigne-climat dans le contexte du réchauffement climatique. Et enfin de prendre des décisions, une fois la situation comprise : décider de la bonne densité, choisir les bons porte-greffes, mettre en place des modes de conduite adaptés, etc. « Redonner de l’énergie à la vigne, c’est offrir un meilleur avenir à la terre », résume de manière réaliste Éric Monneret. L’homme qui a la fibre entrepreneuriale sait que la réussite d’un projet comme celui-ci repose sur la nécessité de s’entourer des bonnes personnes. En 2019, il recrute Pierre Candelier au poste de directeur des vignobles et des chais pour renforcer la démarche. Expert en agronomie, Pierre Candelier a complété la vision en optimisant la microbiologie des sols et en mettant en place des pratiques réactives et adaptées. Le binôme forme un duo aligné en termes de convictions et de valeurs, pour qui la science et l’intuition sont au service du vivant. Le directeur précise : « Pierre est un homme d’écoute et d’exigence, nuancé, proche de la terre et des hommes, avec une extrême attention portée au vivant. Il amène un savoir important sur les engrais verts, les couverts végétaux ». Pour les deux hommes, mais aussi pour leurs équipes qui en sont également convaincues, une démarche environnementale ne peut exister sans un projet humain. Le maintien du geste vigneron, la formation, la valorisation des métiers et le bien-être des hommes et des femmes sont au cœur de leur méthode, qui voit la viticulture actuelle comme un enjeu culturel et social autant qu’un pari agricole et économique.
S’appuyant sur les données issues de nombreuses fosses pédologiques, Pierre Candelier, directeur des vignobles et des chais, adapte les pratiques culturales à la géologie complexe des deux domaines. Au château Croque Michotte, les argiles franches, par leur capacité de rétention, offrent un terrain idéal aux merlots et donnent au grand vin un caractère pomerolais.
Tout naît à la vigne
« Nous faisons les vins que nous aimons. Un grand vin repose sur deux fondements indissociables qui sont l’équilibre et la fraîcheur. » L’ambition des vins de La Pointe tient en une formule, l’éloge de la nuance. La recherche de l’équilibre est fondamentale et l’extraction des tannins doit être mesurée. « Nous privilégions la fraîcheur sur la puissance, parce que c’est notre définition du plaisir. » Les vinifications ont ainsi évolué pour préserver finesse et précision. « Afin de protéger les vins d’une oxygénation excessive, on flirte volontairement avec la réduction durant l’élevage des vins, pour conserver cette fraîcheur et cette élégance qui signent le style de La Pointe. » L’idée est d’offrir une expression nuancée et fidèle de Pomerol, en révélant la singularité des sols et du cépage dominant (le merlot) dans un style où la justesse l’emporte toujours sur le spectaculaire. La priorité est donnée à l’expression nuancée du terroir et au plaisir de boire, plutôt qu’à la puissance brute. Depuis 2019, le vin gagne en subtilité avec un profil soyeux et frais, tout en tension et finesse, affichant encore plus de subtilité aromatique. En presque vingt ans, le domaine a connu une évolution remarquable, y compris sur le plan commercial, passant de quelque 20 euros à plus de 45 chez les cavistes aujourd’hui. Une progression qui illustre une reconnaissance méritée du travail accompli à la vigne comme au chai. Et qui encourage une réussite patiente, fondée sur la cohérence et la fidélité à une vision.
Croque-Michotte, nouveau chapitre
Generali France a mis plus de quinze ans à acquérir un deuxième château dans le Bordelais, l’assureur préférant porter ses choix sur des actifs à valoriser et à révéler. « Ce qui prime, c’est la continuité de la vision, la stabilité des équipes et la clarté dans la conduite du projet sans quoi il n’y a pas de pérennité. L’évolution de la perception et de la reconnaissance commerciale de nos vins prouve que cette équipe fonctionne et avance », insiste Éric Monneret, qui a décidé d’avoir une approche similaire à Croque-Michotte. De premier ordre, le terroir de cette propriété de Saint-Émilion est propice à l’expérimentation de pratiques écologiques avancées. L’équipe s’attache désormais à révéler la singularité de chaque parcelle de ce vignoble idéalement positionné, cerné par des crus d’élite (Cheval Blanc, La Dominique, Grand-Corbin Despagne, Gazin, L’Évangile). Le nouveau chai, pas plus ostentatoire que celui de La Pointe, devrait être livré pour les vendanges de l’année 2026 et confirme cette vision à long terme. Tout comme les projets d’accueil à venir. « La convivialité est inscrite dans le nom même du lieu et sera au cœur de son identité. Nous voulons en faire un espace simple, généreux, dédié au partage et à la rencontre. Pour nous, c’est d’abord un terroir, une inscription dans une appellation et un collectif, mais aussi des espaces naturels avec des bâtiments intégrés. Nos priorités chronologiques et d’investissement sont d’abord le terroir, puis les chais, puis le château. » La devise adoptée pour Croque-Michotte, Terra, manus, mensa (la terre, la main, la table), résume d’ailleurs le futur positionnement du cru dans l’univers des grands vins de Bordeaux. « La vocation du vin est un plaisir et un partage. Le vin n’est pas une fin en soi », détaille Éric Monneret pour qui renouer le lien avec le consommateur fait partie des priorités : « S’ouvrir davantage, partager des expériences, raconter le vin dans son quotidien ». À Croque-Michotte, cette envie prend forme.
Futur et engagements
Face au changement climatique, le vignoble bordelais est aussi comme les autres régions en première ligne face à de nouvelles contraintes : sécheresses, pluies extrêmes, mildiou, coulure. L’équipe insiste sur l’importance de capitaliser sur l’expérience passée pour anticiper les aléas. « Amplifier nos engagements environnementaux et réduire nos impacts, c’est l’objectif que nous formaliserons dans les années à venir. » Dans la continuité de leur démarche environnementale, Éric Monneret et Pierre Candelier participent activement aux travaux de la Convention des entreprises pour le climat (CEC). Maintenir et régénérer. Prendre soin des femmes et des hommes. Accompagner ceux qui font le vin. Perpétuer le geste vigneron. Garantir des conditions de travail sûres et agréables. Revaloriser le métier agricole et combattre les idées reçues. Piloter et partager la valeur créée. Assurer la pérennité économique des propriétés pour soutenir des investissements régénératifs et durables. Portées par des équipes passionnées, La Pointe et Croque-Michotte incarnent une viticulture qui conjugue rigueur scientifique, sensibilité humaine et exigence esthétique. Grâce à l’appui de Generali France et à la vision d’Éric Monneret, ces propriétés bordelaises montrent que la production d’un grand vin peut et doit s’inscrire dans une démarche responsable et durable. Ici, la terre, le temps et l’humain ne sont pas de simples concepts, ils sont la matière première du futur.
L’écotonte s’inscrit parmi les pratiques mises en œuvre, aux côtés de mesures concrètes telles que les couverts végétaux et l’emploi d’engrais verts.
Avoir une vision collective ancrée dans le territoire
Notre histoire, démarrée depuis notre berceau du Languedoc, en mouvement perpétuel au gré des décennies, du phylloxera des années 1890 à la pandémie de 2020, sans oublier toutes les très belles années de réussites et conquêtes, a fait d’AdVini une entreprise originale parmi les leaders du monde viticole. Plusieurs générations se sont succédé dans notre société familiale et elles ont assuré la pérennité d’AdVini, depuis plus de 150 ans. Chez AdVini, nous embrassons tous les métiers de la filière vin. Nous sommes vignerons, sur plus de 2 000 hectares dans les plus belles appellations, en France et en Afrique du Sud. Nous sommes également négociants, vinificateurs et éleveurs, avec nos maisons de vins historiques et nos marques. Nous sommes experts de la supply chain et distributeur à l’export dans plus de 110 pays et en France, avec une force de vente commerciale et marketing exclusive. Depuis plus de 30 ans, AdVini s’est développé sur un modèle unique décentralisé et basé sur un ancrage local fort et proche de l’amont, dans chacune des régions où nous sommes implantés, avec des équipes locales à forte identité — en France, dans le Languedoc (Vignobles Jeanjean), le Roussillon (Maison Cazes), la vallée du Rhône (L’Oratoire des Papes et Maison Ogier), la Provence (Château Gassier), à Bordeaux (châteaux Patache d’Aux et Capet-Guillier) et en Bourgogne (Domaine Laroche et Maison Champy). Cet enracinement prend corps tant en amont au vignoble qu’en aval sur les marchés. C’est cette french touch que nous avons dupliqué à Stellenbosch, en Afrique du Sud. La décentralisation nous conduit également à maintenir des outils de production dans toutes nos régions contribuant ainsi à la vie économique du territoire. La valeur est conservée localement.
Défendre le rôle des vignerons au sein des territoires
Collectivement, nous sommes les gardiens de traditions viticoles multiples et de savoir-faire d’excellence. Nous les perpétuons jour après jour, avec exigence, pour pérenniser ce bien commun et le transmettre aux générations futures. C’est avec cette ambition que s’engagent les presque mille femmes et hommes d’AdVini. L’art de vivre qui nous anime, nous voulons le partager, chez nous, sur les plus belles tables ou en voyageant partout dans le monde. Ici et là-bas, nos cultures, nos histoires et nos vins font rayonner nos territoires. C’est cette vision que je défends : le vigneron comme ambassadeur des vins de terroirs, riches d’authenticité, d’originalité et porteurs d’un savoir-vivre régional unique.
Les trois derniers lauréats de la 9e édition du concours, avec leurs prix : Marine Geronimi et Hector Clutier du domaine de Chamée (au centre sur la photo), Charles Gauthier-Marcil de L’Atelier Vigneron (à gauche) et Emmanuel Rostaing-Tayard du domaine Rostaing-Tayard (à droite). Les inscriptions pour la 10e édition du concours Vignerons et Terroirs d’Avenir sont ouvertes. Destiné aux jeunes vignerons de moins de 40 ans, il soutient des projets respectueux de l’environnement, valorisant terroir, savoir-faire et traditions. Le meilleur projet recevra 50 000 euros, suivi de prix de 20 000 euros et 10 000 euros. Inscriptions jusqu’au 15 décembre 2025.
Agir concrètement pour le renouvellement des savoir-faire
L’illustration la plus emblématique de nos engagements sur le renouvellement des générations, c’est le concours Vignerons et Terroirs d’Avenir. Né en 2015, en partenariat avec l’Institut Agro Montpellier et sa Fondation, rejoints ensuite par le Crédit Agricole, ce concours accompagne chaque année de jeunes vignerons qui tentent de démontrer que d’autres voies sont possibles. Concrètement, pour les jeunes vignerons, il s’agit de bénéficier d’un accompagnement stratégique de haut niveau qui leur permet de faire un pas de côté, d’améliorer la robustesse de leur projet et d’accélérer le développement de leurs idées. L’accompagnement se double de trois dotations financières. Les étudiants viti-œno de l’Institut Agro sont mobilisés au long cours sur le projet. Leur mission est de coacher et de challenger les projets des vignerons sur tous leurs aspects : viticulture, œnologie, business plan, marketing, distribution, etc. Ils remobilisent ainsi l’ensemble de leurs enseignements et sont confrontés à des projets très réels et incarnés qui les préparent à l’entrée dans la vie professionnelle. C’est devenu un véritable module de cours dans leur cursus. Les cadres dirigeants d’AdVini sont également mis à contribution pour mentorer les jeunes vignerons.
Accompagner les transformations des territoires viticoles
AdVini promeut grâce au concours une vision exigeante du métier de vigneron : entrepreneur du vivant, gardien du patrimoine et acteur de l’innovation. Les projets portés par les jeunes vignerons s’inscrivent dans les transitions à l’œuvre dans les territoires viticoles. Quelques illustrations, sur les enjeux sociaux, l’insertion et le retour à l’emploi, avec le projet remarquable de Pauline Chatin du domaine de Mirabeau dans le Languedoc ou encore la redynamisation des zones rurales via l’œnotourisme chez Laura Balsan et Julien Fabregat du Mas Origine. Face aux enjeux environnementaux, les lauréats expérimentent des solutions concrètes : replantation en altitude de cépages mieux adaptés, comme Hélène Bleuzen dans le Luberon ; valorisation de cépages autochtones, à l’image de Jenia et Thibaud Vermillard du domaine Ampelhus dans le Languedoc. Ces projets enrichissent les territoires qui les accueillent et inspirent toute la filière. AdVini est fier de pouvoir mettre le pied à l’étrier de ces jeunes vignerons qui partagent notre ambition pour leurs territoires.
S’engager dans une vision à long terme
Dans les dix prochaines années, AdVini sera moteur de la consolidation et du rayonnement de la filière. Nos paysages et notre patrimoine en seront des piliers. C’est encore face à ces terrasses qui se jettent de la mer que l’on comprend le mieux d’où viennent toute la complexité et la profondeur de la cuvée Notre-Dame-des-Anges, aux Clos de Paulilles, chez Cazes (Collioure). Et comment ne pas évoquer le vertige ressenti à la visite des caves d’élevage de Laroche à l’Obédiencerie (Chablis), façonnées par les chanoines il y plus de mille ans ? Ces découvertes exceptionnelles, il est de notre responsabilité de les faire vivre à tous ceux qui sont curieux de ce magnifique héritage. Dans les dix prochaines années, AdVini restera un acteur fédérateur et ancré, qui ouvre la voie et qui fait rayonner ce magnifique patrimoine de nos terroirs. Pour la décennie à venir, les défis sont nombreux. Je pense que le plus crucial d’entre eux sera de maintenir l’attractivité de la filière. Chez AdVini, nous avons décidé de faire notre part, en contribuant, à notre échelle, au renouvellement des générations.
Prendre son destin en main
Ce principe est inscrit dans la genèse de Nicolas Feuillatte. Au cours des années 1970, la Champagne a connu de grandes difficultés en termes de stockage des vins. Pour nombre de viticulteurs, c’est un événement qui a été vécu comme un traumatisme : beaucoup ont pris conscience qu’ils ne maîtrisaient rien ou presque. C’est à ce moment-là que la Champagne a décidé de s’organiser et s’est équipée d’outils techniques performants et de capacités de stockage adaptées, tout en apprenant des pratiques œnologiques de plus en plus sophistiquées. Progressivement, nous avons réussi à maîtriser ces aspects et nous nous sommes aperçus que nous étions capables désormais de créer notre propre marque. Henri Macquart avec d’autres pères fondateurs, a créé Nicolas Feuillatte, en 1976, avec la volonté de suivre une feuille de route simple : s’appuyer au quotidien sur une viticulture et une œnologie de précision pour proposer des champagnes qui répondent aux goûts des consommateurs. Son développement a ensuite été porté par toutes les qualités qu’on lui reconnaît : une vision globale, l’ambition de toucher une clientèle très large, une ouverture à l’international, et bien sûr, l’utilisation comme ambassadeur de Monsieur Nicolas Feuillatte lui-même. Aujourd’hui, plus de cinquante ans après, Nicolas Feuillatte encadre plus de 500 pressoirs et accompagne 6 000 vignerons, soit une présence sur plus de 2 500 hectares en Champagne.
S’engager pour rendre durable ses savoir-faire
Notre mission est d’assurer un revenu pérenne pour les adhérents vignerons qui nous accompagnent. C’est comme ça que nous cherchons à rendre plus forte notre démarche collective. C’est une vision à long terme, qui voit au-delà des résultats immédiats. Cette perspective est possible grâce à la transparence de notre management avec nos adhérents. Eux sont face à leur avenir, maîtres de leur territoire et de la mise en marché de leurs raisins. Ce sont des acteurs pleinement impliqués. C’est un modèle d’entraide, de solidarité et d’interdépendance, où les décisions sont prises par des vignerons pour des vignerons, toujours dans un sens qui favorise leurs intérêts. Avec Nicolas Feuillatte, nos champagnes s’adressent à toutes les clientèles et sont présents partout dans le monde, où rayonne de manière collective le savoir-faire de nos adhérents. Nous sommes au service de la Champagne, en portant un message d’excellence et en restant attentifs à ce qui peut affecter la valeur de cette marque si forte. Dans cet esprit d’universalité, nous veillons au bien-être de nos adhérents, de nos salariés et de l’ensemble du personnel. Notre organisation, à taille humaine, accorde une importance particulière à la dimension personnelle. C’est l’une des caractéristiques les plus essentielles du modèle coopératif.
Participer à la défense de notre territoire
Nous sommes présents dans tous les grands secteurs de la Champagne : la montagne de Reims, la côte des Blancs, la vallée de la Marne, la Côte des Bar, le Sézannais, le Vitryat, etc. Cette vision complète du territoire champenois nous permet d’avoir un modèle hybride, au cœur de la stratégie de Terroirs & Vignerons de Champagne. C’est ce qui nous a conduit à développer nos activités. Nous sommes engagés dans la voie de la « Viticulture durable en Champagne », un référentiel spécifique à notre région. Nous avons travaillé avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie pour réfléchir à la dimension cruciale de la gestion de cette ressource. Nous sommes aujourd’hui le plus grand acteur bio en Champagne et nous accompagnons les vignerons qui souhaitent adopter cette approche. Nous les soutenons tout en restant ouverts aux apprentissages et aux pratiques des autres. Mais avant tout, nous sommes attentifs à maintenir un maillage familial de l’ensemble de l’écosystème champenois.
Former et agir pour être compétitif
Nous intervenons auprès de nos adhérents, notamment sur le plan de la formation. Nous leur proposons un panel de services, offerts pour la plupart. Beaucoup sont réalisés en interne et recouvrent différents domaines : la transition environnementale, la transformation numérique, des aides à l’export, etc. Nos techniciens, nos ingénieurs agronomes et nos œnologues se mobilisent pour répondre à leurs questions, dans une optique de transmission. C’est essentiel, surtout dans une région comme la Champagne, où les métiers ont beaucoup évolué. Nous organisons des sondages auprès de nos adhérents pour connaître leurs attentes et essayons, dans la mesure du possible, d’y répondre. C’est un processus intégré dans notre fonctionnement. Chaque année, nous organisons des rendez-vous auprès de nos vignerons autour de sujets techniques, notamment liées à la viticulture. Nous sommes à l’initiative d’une conférence annuelle « Vignoble et Qualités » qui rassemble les acteurs du secteur et durant laquelle nous réunissons des techniciens, des adhérents et des jeunes en formation. C’est un moment de transmission auquel nous convions aussi des étudiants à venir partager et apprendre à nos côtés. Nous avons également mis en place « TEVC Avenir », un groupe destiné aux vignerons de moins de 40 ans. Chaque année, nous leur proposons d’étudier une thématique spécifique et de réaliser un voyage d’étude afin de mieux comprendre le marché mondial, les dynamiques du secteur, etc. Nous avons aussi donné les moyens à chaque chef de cave de prendre en main le destin de sa maison respective. Cela nous permet de maintenir cette agilité, avec des caves conçues différemment à Chouilly pour Nicolas Feuillatte ou à Reims pour Abelé 1757, par exemple. Terroirs & Vignerons de Champagne est le seul groupe hybride de ce type, qui peut aujourd’hui raconter quatre histoires différentes de la Champagne avec quatre maisons différentes (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Henriot et Abelé 1757). C’est un modèle unique avec des structures spécifiques et un message propre à chacune. Cela n’existait pas avant nous. Notre mission est aujourd’hui d’affirmer ces messages selon les consommateurs, en prenant soin de respecter l’histoire et les engagements de chacune de ces quatre maisons.
Réaffirmer nos territoires et nos terroirs
Le terroir, c’est la providence appliquée à la géologie et à la nature. Le territoire, en revanche, est façonné par les humains. La dimension territoriale, c’est avant tout le vivre-ensemble. Quand on regarde les grandes régions françaises du vin, leur réussite vient toujours des femmes et des hommes qui les ont portées. Pourtant, hormis durant les crises et les moments de désespoir, les vignerons ne sont pas entendus ou en tout cas pas assez. Le métier de vigneron est d’abord un métier d’humilité, profondément connecté à la nature, qui implique d’apprendre à vivre avec elle. Il n’existe pas, à ma connaissance, d’autre activité agricole, ni même d’autre métier, où le temps qui passe façonne autant le résultat final. Chaque année, c’est une occasion de raconter une histoire différente.
Trouver des réponses face aux défis de l’eau
85 % des vignobles dans le monde sont irrigués. En France, traditionnellement, l’irrigation était limitée. Cela va devenir une priorité, mais c’est quelque chose qui se gère. Concrètement, il s’agit d’apporter un peu d’eau entre le 1er juin et le 15 août pour anticiper les grandes périodes de stress hydrique. Les vagues de chaleur sont prévisibles. Dix à vingt millimètres avant les périodes de chaleur extrême permettent d’améliorer la qualité du raisin. Cela permet aussi de garantir que les baies ne soient pas trop concentrées et que leur maturité s’achève de manière normale. En résumé, ce pilotage de l’irrigation demande plus de précision. Les pluies du 14 juillet ou du 15 août, qu’on avait autrefois, n’existent plus et nous n’avions pas connu des températures supérieures à 40 degrés plusieurs jours d’affilée. Au-delà de cette limite, la vigne lutte pour sa survie. Quelles sont nos options ? Être pessimiste ? Ou mettre en place des dispositifs pour stocker l’eau et approvisionner les vignes pendant les périodes de grande sécheresse, qui seront de plus en plus fréquentes ?
Expliquer l’écologie des paysans
Un paysan ne se contente pas seulement de produire : il entretient des paysages, prend soin des haies, des ruisseaux, plante et protège les arbres. Aujourd’hui, beaucoup cherchent à redonner vie aux sols ; leur culture, même pour ceux qui ne sont pas en bio, est redevenue centrale. Ce travail discret, longtemps invisible, mobilise désormais de nombreux vignerons. Notre profession s’est parfois éloignée de ces fondamentaux, mais la prise de conscience est là. Le temps du tout-chimique est derrière nous. Chacun comprend qu’il faut revenir à des pratiques plus naturelles, fondées sur le bon sens. Avec le changement climatique et des étés à plus de 40 degrés, si le sol n’est pas vivant, la vigne ne résiste pas.
S’organiser pour faire front ensemble
Le monde du vin est complexe, fragmenté, avec des acteurs de toutes tailles. En France comme ailleurs, il est difficile d’émerger et de réussir en défendant une seule région viticole : c’est collectivement que nous devons porter nos couleurs, avec fierté et exigence. Nous avons tout à gagner à créer des moments de partage autour de nos produits et de nos savoir-faire, qui sont uniques au monde. Il suffit de regarder l’aura internationale de nos chefs, pâtissiers, boulangers, et de nos maisons de luxe, capables d’imaginer des expériences inoubliables. Certaines possèdent d’ailleurs des vignobles.
Être à l’écoute de ceux qui boivent nos vins
Pour avancer, nous, vignerons français, devons d’abord écouter celles et ceux qui boivent nos vins. À force de trop diviser nos offres, nous avons parfois perdu en lisibilité et en proximité avec le consommateur. Celui-ci nous montre le chemin : il veut de la sincérité, du goût, des styles qu’il comprend et reconnaît. Et il veut vivre des expériences. Regardons ce qui fonctionne et n’ayons pas peur des mots : certaines appellations, même si elles restent très rares, ont réussi à percer parce qu’elles sont devenues de vraies marques, des repères. Sancerre aux États-Unis en est un bel exemple. Plutôt que nous disperser, apprenons à unir nos forces pour porter ensemble l’image des vins français. Notre mission n’est pas d’inciter à consommer davantage, mais de continuer à susciter le désir de nous découvrir en faisant rayonner nos terroirs, nos savoir-faire et l’émotion du vin, avec vérité et générosité.
Faire du vin une expérience
Je suis avant tout vigneron, mais aussi « metteur en fête » ! Le vin n’est pas seulement une boisson : c’est un moment à vivre pleinement. Il s’exprime dans les meilleures conditions quand il est partagé avec les bonnes personnes, les bons verres, à la bonne température, avec un plat qui l’accompagne, et en ressentant cette sensation simple : « Oui, là, on est au bon endroit et c’est un vrai plaisir ». Longtemps en France, cette dimension est restée discrète. Nos grands vins se savouraient entre connaisseurs, presque à l’abri des regards. Ailleurs, on a compris plus tôt que le vin pouvait se raconter, se mettre en scène, se médiatiser, pour devenir une véritable expérience culturelle. Aujourd’hui, célébrer le vin, le rendre vivant et accessible, c’est prolonger ce qu’il est : du plaisir, du partage et une part de notre art de vivre.
Embrasser les métiers de l’œnotourisme
L’œnotourisme est essentiel pour vivre les expériences autour de la vigne et du vin que désirent de nombreux touristes du monde entier. C’est aussi une activité qui apporte une marge nette au vigneron. Mais pour franchir un cap, il faut des agences spécialisées et des pure players du secteur, capables de proposer un voyage complet à la carte : visites de vignobles, monuments historiques, restaurants régionaux de différents niveaux, hébergements variés, etc. Le monde du vin doit créer véritablement cette destination France. Et accepter d’apprendre et d’exercer ce nouveau métier, passionnant, de l’hospitalité, où tout est pensé pour l’expérience complète et qualitative.
Rester fidèle à notre culture et nos savoir-faire
Beaucoup de savoir-faire français sont atomisés. Il faut réunir nos forces, tout en restant fidèles à notre culture. Nous devons remettre en valeur l’exception culturelle du vin, montrer que l’on peut consommer du vin avec modération, expliquer comment cette production française n’a pas d’équivalent dans le monde, la faire briller aux côtés de nos métiers de bouche. Et nous unir, au fond, autour d’un message puissant et construit.
La vigne et le vin sont des éléments constitutifs de la civilisation française. Ils sont l’un des moteurs du dynamisme de beaucoup de nos régions et de nos villages, où le respect des équilibres écologiques, l’expertise professionnelle et l’esprit de création s’expriment avec force. Ces savoirs transmis et revitalisés au fil des générations façonnent les paysages, contribuent à l’économie locale et au rayonnement international de la France, traduisent l’identité de nos territoires et font vivre de nombreuses personnes, des plus humbles aux plus diplômées. Ils sont une constante de notre pays, une éternité française. Sous cette apparente immuabilité, la France de la vigne et du vin a pourtant beaucoup changé depuis un demi-siècle. Les savoir-faire familiaux d’autrefois ont laissé la place à des expertises multiples, agricoles, œnologiques, stratégiques, parfois visionnaires. Les vignerons sont devenus des entrepreneurs qui affrontent chaque année de nombreux défis, pour certains inédits et fondamentaux pour l’avenir de notre planète, tous essentiels pour répondre aux transformations de nos sociétés et territoires. Ils sont devenus des exemples de dynamisme professionnel, témoignant un attachement profond pour leur terre, ses écosystèmes, s’adaptant de façon pragmatique à des défis climatiques complexes. Aujourd’hui, le vin n’est plus un aliment, mais un produit culturel et singulier que l’on apprécie avec modération. La production française a su s’adapter au prix de grands efforts à ce changement radical.
Après s’être réinventée pour s’adapter aux transformations des modes de consommation, des marchés intérieurs et d’exportation et plus globalement pour accompagner la marche du monde, la filière des vins fait face aujourd’hui à des bouleversements profonds. Dans une époque qui est celle du « désir mimétique », pour reprendre la fort juste expression du philosophe René Girard, la spécificité de cette civilisation de la vigne et du vin qui s’exprime dans chaque cru ou chaque village viticole, est désormais menacée. Au sein de deux départements français sur trois, la vigne et le vin constituent une activité économique, sociétale et culturelle essentielle pour les femmes et les hommes qui y vivent. Sans eux, il y a fort à parier que l’expression de « désert français » aurait une acuité encore bien plus dramatique que sa réalité actuelle. Les risques sont réels que cette culture s’efface de nos paysages, de notre histoire et de nos modes de vie. Cette situation inédite implique que l’on ne se trompe pas de combat. Protéger ne doit en aucun cas brider les énergies et désespérer les femmes et les hommes qui se battent jour après jour pour faire leur métier. Réglementer ne doit pas conduire à enfermer la vigne et le vin dans un écheveau rigide et inadapté aux évolutions du secteur. Et surtout, aider n’est pas combattre ou entraver le sens des responsabilités qui anime ces professionnels.
Depuis la création de Bettane+Desseauve et du Grand Tasting, il y a vingt ans, nous avons toujours préféré le mouvement au conservatisme, la création à la résignation, l’enthousiasme au désespoir. Il nous paraît essentiel de garder cette humeur joyeusement combative pour accompagner le rayonnement de la civilisation française de la vigne et du vin ainsi que les initiatives de ses acteurs pour faire vivre nos régions et créer des vins qui répondent aux souhaits des consommateurs. Réaffirmer le rôle de cette culture et souligner ses réussites est aujourd’hui primordial. Avec des partenaires qui partagent ces convictions, nous souhaitons annoncer un programme ambitieux et universel de défense de cette civilisation dont la raison d’être s’appuie sur trois engagements majeurs :
– Nous souhaitons considérer le vin comme un symbole et un moteur d’une culture qui anime et fait vivre nombre de nos régions.
– Nous voulons être à l’écoute des professionnels de cette filière pour ce qu’ils savent et expérimentent en matière de respect des équilibres écologiques et d’aménagement harmonieux des territoires.
– Nous voulons valoriser la diversité d’expériences innovantes déployées par une filière performante bien au-delà de nos frontières.
Pour ces raisons, dès à présent et en amont de la création de ce mouvement pour la vigne et le territoire, nous donnerons la parole dans nos colonnes et lors de nos évènements à tous les acteurs impliqués dans cette mission vitale. Réflexion et action s’organiseront autour de trois objectifs concrets :
– Rappeler le rôle écologique joué par le vignoble (biodiversité, coupe-feu, lutte contre l’érosion) dans l’adaptation de nos territoires au changement climatique.
– Montrer que la vigne participe durablement à l’aménagement des territoires (paysage, emploi, vie rurale) et illustrer son impact culturel, économique et touristique sur l’attractivité de nos régions.
– Convaincre politiques, médias et grand public que la vigne est un atout national capable d’actions innovantes.
La filière viticole s’engage souvent dans l’ombre pour relever ces défis contemporains. Face aux enjeux, nous refusons le fatalisme. La vigne et le vin ne sont pas seulement un héritage, ils sont aussi une promesse d’avenir et témoignent de la créativité et de la résilience de notre pays. En les défendant, nous défendons la vie de nos territoires, la richesse de nos cultures et la force d’un monde qui, depuis des siècles, conjugue tradition et innovation, avec cette spécificité française qui est celle d’être toujours en mouvement. Aujourd’hui, notre volonté est claire et se traduira par la mise en lumière incessante des initiatives qui renforcent la civilisation de la vigne et du vin en France.
Chez Bettane+Desseauve, la fin d’année rime avec plaisir, partage et découvertes. C’est la raison d’être du Grand Tasting Paris, le rendez-vous des amateurs de vin, et de ce supplément avec sa sélection de coffrets, de flacons et de promesses. Offrir, c’est concéder un moment de partage. Voilà nos idées pour offrir ou s’offrir de belles choses, tout simplement.
Le peuple des vignes* a vingt ans. Ou deux mille, selon le point de vue que l’on prend. Il a vingt ans, pour vous et pour nous, parce que nous fêtons cette année la double décennie du Grand Tasting Paris et que la confiance fidèle que nous font chaque année les meilleurs producteurs de France et du monde pour venir présenter leurs créations nous remplit de joie et de fierté. Il a deux mille ans (bien plus, en fait) parce que la civilisation du vin est à la source d’une culture méditerranéenne qui a traversé les époques et les continents. Il a vingt ans à nouveau, puisqu’au cours de ces vingt dernières années, comme il l’avait fait au cours des vingt précédentes, il a vécu plusieurs bouleversements de son écosystème et de ses fondations mêmes. On en citera ici simplement deux, chacun explosif dans ses conséquences. Le changement climatique est le premier d’entre eux, mettant à bas les pratiques séculaires de la viticulture et de la vinification certes, mais imposant plus encore à chaque vigneron une responsabilité personnelle face à l’avenir de la planète. Le chambardement des modes de consommation ensuite, mêlant injonctions sanitaires, air du temps, moments instagrammables et rejets de modèles sociétaux anciens, fait plus que réclamer de nouvelles stratégies marketing ou commerciales, il interroge sur l’essence même du métier de vigneron. Dans ce monde pris de vertige, que fait le peuple des vignes ? Il revient à l’essentiel, à l’immuable dimension de son métier. S’attacher à sa terre, à sa plante, aux aléas du ciel, à son talent personnel pour incarner ce triptyque immémorial, et comprendre la demande de son client, de son marché, de son époque. Ce métier a des racines profondes, mais aussi une capacité de se réinventer qui peut servir de modèle à notre société tout entière.
*. Pour reprendre l’expression si belle et forte de notre ami Régis Franc.
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