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Il a tout d’un grand

Alain Chameyrat a craqué pour la cuvée « Autour du cinsault », domaine Les Vignes Oubliées, languedoc. Le cinsault vinifié en rouge fait son grand retour et c’est une excellente nouvelle.

Une poignée des meilleurs vignerons du Languedoc, hélas trop peu, redécouvrent les vertus du cinsault, un vieux cépage dont on a fait des citernes de rosés, parfois bons. Vinifié en rouge, c’est assurément le vin de soif par excellence et l’aisance et le plaisir qu’il procure peut se conjuguer à une profondeur étonnante quand il est bien traité. Jean-Baptiste Granier, jeune ingénieur agronome, en produit une des versions les plus excitantes. Finale délicieuse, florale, sur les fruits rouges, la réglisse. La similitude de sensations tactiles avec les grands pinots noirs de Bourgogne est évidente. Il a tout d’un grand, sauf le prix.

Le vin : Les Vignes oubliées, Autour du cinsault, languedoc rouge 2017, Le prix : 12,50 euros
Les coordonnées : 06 72 77 38 88 ; [email protected]

Toutes les infos sur ce domaine sont à retrouver dans l’appli Le Grand Tasting.

La Chine est à Cognac

©Guangyu Zhang

Tout au long du mois de février, dans le cadre des visites Hennessy, l’amateur de passage à Cognac découvrira des accords inédits entre le mondialement célèbre spiritueux charentais (dont la production est exportée à 98 %, tous les détails sont ) et la non moins appréciée gastronomie chinoise. A l’occasion de la nouvelle année (du cochon de terre) qui débute aujourd’hui, et en plus des trois parcours de visite proposés cet hiver par la maison Hennessy (“Classics”, “Exception” et “De la vigne au cognac”), plusieurs animations célébrant les liens de cette dernière avec la Chine, où elle est présente depuis 1859, sont au programme ces prochaines semaines. Par exemple, la dégustation d’un cocktail baptisé Sazerac mariant le cognac Hennessy V.S.O.P avec du thé Oolong.

« L’association cognac et gastronomie est un mode de consommation très répandu en Chine. Les cognacs y sont appréciés pour leurs notes aromatiques qui se marient très bien avec la cuisine chinoise, souvent épicée. » Pour le prouver, une expérience d’accords autour de trois cognacs (Hennessy VSOP, XO et Paradis) et trois bouchées chinoises se tiendra chaque vendredi et samedi, en français (à 15 heures) et en anglais (à 11 heures), jusqu’au 28 février. Tarif : 45 euros par personne, plus de détails et réservation ici. Ces mêmes jours, au sein d’une boutique mettant à l’honneur le travail de Guangyu Zhang, artiste de 33 ans originaire de Shangai, il sera également possible de découvrir James Hennessy, un cognac jusqu’alors uniquement disponible duty free et récemment lancé sur le marché chinois.

La barrique de cristal

Dans le chai d'élevage du château Lafaurie-Peyraguey, le cristal rend hommage à l'or. Photo : Hervé Lefevbre

En 2018, le château Lafaurie-Peyraguey célébrait ses 400 ans et ce vénérable anniversaire a donné lieu à la création par la manufacture Lalique du transparent et immense écrin en photo ci-dessus, une pièce exceptionnelle désormais visible dans le chai de ce grand cru classé de Sauternes récemment assorti d’un hôtel et d’un restaurant étoilé (nous vous en avions notamment parlé ici).

Pièce unique au monde et fruit d’un travail de plus de deux ans qui a nécessité l’implication de douze corps de métiers différents, cette barrique bordelaise d’une capacité de 225 litres contient désormais le millésime 2013 de Lafaurie-Peyraguey, année marquant le début de l’histoire entre le château et son nouveau propriétaire, Silvio Denz. Avec cette réinterprétation du symbole de l’élevage des grands vins, le président-directeur de Lalique mêle à nouveau ses passions : « Cette pièce hors du commun réalisée par les artisans de la manufacture Lalique montre le savoir-faire unique des maîtres-verriers et l’excellence de la maison Lalique. L’alliance entre Lalique et le château Lafaurie-Peyraguey, c’est le mariage entre le savoir-faire et le savoir-vivre à la française, la fusion entre l’or de Sauternes et le cristal d’Alsace. »

Déjà présent sur les flacons de la propriété, Femme et raisins, le motif créé par René Lalique en 1928 pour les wagons-lits première classe du Côte d’Azur Pullman-Express, a de nouveau été gravé ici et un satinage a été réalisé sur l’ensemble de l’œuvre afin de rester fidèle à l’effet cher à l’artiste, ce “satiné-repoli” permettant un jeu de lumières unique. Des lanières de cuir fixées par des cabochons de cristal prennent ici la place des cerceaux en métal présents sur les barriques de chêne et la bonde en cristal est une réplique exacte des bondes en verre toujours utilisées aujourd’hui. Six pièces uniques de Lalique sont déjà exposées à la vinothèque du château. Grappe de raisin, feuille de vigne, goutte de vin, bouchon, bouteille de six litres et caisse transparente de six bouteilles, elles représentent l’ADN du vin par Lalique.

Amour et gastronomie, le bel accord

David Bizet, le chef du restaurant Le Taillevent, a conçu pour la fête des amoureux un menu en cinq services autour de produits d’exception que l’on peut découvrir et réserver – au plus vite, évidemment – en cliquant (250 euros par personne hors boissons). Autre adresse parisienne de la maison dont le nom, rappelons-le, fait référence aux 110 vins au verre qui y sont proposés, le restaurant Les 110 de Taillevent présentera en ce 14 février un menu signé David Boyer dont les quatre temps, dont un dessert à partager, sont détaillés ici (120 euros par personne hors boissons). Quant à la soirée organisée par la version londonienne des 110, le menu est (72 livres sterling hors boissons), à assortir si on le souhaite de l’une des deux propositions d’accord mets-vins de cet établissement, découverte ou prestige.

Un peu plus de jazz à Palmer


Archie Sepp à Paris, en 1983. Photo : Guy Le Querrec

Alors que la récolte 2018 donnera lieu au printemps prochain à la dixième édition de Hear Palmer ou l’interprétation du dernier millésime par des musiciens de jazz (tous les concerts sont disponibles à l’écoute ici), le château Palmer a décidé de faire du jazz le thème de l’année 2019. Depuis quelques jours et jusqu’en août prochain, l’exposition de photos Jazz de J à ZZ visible dans le cadre des visites de ce grand cru classé de Margaux dévoile le travail de Guy Le Querrec, photographe de l’agence Magnum depuis 1976 qui a, entres autres reportages à travers le monde, saisi « l’atmosphère de près d’un demi-siècle de jazz, en captant des images imprévisibles, authentiques et touchantes. »

Après le thème du bleu (Jacques Mataly – 2015), du jardin (Sebastião Salgado, Maitetxu Etcheverria – 2017) et des jeux d’écriture (Bernard Plossu, Ernest Pignon-Ernest, Raymond Depardon – 2018), le visiteur découvrira là le quotidien d’Archie Sepp, Miles Davis, John Coltrane et bien d’autres, photographiés en coulisses, en répétition, en tournée : « En une quarantaine de scènes, Guy Le Querrec s’immisce avec pudeur et générosité dans la vie des artistes pour capturer un silence, un secret, une note : leur pouls. » Celui qui décrit la photographie comme une éternelle partie de cache-cache entre le réel et soi s’est promené librement dans cet univers musical et a livré quelques-uns des plus célèbres clichés du XXe siècle.

« Le jazz, mes oreilles, mon coeur, mes sentiments en ont besoin. Ces cadences, ces rythmes… Et il y a ce mot majeur : pratiquer une photographie de l’improvisation. »

Guy Le Querrec

Miles Davis en concert à la salle Pleyel en 1969.
Photo : Guy Le Querrec.

Jazz de J à ZZ, par Guy Le Querrec. 19 janvier – 19 août 2019
Exposition visible dans le cadre des visites à Château Palmer.
Durée 2h30, 70 euros, sur réservation, plus de détails ici.

Saumur, faire du métier un récit

La cave des vignerons de Saumur, désormais connue sous le nom de Robert & Marcel, a concocté à l’intention des amateurs une expérience baptisée La Cave aux sensations qui est, au sens quasi littéral, un voyage au cœur du vin, au plus près de la matière dont il est fait et des sensations qu’il procure : « Pendant plus d’un an, vignerons, œnologues, guides et cavistes ont travaillé à l’élaboration d’un récit fait de passion du métier, de simplicité et d’humour, avant de le mettre en scène. »

Au programme de ce parcours ludique et onirique conçu par des scénographes issus du monde du théâtre et ponctué, mais pas trop, de technologies interactives : “le chant délicat de la vigne”, “le mystère de la fermentation”, mais aussi les gestes techniques qui président aux vendanges et la découverte des arômes du vin. « Du raisin jusqu’à la bouteille, les sens des visiteurs sont stimulés par une alternance de salles et d’ambiances. Certaines, plongées dans la pénombre, jouent sur les sons et lumières. D’autres, au contraire, mettent le guide au coeur du parcours, tel un metteur en scène. »

En tout, quarante-cinq minutes d’immersion (tout ceci a lieu dans un labyrinthe souterrain) pour une visite qui invite les participants à s’amuser autant qu’à réfléchir et s’émouvoir et durant laquelle l’amateur pourra notamment s’essayer à un geste historique de Saumur, le dégorgement à la volée du crémant. La reprise de cette proposition œnotouristique se fera en avril (quatre fois par jour jusqu’en septembre), mais on peut d’ores et déjà réserver sa venue, seul ou en groupe, en cliquant ici.

Un bordeaux, s’il vous plaît

Dans le droit fil de sa présence à la soirée de lancement du guide Michelin 2019 afin de remettre le nouveau prix de la Gastronomie durable au cuisinier pêcheur Christopher Coutanceau (photo), dont le restaurant est situé à La Rochelle, l’interprofession des vins de Bordeaux (CIVB) entame une année riche en nouveautés pour ce qui concerne l’engagement auprès de la gastronomie française du “premier vignoble sur les cartes des restaurants” (voir les chiffres ci-après).

Outre ses partenariats renouvelés avec le site Le Fooding et avec le le magazine Terre de Vins, pour le concours de la meilleure carte des vins de France organisé par ce dernier, le CIVB sera présent cette année pour la première fois au festival culinaire Omnivore dont le quatorzième opus, qui se tiendra en mars prochain à Paris, accueillera un espace consacré à la démarche environnementale du vignoble bordelais. Des masterclasses sont également au programme et les vins de Bordeaux accompagneront les trois dîners “pop-up” de cette édition.

Autre nouveauté venant compléter l’application ŒnoBordeaux, émanation numérique de l’Ecole du vin de Bordeaux permettant aux professionnels de se former tout au long de l’année, une masterclass baptisée “L’addition, s’il vous plaît” propose désormais aux serveurs, barmen, cuisiniers, pâtissiers et sommeliers, quel que soit leur niveau de connaissance, de participer à une session de de trois heures, à Bordeaux ou dans leur restaurant. Au programme, découvertes œnologiques, exercices pratiques et échanges, avec pour objectif d’améliorer ses conseils et sa carte des vins.

Bordeaux, côté vignoble :
6 100 viticulteurs
65 appellations d’origine contrôlée (AOC)
4 couleurs (rouge, blanc sec, blanc doux, rosé)
30 caves coopératives et 4 unions
300 maisons de négoce
680 millions de bouteilles produites en moyenne par an
(Chiffres : CIVB)

Bordeaux au restaurant :
1er vignoble en terme de présence sur les cartes, bouteille et verre
8 références en moyenne proposées sur une carte
86 % des consommateurs mensuels de vin au restaurant choisissent Bordeaux
(Sources : Étude nationale Café, hôtels et restaurants – CNIV – Abso, 2016.
Étude sur la consommation de vin en restauration, Wine Intelligence, 2013.)

La maison Drouhin soutient les bistrots parisiens

Comme elle le fut il y a quelques années pour porter la candidature des climats du vignoble de Bourgogne, la maison Joseph Drouhin, née à Beaune en 1880, est membre fondateur de l’association des bistrots et terrasses de Paris pour l’inscription de ces derniers au patrimoine de l’Unesco. A ce titre, elle participera ce soir à la soirée de remise de la médaille de la Ville aux cent établissements membres de cette association souhaitant faire reconnaître ce typique art de vivre apprécié des Parisiens autant que des touristes, français et étrangers. Aux côtés de ces restaurateurs dont elle partage les valeurs de « convivialité, générosité, excellence du produit, transmission », la famille Drouhin affirme sa volonté de ne pas voir disparaître ce patrimoine culturel parisien, également porteur de lien social.

« Notre maison est déjà membre fondateur de l’association des climats du vignoble de Bourgogne. Il nous a semblé évident de rejoindre l’association des bistrots et terrasses de Paris, les deux entités ayant de nombreux points communs :
protection et transmission du patrimoine, de la vigne au verre »
Frédéric Drouhin,
président du directoire
de la maison Joseph Drouhin

Retrouvez la sélection des meilleurs bistrots parisiens dans le Lebey des Bistrots 2018, Paris et sa banlieue, Albin Michel, 12,90 euros.
Save the date : le nouveau guide Lebey des bistrots, restaurants et bars à cocktails sortira en mars 2019.

Mes magnums (89): un nouveau champagne. C’est possible ?

Château de Bligny, champagne blanc de blancs, brut NM

Pourquoi lui
Cette marque renouvelée est issue d’une importante maison de négoce et porte de grandes ambitions consultables dès l’étiquette, qualitative et furieusement « tradi », comme on dit chez les modernes. C’est un vin issu des 30 hectares de vignes qui entourent le château, c’est donc un mono cru.

On l’aime parce que
C’est un blanc de blancs précis et aérien. Plutôt tonique, on est content d’y goûter.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

Trévallon, un mythe aux enchères

Au rang des chapitres qui ont participé à transformer en mythe le domaine créé au cœur des Alpilles par Eloi Dürrbach (en photo ci-dessous), l’enthousiasme de Robert Parker à propos du millésime 1982 de Trévallon n’est pas le moins important, le célèbre dégustateur américain ayant dit de ce vin qu’il était « la plus belle découverte de sa vie. »

En ce début d’année, c’est en format magnum et avec un record que ce 1982 refait parler de lui. Il a en effet été adjugé 1 000 euros, le double de son estimation et une somme jamais atteinte par un vin de Provence, lors de la vente aux enchères de fin d’année organisée par la maison Besch (Cannes).

Un éclatant résultat qui vient ajouter une nouvelle facette au joyau que constitue pour les amateurs ce domaine mené en bio qui couvre aujourd’hui 17 hectares et où, hier comme demain, Ostiane, la fille d’Eloi Dürrbach, s’étant préparée à prendre la relève aux côtés de son père, « un soin extrême est apporté à chaque parcelle qui sera ensuite vinifiée avec la moins d’intervention possible. »

Le domaine de Trévallon est noté 5 étoiles dans le Guide des Vins Bettane+Desseauve. Retrouvez tous les commentaires sur ces vins (à partir du millésime 1995) sur l’appli Le Grand Tasting. #AppliLeGrandTasting