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Bordeaux, un vin dans la ville

Très à la mode aux Etats-Unis (allez faire un tour à Brooklyn…), le phénomène des wineries urbaines gagne petit à petit du terrain dans les villes françaises. Après Paris et Marseille, c’est à Bordeaux que l’une de ces petites entreprises vinicoles s’est installée. Avec les Chais du Port de la Lune, la cité emblématique du vin en produit enfin entre ses murs.

Faire du vin là où on le boit
C’est une initiative entrepreneuriale plutôt surprenante. Avec 120 000 hectares de vignes plantées dans toute la Gironde, le bordelais est, en surface, le deuxième plus grand vignoble de France après celui du Languedoc-Roussillon. De la Rive droite à la Rive gauche, en passant par l’Entre-deux-mers, la culture de la vigne représente presque la moitié des surfaces agricoles du département. Beaucoup de bordeaux à Bordeaux mais pas de vignes, à l’exception du jardin de la Béchade. Même si en périphérie du centre historique, l’agglomération ceinture les parcelles de quelques prestigieux châteaux. L’installation des Chais du Port de la Lune dans le quartier de Bacalan marque le retour d’une production de vin dans la ville.
Au cœur de ce nouveau quartier artiste et branché, proche des quais de la Garonne et de la Cité du Vin, la winery a vu le jour entre les épais murs de béton d’un ancien blockhaus de la cité Claveau. Rien de très glamour jusqu’ici même si cette nouvelle « cité jardin » est au centre d’un plus large projet de réhabilitation souhaité par la mairie bordelaise. A l’origine du projet, un œnologue, Laurent Bordes, et une responsable juridique spécialisée en droit du vin, Annica Landais-Haapa. Le tandem a une idée simple : faire du vin là où on le boit, dans une démarche artisanale, pour montrer que des alternatives locales sont possibles. Idée un peu folle, dans une ville où les traditions viticoles sont solides. Après plusieurs vinifications dans le Bordelais et en Californie et quelques micro-cuvées produites dans son appartement, créer un chai de vinification s’est imposé dans le parcours de Laurent, technicien-artiste. L’aventure doit aussi permettre de mieux connaître le consommateur final, l’éloignant d’une logique de distribution du vin qui échappe souvent au producteur.

1 600 bouteilles d’un assemblage réussi
Avec son statut de négociant-vinificateur, l’entreprise achète un peu de la récolte de vignerons partenaires. Tous conduisent leurs domaines respectifs en bio, biodynamie ou sont en conversion. Le duo vendange, transporte et vinifie l’intégralité du raisin avec ses propres méthodes et dans l’optique de produire un style de vin bien précis. La sélection des baies est exigeante. Première cuvée de la winery, la bien-nommée « Prélude » est un assemblage de cabernet-sauvignon en provenance de Blaye, de syrah des Corbières et d’un peu de merlot de la Dordogne. Les bouteilles sont numérotées et commercialisées en Vin de France, principalement à Bordeaux. L’étiquette, très originale, est le détail d’une toile du peintre symboliste Odilon Redon.
Moderne et accessible, c’est un vin gourmand et charmeur, doté d’une belle structure tannique. Une belle promesse à la hauteur des ambitions des Chais du Port de la Lune et qui fera sans doute des émules à Bordeaux comme en France. D’ailleurs, avec un prix du foncier viticole toujours élevé dans les vignobles réputés, le modèle américain de la winery est peut-être une alternative à suivre de près.

Les Chais du Port de la Lune
31 bis, rue Barillet-Deschamps
33000 Bordeaux
Cuvée Prélude, vin de France 2017
Environ 15 euros.

Louis-Victor Charvet

Le printemps en avant-première

Inspirée du rituel japonais consistant à aller admirer chaque année l’éphémère et ravissante floraison des cerisiers ornementaux (sakura), contemplative tradition qui marque le début du printemps, la dernière proposition de la marque Nicolas Feuillatte est une édition limitée baptisée “Premier rosé de printemps”. « Symbole de joie et de renouveau » fait pour honorer le 14 février tout autant que le 20 mars, la branche de cerisier qui habille ce champagne rosé Réserve Exclusive – assemblage de 10 % de chardonnay, 45 % de pinot noir et 45 % de meunier – ne fleurira que quelques semaines chez les cavistes et dans les boutiques Nicolas Feuillatte (Paris et Chouilly). Pour parfaire cet hommage, sachez que cette cuvée peut passer à table et que sa trame « fine et dynamique » s’accorde fort bien à la cuisine japonaise, des sashimis aux tempuras en passant par des crevettes épicées.

Champagne Nicolas Feuillatte, Premier Rosé de Printemps – Réserve Exclusive, 35 euros

Les adresses Lalique saluées par le Michelin


Distingués tout récemment par le Gault et Millau (nous vous en avions parlé ici), Jérôme Schilling et son équipe viennent d’accrocher une étoile au vignoble de Sauternes grâce à la qualité de la table du château Lafaurie-Peyraguey, distinguée par le guide Michelin 2019. Une réussite que Silvio Denz, président-directeur général de Lalique a commenté de la sorte : « Nous sommes extrêmement heureux de cette consécration qui vient saluer le savoir-faire et le travail de nos équipes aussi bien derrière les fourneaux qu’en salle. Le travail de synergie entre le vin et la gastronomie imaginé par Jérôme Schilling permet d’honorer le grand vin de Lafaurie-Peyraguey. » En rappelant que le Michelin reste « la référence absolue » dans la reconnaissance du travail des cuisiniers, Jérôme Schilling a quant à lui accueilli cette première étoile par ces mots : « Seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin. (…) Cette distinction est la récompense du travail de toute mon équipe et est une première étape incontournable. Nous continuerons à travailler ensemble pour décrocher une deuxième étoile, notre nouvel objectif. »

Mais l’hôtel et restaurant Lalique ouvert au printemps dernier dans le Bordelais n’est pas le seul à briller, le chef-pâtissier de l’adresse alsacienne de Lalique à Wingen-sur-Moder ayant également été mis à l’honneur en intégrant la promotion Passion Dessert 2019. Agé de 38 ans, Nicolas Multon (photo) a débuté sa carrière à l’Auberge des Templiers (Boismorand) et a travaillé avec Philippe Morvan, champion de France des desserts en 2000, Antoine Westermann (Buerehiesel, Strasbourg) et Jean-Paul-Abadie (L’Amphitryon, Lorient) avant de rejoindre Jean-Georges Klein à L’Arnsbourg (Baerenthal) puis à la Villa René Lalique, établissement doublement étoilé ouvert en 2015. Nicolas Multon confie aller régulièrement observer le travail des verriers de Lalique pour s’inspirer de leurs techniques : « C’est un honneur de recevoir le prix Passion Dessert 2019 de la part du guide Michelin, qui met cette année pour la première fois à l’honneur la profession de pâtissier. Je remercie toutes les personnes qui, travaillant à mes côtés et donnant le meilleur d’elles-mêmes chaque jour, contribuent à cette belle récompense. »

La 800e, c’est demain

Seule émission de radio en France consacrée aux vins et aux spiritueux, In Vino offre chaque semaine à l’amateur – en l’espèce, deux millions d’auditeurs – une plongée dans le mondovino et ses actualités, à la rencontre de ses personnalités et de ses passionnés. Présentée par Alain Marty, président-fondateur du Wine & Business Club et producteur de cette émission qu’il a lancée en 2004, Philippe Faure-Brac (meilleur sommelier du monde 1992) et David Cobbold (co-fondateur de l’Académie du vin de Paris) et animée par une équipe de quarante-cinq chroniqueurs et experts, In Vino proposera ce week-end sa 800e édition :

« En compagnie d’Hélène Piot, co-animatrice, l’équipe célébrera l’événement avec des invités prestigieux : Pierre Hermé, meilleur pâtissier du monde 2016, la comédienne Macha Méril qui vient de terminer sa superbe prestation au théâtre du Montparnasse dans La Légende d’une vie de Stefan Zweig, et le chef Eric Briffard, meilleur ouvrier de France 1994 et chef d’établissement de l’institut Le Cordon Bleu Paris. » Pour écouter cette émission anniversaire, enregistrée en public au bar à vins Nicolas de la place de la Madeleine à Paris, rendez-vous samedi et dimanche à 12 h 30 sur Sud Radio.


Au centre, la comédienne Macha Méril a participé à la 800e édition d’In Vino, qui sera disponible en podcast sur le site de l’émission, c’est par .

Tout en haut du Languedoc

Situés au cœur de l’AOC terrasses-du-larzac, au pied du mont Saint-Baudille, à 320 mètres d’altitude, les seize hectares du domaine du Causse d’Arboras dominent la vallée de l’Hérault. Ce vignoble mené en bio et certifiée depuis le millésime 2011 propose en ce début d’année chez les cavistes et sur le réseau des cafés, hôtels et restaurants les deux nouvelles cuvées en image ci-contre. A gauche, L’extrême est un vin bio d’AOC terrasses-du-larzac. Cet assemblage de syrah (75 %), grenache noir (20 %) et mourvèdre (5 %) – vignes âgées de 24 ans en moyenne – est issu du millésime 2016 et d’un vignoble “extrême”, qu’il s’agisse de l’altitude, de la faille géologique qui caractérise la propriété ou de la densité de plantation (7 000 pieds par hectare).

Ci-dessous, L’Autochtone est un vin nature d’IGP saint-guilhem-le-désert, issu à 100 % du cépage vermentino, qui vient compléter – deux ans après L’autochtone rouge, 100 % cinsault – une gamme que Mathieu Carliez, directeur technique de Vignobles Jeanjean (huit domaines et 240 hectares en tout) et responsable du domaine Causse d’Arboras, définit ainsi : « Le terme de vin nature chez Vignobles Jeanjean est très précis. Seuls les vins remplissant les cinq critères suivants en bénéficient : les raisins sont vendangés à la main, le vin est biologique. En vinification, nous utilisons nos propres levures originelles, issues d’un processus d’identification et de sélection mené depuis six ans. Il n’y a aucun intrant, en particulier pas d’addition de soufre, et pas de filtration avant la mise en bouteille. »

Domaine du Causse d’Arboras, L’Autochtone 2018 et L’Extrême 2016,
respectivement 15 et 18 euros (prix caviste recommandés)

Les distillations de Bache-Gabrielsen

Deuxième création issue de la collaboration entre la séculaire maison cognaçaise Bache-Gabrielsen (fondée en 1905) et la jeune distillerie Audemus Spirits implantée à Cognac depuis 2013, la proposition ci-contre joue à nouveau la carte de « l’alliance subtile entre la tradition et la modernité. »

Après le whisky American Oak lancé en 2017 (1 500 exemplaires), la gamme “Distillations by Bache-Gabrielsen”, dont le propos est de « révéler des spiritueux de toutes origines », rend aujourd’hui hommage aux racines norvégiennes de la maison avec cette typique eau-de-vie scandinave qu’est l’aquavit (dont le nom provient d’aqua vitae).

Projet coordonné par Jean-Philippe Bergier, le maître de chai de Bache-Gabrielsen depuis près de trente ans, et interprété par Miko Abouaf, le fondateur d’Audemus Spirits, cette recette est basée sur l’assemblage de deux spiritueux : « Le premier, dans lequel ont macéré plusieurs botaniques tels que le carvi, la coriandre ou l’anis vert, est distillé dans un alambic traditionnel charentais. Le second est distillé sous vide et à basse pression dans un alambic en verre parmettant d’extraire en finesse les arômes de l’angélique. » Cette aquavit dotée d’un supplément d’âme cognaçais, est disponible sur la boutique en ligne de la maison, c’est par (39 euros).

Le fitou, rouge et bio

Avec neuf domaines certifiés, sept en cours de conversion à l’agriculture bio et autant de propriétés engagées dans des démarches agro-environnementales (comme par exemple la certification HVE), l’appellation fitou, qui a fêté en 2018 les soixante-dix ans de sa reconnaissance en tant qu’AOC, affirme vertement son dynamisme autant que son expertise en la matière. La plus ancienne appellation du Languedoc en vin rouge a en effet pris la route du bio il y a près de trente ans et, « toutes démarches vertes confondues », le vignoble compte désormais vingt-trois caves particulières et trois caves coopératives porteuses d’une « conscience citoyenne et écologique. »

Ce mouvement concerne désormais tous les fitous, issus des façades maritimes et de montagne du vignoble (voir les neuf villages producteurs ici), ce dont se félicite Alban Izard, le responsable de la communication du syndicat de l’AOC qui est aussi un vigneron passé au bio en 2017 : « Aujourd’hui, plus de la moitié des exploitations sont engagées dans une démarche verte. C’est un signe de plus de la dynamisation de cette appellation qui, après avoir modernisé ses vins avec des profils plus gourmands ces cinq dernières années, est en train de moderniser ses pratiques agricoles. »

Considérant ce positionnement bio comme une force pour les fitous, Alban Izard explique que cette viticulture adaptée au terroir et au climat méditerranéen relativement sec et venté du vignoble est « une voie qui va dans le sens de l’histoire et non pas une mode fugace. » Le saut qualitatif des fitous, dont le prix tourne autour de onze euros chez les cavistes, est accompagné par un retour en force sur leurs marchés historiques (Belgique, Royaume-Uni) avec un prix moyen à l’export en hausse de 12 % en 2018 par rapport à 2016. Huit domaines de l’appellation seront présents la semaine prochaine à Montpellier à l’occasion du salon professionnel Millésime Bio.

Gold, la grande cuvée de Saint-Tropez

Au panthéon des grandes cuvées de la presqu’île, voici Gold, un rosé brillant créé par les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez. Thierry Desseauve a dégusté tous les assemblages qui ont donné naissance à ce nouveau vin.

Mes magnums (88) : un chardonnay franc du collier

Vignerons des Terres Secrètes,
Croix-Jarrier, mâcon-verzé 2012

Pourquoi lui
Parce qu’on aime ces blancs du Mâconnais, cette expression bien droite du chardonnay quand il est bien mené.

On l’aime parce que
« Vignerons des terres secrètes », c’est une belle enseigne pour une coopérative et des territoires très secrets, en effet. Ce n’est pas une destination, hélas, c’est une région qu’on traverse sans la voir vraiment ou depuis l’autoroute. C’est idiot, la campagne est sublime.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

La belle chartreuse et ses vins

Entrepreneur franc-comtois qui fut d’abord propriétaire de vignes vers Saint-Emilion, Bernard Canonne est tombé sous le charme du « bijou architectural » en images ci-dessus et ci-dessous en 2014. Depuis, le vignoble et la chartreuse de Prieuré Marquet (Saint-Martin-du-Bois) ont été transformés en un « château d’hôtes » assorti de treize hectares de vignes (il y en avait trois en production à l’origine) dont sont issues trois étiquettes, Château Prieuré Marquet (voir ci-après les commentaires de dégustation de Thierry Dessauve), La Chartreuse de Prieuré Marquet et Le Rosé de Prieuré Marquet.

Avec le même respect qui a présidé à la restauration de ces bâtiments historiques qui accueillent désormais cinq chambres (à découvrir ici), une table d’hôtes (à découvrir ) et deux piscines (entre autres confortables prestations), une viticulture « soucieuse de la plus parfaite expression du terroir » caractérise ce domaine mené en agriculture raisonnée dont la direction générale a été confiée au vigneron et œnologue-conseil Luc Barusseau (photo). Planté sur un coteau plein sud au sol argileux profond, le vignoble est constitué de pieds de merlot âgés de quinze à vingt ans.

« Comprendre et vivre avec la nature », telle est la philosophie de cette propriété où les raisins abîmés ont été nettoyés cette année par les fourmis. Depuis 2014, les vins de Prieuré Marquet – dont l’élevage de 12 à 18 mois se fait en barriques (350 litres), en foudres (60 hectolitres) et en cuves inox – ont gagné en précision, chaque millésime s’enrichissant « de notes, d’arômes et de saveurs gourmandes particulières liées à la fois au travail du vignoble, à l’action de la nature et aux vendanges de l’année. » Avec l’envie d’étonner, Bernard Canonne et Luc Barusseau travaillent aussi à la création de cuvées. Pour le millésime 2018, un sauvignon blanc, un chardonnay et un gamay sont attendus.

Château Prieuré Marquet (bordeaux supérieur), la dégustation :

2017
Nez épanoui, tout en délicatesse, fruits noirs et rouges, œillet, iris, bouche franche, charnue, avec des tannins fins et frais. Tout en élégance, fruité, équilibré. 
14/20

2016
Très beau volume intense, notes poivrées relevant un fruit rouge précis, belle intensité tannique, solide, beaucoup de fond, salivant, long et très réussi. De garde. 15/20

2015
Nez puissant, fruits noirs, réglisse, silex, eucalyptus et violette, bouche chaleureuse, avec des tannins serrés et un rien fermes, de l’allonge et de la fraîcheur. Aurait mérité plus de raffinement en bouche pour être raccord avec le nez. 14,5/20

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