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Les 21 rouges de la montagne magique

Longtemps, le vignoble du Ventoux est resté dans l’ombre. Sur ces terroirs particuliers, quelques producteurs plein d’audace n’ont pas cessé de se battre pour la reconnaissance des vins de lieux. Rejoints par une génération pleine d’énergie, ils réveillent ensemble ce colosse endormi


Retrouver cet article en intégralité dans En Magnum #33. Vous pouvez l’acheter sur notre site ici, ou sur cafeyn.co. Vous pouvez déguster ces vins au Grand Tasting, le 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre, Pavillon 216.


Domaine Alloïs, Infiniment 2021
Superbe premier nez, complexe et légèrement fumé, avec des accents singuliers de pierre
à fusil, matière pleine en bouche avec de la vinosité et de la longueur. Son équilibre est dominé par son acidité qui lui donne de la droiture et de la tenue. Élevage intelligent en cuve béton pour conserver un maximum d’arômes fruités.
92/100 – 10 euros

Domaine Aymard, Les Grappes 2022
Le coup de cœur de notre dégustation à l’aveugle : 50 % de cinsault et 50 % de grenache se partagent ce rouge de plaisir, séduisant par ses notes florales entre rose et pivoine. Il est issu d’une vinification en grappes entières, pratique assez rare dans l’appellation. À l’image du domaine qui le produit, c’est un ventoux à suivre de près depuis que la nouvelle génération des sœurs Aymard s’en occupe. On le carafe avant de servir.
91/100 – 16 euros

Domaine Hélène Bleuzen, Le Clos 2021
Si les vins de ce domaine méritent qu’on s’y intéresse de près, il faut retenir en particulier ce clos, assemblage de grenache et de syrah issus de trois parcelles où l’on retrouve toute la diversité géologique de l’appellation, entre roche-mère calcaire, couches de safres et d’ocre. Sur ces terroirs froids, la maturité des raisins est un peu retardée. Séduisant par son fruité pur, il en convaincra plus d’un de la qualité des vins du Ventoux et du talent certain de la jeune vinificatrice qui l’a fait naître.
92/100 – 16 euros

Domaine Hélène Bleuzen, Le Devens 2021
Dominé par la syrah (95 %), ce rouge plein et concentré en bouche illustre la richesse des terroirs du Ventoux. Issu d’une parcelle calcaire exigeante pour la vigne, il affiche de la droiture et de la salinité en finale, en même temps qu’un profil typé syrah du Rhône nord.
Un peu de grenache lui donne une gourmandise supplémentaire. Le domaine est situé tout au sud de l’appellation.
92/100 – 24 euros

Domaine du Chat Blanc, Cuvée Première 2021
On apprécie le bel équilibre de ce ventoux chic et fin, remarquable par son harmonie d’ensemble et sa rondeur en bouche, issu de vieilles vignes de syrah et de grenache. Une vinification intelligente et un élevage uniquement en cuve ont donné à ses tannins une texture veloutée. Cette sensation est renforcée par une maturité de raisin aboutie.
91/100 – 14,50 euros

Chêne Bleu, Abélard 2014
Une visite dans ce domaine magnifique lève tous les doutes quant à beauté des paysages
du Ventoux. Sur ce secteur à part de Crestet, où les sols alternent entre marnes et calcaires, le grenache affiche une expression singulière. Elle trouve une forme d’aboutissement avec ce vin superbe, mis sur le marché après huit ans de travail au domaine, dont cinq passés en foudres pour la vinification. Grâce à des installations techniques rares dans la région, et porté par la volonté des propriétaires d’en faire l’un des meilleurs vins de la région, cet abélard marque un tournant pour la propriété qui rejoint l’élite des meilleurs vins du Rhône. Plus qu’une référence, c’est un ambassadeur sans égal pour l’appellation.
95/100 – 74 euros

Domaine Childeric, À l’envi 2021
Révélation de notre dégustation, ce petit domaine est conduit comme un jardin par une famille de passionnés, en bio et en biodynamie. Issu d’un vignoble planté dans un lieu reculé et magnifique, entouré de bois, ce ventoux intense et savoureux, affiche un naturel d’expression et une franchise aromatique permis par une faible présence de SO2. Il a ce petit quelque chose en plus, sans doute propre aux sols profonds de sables et d’argiles de son secteur.
92/100 – 13,50 euros

Delas Frères, ventoux 2021
Ou oublie parfois la présence de la maison de Tain-l’Hermitage dans le sud du Rhône. Elle signe ce ventoux à partir de raisins produits essentiellement sur les communes de Mazan et de Goult. La large dominante de grenache donne à l’ensemble un caractère fruité et savoureux en bouche, équilibré par une syrah de belle fraîcheur. Quelques notes boisées marquées invitent à l’attendre encore un peu.
91/100 – 8,10 euros

Ogier, Les Berceaux 2021
La maison châteauneuvoise, présente dans un nombre important d’appellations de la vallée du Rhône, démontre avec ce ventoux ses aptitudes à comprendre les spécificités de chaque terroir rhodanien. Elle propose ce bel assemblage (syrah, grenache et carignan) fin et équilibré par une énergie évidente. L’élevage en cuve béton lui a permis de conserver beaucoup de fraîcheur de fruit et de la souplesse dans ses tannins. Excellent rapport qualité-prix.
90 /100 – 8 euros

Château Pesquié, Silica 2021
Si le domaine des frères Chaudière est un grand classique de l’appellation, cette cuvée issue de la collection de parcellaires du Pesquié est un sommet d’originalité. 90 % de grenaches conduits sur sols sableux légèrement calcaires lui donnent ce caractère délicat et délié, caressant en bouche par sa matière crémeuse sans excès. Élevé en demi-muids et en œuf béton, la cuvée affirme le grand potentiel des vins du Ventoux tout en démontrant sans doute l’impact d’une viticulture en biodynamie impeccablement réglée.
93/100 – 30 euros

Domaine de Piéblanc, La Tuilière 2020
Un ventoux typé par le grenache malgré un assemblage qui intègre aussi de la syrah, du carignan et du cinsault. Il plaira par son caractère aromatique floral, plaisant et séducteur qui en fait un vin facile à boire, frais et fruité. Parfait compagnon d’un plateau de tapas et référence idéale pour tous les bars à vins.
89/100 – 11 euros

Domaine Plein Pagnier, Un Soir de Pleine Lune 2018
Au nez, les notes fraîches et herbacées d’une grande fraîcheur profitent d’un élevage ambitieux et maîtrisé avec un peu de bois neuf. Des tannins structurants, mais sans rien d’asséchant, lui ont donné un bon potentiel de garde. Son intensité plaira à l’amateur de vins sérieux et tiendra compagnie plutôt à des plats de viandes grillées.
92/100 – 16,50 euros

Rhonéa, Passe Colline 2022
Cet assemblage de syrah, grenache et carignan est un bel exemple de ce que l’appellation peut produire en matière de vins accessibles, souples et frais. Proposé par une cave coopérative qui travaille sérieusement, il a conservé un grand caractère fruité et tout son charme immédiat.
91/100 – 5,95 euros

Château Saint-Pons, Les Justes 2022
80 % cinsault et 20 % syrah composent ce vin élégant, fin et précis. Des vieilles vignes plantées sur des coteaux exposés nord-ouest lui donnent de la fraîcheur, une personnalité aromatique complexe, de la longueur et des tannins fins, respectés par un élevage en cuve adapté. Un vin de plaisir.
90/100 – 14,50 euros

Château Saint-Pons, Mandala 2021
Du corps et de la fraîcheur, des notes de garrigues, d’herbes aromatiques et d’olives, c’est le ventoux classique, équilibré et digeste. La présence de vieilles vignes de syrah et de grenache dans l’assemblage, plantées en coteau exposés nord-ouest, lui donne une force aromatique étonnante et une gourmandise certaine.
90/100 – 18,50 euros

Domaine Solence, Cippus 2020
Peut-être l’une des plus beaux ventoux présentés le jour de notre dégustation à l’aveugle, dominateur par sa profondeur aromatique, le caractère envoûtant de son nez pur, sa bouche pleine et savoureuse et sa longueur digne de se comparer à certains châteauneuf-du-pape. Grande expression généreuse qui se bonifiera avec quelques années de garde.
93/100 – 14,40 euros

Sylla, Obage 2021
Fruit profond et savoureux, dense, croquant, bouche pleine et longue, c’est un ventoux qui vieillira bien et dans lequel on retrouve la signature du secteur de Saint-Saturnin-lès-Apt
et de ses sols caillouteux, qui donnent une richesse supplémentaire à ce rouge classique et bien fait. Vin sérieux.
90/100 – 10,25 euros

Domaine du Tix, Cuvée Doña Maria 2019
Définition parfaite du ventoux de plaisir, panier de fruits rouges (cerise, fraise, cassis) et de fruits noirs mûrs dans lesquels on croque à pleines dents. Pour comprendre la fraîcheur spécifique à l’appellation, on peut s’initier avec ce vin qui n’en manque pas, au nez comme en bouche.
92/100 – 19,50 euros

Vindemio, Amadeus 2020
Grande réussite avec ce vin plein d’équilibre, mêlant à la fois de la complexité aromatique et cette forme étonnante de salinité. Avec pureté et précision, cet amadeus assemble les meilleures parcelles de ce jeune domaine, notamment celles situées dans l’excellent secteur de Mormoiron. Précis et savoureux.
92/100 – 25 euros

Vindemio, Terra 2020
Un jeune duo de frère et de sœur s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale avec ce domaine créé ex nihilo. Bluffants de naturel et de fraîcheur, les vins rouges comme blancs affichent tous une vraie personnalité. Arômes expressifs, corps en finesse, ce rouge qui intègre une bonne part de cinsault est un régal.
92/100 – 11,50 euros

Xavier Vignon, ventoux 2019
Il détonne un peu dans la dégustation par son caractère fleuri et la suavité de ses tannins, dont la maturité paraît avoir atteint un stade plus avancé que chez certains de ses pairs,
ce qui ne l’alourdit pas pour autant. La présence saline anime sa bouche et lui donne du tonus en finale. Soixante-seize parcelles entrent dans son assemblage, la plupart situées à une altitude comprise entre 250 et 400 mètres.
92/100 – 8,50 euros

Marc Perrin : « Nous devons chercher de nouveaux marchés »

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Face aux crises que traverse Bordeaux, du fondateur à l’arrière-petit-fils, chacune des générations de Carbonnieux a trouvé la solution pour faire avancer le domaine. Marc Perrin nous explique

La naissance de Carbonnieux
Marc Perrin acquiert Carbonnieux en 1956 alors que l’hiver a été marqué par un gel dévastateur. Il mène aussitôt un travail titanesque de replantation et de restructuration de ce vignoble de 45 hectares.
Depuis, Carbonnieux est passé par trois grandes phases. La première était de recréer un foncier de taille importante. Le domaine fait aujourd’hui 200 hectares de terres, dont 100 hectares de vignes d’un seul tenant autour du château. À partir des années 1970, son fils Anthony a œuvré à recréer de l’assise à la marque et sa distribution sur le marché français, en parallèle de l’export. La propriété appartient aujourd’hui à la troisième génération composée d’Éric, de Philibert et de Christine. Les fils aînés d’Éric ont rejoint le domaine : Andréa en tant que responsable de production depuis 2018 et Marc comme responsable commercial depuis 2017.
Plus de la moitié des vins est distribuée sur le marché français. À l’export, les États-Unis, la Belgique, le Japon et la Suisse représentent le plus gros volume. Le blanc est exporté à 75 % alors que 55 % des ventes du rouge est faite en France.

Château Carbonnieux.

Dans la gamme, vous privilégiez le blanc au détriment du rouge ?
Il y a le grand vin, carbonnieux-rouge et carbonnieux-blanc. Le second s’appelle le château-tour-léognan. Depuis 2003, nous produisons la-croix-de-carbonnieux, un vin distribué exclusivement par une seule maison de négoce à destination de la restauration. Des vins vendus avec deux ou trois millésimes d’écart pour proposer des rouges prêts à boire. En 2021, est lancé l’enclos-de-carbonnieux un vin construit sur le même modèle que la-croix-de-carbonnieux, mais destiné à un marché différent. En 2023, la cuvée 1741 de Carbonnieux en blanc.
Nous ne faisons pas de différence entre les deux couleurs. Nous faisons bouger la marque dans son ensemble alors que les profils des deux sont différents, leurs modes de consommation aussi. Nous avons adapté nos méthodes de vinification. Nous proposons, par exemple, sur notre second vin des rouges croquants, davantage sur le fruit et plus faciles pour avoir une véritable porte d’entrée sur le grand vin qui, lui, est construit pour la garde.

Le renouveau du domaine passe forcément par une nouvelle gamme ?
La réflexion sur la mise en place d’une nouvelle gamme a été entamée il y a déjà une dizaine d’années. Nous avons été un peu long à nous décider, par habitude, par peur du changement et de la façon dont nous pouvions modifier notre image sur les marchés.
Dès mon arrivée, j’ai développé les relations avec le négoce et les clients particuliers. Je me suis occupé des visites pour avoir le ressenti des consommateurs. En conclusion, nous avons vu qu’il fallait se professionnaliser sur les éléments de langage autour de la marque et sur l’identité graphique. L’habillage était notre premier champ d’application. En regardant l’étiquette de plus près, la coquille Saint-Jacques est présente depuis des siècles sur la bouteille de blanc, mais pas sur celle du rouge. La gamme a été construite au fur et à mesure de l’histoire. Le travail consiste aujourd’hui à lui donner une cohérence. Ce besoin coïncide aussi avec l’arrivée d’une nouvelle génération plus à même de pouvoir porter ce projet.

On peut lire sur votre site Internet : « L’histoire de Château Carbonnieux s’entremêle étroitement avec celle de la ville. Les mêmes périodes de crise, les mêmes heures de gloire. » Est-ce vrai aujourd’hui alors que Bordeaux traverse une crise ?
L’appellation pessac-léognan, du fait de sa jeunesse, est très dynamique. Nous y retrouvons des marques très importantes comme Haut-Brion et des crus plus confidentiels. Nous avons gardé une appellation qui, pendant ces trois décennies, a conservé une place de choix sur le marché national. La Nouvelle Aquitaine et le Bassin parisien représentent à eux seuls trois quarts des volumes de consommation de vins de l’appellation. Il y a un amour du consommateur français qui nous suit et nous permet d’avoir le vent en poupe.
Mais notre modèle de distribution est unique. Nous vendons 95 % du volume de nos vins via la place de Bordeaux. Nous sommes main dans la main avec nos négociants partenaires historiques qui subissent des complications liées à la conjoncture et qui forcément, un peu plus tard, se répercutent sur la propriété. La crise que traverse Bordeaux est aussi liée à l’export.

L’augmentation de la consommation de vin blanc est-elle une chance pour pessac-léognan, réputée pour ses vins blancs ?
Elle l’est tout particulièrement pour Carbonnieux. Nous exploitons 45 hectares en blanc. En surface, nous représentons quasiment 20 % du volume de l’appellation et plus de 50 % de celle des crus classés de graves dont nous faisons partie. Nous sentons un vrai dynamisme sur les blancs. Un millésime chasse l’autre sur le marché.

Vous orientez-vous vers un modèle identique à celui de la Provence avec les rosés ?
Étant donné les petites surfaces plantées, non. À Bordeaux, nous avons une forte demande sur les blancs. Nos confrères des autres régions ont subi des aléas climatiques qui n’ont pas permis de répondre à la demande. Par principe de capillarité, la région a récupéré des parts de marché. Mais va-t-on les conserver ? Difficile à savoir. Comme les rosés, les blancs ont une durée de vie limitée. Même si, grâce à nos méthodes de vinification, nous nous attachons à pouvoir produire des vins non seulement meilleurs, mais aussi qui tiennent dans le temps.
Il ne faut pas rester les bras ballants. Nous devons chercher de nouveaux marchés pour être sûr de pouvoir distribuer ces vins. Le marché asiatique, n’était pas féru de blanc, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons une demande pour ce type de vins et sur toutes les gammes de prix. Cela nous laisse optimistes pour les distributions futures.

Le coup de cœur de Thierry Desseauve :
1741 de Carbonnieux, pessac léognan blanc 2020
Carbonnieux est depuis quatre siècle l’un des producteurs majeurs de vin blanc à Bordeaux. Même si carbonnieux-blanc est majoritairement composé de sauvignon, le sémillon demeure le cépage historique de la propriété, avec un premier millésime de ce cépage produit en 1741, année qui donne le nom de cette nouvelle et ambitieuse cuvée composée uniquement de parcelles des plus vieux sémillons de la propriété.
Débarrassé du caractère aromatique expressif et souvent lassant du sauvignon, ce vin impressionne par sa délicatesse et sa complexité au nez comme en bouche. Les notes florales et de zeste d’agrumes sont épanouies sans pour autant être envahissantes. Le corps est onctueux et profond, soutenu par une acidité remarquablement intégrée. L’ensemble est profond et énergique, très long et persistant. Ce 2020 est assurément un grand vin, l’un des rares blancs à Bordeaux qui affirme à la fois des racines profondément girondines et une incontestable personnalité. Un grand vin.
95/100

Masterclass du Grand Tasting, le choix de la rédaction

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Les 300 vignerons présents au Grand Tasting donnent rendez-vous aux amateurs de grands vins le 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre. Pendant ces deux jours, vingt-six masterclass seront aussi proposées. Autant d’occasions de déguster les plus grands vins en compagnie de ceux qui les font, et d’en comprendre l’histoire grâce à leurs explications. D’une durée de 45 minutes ou 1h15 et dans un environnement privilégié, chaque masterclass propose une dégustation commentée de quatre à huit vins. Sur place, vous pouvez vous procurer des entrées au point Bettane+Desseauve (dans la limite des places disponibles). Voici les six de la rédaction :

 

Vendredi 1er décembre


18h30 – 19h15 | Champagne Henriot, la grande histoire s’écrit au vignoble – 80 euros
Quatre champagnes prodigieux et trois moments au programme de cette classe de maître. D’abord, la compréhension du vignoble et son expression dans les cuvées incontournables de la maison. Ensuite, la découverte des crus historiques : ceux qui ont donné naissance à la cuvée Hemera, proposée ici dans deux années marquantes pour la Champagne. Last but not least, les « mémoires » et les trésors enfouis dans le secret de ses caves : la maison propose aux grands amateurs de les explorer avec la dégustation d’un millésime ancien.

  • Henriot, Brut Souverain
  • Henriot, Cuvée Hemera 2008
  • Henriot, Cuvée Hemera 2006
  • Henriot, Cuvée des Enchanteleurs 1964

 

Samedi 2 décembre


13h30 – 14h45 | Grand Vintage par Moët & Chandon : à chaque année, un champagne de lumière – 80 euros
Faculté captivante au vieillissement, style frais et précis, dosage en harmonie avec les avancées en viticulture, recherche technique de pointe, la plus grande de toutes les grandes maisons est entrée dans un nouveau cycle de son histoire exceptionnelle. Sur cette route exigeante, elle peut compter sur cette cuvée de prestige magnifique, pleine d’une empreinte stylistique identitaire. On la découvre sur trois décennies.

  • Moët & Chandon, Grand Vintage 2015 (blanc)
  • Moët & Chandon, Grand Vintage 2015 (rosé)
  • Moët & Chandon, Grand Vintage Collection 2006 (blanc)
  • Moët & Chandon, Grand Vintage Collection 2003 (blanc)
  • Moët & Chandon, Grand Vintage Collection 2003 (rosé)
  • Moët & Chandon, Grand Vintage Collection 1999 (blanc)

14h15 – 15h | Le Brut Réserve de Charles Heidsieck, naissance d’un grand vin de garde – 80 euros (Prestige)
Trente ans dans le passé, c’est le voyage proposé par cette belle maison de Reims, célébrée partout dans le monde pour la pureté de ses champagnes et leur formidable caractère d’énergie et de droiture. Quatre expressions de son Brut Réserve, selon des modalités différentes, pour comprendre l’impact du vieillissement sur les champages et mettre en lumière l’identité et la longévité du style Charles à travers le temps.

  • Charles Heidsieck, Brut Réserve (mis en cave 2015, vin de base 2014)
  • Charles Heidsieck, Brut Réserve (mis en cave 2008, vin de base 2007)
  • Charles Heidsieck, Brut Réserve (mis en cave 2001, vin de base 2000)
  • Charles Heidsieck, Brut Réserve (mis en cave 1990, vin de base 1989)

15h – 15h45 | Château de Pressac, l’identité d’un terroir, la renaissance d’un grand de Saint-Émilion – 70 euros
Le grand vin de Saint-Émilion naît forcément d’un grand terroir. Sur celui de cette propriété, exceptionnelle par la beauté de son lieu et pour réunir tous les terroirs de l’appellation, il aura fallu du temps et de l’abnégation à Jean-François Quenin pour signer ce qui est désormais l’une des belles réussites de l’appellation. Après un long travail d’identification des parcelles, c’est l’art de les assembler qui fait la différence. Explications avec cette dégustation de quatre millésimes.

  • Château de Pressac, saint-émilion grand cru 2019 (rouge)
  • Château de Pressac, saint-émilion grand cru 2016 (rouge)
  • Château de Pressac, saint-émilion grand cru 2010 (rouge)
  • Château de Pressac, saint-émilion grand cru 2005 (rouge)

16h15 – 17h | Nihonshu, le saké japonais dévoile ses secrets – 50 euros
Après le succès du whisky japonais, le saké japonais s’introduit dans la gastronomie française en tant qu’alternative au vin. Cette boisson fermentée à base de riz est méconnue et possède une palette aromatique riche et variée. Il existe une grande variété de styles de saké et cette masterclass permet de les comprendre.

  • Takeno Kameno 2020 (saké moderne)
  • Izumibashi 2015 (saké traditionnel)
  • Masumi Shiro (saké traditionnel)
  • Kitajima (saké nature)

17h15 – 18h | Trois décennies, quatre millésimes : Solaia, sculptés par le temps – 80 euros
Acquise par la famille Antinori au milieu du XIXe siècle, la Tenuta Tignanello brille au sommet de la hiérarchie toscane depuis longtemps. Sur cette colline enchantée, les plus belles parcelles ont été isolées pour produire Solaia, qui a su imposer un nouveau style dans le paysage des grands vins italiens. Issu du cépage local sangiovese mais aussi de cabernet-sauvignon et franc, Solaia démontre avec le temps une profondeur et une finesse qui sont l’apanage des plus grands.

  • Solaia, Toscana IGT 2005 (rouge)
  • Solaia, Toscana IGT 2010 (rouge)
  • Solaia, Toscana IGT 2015 (rouge)
  • Solaia, Toscana IGT 2020 (rouge)

Vous pouvez réserver vos places sur https://grand-tasting-paris-2023.eventmaker.io/fr/billetterie

Le mondovino de la semaine #209 tourne à fond

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À chacun son parcours • 40 millésimes du domaine de Chevalier • Le champagne qui a changé de nom • Un vin radieux

En bref


Le Grand Tasting, à chacun son parcours

Comme son nom l’indique, le Grand Tasting, c’est grand. Avec plus de 300 producteurs tous plus doués les uns que les autres, pas toujours simple de s’y retrouver. Par chance, les experts Bettane+Desseauve ont tracé des chemins sûrs dans les salles du Carrousel du Louvre. Hop, on ne s’égare pas, on profite et on prend le temps de rêver, à son rythme, à folle allure ou sans courir, selon ses envies de découvertes ou bien d’émerveillements. Chacun de ces parcours mène au génie du vin. En route.

Découvrez ici et en avant-première les quatorze parcours

Le Grand Tasting, 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre

Aux enchères, 40 millésimes du domaine de Chevalier

Le 30 novembre 2023 à Londres, quarante doubles magnums du domaine de Chevalier en rouge seront mis en vente en un seul lot par la maison Christie’s. Le montant de cette vente aux enchères sera entièrement reversé à la Croix-Rouge. Ce lot unique retrace l’histoire du domaine depuis 1983, date à laquelle Olivier Bernard arrive à la tête du domaine. Pour compléter ce lot, composé de quarante doubles magnums, d’autres grands formats, seront aussi proposés en soixante-quinze lots.

En rouge :

  • 11 nabuchodonosors (15 litres) de 2010 à 2000
  • 28 impériales (6 litres) de 2021 à 1984

En blanc :

  • 11 doubles magnums (3 litres) de 2010 à 2000
  • 6 lots de 6 magnums (1,5 litres) de 2021 à 1988
  • 19 lots de 3 magnums de 2021 à 1993
  • Vous pouvez découvrir les vins du domaine au Grand Tasting, 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre, stand 203.

Les bons plans


Le champagne qui a changé de nom : Le Black Création de Lanson

Installée au cœur de la ville de Reims avec son jardin (le Clos Lanson), cette maison chargée d’histoire a célébré ses 260 ans en 2020. Le Black Label (l’anglicisme étant un hommage de la maison à son premier marché, le Royaume-Uni), le best-seller de la maison, change de nom et devient Le Black Création. Avec un article défini et le mot création écrit en français comme un clin d’œil à Victor Lanson, créateur de la cuvée en 1937. Comme le précise Hervé Dantan, le chef de cave de la maison : « Depuis 86 ans, ce champagne s’appelle Black Label. Changer ce nom n’est donc pas une petite décision. Mais il ne s’agit pas uniquement de cela, j’ai également redonné un nouveau cap au Black, sans en perdre l’âme, le style, la philosophie, et sans dénigrer le travail de Bernard Gasco et Jean-Paul Gandon, mes prédécesseurs ». Le Black Création affiche un profil séduisant et équilibré, tout en gardant énergie et vivacité. De beaux amers citronnés en bouche, des petites touches florales printanières très fraîches et une finale épurée et saline. Le Black Création porte un numéro : 257 pour cette édition. Il correspond au nombre d’assemblages de brut non millésimé élaborés par la maison depuis sa fondation en 1760.
Vous pouvez le découvrir au Grand Tasting, 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre, stand 55.

Lanson, Le Black Création n°257, 40,50 euros

Un vin radieux : le 2020 du château de Ferrand

Ce cru classé de Saint-Émilion, situé au point le plus haut de l’appellation dans le secteur de Saint-Hippolyte, est une magnifique propriété entièrement rénovée avec goût. Ce 2020 élancé a le fruit radieux avec un croquant parfait. La délicieuse rondeur en milieu de bouche s’accompagne d’une chair qui se fait plus percutante en finale.
Vous pouvez le découvrir au Grand Tasting, 1er et 2 décembre au Carrousel du Louvre, stand 35.

Château de Ferrand, saint-émilion grand cru 2020, 40 euros

Cette crise qui enfle

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Allons bon, encore une crise. Le mondovino bruisse des rumeurs les plus alarmantes sur l’état du marché mondial du vin. Baisse des expéditions en Champagne ; tassement des enchères à la vente des Hospices de Beaune, bon indicateur et aussi, semble-t-il, chez les maisons de vente habituelles ; primeurs à Bordeaux « catastrophiques » selon quelques acteurs informés ; petites appellations en grand trouble ; baisse générale de la consommation. On me murmure dans l’oreillette qu’il n’y a plus de clients pour les grands vins à gros prix. Le repli serait général. Ce que ne confirment pas quelques vignerons de ma connaissance. Disons qu’ils ont plus de chance, de meilleurs produits, des prix en phase avec les marchés, la Loire est un bon exemple. Disons aussi qu’ils sont, sans doute, peu nombreux dans ce cas et qu’ils ne font pas les gros volumes.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

Le vin à l’anglaise

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L’Angleterre, maintenant. Le changement climatique favorise la vigne. Très bien. Les sols calcaires du sud de la grande île ressemblent en tous points au meilleur de la Champagne. Les vins effervescents bullent dans tous les coins. Avec plus ou moins de bonheur. Quelques-uns font très bien. Nous savons qui


Cet article est paru dans En Magnum #30. Vous pouvez l’acheter sur notre site ici, ou sur cafeyn.co.


Les Anglais remontent loin, très loin. Ils en sont à s’attribuer l’invention du vin effervescent. Du temps des moines, que ce soit en Bourgogne ou en Champagne, les vins étaient tranquilles et l’effervescence, un défaut. Le froid de l’automne arrivant vite après les vendanges, les vins ne finissaient pas systématiquement leur fermentation alcoolique. Au printemps, avec le réchauffement des températures, elle reprenait, dans la bouteille cette fois-ci. Ce qui posait le risque de perdre un grand nombre de bouteilles, leur verre ayant souvent des défauts qui les rendaient fragiles. Elles explosaient sous le coup de cette seconde fermentation et, par réaction en chaîne, toute la pile de bouteilles était perdue.

L’effervescence n’était pas recherchée
Grands consommateurs de vins de France, les Anglais importent au XVIIe siècle des vins de Champagne (tranquilles) en fûts. Ils mettent le vin en bouteille eux-mêmes. Avec la réception des fûts plein de vins devenus effervescents pendant le transport et disposant d’une source intarissable de sucre dans leurs colonies des Caraïbes, ils commencent délibérément à mettre du sucre dans le vin au moment de la mise. Ainsi naît la seconde fermentation en bouteille, un des critères qui définissent la spécificité du champagne. En 1662, Christopher Merrett publiait un article à ce sujet pour la très officielle Royal Society. Cette recherche d’effervescence en bouteille a été permise par un autre fait marquant de l’histoire anglaise. En 1615, le roi James interdit l’utilisation de bois pour la fabrication du vin. La ressource doit servir en priorité à construire les vaisseaux de la Royal Navy. L’amiral Sir Robert Mansell commence à produire des bouteilles en verre beaucoup plus solides en utilisant du charbon (le charbon brûlant à une température bien plus élevée que le bois, NDLR). En 1630, Sir Kenelm Digby peaufine la technique de fabrication de bouteilles de verre encore plus solides, créant entre autres le fameux « cul de bouteille » pour une meilleure stabilité. La bouteille moderne est née. Et la seconde fermentation peut désormais se passer en bouteille sans risque de perte.

Et la craie ?
Ceux qui veulent appuyer la légitimité des Anglais à produire des vins effervescents de qualité sur leur territoire se prévalent d’avoir un sol calcaire similaire à celui que l’on retrouve en Champagne. Ce qui est vrai. Le Bassin Parisien s’étend effectivement autour de Paris, à l’est jusqu’en Champagne et à l’ouest jusqu’au sud de l’Angleterre. Cependant, seul un petit nombre des domaines anglais qui produisent des vins effervescents sont implantés sur des terrains bénéficiant de ce type de sous-sol. Une approche plus pragmatique et précise a mené certains domaines, dont Coates & Seely, à faire analyser leur sol en France avant de planter. Les résultats ont confirmé que non seulement il y avait une bonne proportion de calcaire, mais que c’était un calcaire idéal pour les cépages champenois. Bien sûr, rien d’impossible à faire un bon vin effervescent sans calcaire. Mais le champagne est souvent à l’origine de l’inspiration créatrice, comme chez Coates & Seely. « Nous voulons produire un grand vin effervescent. Pourquoi se refuser les avantages de ce sol ? C’est possible et on sait que ça fonctionne », explique Christian Seely, par ailleurs patron d’Axa Millésimes. Chez Nyetimber, même approche pour les fondateurs. En 1988, ils sont les premiers à planter des cépages champenois pour faire du vin effervescent dans le sud de l’Angleterre. Alors que leurs voisins tentaient de les en dissuader, ils se sont eux aussi tournés vers la Champagne et ses experts pour être rassurés sur le bien-fondé de leur intuition. Cette énergie de pionnier demeure toujours chez Nyetimber, désormais sous la houlette d’Éric Heerema, nouveau propriétaire depuis 2006. Le domaine est le premier à être parti à l’assaut des marchés internationaux grâce à une superficie conséquente qui lui octroie l’avantage de pouvoir produire suffisamment de bouteilles. Leader sur le sujet, Nyetimber continue d’ouvrir des marchés en attendant que d’autres les rejoignent.

Un nouveau terroir
Souvent, le nombre de bouteilles disponibles freine l’expansion des autres domaines de qualité, comme Coates & Seely. Fondée en 2008 par deux amis, Nicholas Coates et Christian Seely, cette entreprise familiale et indépendante grandit au rythme lent de rachats de terrains bien situés, où il faut laisser le temps à la vigne plantée de prendre racine et donner ses fruits, quand la météo le permet. Certaines années, par exemple en 2012, il n’y a pas de vendanges. Se définissant comme vigneron-artisan, le duo élabore un vin effervescent avec la volonté d’exprimer un terroir. Grands amateurs de champagnes, palais exigeants, Nicholas et Christian se donnent pour mission d’élaborer des vins qui leur donnent envie d’ouvrir leur propre bouteille plutôt que celles produites en Champagne. « C’est plus amusant de produire du vin de grande qualité », précise Christian Seely. Accompagnés par Stéphane Derenoncourt, conseiller de nombreux domaines viticoles parmi les plus grands, ils prennent leur production au sérieux. Et aussi, avec un peu de cet humour anglais qui fait sourire. Dans leur gamme, les millésimes portent le nom de La Perfide. Chez Gusbourne Estate, on a fait le choix de ne produire que des cuvées millésimées. Les vins chaque année illustrent les aléas de la météo du sud de l’île. La plupart des nombreux domaines qui s’installent ont tous pour objectif d’élaborer un vin effervescent avec des cépages dits champenois, sur des terrains plus ou moins calcaires. Chacun attache plus ou moins d’importance à la comparaison avec le vin français. Les uns s’en détachent ostentatoirement, les autres s’en inspirent avec l’envie de l’égaler.

Une appellation commune ?
Ces divergences d’attitude se sont retrouvées dans un débat qui a secoué cette petite communauté, celui de la création d’une appellation pour ce vin effervescent. Deux idées de noms : Merrett, en hommage à celui qui a le premier fait état de l’adjonction de sucre à un vin dans le but d’obtenir des bulles, ou Britagne, contraction de Britain et Champagne, en hommage au cousin d’outre-Manche. Aucun des deux camps n’arrivant à rallier une majorité derrière lui, chacun a effacé l’appellation de ses étiquettes. Aujourd’hui, les uns comme les autres se définissent fièrement comme Product of England et mentionnent la méthode traditionnelle (quand ce n’est pas, trait d’humour de Coates & Seely, la méthode britannique). Certains domaines commencent à afficher English Protected Designation of Origin, l’appellation d’origine protégée anglaise. Un premier pas vers une unité d’esprit qui mènera éventuellement à une appellation commune. D’autres ne veulent pas suivre les grands principes de l’AOP des vins effervescents anglais de qualité, calquée sur la méthode traditionnelle (donc champenoise). Certains acteurs plus récents sur le marché prennent plutôt exemple sur le prosecco pour la vinification (le procédé Charmat et l’utilisation de cépages plus nombreux et différents). Selon Tom Stevenson, spécialiste anglais de vins effervescents, à ce stade encore jeune de cette nouvelle catégorie de vins, peu nombreux sont les domaines qui produisent du bon vin effervescent de manière constante. Ils sont rejoints par un autre petit nombre de domaines qui proposent irrégulièrement de beaux vins effervescents. Et peuvent compter sur un nombre encore restreint de domaines qui viendront les rejoindre d’ici quelques années. Les vins effervescents anglais sont à un stade où il leur est possible de s’enrichir du plus grand nombre d’initiatives avant d’imposer un cadre. Le sud de l’Angleterre est un terrain viticole où l’expérimentation est encore de mise, où les règlementations ne sont pas encore établies et dont le futur ne fait que commencer. C’est une toute nouvelle page qui s’écrit dans le livre sur les vins du monde. Levons un verre de bulles anglaises à leur succès !

Les Champenois s’y installent timidement
La maison Taittinger a monté Domaine Evremond avec son partenaire et ami anglais Hatch Mansfield Ltd en 2017. Les premiers vins ne sont pas encore disponibles. Champagne Louis Roederer avait été approché pour reprendre un vignoble et avait décliné l’offre, considérant que le meilleur des vins effervescents en Europe reste le champagne et qu’il se concentrerait sur le fait de toujours proposer un champagne de grande qualité, malgré les évolutions climatiques. En 2016, Pommery s’est associé à un jeune vignoble anglais, Hattingley Valley, afin de prendre place sur le marché du vin effervescent anglais avant d’y acheter des vignes. La cuvée Louis Pommery England est produite et commercialisée en Angleterre depuis quelques années. Cet été, après avoir investi dans un vignoble de 40 hectares dans le Hampshire, la maison annonçait la création d’une cuverie.

La mémoire de l’eau

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Au domaine de la Ferrandière, en utilisant les caractéristiques d’un site unique modelé par l’homme au XVIIe siècle, l’entreprenant Jean-Claude Mas affirme une vision originale et ambitieuse de la conduite d’un vignoble. Et réalise des vins brillamment frais et souples


Cet article est paru dans En Magnum #33. Vous pouvez l’acheter en kiosque, sur notre site ici, ou sur cafeyn.co.


Dans ce Sud malmené par le réchauffement climatique, l’eau s’est replacée au centre des enjeux. Le débat de l’irrigation par goutte à goutte a vite perdu de son acuité avec les limites administratives apportées à l’utilisation même de ces techniques. Si certaines variétés locales – carignan, grenache en particulier – sont peu gourmandes en eau, c’est oublier un peu vite que le Languedoc est aussi une terre bénie pour des cépages venus d’ailleurs, rhodaniens ou atlantiques, dès lors que ceux-ci peuvent s’appuyer sur une alimentation en eau minimale. Rares sont les vignerons qui abordent le défi frontalement. Jean-Claude Mas, serial vigneron qui en moins de quinze ans a construit à partir du domaine familial de Montagnac un géant viticole de plusieurs centaines d’hectares situés dans toute la région, a vite compris que pour avoir la main verte, l’apport d’eau à la vigne devait être parfaitement maîtrisé. Il en a développé une idée forte, à rebours d’un dogme souvent asséné. Non, la vigne ne doit pas souffrir pour produire du bon vin. Il explique avec conviction : « Je n’ai jamais mangé de bons fruits sur les arbres qui ont trop souffert. Soit la peau est trop épaisse, soit cela manque de maturité. La vigne doit être en pleine santé, en plein équilibre et pour arriver à mener à bien ses petits que sont les fruits. »
Parmi les nombreux domaines où Mas met en place ses convictions et ses méthodes, le domaine de la Ferrandière est certainement le plus original. L’endroit, situé au sud du Minervois, est étonnant. Au XVIIIe siècle, des agronomes vénitiens, spécialistes de la fertilisation des marais, viennent ici assécher le vaste étang de Marseillette et dressent au milieu de ces terres fertiles un écheveau de canaux alimentés par des sources. On y pratique depuis cette date des cultures vivrières, le riz en particulier, mais aussi la vigne.

Vignoble immergé
C’est en goûtant et en achetant les vins de cette propriété vouée aux cépages internationaux que Mas se convainc rapidement de l’acquérir. « Cette terre fertile est un terroir froid, avec de grosses amplitudes entre le jour et la nuit, dans une zone privilégiée, qui est entourée, drainée, où l’eau est essentielle et l’écosystème unique », explique-t-il. « À certains moments, on va inonder la vigne. On est dans un secteur gélif, mais on a cette grande chance en période de gel de printemps au mois d’avril de pouvoir inonder et éviter le gel. C’est ce qui rend cet endroit vraiment unique pour 17 cépages. » Jean-Claude Mas en est convaincu : « Citez-moi les grandes régions de France qui font des très bons vins et qui ne voient pas l’eau. Je n’en connais pas. L’eau est un élément essentiel de la vigne. Une vigne doit être un peu contrainte, on doit l’accompagner. On doit accompagner la nature dans la manière dont on la taille, dans la manière dont on cultive le sol. Dans les terres fertiles, j’arrive à faire de bons vins avec des rendements maîtrisés parce que la taille est essentielle dans la maîtrise des rendements. Ici, c’est pareil. La nature donne beaucoup. Il faut l’accompagner là où on veut la diriger, et alors on a des résultats surprenants. »
Effectivement, les vins produits ici, les blancs comme les rouges, souples, fruités et accessibles, possèdent un équilibre, une fraîcheur et une sapidité qui les caractérisent tous et leur donnent un cachet unique. C’est bien simple, on a toujours envie d’en boire un second verre ! Le marselan, croisement intéressant du grenache et du cabernet-sauvignon, trouve ici un naturel d’expression spécifique. L’association syrah et viognier séduit par sa gourmandise sans façon. En blanc, le viognier précisément possède cette fraîcheur si rarement démontrée dans les terroirs chauds de la région. Pinot gris et riesling s’amusent, dans un registre souple et gourmand, à démontrer une personnalité accessible tandis que le vermentino trouve ici un terroir à sa mesure. L’aventure de la Ferrandière est récente pour Jean-Claude Mas et on ne doute pas qu’elle évoluera encore dans la recherche de fraîcheur et de sapidité d’un producteur qui ne cesse d’innover, mais d’ores et déjà elle ouvre des perspectives excitantes aux vins de cépage.

Beaujolais nouveau, le plaisir de novembre

Ils arrivent dans vos bistrots et chez vos cavistes. Vous pouvez les apprécier jusqu’au printemps. Sur la centaine de beaujolais nouveaux dégustés, voici nos dix préférés

Trénel
Connue pour ses crèmes de fruits et ses spiritueux, la Maison Trénel, qui appartient désormais à Chapoutier, fait aussi du vin avec une large gamme de crus du beaujolais et de blancs du sud-bourguignon. Ce beaujolais nouveau est sérieux, avec une vraie sensation vinique, du fond. 12,40 euros

Domaine Jean-Pierre Rivière
Situé à Lachassagne, dans les Pierres Dorées, ce domaine créé par Jean-Pierre Rivière et sa femme Colette en 1984 est désormais dirigé par leur fils Alexandre. Marine, sa sœur, s’occupe de la vente directe. Le nez est appétant, très soyeux, sur la cerise. Les arômes sont plus caricaturaux en bouche, mais avec un toucher soyeux assez irrésistible. 7,70 euros.

Domaine Pierre-André Dumas
Installé au pied du mont Brouilly, le domaine a été converti à l’agriculture biologique par Pierre-André Dumas et Aurélie Durnerin, sa belle-sœur. Le nez est réservé, mais joli, sur la cerise noire. Bouche élégante, avec un tanin fin et de l’acidité. 9 euros

Julien Mathon (Terre de Manganèse), Toutencanon
Julien Mathon a repris en 2013 le domaine familial au nord de Villefranche-sur-Saône. Six hectares en bio, avec un travail artisanal et familial du couple Mathon. Nez de vendange entière et de fruits noirs. Bouche dense, un peu végétale, avec beaucoup de fond. 8 euros

Ferraud Père et Fils
Située à Belleville, cette maison familiale est dirigée par Yves-Dominique Ferraud qui allie tradition et innovation. Elle produit du vin dans le Beaujolais et le Mâconnais. Nez bien équilibré. La bouche est pleine, dense, bien faite. En beaujolais-village la Cuvée d’Autrefois est également recommandable. 11,85 euros

Domaine des Marrans
Un de nos bestsellers, qui sort quasi-systématiquement en dégustation. Il faut dire que Mathieu Mélinand, désormais accompagné de son frère Camille, y met tout le sérieux qu’il faut. Le nez, sur la cerise, est très attirant. La bouche est pimpante, étonnamment souple et enrobante. On retrouve le petit tanin signature en finale. Seule question : y’en aura-t-il assez ? 12 euros

Célia et David Large, Zombi
On ne présente plus David Large qui, avec un sens inné du marketing, remixe toute la street culture des années 1980. Zombi est sûrement un clin d’œil aux soirées passées à regarder les films de George Romero en VHS. Le vin, lui, est bien vivant, avec un nez attirant de café et de moka. Jolie bouche dense, avec du tanin, du fond, tout en restant très appétante. 12€

Beaujolais-villages
Domaine Mélinon, Tirage Précoce
On ne sait pas grand-chose de ce jeune Gaétan Mélinon qui reprend, et agrandit, le domaine familial depuis 2021 à Villié-Morgon. Mais les ambitions sont là, avec dix-huit hectares, dont une partie en bio. Le nez est séduisant et épicé. Bon équilibre en bouche, avec de la profondeur et de la délicatesse. Bonne finale. 8,50 euros

Famille Descombes, cuvée Granite
Depuis une dizaine d’années, la jeune génération préside aux destinées des vignobles de la famille Descombes qui se sont étendus à d’autres régions (Chablis, Saint-Joseph) et se tournent désormais vers l’agriculture biologique et l’agroforesterie. Joli fruit au nez. En bouche c’est plus serré, un peu austère, mais il y a du jus. Un peu d’air lui fera du bien. 10 euros

Château de Corcelles
Un classique puisqu’il appartient à la famille Richard, célèbre à Paris pour fournir nombre de cafés. Ils sont multipropriétaires à Bordeaux, dans le Rhône, et dans le Beaujolais où ce Château de Corcelles possède quatre-vingt hectares. Le nez est facile, engageant, tandis que la bouche présente un joli tanin et se révèle assez longue. Un « crowd pleaser », en plus facile à trouver. 13,50 euros

 

Seyssuel, le nouveau terroir hype du Rhône nord

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Graeme et Julie Bott, Kamaka, Terroir de Seyssuel,
IGP collines rhodaniennes 2020

Pourquoi lui Aussitôt installés dans le décor, les Kiwis d’Ampuis se sont intéressés au fabuleux terroir de Seyssuel pour l’essentiel abandonné depuis la crise du phylloxéra. Ils ont rejoint une poignée de pionniers et voilà leurs premières récoltes. Ils l’ont baptisé Kamaka qui veut dire à peu près « caillou », en maori, puisque que Graeme vient de là, cette Nouvelle -Zélande si lointaine et si désirable. Un grand rouge, de la belle syrah et un terroir qui deviendra appellation dès que l’Inao aura fini sa sieste..

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

Le Grand Tasting fait confiance à Ligne W

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« J’ai voulu créer une offre qui s’adapte à tous les moments liés au vin. Vins de copains, vins de prestiges, vins de terroirs », explique Sébastien Lézier, PDG du groupe Maison Château Laguiole, partenaire du Grand Tasting. Pour l’évènement, il présente la marque Ligne W, fondée en 2008 dont la gamme permet « à chacun de trouver un sommelier qui lui ressemble » pour un éventail de prix variant entre 10 et 160 euros. « Dix artisans avec des savoir-faire différents sont nécessaires pour fabriquer un sommelier Ligne W. » Ces couteaux produits seulement à quelques milliers d’exemplaires par an (pour conserver leur qualité) sont entièrement assemblés à la main. « Il ne s’achète qu’une fois dans une vie. » Livré avec un QR code qui assure son authenticité, le couteau sommelier est réparable et garanti à vie. La « Maison » regroupe les marques Ligne W, Matéo Gallud, Guy Vialis et Château Laguiole.