Accueil Blog Page 199

Ao Yun, vignoble extrême, terroir inédit

« Deux jours de voyage depuis Paris (quand il n’y a pas d’éboulements sur la route qui mène de Shangri La au vignoble), des paysages à couper le souffle, un terroir inédit, c’est Ao Yun, un vin produit en Chine dans des conditions extrêmes. Maxence Dulou, directeur du domaine nous parle de ce vignoble exceptionnel… »

Hommage à Edmond Gras

Ci-dessous, nous retranscrivons dans son intégralité l’hommage rendu par Yves Gras à son père, Edmond Gras (photo), disparu en décembre dernier. Une histoire familiale indissociable de l’histoire viticole qui la prolonge, celle du domaine Santa Duc.

« Mon père, Edmond Gras, est décédé le 09 décembre dernier à l’âge de 91 ans. Arrivé à Gigondas en 1951 pour les vendanges, il laisse derrière lui son village natal Verclause, n’ayant de cesse de vanter sa beauté. Durant plus de 50 ans, il œuvra sur le domaine familial avec implication, rigueur et perfectionnisme, toujours volontaire.

Me laissant la liberté d’entreprendre, sans jamais s’opposer à mes projets, il a su me transmettre le domaine dans les années 1980 et m’a aidé à le faire progresser en m’accompagnant au quotidien.

Edmond nous a appris à vivre et à respecter cette nature qu’il aimait tant. Nous poursuivons cette philosophie aujourd’hui par la culture biologique et biodynamique. Toujours positif, souriant et débordant d’optimisme et d’énergie, il était l’âme de la propriété. Bienveillant, ouvert aux autres, il appréciait l’échange, ayant toujours un mot gentil pour son prochain.

Assister à l’évolution du domaine, à travers les décisions de son fils, et récemment, l’arrivée de son petit-fils Benjamin qu’il aura eu le bonheur de voir vinifier les deux derniers millésimes, était une grande fierté pour lui.

Encore présent aux dernières vendanges, il aimait profondément cette période où il venait à la cave prodiguer ses conseils et veiller à ce que tout se déroule correctement. Nous continuerons son œuvre avec la même application et en respectant ces terroirs qu’il nous a transmis et qui nous sont chers. »
Yves Gras

Changement de propriétaire

Cinquième grand cru classé de Margaux situé sur une croupe de graves à proximité immédiate de la Gironde, le château Dauzac était depuis 1988 la propriété exclusive de la Maif. Aujourd’hui, ce domaine de 120 hectares – dont 49 hectares d’un vignoble d’un seul tenant – dont la viticulture, les propositions œnotouristiques comme le modèle économique (retour sur la place de Bordeaux) ont été entièrement revalorisés dans le cadre d’un plan baptisé “Ambition 2020”, s’apprête à changer de main pour devenir la propriété de la famille Roulleau.

« Attachée à pérenniser l’identité de Dauzac et les projets mis en œuvre, la MAIF a été séduite par le profil de Christian Roulleau, entrepreneur français fondateur de SAMSIC, société spécialisée dans le service aux entreprises. La famille Roulleau partage les valeurs et les principes de l’assureur militant : le respect, la confiance, l’engagement et l’entreprenariat. Autre facteur cher à la MAIF, cette proposition d’acquisition s’inscrit dans un objectif patrimonial de long terme. »

Propriété margalaise parmi les plus impliquées dans la biodiversité (qui produit notamment du miel) et dont le statut de pionnier continue à être renforcé « à la faveur d’avancées techniques et agronomiques », ce domaine mené par Laurent Fortin (directeur général) et Philippe Roux (responsable technique) sera désormais à nouveau porté par un engagement familial. C’est presque un retour à la règle, Dauzac ayant toujours été, hors ses trente ans d’histoire avec la Maif, « la propriété de familles d’exception, par leur influence politique et leur puissance économique. »

Montrose devient tout vert

Douze ans après sont rachat par Martin et Olivier Bouygues, et dans le cadre d’une stratégie environnementale, « véritable changement profond et global », qui court jusqu’en 2026, le château Montrose (Saint-Estèphe) va entamer cette année sa conversion au bio, un objectif longuement analysé et préparé. Parmi les différentes actions qui ont été menées afin de créer les conditions optimales du passage au 100 % bio de ce vignoble de 95 hectares, les 35 hectares de “zones vertes” de la propriété (forêts, taillis, prairies, bosquets, jachères, mais aussi cinq kilomètres de cours d’eau ainsi que deux étangs) ont fait l’objet d’un audit qui a permis de dénombrer « 31 espèces d’oiseaux, dont certaines protégées comme le bouvreuil pivoine ou le chardonneret élégant, 21 espèces de papillons, dont 3 migratrices, et de nombreux mammifères, notamment des loutres d’Europe et des chevreuils. »

Pour préserver et renforcer cette biodiversité, plus d’un kilomètre de haies et des centaines d’espèces de végétaux ont été plantées ces deux dernières années. Tout récemment, un « nouvel auxiliaire viticole » a fait son entrée au domaine, troupeau de trente brebis et un bélier dont la fonction est « d’entretenir les espaces naturels en parfaite autonomie (gestion des adventices et désherbage naturel) » au gré de déplacements qui se feront en fonction des saisons et des besoins. Outre un mode de gestion de ses terres « plus naturel et autonome », notamment par la plantation sur les parcelles au repos de végétaux (céréales, radis chinois) dont le système racinaire permet de décompacter les sols, la propriété devrait bientôt être dotée d’un potager en permaculture ainsi que d’un verger constitué de variétés issues d’un conservatoire régional.

Enfin, la démarche de sélection massale en cours à Montrose permettra en 2025 « la multiplication des “pieds élus” de cabernet-sauvignon et la plantation interparcellaire ciblée de ses propres individus » (une démarche similaire débutera cette année sur les parcelles historiques de merlot). Avec pour adage que « ce qui est à la terre, doit revenir à la terre », le domaine recycle l’ensemble des déchets du domaine issus de la vigne, des chais et des espaces verts et travaille à une valorisation du CO2 issu des fermentations viticoles via la production de bicarbonate de sodium et de potassium. Le premier servira au chai et le second à la vigne. Toutes ces évolutions sont accompagnées par un parc technique qui vise le 100 % électrique et par un budget annuel alloué à la recherche et au développement « afin d’optimiser les bonnes pratiques dans la vigne ou dans le chai. »

Mes magnums (86) : Cuvée prestige + magnum, tout y est

Nicolas Feuillatte, cuvée Palmes d’or, champagne brut 1999

Pourquoi lui
La cuvée de prestige de la plus grande réunion de coopératives de France est forcément un passage intéressant. Surtout dans ce millésime.

On l’aime parce que
Parce que l’âge est passionnant et la fraîcheur de cet âge est surprenante. Parce que le chef de caves a tous les moyens de choisir le meilleur pour cette cuvée, coopérative oblige. Comprendre que le principe d’une grande coopérative est de multiplier le nombre de coopérateurs et donc de terroirs différents.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

Deux châteaux à vendre

Réaffirmant sa volonté « d’accompagner les acteurs de la filière viti-vinicole », dont il est à la fois le premier financeur en France et un propriétaire exploitant, le Crédit Agricole annonce la mise en vente de deux de ses châteaux, Blaignan (Médoc) et La Tour de Mons (Margaux). Ceci afin de maintenir le juste équilibre entre l’accompagnement de ses clients et l’exploitation en direct de ses propriétés en ne se concentrant désormais que sur ces trois-là : le bourguignon château de Santenay, le château Meyney à Saint-Estèphe et enfin Grand Puy Ducasse, cinquième grand cru classé de Pauillac où un vaste programme d’investissement s’engage, portant notamment sur de nouveaux cuvier et chai d’élevage. 

« Le Crédit Agricole est au cœur des problématiques de production, de gestion et de commercialisation des vins, au même titre que les clients qu’il accompagne »

Jack Bouin,
directeur général
du Crédit Agricole Aquitaine

Christophe Blanchy, en charge des activités de capital investissement pour Crédit Agricole S.A., précise que les fonds issus de ces deux cessions « seront directement réinvestis en accompagnement minoritaire (capital transmission ou capital développement) de clients du groupe Crédit Agricole. » Le château La Tour de Mons a été acquis en 1995 et s’est agrandi depuis grâce au rachat du château Marsac-Seguineau en 2001. La propriété compte aujourd’hui 58 hectares. Acquis en 2004 et doté d’un nouveau cuvier en 2010, entre autres investissements, le médocain château Blaignan s’étend sur 97 hectares. Le conseil choisi pour la vente de ces deux propriétés est Sodica Millésime.

Guillaume Deglise revient en Bourgogne

Le groupe familial Albert Bichot annonce la nomination au poste de directeur général de Guillaume Deglise, 44 ans, qui succèdera le 21 janvier à Benoît de Charette, en charge depuis vingt-sept ans du développement de la maison beaunoise aux côtés d’Albéric Bichot, président du directoire. Ex-directeur général de Vinexpo (une fonction quittée fin mai, à l’issue de la dernière édition de Vinexpo Hong Kong, comme nous vous l’avions annoncé ici), Guillaume Deglise est diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Dijon et a débuté sa carrière en Champagne, chez Bollinger puis chez Laurent-Perrier, avant de prendre la direction du salon mondial des vins et spiritueux en 2013.

Il revient aujourd’hui en Bourgogne avec une forte connaissance des enjeux de la filière viticole et une solide expérience du management afin d’écrire « un nouveau chapitre » de la maison Albert Bichot, a déclaré Albéric Bichot en rendant hommage à Benoît de Charette, avec lequel il a longtemps formé « un tandem efficace et complice. » Après une phase de transition de quelques semaines, ce dernier prendra sa retraite et devrait intégrer prochainement le conseil de surveillance du groupe. Impatient de relever de nouveaux défis aux côtés des équipes de la maison, Guillaume Deglise voit comme une chance le fait d’intégrer cette maison indépendante et familiale implantée à Beaune depuis 1831 « au moment où l’entreprise connaît une croissance dynamique de ses activités opérationnelles et commerciales. »

« Je me réjouis d’accueillir Guillaume Deglise dans notre maison familiale. Sa vision internationale sera essentielle pour la poursuite du développement de l’entreprise »

Albéric Bichot,
président du directoire du groupe Albert Bichot

Château Guiraud, ses vignes bio, ses insectes et tout le reste

Biodiversité, œnotourisme et désormais gastronomie, le château Guiraud propose au visiteur une halte d’un genre idéal sur la route des vins de Bordeaux en Graves et Sauternes. « Accueilli par une majestueuse allée de 181 platanes bordant une ancienne voie romaine », l’amateur qui pousse les portes de ce grand cru de Sauternes classé en 1855 découvrira là un écrin de verdure installé en 2015 au milieu des 128 hectares de vignes de ce domaine qui fut le « premier des premiers » à obtenir le label AB en 2011. « Reflet de la philosophie des pratiques culturales et de la richesse de la biodiversité sur le domaine », ce jardin de 1 800 m2 est composé de plus de 200 variétés de fruits et légumes, de plantes aromatiques et de plus de 90 variétés de plantes et de fleurs. Sans oublier les hôtels à insectes.

Entamée dès 1996 sous l’impulsion de Xavier Planty, propriétaire-associé, avec l’arrêt total des traitements phytosanitaires et la diminution de la profondeur de labour afin de redonner aux sols leur vie microbienne naturelle (aujourd’hui, environ 1 million d’espèces de bactéries, 100 000 espèces de champignons et 1 000 espèces d’invertébrés par gramme y vivent), la démarche de bioviticulture qui préside à Guiraud inclut aussi des kilomètres de haies (buis, charmes, saules, lauriers, sorbier des oiseaux) qui protègent les vignes des insectes ravageurs. Favorisant la présence des autres, ceux qu’on appelle auxiliaires, ces plantations vertueuses, tout comme les zones de friches et points d’eau qui les accompagnent, abritent – après recensement par un expert – environ 635 espèces d’insectes et d’araignées, dont 7 espèces différentes de bourdons.

Cette richesse qui fait le bonheur du promeneur est également visible dans le potager de la propriété dont les centaines de variétés de tomates, entre autres, ont trouvé une nouvelle destination dans les cuisines du restaurant La Chapelle ouvert au château il y a un peu moins d’un an. Menée par Nicolas Lascombes, la table de Guiraud « propose le meilleur de la cuisine de terroir avec des recettes généreuses mêlant nature, produits régionaux et de saison. » Première du genre dans le monde des grands crus classés en 1855, cette belle adresse du Sauternais a déjà été récompensée lors de la seizième édition du concours Best of Wine Tourism (nous vous en avions parlé ici), une distinction que le château Guiraud a déjà reçue, dans d’autres catégories (notamment la calorisation œnotouristique
des pratiques environnementales), en 2008, 2011 et 2016.

Le château Guiraud est ouvert toute les jours de l’année, à l’exception du 25 décembre et du 1er janvier.
Ateliers, tarifs, horaires, tous les détails sont .

Appli classée

Mine d’informations à destination des professionnels, distributeurs, négociants ou cavistes, l’application développée par le château Dauzac avec des étudiants de l’école Epitech a aussi pour ambition de plaire à l’amateur de grands vins. Déclinée en trois langues, français, anglais et chinois, cette interface est en effet une première dans le paysage des grands crus classés et les 1 500 téléchargements effectués dans les quelques jours suivant son récent lancement montrent qu’elle était attendue.

Conçue comme un « caviste virtuel », doté d’une belle mémoire quant à l’histoire et aux engagements de la propriété, l’application Château Dauzac (disponible ici sous iOS et sous Android) délivre des conseils de dégustation et de garde, permet de réserver une visite ou un atelier et de recevoir des offres œnotouristiques sur mesure ou encore de télécharger et partager les différentes fiches techniques concernant chaque millésime de ce grand cru de Margaux classé en 1855.

Mes magnums (85), le grand blanc de Régis Franc

La Cocotte Blanche 2016,
Domaine Chante-Cocotte

Pourquoi lui
C’est Régis Franc, le bande-dessinateur à lire dans les dernières pages de En Magnum, qui a créé ce petit domaine à Fontcouverte dans les collines des Corbières. Là, il a repris des vignes de merlot et de grenache pour les rouges et une très ancienne parcelle de macabeu plantée en 1907 de laquelle il obtient ce blanc unique par assemblage avec
10 % de grenache blanc.

On l’aime parce que
À l’aveugle, difficile de dire d’où vient cette élégance puisqu’il n’a pas vraiment les caractéristiques des blancs de soleil. Ce vin fondant et tendu a enchanté les dégustateurs et, dès le premier millésime, il a reçu ce qu’il faut de notes et de commentaires élogieux.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant