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L’Union des grands crus a un nouveau président

Ronan Laborde vient d'être élu à la tête de l'Union des grands crus de Bordeaux.
Photo : Julien Fourcade (Taylor Yandell)

Après six années passées à la présidence de l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), association réunissant 134 membres et organisant chaque année une soixantaine d’événements permettant à quelque 50 000 professionnels et amateurs de découvrir les châteaux concernés (dont la liste est ), Olivier Bernard cède sa place à Ronan Laborde, 39 ans, gérant et copropriétaire du château Clinet (Pomerol). Ce dernier, qui a participé à l’action collective de l’UGCB dès 2008 en tant qu’administrateur puis vice-président avant d’être élu à sa présidence, estime que l’Union a su rassembler « une affluence exceptionnelle de crus et de personnalités, autour de valeurs et d’actions partagées » et considère comme un honneur le fait d’œuvrer pour le prestige de ses membres.

Ronan Laborde en quelques étapes :
« Adolescent, il est chargé de sélectionner et préparer les bouteilles lors de nombreuses réceptions familiales et développe une véritable passion pour le vin. Rapidement, il entreprend, avec son père, d’acquérir un vignoble. En 1999, leur recherche aboutit à l’acquisition du château Clinet à Pomerol. Ronan Laborde obtient un Master de Management à l’EDC Paris Business School (2003) et se charge de la gestion du château sitôt diplômé. Il engage très vite la restructuration d’une partie du vignoble, inaugure un nouveau chai souterrain et oriente les pratiques culturales dans une démarche écoresponsable. Le domaine obtient quelques succès d’estime et commerciaux, le millésime 2009 étant consacré 100 points par le célèbre critique américain Robert Parker. Déterminé et habitué à repousser ses limites, il termine 3e du marathon du Médoc en 2010 et 66e à Paris, puis 94e du marathon de New York en 2011. »

Roederer reprend une pépite californienne

L’accord conclu la semaine dernière entre Merry Edwards, fondatrice du domaine californien du même nom, et Frédéric Rouzaud, le président-directeur général de Louis Roederer fait de cette dernière société la propriétaire d’un domaine viticole créé en 1997 et devenu, en vingt ans, « un des fleurons de la Sonoma Valley ». Avec pour fil rouge l’ambition de Frédéric Rouzaud de donner à cette propriété tous les moyens pour grandir et se développer, notamment au niveau international, la maison Roederer* continue ici, « dans un souci constant de pérennité et de cohérence », une histoire américaine débutée de façon pionnière à la fin du XIXe siècle et poursuivie par l’acquisition dès 1982 de ses premiers vignobles dans l’Anderson Valley, en Californie déjà.

Frédéric Rouzaud suivait depuis longtemps « le très beau travail réalisé par Merry Edwards et ses équipes » quand il a appris qu’elle envisageait de passer le relais à une maison partageant ses valeurs et sa vision du vin. Il a alors sollicité une rencontre avec celle que l’on surnomme là-bas la “reine du pinot noir” et qui fut l’une des premières femmes à se lancer dans la production viticole aux Etats-Unis, dans les années 1970. Il en parle comme d’un mémorable moment : « Merry est une pionnière et une personnalité hors du commun ; elle est sans concession ni compromis et l’amour infini qu’elle porte à son vignoble force l’admiration. Merry nous fait confiance et ce sera un honneur et un grand privilège de travailler à ses côtés le temps qu’elle a souhaité encore consacrer au domaine et à ses nombreuses activités. »

Pépite californienne qui s’est distinguée dès l’origine par sa créativité et son dynamisme en matière de visites et de relations directes avec ses clients, le domaine dirigé par Merry Edwards a fondé sa réputation sur son savoir-faire en matière de production de vins issu de pinot noir, mais aussi de sauvignon blanc et de chardonnay. Merry et Ken, son époux, sont également connus pour leur engagement en faveur d’une viticulture durable et la propriété a obtenu en 2017 le label décerné par la Californie aux domaines exemplaires en la matière. Alliant sa quête de l’excellence à « une approche responsable profondément ancrée dans le respect du terroir », Louis Roederer « trouve dans Merry Edwards Winery de nombreuses résonances avec son identité et un prolongement naturel de sa présence aux Etats-Unis. »

*Fondée en 1776 à Reims, Louis Roederer est une maison familiale et indépendante qui, outre la production du champagne Louis Roederer et de Cristal, possède également Champagne Deutz, le grand cru classé Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande (Pauillac), le château de Pez (Saint-Estèphe), le négoce Maison Descaves (Bordeaux), les domaines Ott* (Provence), la maison Delas Frères (Vallée du Rhône) ainsi que Roederer Estate, Scharffenberger Cellars et le domaine Anderson en Californie et le porto Ramos Pinto au Portugal.

Master of Wine et Champenois, une première

Edouard Baijot, seul Français parmi les six nouveaux membres nommés par The Institute of Masters of Wine.

Directeur export chargé des vins fins pour l’Europe au sein de la société E.&J. Gallo Winery, Édouard Baijot est depuis vendredi dernier le premier Champenois élevé au rang de Master of Wine (MW) , une distinction qui vient récompenser sept années de travail.
Seul Français diplômé de cette session, dont les recherches ont porté sur la question de savoir « Pourquoi et comment les producteurs de Champagne devraient réagir au développement des ventes de vins effervescents anglais sur leur marché domestique ? », il rejoint avec cinq autres nouveaux membres (à découvrir ici) un cercle de spécialistes du monde viticole aussi prestigieux que restreint. Il n’y a en effet que 384 Masters of Wine à travers le monde, répartis dans 30 pays. Parmi eux, huit sont français.

Cépages résistants, Xavier Planty donne l’alerte

« Une AOC c’est un patrimoine qui appartient à l’ensemble des vignerons qui la composent certes, mais pas que. Une AOC c’est aussi une promesse envers les consommateurs qui engage et oblige : l’héritage d’un savoir-faire ancestral, d’une responsabilité humaine et environnementale, d’une image et d’un engagement forts. C’est la certitude pour les amateurs, qu’au-delà du prestige des marques, ils trouveront un savoir-faire incroyable, une transmission d’âge en âge, de génération en génération, le respect du temps long et des gestes des hommes. La promesse d’une AOC c’est d’abord une éthique avant d’être un goût. » C’est avec ces mots que Xavier Planty (Château Guiraud) conclut un texte alarmiste et engagé à propos de l’introduction dans le vignoble français de cépages dits résistants, une démonstration à lire dans son intégralité ici et également relayée dans une tribune parue mardi dans le journal Le Monde.

Face à une approche qu’il estime « destructrice à plusieurs titres », face au manque de débat et de transparence sur cette question (on sait déjà que « le mildiou est capable de s’adapter et de muter pour contourner la résistance génétique »), le co-propriétaire du premier des premiers grands crus classés en 1855 à avoir été certifié bio, c’était en 2011, appelle les appellations françaises à réagir et « à prendre conscience des enjeux. » Afin de répondre à la pression sociétale contre les pesticides et les défis posé par le réchauffement climatique, les pouvoirs publics et certains syndicats de vins d’AOC « engagent d’importants moyens financiers » pour favoriser l’introduction de ces cépages hybrides, croisement de notre Vitis vinifera avec l’espèce américaine Vitis Muscadinia. Une folie, dit-il, à l’heure où « le monde a enfin pris conscience de l’importance majeure de préserver notre biodiversité » et où, en France, nos plus anciens cépages sont sauvegardés dans des conservatoires pour ne pas voir s’éteindre les variétés locales.

Dénonçant « l’archaïsme d’une gestion agricole qui refuse toute autre recherche » et rappelant que « beaucoup de viticulteurs arrivent à des résultats surprenants en matière d’équilibre de la vigne », Xavier Planty estime que ces apprentis sorciers mettent en danger « l’incroyable diversité de notre patrimoine génétique » et signent la destruction à terme des spécificités de nos AOC. Il estime indispensable de réorienter la recherche (« en y consacrant des moyens conséquents ») pour mettre en œuvre une approche écologique globale de la vigne. « L’agronomie, la vie des sols, les cépages anciens et oubliés, les bio contrôles, autant d’alternatives qu’il est urgent d’explorer » plutôt que de commettre la grave erreur de parier sur « un avenir stérile », d’autant plus que les vignerons risquent de se trouver pieds et poings liés « aux commercialisateurs qui détiendront ces nouvelles variétés. »

C’est quoi un bourgogne-côte d’or ?

En 2017, les producteurs de l’AOC bourgogne localisés dans les côtes de Beaune et de Nuits ont obtenu la mention complémentaire « côte d’or ». Il s’agit d’un bourgogne identifié à un secteur géographique déterminé dans son aire d’appellation, qui porte ici sur quarante communes. Contrairement au département de Côte-d’Or, pas de second trait d’union pour l’AOC bourgogne-côte d’or. C’est une décision de l’Inao (ex-Institut national des appellations d’origine, aujourd’hui institut national de l’origine et de la qualité) pour éviter toute confusion. Le Châtillonnais, qui fait partie du département de Côte-d’Or, ne peut pas pour autant produire de bourgogne-côte d’or.

Le potentiel de production est estimé à mille hectares, deux tiers en rouge et un tiers en blanc. Pour le millésime 2018, le nombre de producteurs de l’appellation bourgogne-côte d’or est de 242, pour 340 hectares en production. Pour mémoire, les treize autres dénominations géographiques pouvant être accolées à l’appellation régionale bourgogne sont chitry, côtes-d’auxerre, côte-chalonnaise, côtes-du-couchois, côte-saint-jacques, coulanges-la-vineuse, épineuil, hautes-côtes-de-beaune, hautes-côtes-de-nuits, la-chapelle-notre-dame, le-chapitre, montrecul (aussi écrit bourgogne-montre-cul et bourgogne-en-montre-cul) et enfin tonnerre.

Marie-Antoinette de Szczypiorski

Trois filles sur les routes du vin du monde

Alice Boinet, Alice Bonassi et Laurène Mary en Colombie.

Petite nouvelle dans l’aventure Bettane+Desseauve depuis quelques mois, Alice Boinet est plutôt du genre bavarde. Il faut dire qu’elle a beaucoup de choses à raconter. À seulement 24 ans, sa passion du vin et des voyages l’a amenée à construire un projet plutôt culotté : faire un tour du monde des vignobles de novembre 2017 à mai 2018.

7 mois de voyages,
3 continents,
7 pays visités,
47 vignobles découverts,
350 vins dégustés.

Forcément ça marque une vie et donne des clefs pour comprendre le monde du vin aujourd’hui, ce qui s’y fait, ce qui s’y passe, ce qu’il est fondamentalement devenu : planétaire. Une aventure et une vue d’ensemble essentielle, peut-être même indispensable. Rencontre.

Comment est née l’aventure de La Route Des Vendanges ?
A l’origine, il y a trois copines étudiantes en école de commerce et passionnées par le vin et les voyages, Alice Bonassi, Laurène Mary et moi-même. C’est une aventure qu’on voulait vivre en lui donnant une dimension entrepreneuriale. Le but ce n’était pas de partir six mois en vacances, mais d’aller découvrir l’univers du vin ailleurs qu’en France. Dès le début, on a construit ce projet comme une véritable expérience professionnelle.

Justement, comment prépare-t-on un projet d’une telle envergure ?
Nous avons longuement réfléchi au projet avant de nous lancer. La question du financement était essentielle. On a pu compter sur le soutien de notre école de commerce, l’ESSCA d’Angers, sur celui de la mairie de Deauville, dont je suis originaire, qui ont accepté de nous sponsoriser. Et puis il y a les gens qui nous ont aidé à affiner ce projet, surtout en ce qui concerne les détails pratiques ou les domaines à visiter. En même temps que cette recherche de sponsors, on a créé une association et réalisé une campagne de  crowdfunding qui nous a permis de réunir 14 000 euros, soit l’équivalent de ce que nous ont donné nos sponsors. À ce moment-là, le projet a pris une nouvelle dimension. On avait des engagements vis-à-vis des personnes qui nous ont soutenu.

Vous avez traversé trois continents et sept pays, rencontré des vignerons et dégusté un nombre important de vins. Qu’est-ce qu’on retient d’un voyage aussi intense ?
Beaucoup de choses. On s’est efforcé de tout consigner. Sur les réseaux sociaux comme sur notre site internet, c’était important pour nous de partager cette aventure. Cette démarche se justifiait par les engagements que nous avions vis-à-vis de nos sponsors, mais aussi pour que nos amis, nos familles, nos proches puissent nous suivre dans ce périple. Il faut écrire et publier quotidiennement, souvent dans des conditions techniques compliquées. Établir un plan de communication exigeant nous a donné beaucoup de visibilité. Après, bien sûr, chacune d’entre nous a eu ses coups de cœurs et ses endroits préférés. La Nouvelle-Zélande, le Colombie et le Canada m’ont beaucoup marquée.

Les vignes de Cloudy Bay en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande fait rêver beaucoup d’amateurs de vins globe-trotter. C’était ton cas ?
Ce qui impressionne en Nouvelle-Zélande, c’est la diversité des paysages. Je suis une amoureuse des grands espaces et de la nature. Il y a beaucoup de vignerons talentueux et des grands domaines européens qui s’y sont établis. La qualité des vins est bluffante. Surtout les sauvignons blancs de la région de Malborough. Ceux de Cloudy Bay sont vraiment à la hauteur de leur réputation. LVMH a beaucoup investi dans cette propriété et le niveau de qualité de la production est très élevé. Leur cuvée phare Te Koko est un vin de grande classe.

Les vins du Canada et de la Colombie t’ont aussi beaucoup étonné ?
On est arrivé au Canada au mois de mars… La particularité du vignoble canadien, c’est de produire des vins de glace. Avec le réchauffement climatique et des hivers plus doux, ce type de vin est devenu difficile à produire dans les vignobles du nord de l’Europe. Le Canada produit aussi de bons vins rouges, comme ceux du Vignoble des Murmures, installé au Québec.
La Colombie, c’est un autre monde. Il y a la chaleur et les idées reçues. Même si la drogue et la guérilla ont gangréné le pays, les mentalités changent et le milieu de la viticulture confirme que la société évolue en profondeur, notamment sur les conditions de travail des femmes. Le milieu du vin est encore essentiellement masculin. J’ai été surprise de compter 11 femmes parmi les 14 employés de Marquès de Puntalarga, l’un des quatre vignobles du pays.

Après un tel voyage, comment se passe le retour en France ? J’imagine que l’aventure ne s’arrête pas du jour au lendemain…
C’est un projet que l’on continue à faire vivre depuis que nous sommes revenues. Il faut trier des centaines de photos, réaliser le montage des vidéos, corriger toutes nos notes de dégustation, actualiser le site internet. Toute cette expérience nous a apporté beaucoup de compétences différentes, aussi bien en gestion de projet qu’en dégustation. Nous animerons bientôt un atelier-conférence à Deauville à propos des conditions de la femme dans le monde du vin. Je tire beaucoup d’enseignements de ce voyage, c’était une expérience de vie incroyable.

Propos recueillis par Louis-Victor Charvet

Pour en savoir plus sur le projet d’Alice et « La Route des Vendanges » :
Site internet : https://laroutedesvendange.wixsite.com/laroutedesvendanges
Facebook : https://www.facebook.com/RDVTourDuMonde.winetravel/
Instagram : https://www.instagram.com/laroutedesvendanges/?hl=fr

Un cabernet franc qui s’épanouit sous le soleil du Languedoc

Vibrant dans la Loire, souvent supplanté par trop de merlot sur la rive droite de Bordeaux, le cabernet franc se décline au sud dans une version passionnante, d’une maturité inattendue.

Mas Champart est une signature. Année après année, tout y est toujours excellent. Sans épate, le dégustateur novice peut même passer à côté de ces splendides saint-chinian de la partie sud de l’appellation mais les finales interminables sont là pour lui rappeler qu’il vient de goûter un grand vin. L’apparente simplicité de ces vins de l’ombre à l’image de ceux qui les font n’a d’égale que la longueur et la complexité des fins de bouche. On pourra approcher le style maison avec cet IGP oc réalisé à partir de 90 % de cabernet franc. Ce cépage est à découvrir sous le climat du Languedoc : la maturité du raisin lui donne un style qui n’a rien à voir avec les versions ligériennes ou bordelaises. Avec une finale enlevée et élégante, ce rouge aux senteurs de garrigue, généreux mais sans excès perceptible d’alcool est la version vin de soif du domaine. Sa gourmandise et son prix raisonnable permettront d’attendre un peu le reste de la gamme du Mas Champart.

Le vin : Mas Champart, IGP d’Oc Rouge 2017, rouge
Le prix : 9 euros
Les coordonnées : 04 67 38 05 59 ; email : [email protected]

Toutes les infos sur ce domaine sont à retrouver dans l’appli Le Grand Tasting.

Le meilleur vin de France de France

Il ne peut plus s’appeler vouvray. Les buveurs d’étiquette passeront leur chemin, les amateurs éclairés le mettront précieusement dans leur cave.

On a déjà trop écrit sur les mésaventures de Jacky Blot avec l’appellation vouvray qui a exclu, pour une histoire de chai construit à Montlouis à quelques centaines de mètres de la zone autorisée et du mauvais côté de la Loire, celui qui est certainement le meilleur vigneron actuel de l’appellation.
Les millésimes de la Taille aux Loups se succèdent et chacun semble encore supérieur au précédent. Le Clos de la Bretonnière, un monopole, affiche dans le millésime 2017 une minéralité vibrante, enrobée avec la race des meilleurs chenins. Une leçon d’esthétisme de plus pour ce cru qui ne peut plus être étiqueté que vin de France, au plus bas de la hiérarchie viticole française. Et si vous deviez être encore séduit davantage, tentez le Clos de Venise 2017, bientôt disponible, étiqueté avec malice « vin de France Venise ». Tous deux pourront vieillir plusieurs décennies. La pièce de théâtre Ubu roi a été publiée en 1896, en voici la version du XXIe siècle.

Le vin : Domaine de la Taille aux Loups, clos de la bretonnière, vin de France 2017, blanc
Le prix : 22 euros
Les coordonnées : 02 47 45 11 11 ; email : [email protected]

Toutes les infos sur ce domaine sont à retrouver dans l’appli Le Grand Tasting.

Le sauvignon, le chenin et les Américains

Premier marché au monde pour les vins avec un taux de croissance annuel de 1,1 % en moyenne (et une consommation de 32,6 millions d’hectolitres en 2017), les Etats-Unis sont une destination majeure pour la production française, et plus particulièrement pour les blancs ligériens dont les exportations ont doublé en volume et presque triplé en valeur ces dix dernières années, pour atteindre en 2018 un chiffre d’affaires de 67 millions d’euros (contre 26 millions en 2008). Parmi les appellations les plus performantes, on trouve celles des vignobles d’Anjou-Saumur et de Savennières, qui ont multiplié par onze leurs chiffres à l’export, et l’AOC touraine, qui les a quintuplés.

Ces succès s’accompagnent de prévisions remarquables sur ce même marché selon le Wine Trade Monitor de l’institut Sopexa*, le Val de Loire étant la région qui devrait connaître la plus forte demande en 2019 et 2020 sur le segment des blancs (suivie par Marlborough en Nouvelle Zélande et Rueda en Espagne). Cette appétence pour le vin blanc, dont la consommation a progressé de 36 % aux Etats-Unis depuis 2005, et notamment pour les deux cépages emblématiques du vignoble de la Loire, sauvignon et chenin, devrait être comblée sans mal par la dernière récolte, millésime 2018 aussi généreux en qualité qu’en quantité (3,1 millions d’hectolitres, soit 22 % de plus que la moyenne quinquennale).

Au-delà de l’engouement américain, la reconnaissance des vins du Val de Loire s’inscrit à l’échelle mondiale avec pour conséquence une progression des revenus à l’export de 36 % en dix ans. Président de l’interprofession (Inter Loire), Jean-Martin Dutour estime que « le Val de Loire a les atouts pour être le grand vignoble de demain (…) : une situation géographique privilégiée, une proximité, l’environnement naturel exceptionnel de la Loire, un climat favorable, des cépages uniques et des équilibres de vin sur la fraîcheur. Les signaux du marché sont au vert pour répondre aux aspirations des générations futures. Compte tenu de son histoire millénaire et de son potentiel, nous pouvons être raisonnablement optimistes pour l’avenir du vignoble. »


*
Wine Trade Monitor 2018. Six marchés-clés étudiés : États-Unis, Canada, Belgique, Chine, Hong Kong, Japon ; 781 acheteurs professionnels interrogés sur les tendances pendant deux ans ; 64 % des professionnels américains estiment que les ventes de vins ligériens vont progresser.

Du nouveau à Miraval

Non, non, les propriétaires ont beau en être et la grande cérémonie de récompenses américaine approcher, on ne parlera pas cinéma ici. Le “studio” qui a donné son nom au nouveau rosé proposé par Miraval – domaine viticole mené conjointement par la famille Perrin (Château de Beaucastel) et les Jolie-Pitt – n’est pas celui d’un tournage de film, mais un lieu d’enregistrement datant de l’époque où cette propriété varoise appartenait au jazzman Jacques Loussier.

Construit en 1977 au-dessus de la cave, et toujours là aujourd’hui, ce studio de musique a vu passer Pink Floyd, AC/DC ou encore Sade, entre autres artistes internationaux venus chercher ici plutôt qu’à Londres une qualité de son autant qu’une inspiration, celle de la French Riviera. C’est à cette histoire que rend hommage cet assemblage de cépages méditerranéens (cinsault, grenache, rolle et tibouren), « fil conducteur » reliant un lieu, son héritage et l’amour de l’art dont la sortie est prévue le 5 mars prochain.