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Vins rouges légers et fruités : quelles cuvées choisir pour l’été ?

Georges Dubœuf 2022,
juliénas

Robe légère aux reflets lumineux. Nez fin et expressif révélant des arômes de fruits rouges, dans un registre simple et agréable. Bouche souple dès l’attaque, avec une matière gourmande et une expression accessible, portée par une texture légère qui met en avant le fruit. Finale agréable.

15,15 euros

Bouchard Aîné & Fils,
Pavillon Bouchard – Grande Réserve 2024,
côte de beaune-villages

Robe rubis aux reflets éclatants. Nez élégant et marqué par des arômes de fruits rouges frais, accompagnés de notes florales et d’une touche épicée. En bouche, l’attaque est équilibrée, portée par une belle fraîcheur. Finale nette et élégante.

22 euros

Maison Champy 2022,
savigny-lès-beaune

Robe brillante et lumineuse. Nez délicat, aux notes florales avec une légère touche iodée. En bouche, l’attaque est portée par une acidité qui apporte de la fraîcheur. Finale dans un style aérien.

40 euros

Domaine Giacometti,
Cuvée Sarah 2022,
patrimonio

Robe d’un rouge léger. Nez discret révélant de légères notes boisées. Bouche souple, marquée par une structure accessible, dans un style direct et sans complexité. Finale courte et simple, sur des nuances boisées.

21,50 euros

Domaine de Muzy,
La Côte 2023,
côtes de meuse

Robe légère à rouge, aux reflets brillants et limpides. Nez simple et expressif révélant des arômes d’épices. Bouche souple dès l’attaque, équilibrée et sapide, marquée par une pointe d’acidité dynamique, dans un style léger et accessible. Finale fraîche et agréable, légèrement sur les épices.

13 euros

Château d’Ollières,
Haut du Prieuré 2023,
coteaux varois en provence

Robe brillante aux reflets soutenus. Nez discret, avec une expression légèrement végétale. Bouche équilibrée et harmonieuse, offrant une certaine profondeur malgré une structure simple. Finale courte, sur des notes fruitées et végétales.

24 euros

Château Malherbe,
Madame Ferrari 2023,
vin de france

Robe légèrement voilée aux reflets rubis. Nez expressif, mêlant des arômes d’agrumes, de fleurs et de fruits rouges. Bouche légère et équilibrée, offrant une belle fraîcheur, une pointe d’astringence et un profil original et gourmand. Finale nette et agréable.

50 euros

Domaine du Carrubier,
Château du Carrubier 2024,
côtes de provence

Robe légèrement voilée aux reflets clairs. Nez discret, mêlant des notes florales et de sous-bois. Bouche simple et légère, offrant un profil accessible et sans complexité marquée. Finale courte et nette.

16,50 euros

Domaine Modat,
Le Petit Modat’mour 2023,
côtes du roussillon

Robe cerise vive. Nez fin et expressif révélant des arômes de fruits rouges. Bouche souple et portée par un fruit gourmand et une texture agréable, qui apporte du relief tout en conservant une belle finesse. Finale fraîche et plaisante.

13,50 euros

Domaine Jean Lehmann,
Pinot noir S 2024,
alsace

Robe rubis légère et brillante. Nez frais, marqué par des arômes de petits fruits rouges croquants, relevés d’une touche épicée. En bouche, l’attaque est souple, avec une belle fraîcheur qui soutient le fruit. Finale nette et fruitée.

40 euros

Château de Pierreux,
Réserve du Château 2024,
brouilly

Robe rouge d’aspect non filtré. Nez fin et expressif révélant des arômes de fruits rouges et noirs, accompagnés de notes végétales qui apportent de la fraîcheur et de la complexité. Bouche gourmande dès l’attaque, portée par une matière souple et un équilibre harmonieux. Finale agréable et persistante.

12 euros

Château du Cèdre,
Improbable 2024,
cahors

Robe légère. Nez simple révélant des arômes de cassis et de buis et une légère touche empyreumatique. Bouche souple dans un style désaltérant et facile d’accès. Finale sur des notes de fruits rouges et noirs.

17 euros

Alain Brumont,
Torus 2023,
madiran

Robe rubis brillante. Nez délicat et discret, mêlant des notes de fruits rouges et noirs à une touche saline et minérale, avec des nuances empyreumatiques. En bouche, l’attaque est portée par une belle fraîcheur et un joli bouquet de fruits. Finale longue, fraîche et saline.

14 euros

Clau de Nell,
Cabernet Franc 2023,
anjou

Robe brillante aux reflets rubis. Nez expressif et frais, mêlant des arômes de fruits rouges à une touche végétale et des notes épicées discrètes. La matière est sapide, avec une belle buvabilité et une sensation gourmande qui donne envie d’y revenir. Finale nette et agréable, sur des notes fruitées, fraîches et légèrement épicées.

31,50 euros

Domaine de Montgilet,
Le Grolleau des Cousins 2025,
vin de france

Robe rosé clair. Nez frais et agréable, dominé par des arômes de petits fruits rouges. Bouche légère, portée par une belle fraîcheur et parfaitement adaptée à un moment convivial. Finale nette et rafraîchissante, sur des notes de fruits rouges.

9,10 euros

Château d’Aqueria,
Héritage d’Aqueria 2023,
lirac

Robe intense. Nez typé Rhône, mêlant fruits noirs et groseille. Bouche gourmande et fraîche, avec un fruit expressif. Finale nette et conviviale.

29 euros

Domaine de la Ville Rouge,
Cuvée Inspiration 2024,
crozes-hermitage

Robe brillante aux reflets rubis. Nez discret sur les fruits rouges et noirs. Bouche souple et équilibrée, portée par une belle fraîcheur. Finale nette et conviviale.

19 euros

Maison Piron,
Coq Léon 2025,
vin de france

Robe brillante aux reflets rubis. Nez gourmand, marqué par des arômes de fruits rouges. Bouche ample et ronde, offrant une belle personnalité tout en fruit et en plaisir. Finale agréable et conviviale.

8,50 euros

Château Chantemerle,
Château Lacombe-Noaillac 2024,
bordeaux

Robe brillante aux reflets clairs. Nez agréable, sur des notes fruitées. Bouche ronde et fraîche, offrant une belle souplesse et une grande facilité de dégustation. Finale nette et conviviale.

6,50 euros

Château Tour des Termes,
Explore Cabernet Sauvignon 2024,
haut-médoc

Robe brillante aux reflets rubis. Nez très expressif, marqué par des arômes de fruits rouges frais. Bouche tonique et savoureuse, offrant une belle allonge et une énergie remarquable. Finale persistante et vibrante.

24 euros

Anne-Cécile Samaille-Vausselin, le vivant en partage

Photo Mathieu Garçon.

Il y a des reconversions qui ressemblent à une retraite dorée. Celle d’Anne-Cécile Samaille-Vausselin n’a rien à voir. Ingénieure chimiste de formation, elle co-fonde Aroma-Zone en 2000 avec sa sœur et son père. Des cosmétiques naturels et une réussite impressionnante : la petite aventure familiale se transforme en une référence nationale. En 2021, l’heure de passer la main sur le plan opérationnel sonne, mais pas celle de ralentir. Quand vous lui demandez pourquoi, après un tel accomplissement, elle n’a pas choisi de profiter simplement de la vie, elle affirme, convaincue : « Je m’ennuierais si je ne faisais rien ». Avec son mari, elle imagine alors un projet à la hauteur de ses aspirations profondes, travailler la terre, protéger la nature, créer du sens. Elle souhaite un écrin de nature préservée avec une biodiversité riche et intacte, des terres cultivables et la possibilité d’y greffer une activité d’hébergement et de restauration. Deux ans de recherche, beaucoup de faux espoirs et puis soudain, en octobre 2023, deux coups de cœur à une semaine d’intervalle. D’abord, Mira Luna, un domaine de cent hectares, dont huit plantés en vignes. C’est une partie de Miraval, fameuse propriété provençale, que son fondateur, l’homme d’affaires américain Tom Bove, avait soigneusement gardée pour lui lorsqu’il avait cédé le reste à Brad Pitt. Seul hic, il n’est pas vendeur. Ce sont plutôt ses enfants qui le poussent, car l’homme est âgé et travaille déjà beaucoup dans son domaine principal, Château Bellini. Il a fallu le convaincre, passer ce qu’Anne-Cécile Samaille-Vausselin appelle sobrement « le test Tom », soit lui prouver, dans une rencontre décisive, que l’on méritait ce à quoi il tenait le plus. Le courant passe, Tom Bove accepte et les complexités juridiques finissent par se dénouer. Aujourd’hui encore, il les accompagne. Il vinifie avec eux le temps que leur propre cave soit achevée, transmettant au passage trente ans d’expérience et de savoir-faire provençal. Le domaine se situe sur les hauteurs de Miraval : panoramas à 360 degrés sur un horizon de collines vertes à perte de vue, silence absolu, zéro pollution lumineuse ou sonore. Zone Natura 2000, ces terres abritent l’écrevisse à pattes blanches, témoin rare de la pureté de l’eau, le lézard ocellé, en voie de disparition en Provence, et une meute de loups dont le territoire chevauche celui de Mira Luna. Chouettes, renards, chacals dorés, chauves-souris, la nuit, le domaine bruisse. Et cela fascine Anne-Cécile qui a décidé de le capter littéralement. Des ingénieurs enregistrent cette nature sauvage au fil des quatre saisons pour composer la bande sonore de la future visite de la cave, bientôt achevée. Enterré et coiffé d’une toiture végétalisée, le bâtiment, conçu comme une coupole de briques où les amphores seront disposées en cercle sous un oculus traversé d’un fin rai de lumière, ne sera pas seulement un lieu de vinification, il sensibilisera aussi les visiteurs à l’environnement.

Le goût de la clarté

La démarche œnologique d’Anne-Cécile est à son image, rigoureuse, méthodique, résolument orientée vers le consommateur. Avant de définir le style de ses cuvées, elle a acheté des dizaines de bouteilles correspondant aux cépages et terroirs de Mira Luna, sélectionnées selon les meilleures notes en ligne. « Je suis partie du besoin, comme j’ai toujours fait avec Aroma-Zone. » De ces dégustations émerge une conviction forte : les clients veulent des vins lisibles, nets, précis, des monocépages qui parlent clairement plutôt que des assemblages savants qui intimideraient. Le terroir lui donne raison. Argilo-calcaire, criblé de cailloux qui stockent la chaleur du jour pour la restituer la nuit, Mira Luna offre une amplitude thermique extraordinaire, jusqu’à 25 degrés d’écart en plein été (40 degrés le jour et 15 la nuit), de quoi atteindre une belle maturité aromatique sans jamais sacrifier la fraîcheur. La gamme s’articule autour d’un 100 % rolle décliné en deux versions, un vin élevé en inox, droit et vif, l’autre en demi-muids et amphores, plus complexe, aux notes de fruits exotiques légèrement vanillées. S’ajoute un viognier d’une fraîcheur inattendue qui n’a rien du bouquet intense de ses cousins rhodaniens et, enfin, une syrah de garrigue élevée en amphore, marquée par le thym sauvage et le ciste qui poussent entre les pierres et donnent au vin ses notes balsamiques si singulières. Deux rosés complètent la gamme. L’un est structuré et gastronomique, à majorité de syrah. L’autre, d’une pâleur et d’une finesse confondantes, a déjà été récompensé d’une médaille d’or au Mondial du rosé. Conseillée par le Cabinet d’agronomie provençale, la désormais vigneronne réfléchit aussi à l’avenir climatique du vignoble, cépages anciens, variétés résistantes, dans la droite ligne de ce que toute la Provence explore aujourd’hui.

La Baume, l’autre écrin

À une heure de route de là, à Tourtour, perché à 600 mètres d’altitude aux portes des gorges du Verdon, le domaine de la Baume porte la dimension hôtelière du projet. Un bâti d’exception qui fut la demeure du peintre Bernard Buffet, des rivières et des cascades, une nature tout aussi préservée et des oliviers centenaires aux variétés si anciennes qu’elles ne figurent plus dans aucun répertoire. Anne-Cécile a fait réaliser des analyses ADN afin d’ouvrir la voie à un projet de pépinière à partir de ces souches ultra-résistantes aux huiles fabuleuses. Sept cuvées d’huile d’olive sont déjà produites, travaillées avec la même exigence aromatique que les vins et la même méthode : partir des arômes, donner du sens, écouter le consommateur. Car c’est bien là le cœur de son ambition, non pas deux domaines viticoles et oléicoles de plus en Provence, mais un écosystème vivant, cohérent, en circuit fermé. Les ruches sont déjà installées, les plantes aromatiques en projet, le potager et les fleurs comestibles sortent de terre pour alimenter un futur restaurant. Anne-Cécile a aussi créé des coffrets vin-huile imaginés avec Linda Farquharson, artiste écossaise spécialisée dans la linogravure, et des livres de recettes élaborés avec des chefs, pour expliquer les accords huile, vin et plat. Ce qui frappe chez elle, c’est moins l’énergie – clairement prodigieuse – que le sens qu’elle donne à son travail. Tout est relié, tout a une raison d’être. La chimiste devenue vigneronne ne produit pas du vin pour en produire. Elle restaure des cycles naturels, préserve un bout de Provence sauvage, et le met en bouteille.


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Provence : Les Maîtres Vignerons de la presqu’île de Saint-Tropez

Louis-Victor Charvet et Thierry Desseauve mettent le cap sur la Provence pour aller à la rencontre du 1er producteur de côtes-de-provence, et pas des moindres.

Fondée en 1964, la fédération des Maîtres Vignerons de la presqu’île de Saint-Tropez regroupe dix domaines et trois caves, soit plus de 800 vignerons associés et près de 900 hectares de vignoble. Loin des schémas traditionnels, elle repose sur un fonctionnement hybride assez rare : les propriétés unissent leurs forces tout en préservant chacune leur identité propre et leurs choix techniques. Chaque sociétaire conserve ainsi son propre outil de production, avec une volonté affichée de mettre en valeur la diversité des terroirs provençaux. La force des Maîtres Vignerons tient surtout à l’accompagnement technique proposé ainsi qu’à la commercialisation des vins. En somme, les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez incarnent un moteur de l’évolution du modèle coopératif en Provence.

Découvrez en vidéo deux de leurs cuvées : Gold ainsi que Blanc de Rolle, du Domaine des Féraud.

Pour en savoir plus sur les Maîtres Vignerons de la presqu’île de Saint-Tropez, retrouvez nos vidéos Classe de Maître juste ici.

En partenariat avec Les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Le rêve d’une vie de Jean-Luc Monteil

Photo Mathieu Garçon.

Dans le petit monde du vin, il existe une posture qui rassure tout le monde : être fils ou fille de vigneron, reprendre les rênes et suivre le même chemin que ses aînés. Lorsque Jean-Luc Monteil débarque dans les Alpes-de-Haute-Provence en 2017 afin de planter onze cépages sur des terres vierges de tout produit phytosanitaire à 600 mètres d’altitude, il est entrepreneur de métier, manosquin de naissance et vigneron de nulle part. « Dans le monde du vin, vous êtes un inconnu, voire un imposteur », dit-il en prononçant le mot sans gêne, presque avec un certain appétit. Car c’est exactement cette position-là, en dehors des cases et libérée du poids de l’héritage, qui l’intéresse tout particulièrement et explique en partie son étonnant succès. Tout commence pourtant par un professeur de dégustation à l’école hôtelière de Thonon-les-Bains qui pressent chez lui quelques prédispositions à la dégustation. Finaliste du concours Ruinart à 19 ans, à sa « plus grande surprise », il est repéré et chassé par Carrefour pour une mission que peu d’autres auraient acceptée à cet âge : inventer les premières foires aux vins du groupe. « J’aimais aller à contre-courant. La grande distribution pouvait vulgariser quelque chose d’élitiste et je trouvais que c’était une bonne chose. » Le jeune homme découvre alors le faste des châteaux bordelais, est accueilli chez les plus grands et se fait déposer en hélicoptère sur le tarmac de Vinexpo. Puis un nouveau patron, obsédé par les chiffres, lui demande des choses qui ne collent pas avec ses valeurs. Il démissionne, rejoint Paris pour occuper un poste de formateur de cavistes chez Nicolas. Lorsqu’il se résout à repartir en direction du sud, il n’a encore qu’à peine 22 ans. S’ouvre alors pour lui une vie d’entrepreneur : il redresse une société en difficulté dans le réseau de la Française des Jeux, puis la revend. Officie dans le secteur des travaux publics, ainsi que de l’hôtellerie. Monte un réseau de franchise dans le financement des particuliers. Reprend des titres de presse. Passe un MBA, un master, un diplôme en économie et finances, comme si accumuler les expertises était une façon de ne jamais se fermer de portes. Tout ce temps, il reste au contact des vignerons, à observer. « Je savais qu’un jour, je ferai mon propre vin. »

La rage au ventre

Lorsque l’occasion de sauter le pas se présente, Jean-Luc Monteil réagit autant en entrepreneur qu’en véritable passionné. Il a vu naître les vins de l’Hérault, les terrasses-du-larzac, noté le succès du domaine Daumas-Gassac et il a compris, avant que ce ne soit une évidence, que le dérèglement climatique allait déplacer les zones d’excellence vers des terroirs en altitude. Il tombe alors sur ces quatre anciennes bergeries à restaurer face aux Pénitents des Mées, sur des terres situées à 600 mètres de haut qui n’ont jamais connu de produits phytosanitaires, avec trois types de sols (sable, argilo-calcaire, calcaire pur) et des poches de sel qui donnent aux vins cette salinité délicieusement salivante. Ses choix ampélographiques en disent long sur sa personnalité d’indiscipliné. Nebbiolo, barbera, bianco gentile, des cépages qu’aucun cahier des charges ne lui impose et qu’il va puiser dans ses affinités corses et piémontaises. « Nous sommes ici sur le piémont français des Alpes. Je me suis amusé à planter des cépages qui me plaisaient. » Épris de liberté, il multiplie les expérimentations. Une micro-parcelle de marnes bleues plantée en pinot gris finira ainsi dans un blanc plutôt que dans le rosé initialement prévu. Il tente un assemblage de syrah-barbera auquel les Italiens n’avaient pas pensé, essaie de produire des grenaches « pinotant ». L’IGP alpes-de-haute-provence n’exigeant rien de trop contraignant, Jean-Luc Monteil ne s’interdit rien, tout en se fixant certaines règles, avec un domaine des Bergeries de Haute-Provence conduit en bio dès sa création et en biodynamie depuis trois ans. Ce qui le distingue du reste des vignerons de la région est sans doute son absence totale d’illusions sur ce que ce métier exige : « Produire des vins authentiques ne suffit plus. Il faut avoir la rage au ventre. C’est la guerre en permanence ». La reconnaissance critique a toutefois été déterminante dans son ascension, contribuant à le faire accéder à des tables étoilées ayant adhéré à l’histoire de cette Provence d’altitude. « Dans un village de trois-cents âmes, vous n’êtes personne », reconnaît-il. Tout comme son modèle déclaré, le regretté Eloi Dürrbach, du domaine de Trévallon, star des Alpilles, il dit préférer ne pas porter le poids de l’héritage : « Le champ des possibles est ainsi beaucoup plus vaste ». S’il reconnaît que le rêve ne ressemble pas à ce qu’il imaginait, il lui va néanmoins comme un gant : « C’est beaucoup plus compliqué, mais c’est ce qui le rend beaucoup plus intéressant ».


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Provence : l’heure des choix

En ce mois de septembre 2004, le domaine Siouvette baignait dans une lumière de rêve tandis que s’affairaient les vendangeurs. Les platanes apaisaient la chaleur de l’été. Guy et Sylvaine Sauron étaient fiers de me présenter leur propriété, dans la famille depuis 1836. Superbe bâtisse provençale entourée de 15 hectares de vigne, ce « produit immobilier » idéal était très courtisé. « Quand ils sont venus me proposer 30 millions pour racheter la propriété, je les ai regardés droit dans les yeux et je leur ai dit : même à ce prix-là, on ne vend pas ses racines », racontait alors Sylvaine. Vingt ans plus tard, les Sauron sont toujours là, indétrônables. Malgré les offres et la vague impressionnante de nouveaux-venus attirés par l’aventure du rosé de Provence. Car en ce début des années 2000, la couleur a décollé. Après les pionniers (Bernard Teillaud au château Sainte-Roseline, Roger Zannier au château Saint-Maur), sont entrés dans la danse les Castel (Château Cavalier à Vidauban en 2000), Philippe Austruy (Commanderie de Peyrassol en 2001), Advini (Château Gassier en 2004 et Roquefeuille en 2016) ou encore la maison de champagne Louis Roederer (Groupe Rouzaud) qui a pris une participation majoritaire dans les domaines Ott en 2004. Sacha Lichine rachète quant à lui le château d’Esclans en 2006 et ouvre le marché des rosés aux États-Unis. L’afflux continue avec le milliardaire britannique Mark Dixon qui met la main sur le château de Berne et trois autres propriétés en 2007. L’année 2010 constitue un tournant majeur dont l’effet déclencheur est le rachat de Miraval pour 23 millions d’euros. Appartenant jusqu’alors à Tom Bove, cette propriété de 600 hectares (dont 30 hectares de vignes) est acquise par Brad Pitt et Angelina Jolie en partenariat avec la famille Perrin (Château de Beaucastel). Ce mariage propulse le rosé premium dans la lumière. S’ensuivent une ribambelle d’acquisitions. La famille Oddo, banquiers de Marseille, choisit le domaine du Vallon des Glauges dans les Alpilles en 2015 pour sa toute première aventure dans le vin. Le réalisateur de Star Wars, George Lucas, achète en 2017 le château Margüi à Châteauvert pour 9,5 millions d’euros. La maison Chanel officialise son rachat du domaine de l’Île à Porquerolles fin 2019. La même année, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni investissent dans le château d’Estoublon à Fontvieille aux côtés de Stéphane Courbit et Jean-Guillaume Prats et lancent la marque Roseblood. En 2020, Michel Reybier signe pour le château La Mascaronne dans le Var, en collaboration avec le basketteur Tony Parker. Un an plus tard, George Clooney s’offre le domaine du Canadel à Brignoles pour 8 millions d’euros tandis que Kylie Minogue s’associe avec le château Sainte-Roseline pour produire un rosé de gastronomie sous son nom. Quant à Bernard Magrez, le chantre des grands crus à l’éternelle âme de businessman, il a mis la main dès 2010 sur le domaine Clos des Muraires (Luc-en-Provence) et le château La Gueiranne (Gonfaron). Resté discret sur ses rosés et sur la Provence jusqu’ici, il a vendu 5 millions de bouteilles de Bleu de Mer et atteint une production annuelle de 3,5 millions (dont les cuvées Clos Bleu de Mer et Douce Vie en côtes-de-provence).

Lorraine Oddo incarne l’engagement de la famille Oddo au domaine du Vallon des Glauges, dans les Alpilles, choisi en 2015 pour sa première aventure viticole.

Des marques fortes

Au pic de cette histoire, la région bénie des dieux voit débarquer deux groupes majeurs. Pernod-Ricard, le géant des spiritueux, avec une participation majoritaire en 2022 dans le château Sainte-Marguerite détenu par les Fayard puis l’achat d’Aux Terres de Ravel, 280 hectares de vignes « pour doubler sa capacité ». Et le groupe de luxe LVMH, content d’enrichir son portefeuille de marques : après Galoupet puis le château d’Esclans et Jas d’Esclans en 2019, Minuty fait office de bouquet final, pépite achetée en février 2023 à prix d’or, 350 à 450 millions d’euros selon les sources pour 170 hectares de vignes et une maison de négoce. La marque Minuty, dont le flacon évoque davantage le parfum que le vin, représente neuf millions de bouteilles dont huit uniquement de M de Minuty. Le prestige attirant le prestige, la côte méditerranéenne, jusque dans les Alpilles, est devenue the place to be. Aucune région viticole au monde n’a attiré autant d’investisseurs et de tous les horizons en si peu de temps. « Cette attractivité n’est pas nouvelle », tempère Michel Veyrier, fondateur en 1991 de Vinea Transaction, l’agence spécialisée dans la transaction viticole. « Elle est même ancestrale. La Côte d’Azur, le prince Rainier, la planète riche et fortunée s’est installée en Provence avec son chapelet de villages magnifiques. C’est Panurge, un industriel arrive, les autres suivent. » Le vignoble s’est donc mué en un modèle hybride, à la champenoise, composé de domaines indépendants, toujours majoritaires, et d’achats de raisins pour établir des marques fortes. Le rosé premium est désormais un produit global, mondialement marketé. Le rosé de Provence, 85 % de la production locale, ce « petit vin » de terrasse et de pétanque à peine considéré il y a vingt ans s’est transformé en vin tendance, et même en vin de luxe, tirant toute la région vers le haut. Un souffle fort et dynamique qu’illustre le lancement en 2006 par Sacha Lichine du « rosé le plus cher du monde », Garrus, le premier rosé de prestige élevé en fût de chêne. À ce parfait exemple de premiumisation s’ajoutent les exportations, passées de 5 à 40 % avec une forte valorisation, les États-Unis absorbant la moitié de ces efforts. Forcément, ces rosés ont fait des envieux. « Tout le monde s’est mis à en faire et pas seulement en France, les Italiens, les Américains, dans un contexte économique plus difficile », pointe Brice Eymard, directeur du conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). « La surchauffe n’est pas saine, certains investisseurs ont pensé que c’était facile et ont surdimensionné leur gain potentiel, ça a fait retomber le soufflé. Les investisseurs qui vont arriver devront garder la tête froide », prévient-il. Justement, Concha Y Toro, le mastodonte chilien, vient de prendre une participation dans Mirabeau, misant sur le produit et la marque au début de l’année 2026. « Vu le contexte cette année, il n’y en aura probablement pas d’autres. Ou ce ne sera pas au même prix », estime Brice Eymard. Chez Vinea Transaction Provence, Isabelle Maligne confirme : « Cette euphorie est terminée. Il y a eu un emballement, certains pensent que l’on est encore dedans. Mais on n’y est plus ».

Aurélie Bertin, à la tête des châteaux Sainte-Roseline et Les Demoiselles, voit dans l’arrivée des grands groupes en Provence non pas une menace, mais un signal de confiance : « Ce sont des défricheurs, des Christophe Colomb du marché ! »

À bout de souffle

Car comme partout dans le vignoble, la crise est là. Les cours du vrac des côtes-de-provence rosés ont chuté, de quoi affoler les marchés en ce début 2026 après ce lot d’investissements. Monté à 350 euros l’hectolitre au meilleur de sa forme, le voilà tombé à 250 euros et jusqu’à moins de 100 euros. Soit moins 7 % entre 2024 et 2026, et moins 30 % par rapport à 2019. Même les rosés premium (180 à 230 euros l’hectolitre) sont tirés vers le bas par la tendance générale. Brice Eymard s’en inquiète : « C’est un très mauvais signal, certaines structures ne sont pas là pour créer de la valeur, mais pour la casser. Il y a eu une offensive dès le début de campagne sur les caves les plus fragilisées, cela se répercute dans le vignoble. Il faut réagir vite. » Le prix du foncier et les transactions suivent en effet la même courbe. Christophe Campanelli, responsable de la Safer du Var, en fait le constat : « Pendant dix ans, les prix n’ont cessé de grimper. Il y a eu une période euphorique où le prix de l’hectare a atteint 150 000 euros pour des parcelles en bord de mer. Tout se vendait, même quand il y avait du travail de remise en état. On a eu des niveaux d’activité rarement connus. Mais à la fin de 2024, on a senti que les vignerons entraient dans le dur. En 2025, la tendance s’est inversée. Aujourd’hui, plus de soixante-dix domaines sont à la vente. Et il n’y a plus d’acheteurs. Du jamais vu. La transmission de domaines, c’est ce qui faisait notre force. Ce marché est à bout de souffle. » Nicolas Parmentier, fondateur de Vinolis, n’est pas surpris. « Jusqu’ici, les acteurs historiques se diversifiaient à l’export, les rosés se vendaient assez facilement », explique ce gestionnaire de vignobles. « Puis LVMH et Pernod-Ricard ont déstabilisé le marché en achetant les raisins plus cher pour garantir leurs approvisionnements sur les prochaines années. Quand ils jettent leur dévolu sur une région, leur réseau de distribution est si bien établi qu’il leur suffit de pousser le nouveau produit. Tout le bagage commercial qui avait été mis en place par les acteurs historiques de la région a totalement implosé. À l’export, les seuls marchés où ils arrivent à tenir sont en Océanie. Tous les autres marchés, les États-Unis, l’Asie du Sud-Est, ont été bousculés par l’arrivée de ces nouveaux acteurs. Des domaines connus qui mettaient beaucoup d’énergie dans la vente ont été concurrencés par leur arrivée et impactés par la déconsommation. » De ce fait, la donne a bien changé. Il fut un temps où l’hectare de vigne bien entretenu (densité de plantation conforme à l’appellation, palissage en bon état, qualité de sol correcte à supérieure) se vendait 100 000 euros l’hectare. Tout le monde en voulait et les entités de vingt hectares partaient à ce prix. Aujourd’hui, on est retombé à 75 ou 80 000 euros. « J’ai un domaine exceptionnel de dix hectares à la vente où il n’y a que de la vigne. J’ai du mal à tenir le prix souhaité par le propriétaire. Il est prêt à descendre à 95 000, mais les offres tournent plutôt autour de 75 000 », ajoute Nicolas Parmentier. « Certaines transactions s’étaient faites bien au-delà d’une valeur objective », reconnaît Michel Veyrier.

Concurrence ou aubaine ?

À Lalonde-les-Maures, le domaine Figuière, 185 hectares bénéficiant de l’influence maritime et des schistes du massif des Maures, est entre les mains de la famille Combard depuis presque trente ans. Selon Magali Combard, co-propriétaire avec son frère et sa sœur, 2022 a marqué la fin de l’eldorado. « C’était l’euphorie post-Covid, avec une progression à deux chiffres. » Puis 2023 est arrivé. L’Ukraine, la crise énergétique, la déconsommation. « Tout est venu en même temps. » Pour elle, les stocks sont là, on les voit, les 2024 ne sont pas épuisés, les marchés sont très fragiles. Ici comme ailleurs, beaucoup de domaines souffrent. « Ils serrent les dents en attendant des jours meilleurs, j’en ai pas mal en mandat. Ils continuent de faire au mieux avec peu de moyens, un matériel qui fatigue tant à la vigne qu’à la cave », dit encore Nicolas Parmentier. Magali Combard trouve la concurrence des multinationales déloyale : « Avec leurs énormes moyens, ils cadenassent les parts de marché. On les combat difficilement. Notre seule force, c’est notre message vigneron, la qualité de nos vins, le contact direct avec la clientèle ». Rassurant, le CIVP rappelle que la crise est bien moins frontale que dans d’autres régions : « Il n’y a pas péril en la demeure ». Le vignoble reste en effet leader en rosé haut de gamme. Pour défendre cette position, l’organisme travaille d’ailleurs sur un projet de bouteille commune, avec un logo « Provence », qui permettra à tous de se distinguer dans les linéaires du monde entier, surtout aux États-Unis où les vins sont mélangés à une ribambelle de rosés de toute origine. De nombreux marchés attendent aussi d’être défrichés. Il n’y a pas si longtemps, les vins de Provence étaient surtout consommés en France. Et les grosses structures comme Concha Y Toro sont un atout dans le contexte actuel. Même si le groupe chilien inquiète un peu (« On ne voit pas encore très bien leur stratégie », avancent certains), le fait que les Anglais, ex-propriétaires de Mirabeau, restent aux manettes apaise les esprits. Avec ses deux châteaux, acquis par son père Bernard Teillaud, Sainte-Roseline en 1994 et Les Demoiselles en 2005, Aurélie Bertin fait partie des pionniers du rosé. Elle estime que l’arrivée des « gros » est une aubaine : « S’ils s’installent ici, c’est qu’il y a du potentiel. L’implantation dans les nouveaux marchés et le développement coûtent cher : ils ont les moyens. Ce sont des défricheurs, des Christophe Colomb du marché ». Quels que soient les propriétaires fonciers, avec leur stratégie à long terme, la terre restera viticole. Et puis, fait remarquer Michel Veyrier, la Provence ne produit qu’un million d’hectolitres, avec des poches d’appellations (Bandol, Cassis, etc.). « Ce n’est pas la mer à boire ! » On est loin de Bordeaux (cinq millions d’hectolitres), du Languedoc (dix à douze millions), de la Champagne même (trois millions).

Inimitable Provence

Alors, eldorado encore et toujours, oui ou non ? Il y a la version crue, pessimiste. Celle des viticulteurs dont les apports à la coopérative ont été divisés par deux. Celle de la Safer aussi, qui a vu clairement le marché s’arrêter net après les années d’euphorie. Et la version inverse qui se base sur la longue liste des atouts de la région et de ses vins clairs, rosé pâle, difficilement imitables, dont la valeur ajoutée est inestimable. En Provence, il y a de l’eau, celle de la Durance et du Verdon. Un point indispensable pour la culture de la vigne et loin d’être partagé sur tout l’arc méditerranéen. Et puis il y a la consommation locale et l’œnotourisme, avec des offres sportives et culturelles venues en complément des vinifications. La région a toujours fait rêver, Saint-Tropez, la Côte, cette éternelle attraction. Enfin, la richesse patrimoniale et économique bat son plein, patrimoine sauvé en partie par ces grandes fortunes. « Une qualité de vie sur laquelle le vin est venu s’asseoir », résume Michel Veyrier qui insiste : « Arles, Fréjus, Saint-Rémy ont une richesse économique que l’on n’a pas en Languedoc ». Pour Nicolas Parmentier, cette richesse patrimoniale a un nom, « la résidence du vin ». Soit un domaine qui combine plusieurs éléments : un lieu de vacances pour la famille et les amis, qui a un actif foncier important, qui coche toutes les cases de l’immobilier de base (beau bâtiment bien restauré, jolie vue, location idéale, moins de 45 mn d’une gare TGV, à moins d’une heure et quart d’un aéroport international, Marseille ou Nice) avec l’objectif d’équilibrer les coûts au niveau de l’exploitation. « La plus-value est faite à la revente. Et si je ne revends pas, je transmets à mes enfants un domaine qui continue à prendre de la valeur. Ce n’est pas de la diversification. J’y crois beaucoup. » C’est ce qu’ont fait Antoine et Anne-Cécile Samaille, ex-ingénieurs dans l’industrie, en acquérant Mira Luna, une propriété à la hauteur de leurs rêves et de leurs ambitions et qu’ils pourront transmettre à leurs trois enfants. Voisin de Miraval, ce domaine est une entité de 90 hectares de forêt protégée et 8 hectares de vignes entièrement bio. Ils ont complété ce paradis déjà planté de centaines d’oliviers avec le domaine de la Baume, du nom de la rivière qui le parcourt, et son millier d’oliviers. Située à Tourtour, dans le Haut-Var, cette propriété qui fut un temps celle du peintre Bernard Buffet avant de devenir une maison d’hôtes accueillera un restaurant et une vingtaine de chambres. Seule la Provence permet ce genre de projet. Quant aux Sauron, ils font le dos rond et misent à fond sur leur fille et leur fils, pour lesquels ils ont agrandi la propriété (elle fait désormais 30 hectares). « On a travaillé dur », explique Guy Sauron. « Notre but c’est de transmettre. Notre terre, il faut la préserver : nous n’en sommes pas propriétaires, mais locataires. S’il n’en reste qu’un, on espère que ce sera nous. » Illustration parmi d’autres de ce que l’époque exige, leur domaine propose de nouvelles activités, soirées foodtrucks, location pour les mariages, tout en poursuivant ce qui fait sa raison d’être, la production de rosés de terroir.


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Rosés de Provence : nos cuvées incontournables

Château Carpe Diem,
Campagne 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez élégant et expressif, mêlant des arômes d’agrumes à des notes florales. Bouche harmonieuse et équilibrée, offrant une belle fraîcheur, une structure légère mais précise et une touche saline qui apporte du relief. Finale persistante, fraîche et raffinée.

15 euros

Château d’Astros,
Amour 2025,
côtes de provence

Robe pâle et brillante, aux reflets saumonés. Nez fin et élégant, dévoilant des arômes d’agrumes, de petits fruits rouges et de fleurs fraîches. En bouche, l’attaque est vive et légère, portée par une belle fraîcheur sur les agrumes.

17 euros

Château de Berne,
côtes de provence 2025

Robe rose pâle aux reflets brillants. Nez classique et expressif, marqué par des arômes de fruits frais dans un style typique de Provence. Bouche équilibrée, offrant une belle fraîcheur, avec des amers fins et une acidité agréable qui se répondent harmonieusement. Finale nette et rafraîchissante.

19,90 euros

Château Gassier,
Gassier Rosé 2025,
côtes de provence

Robe lumineuse. Nez léger et discret, dévoilant de subtiles notes fruitées et florales. En bouche, l’attaque est rafraîchissante, avec une expression qui privilégie la fraîcheur. L’ensemble est facile et accessible, idéal pour une consommation immédiate.

14,50 euros

Château La Tour de l’Évèque,
Pétale de Rose 2025,
côtes de provence

Robe rosé brillante. Nez fin et élégant, mêlant des notes d’agrumes, de petits fruits rouges et de fleurs fraîches. En bouche, l’attaque est vive avec une expression fruitée. Finale gourmande.

19 euros

Château Réal d’Or,
Réal d’Or Rosé 2025,
côtes de provence notre-dame des anges

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez floral et expressif. Bouche équilibrée et savoureuse, offrant une belle tension et une touche saline qui apporte du relief. L’ensemble est accessible et donne envie d’y revenir. Finale longue et agréable.

16.5 euros

Château Saint-Roux,
Le Pigeonnier 2025,
côtes de provence

Robe pâle et brillante, aux reflets rosés. Nez frais et expressif, mêlant des notes d’agrumes et de petits fruits rouges, accompagnées d’une touche florale. En bouche, l’attaque est vive et légère, portée par une belle fraîcheur et une expression gourmande.

13,90 euros

Château Vaudois,
côtes de provence 2025

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez élégant et floral, mêlant des arômes de fruits blancs et jaunes. Bouche légère, fraîche et simple, offrant une belle salinité et un profil accessible. Finale nette et agréable.

18 euros

Clos de Caille,
Clarisse 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets rosés. Nez expressif, marqué par des arômes de fruits rouges avec une touche herbacée. Bouche légère et équilibrée, offrant un profil souple et accessible, centré sur le fruit. Finale courte mais agréable.

34,90 euros

Clos Réal,
côtes de provence 2025

Robe brillante aux reflets rubis. Nez discret, laissant apparaître des notes de fruits rouges frais. Bouche marquée par une belle tension, offrant une certaine gourmandise et une expression sapide. Finale longue et agréable, sur le fruit.

15 euros

Domaine de La Madrague,
Charlotte 2025,
côtes de provence

Robe très pâle, presque blanche, aux reflets brillants. Nez discret, marqué par des arômes de fruits frais. Bouche légère et équilibrée, offrant une belle harmonie entre douceur et acidité. Finale nette et agréable.

18,50 euros

Domaine de l’Heure Bleue,
Aube Azur 2025,
côtes de provence notre-dame des anges

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez élégant et floral, avec une belle fraîcheur. Bouche équilibrée et harmonieuse, offrant un profil léger, gourmand et accessible. Finale nette et agréable, donnant envie d’y revenir.

21 euros

Domaine de Rimauresq,
Classique 2025,
côtes de provence

Robe saumonée et lumineuse. Nez laissant apparaître de légères notes de confiserie. En bouche, l’attaque est vive et légère, portée par une fraîcheur agréable et une finale désaltérante.

15,50 euros

Domaine de Tamary,
côtes de provence 2025

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez discret, avec une expression délicate. Bouche simple et équilibrée, offrant un joli fruit frais et une belle buvabilité. Finale légèrement saline, de bonne longueur, agréable et rafraîchissante.

16 euros

Domaine La Courtade,
Les Terrasses de La Courtade 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez délicat, mêlant des arômes floraux à des notes de fruits blancs et jaunes. Bouche légère et harmonieuse, offrant une belle fraîcheur et une touche saline qui apporte du relief. Finale courte mais agréable.

17 euros

Domaine La Navicelle,
À Flot – Icone 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets rosés clairs. Nez expressif et gourmand, mêlant des arômes de fruits blancs et jaunes à des notes de confiseries et pâtissières. Bouche fraîche et sapide, offrant une belle légèreté et un profil accessible. Finale nette et agréable.

12 euros

Figuière,
Première 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets rosés. Nez discret, mêlant des notes de confiseries et de fraise. Bouche nette et souple, offrant une belle fraîcheur et un profil simple et agréable. Finale légère et conviviale.

15,75 euros

Les Maîtres Vignerons
de Gonfaron,
côtes de provence notre-dame des anges 2025

Robe brillante aux reflets clairs. Nez élégant et discret. Bouche fine et soyeuse, offrant un jus fluide et harmonieux. Finale équilibrée et persistante.

9,20 euros

Mas de Cadenet,
côtes de provence sainte-victoire 2025

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez expressif, mêlant des arômes d’agrumes et de fruits blancs et jaunes. Bouche fraîche et équilibrée, offrant une belle vivacité et une structure harmonieuse. Finale nette et rafraîchissante.

17 euros

Ultimate Provence,
côtes de provence 2025

Robe brillante aux reflets rosés pâles. Nez discret, avec de légères notes de confiseries. Bouche souple et légère, offrant une belle fraîcheur mais une expression encore réservée. Finale simple et agréable.

19,90 euros

Henri de Lorgeril, l’héritage et la conquête

Peut-on échapper à son destin lorsqu’on représente la treizième génération d’une famille vigneronne ? « Nous sommes même la troisième plus ancienne famille française dans le monde du vin », précise Henri de Lorgeril, le cadet de Miren et Nicolas de Lorgeril, actuels propriétaires des domaines languedociens du même nom. Leur épicentre se situe au château de Pennautier, demeure remarquable aux allures de petit Versailles située à une encablure de Carcassonne. Elle fût bâtie en 1620 par Bernard Rech de Pennautier, le fondateur de la dynastie. Lorsque l’heure de préparer la transmission a sonné, seul Henri a levé la main. Son frère aîné, Enguerrand, devenu prêtre, avait déjà trouvé son sacerdoce. Charles, le plus jeune, n’était pas intéressé. Quant à sa sœur Blanche, « elle n’aurait pas dit non », mais s’est finalement impliquée dans les affaires de son époux. N’allez pas croire pour autant qu’il s’est senti obligé d’y aller. Ses parents, assure-t-il, ne lui ont jamais mis la pression. Bien au contraire, ils ont toujours encouragé leurs enfants à vivre leur propre vie, loin de Pennautier. Un conseil qu’il a pris au pied de la lettre. Pendant dix ans, Henri de Lorgeril a construit sa carrière à Paris, dans l’univers des start-up, notamment chez Doctolib. Il a ensuite monté sa propre boîte spécialisée dans les ressources humaines, qu’il a revendue il y a trois ans et quittée l’an dernier pour se consacrer à temps plein à son nouveau défi. Non sans quelques bouleversements familiaux. Il a embarqué son épouse et leurs quatre enfants à Toulouse pour être proche des domaines. Le cadre de vie y a évidemment gagné. Mais il mesure aussi le sacrifice consenti par les siens, notamment par son épouse, qui a quitté son emploi et se retrouve presque seule à gérer à la fois sa nouvelle aventure professionnelle et leurs enfants. Entre ses cours à plein temps à l’université du vin de Suze-la-Rousse et sa prise de poste au château de Pennautier, Henri de Lorgeril est le plus souvent éloigné des siens. La situation devrait durer deux ans. Mais peu importe le prix à payer, il vit une aventure patrimoniale et professionnelle particulièrement excitante. « Même si j’ai divisé mon salaire par trois et que je suis désormais impliqué sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, cette nouvelle vie est passionnante », confie-t-il.

L’envie d’être à la hauteur
Il sait aussi ce qu’il doit au travail accompli par ses parents. Il va prendre la tête d’un domaine qui se porte bien, avec des marques solidement installées et parmi les leaders de leurs appellations. À l’arrivée de son père, en 1987, puis de sa mère, en 1992, la situation était pourtant tout autre. Les vins, raconte-t-il, étaient encore « médiocres, voire carrément mauvais ». C’était l’époque où ils se vendaient à la pompe : 2,75 francs le litre de 12 degrés et 3,75 francs pour le 14 degrés. Nicolas de Lorgeril, lui, a toujours cru à la qualité des vins du Haut-Languedoc, du pic Saint-Loup au Cabardès. Avec Miren, il a acheté des propriétés dans les zones les plus fraîches, rénové entièrement le château de Pennautier, alors en ruine, et hissé les domaines familiaux au plus haut.
Pour Henri de Lorgeril, ce retour est aussi l’occasion de prendre une petite revanche. Né à Pennautier, il a passé toute son enfance dans le monde du vin. Mais, adolescent, il a suivi sa famille à Paris. Au lycée Saint-Jean de Passy, il découvre alors un milieu « un peu snobinard » où un vigneron qui ne possédait pas un grand château bordelais était regardé comme un « bouseux ». Aujourd’hui, il veut prouver aux jeunes générations que le Languedoc peut produire des vins modernes. Et rappeler aux boomers que la région possède de grands terroirs, capables de produire de grands vins. « Je suis un militant du Languedoc. Je veux placer les vins de la région tout en haut de la carte. » S’ouvre donc une période de transition de vingt-quatre mois. Henri de Lorgeril va travailler main dans la main avec son père sur la partie technique et avec sa mère sur la partie commerciale. « Ensuite, Miren quittera le domaine pour devenir grand-mère professionnelle à plein temps », plaisante-il. Il n’en est pas moins conscient des défis qui l’attendent. Selon lui, seuls deux types de vignerons sortiront de la crise actuelle : les « sorciers du vin » capables de faire des vins très pointus, comme à Peyre Rose ou Roc d’Anglade, et les grands domaines, souvent à la fois vignerons et négociants. « L’entre-deux ne fonctionnera plus », estime-il. De quoi ajouter un peu de pression sur les épaules du jeune successeur. « Avec douze générations avant moi, je ne voudrais pas être celui qui plante les domaines. » Dans vingt ans, au moment de réfléchir à la relève, il aimerait voir un représentant de la quatorzième génération lever le doigt à son tour. Ce serait, pour lui, le signe d’une mission accomplie.


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Vins blancs à petit prix : notre sélection à moins de 25 euros

Jean Sipp,
Vieilles Vignes – Riesling 2022,
alsace

Robe brillante. Nez fin, élégant et complexe révélant des arômes de fruits blancs et jaunes et d’agrumes, avec des notes empyreumatiques. Bouche gourmande dès l’attaque, portée par une acidité vive qui apporte tension et équilibre. L’ensemble est structuré et profond, d’une grande pureté, alliant précision et harmonie. Finale longue et persistante.

14 euros

Domaine Beck,
Cuvée Louis Lieu-dit Hertenstein 2020,
alsace

Robe brillante et élégante, aux reflets lumineux. Nez fin et expressif révélant des arômes d’agrumes et de fruits blancs et jaunes, accompagnés de subtiles notes empyreumatiques. Bouche vive dès l’attaque, à la fois équilibrée et sapide, marquée par une belle tension et une profondeur remarquable. Finale élégante et persistante, sur des notes fraîches et légèrement grillées.

19,50 euros

Château Roquefort,
Grand Blanc 2024,
entre-deux-mers

Robe brillante à pâle, aux reflets lumineux. Nez élégant révélant des arômes de fruits blancs et jaunes, avec des notes boisées et une belle intensité aromatique. Bouche sapide et marquée par une acidité bien intégrée, avec une texture harmonieuse. Finale longue, fraîche, sur des notes fruitées et légèrement boisées.

10 euros

Philippe Bouzereau Fils,
bouzeron 2023

Robe lumineuse aux reflets or. Nez élégant et typé, marqué par des notes d’agrumes et de fruits blancs et jaunes, soutenues par un boisé discret qui apporte une touche de complexité sans dominer. Bouche légère, portée par une belle acidité et une agréable fraîcheur. L’ensemble est équilibré et accessible, avec une finale nette et fraîche.

18,50 euros

Château de la Greffière,
La Greffière 2024,
pouilly-fuissé

Robe d’un jaune très clair. Nez expressif, marqué par des notes d’amandes grillées apportant de la complexité. Bouche surprenante, avec une légère sucrosité en attaque qui met en valeur des arômes de fruits. L’ensemble est soutenu par une structure harmonieuse qui relie fraîcheur et rondeur. Finale nette et plaisante, sur des notes fruitées et légèrement grillées.

24,60 euros

Maison Champy,
Cuvée Edme – Chardonnay 2024, bourgogne

Robe brillante or blanc. Nez agréable, avec des notes florales et de fruits blancs et jaunes, dans un registre expressif et séduisant. Bouche gourmande avec une matière profonde qui apporte du volume. L’ensemble est porté par une expression fruitée nette, tout en restant dans un style accessible. Finale persistante, sur des notes fruitées et florales.

25 euros

Domaine Orenga de Gaffory,
Cuvée Félice 2024,
patrimonio

Robe brillante aux reflets lumineux. Nez élégant et expressif révélant des arômes de fruits blancs et jaunes et d’agrumes, avec une expression nette et précise. Bouche équilibrée et sapide, avec une légère amertume qui apporte du relief. Finale longue et savoureuse, sur des notes d’agrumes et de fruits mûrs.

17 euros

Laroche,
Chardonnay Réserve 2025,
vin de France

Robe brillante aux reflets pâles. Nez très fin, encore légèrement contenu, marqué par la jeunesse du vin, avec des arômes délicats d’agrumes. Bouche ample et expressive, offrant un beau volume, portée par des notes d’orange et de citron. Finale intense et persistante, sur des zestes d’orange et de pamplemousse.

11,50 euros

Domaine d’Aigues Belles,
L’Autre Blanc 2021,
IGP pays d’oc

Robe légèrement trouble aux reflets voilés. Nez expressif, mêlant des arômes d’agrumes à une touche minérale, un profil original. Bouche équilibrée et fraîche, offrant une belle tension et un caractère savoureux. L’ensemble est accessible, destiné à un plaisir simple et immédiat. Finale nette et rafraîchissante.

17,50 euros

Jean-Claude Mas,
Le Confectionneur 2025,
IGP pays d’oc

Robe brillante aux reflets pâles. Nez expressif, mêlant des arômes de fruits jaunes à une touche d’agrumes. Bouche fraîche et conviviale, marquée par des notes d’agrumes verts en complément du fruit, avec une jolie amertume en fin de bouche qui apporte du relief. Finale agréable et rafraîchissante.

4,99 euros

Domaine Léo-Paul Liénard, 12 en Douceur – Pinot Gris 2024,
côtes de meuse

Robe légère et lumineuse. Nez expressif sur des arômes d’agrumes, porté par une belle fraîcheur. Bouche vive dès l’attaque, ensemble long en bouche, avec une trame digeste qui donne envie d’y revenir. Finale fraîche et persistante, sur des notes citronnées.

8,50 euros

Domaine Mira Luna,
Bio 2025,
coteaux varois en provence

Robe brillante aux reflets pâles. Nez élégant, mêlant des arômes floraux à des notes de fruits blancs et jaunes. Bouche équilibrée et savoureuse, offrant une belle tension et une certaine profondeur. Finale persistante, harmonieuse et agréable, donnant envie d’y revenir.

15 euros

Château Canadel,
bandol 2025

Robe brillante aux reflets pâles. Nez expressif et gourmand, mêlant des arômes floraux à des notes de fruits blancs et jaunes. Bouche légère et équilibrée, offrant une belle gourmandise et une matière harmonieuse. Finale longue et agréable, sur des notes fruitées.

22 euros

Château Coussin,
César à Sumeire 2025,
côtes de provence

Robe brillante aux reflets pâles. Nez fin et complexe, mêlant des arômes floraux à des notes de fruits blancs et jaunes. Bouche harmonieuse et équilibrée, marquée par des notes d’orange sanguine, avec une belle fraîcheur et une touche saline. Finale longue et élégante.

24,90 euros

Vignoble Pellerin,
Mondeuse Blanche 2023,
coteaux de l’ain

Robe aux reflets lumineux. Nez original, dévoilant des arômes de fruits blancs et jaunes, avec une touche gourmande. Bouche portée par une matière gourmande et une expression fruitée immédiate. Finale sur des notes fruitées.

18 euros

Domaine Ménard-Gaborit,
Monnières-Saint Fiacre 2022,
muscadet sèvre-et-maine

Robe brillante aux reflets dorés. Nez expressif et complexe, marqué par des notes boisées, mêlées à des arômes d’agrumes et une touche légèrement vanillée. La matière est équilibrée, portée par une trame boisée présente et des notes d’agrumes qui apportent fraîcheur et tension. Finale sur des notes vanillées et légèrement toastées, avec une belle longueur.

19 euros

Domaine de l’Angelière,
Prestige 2025,
anjou

Robe brillante aux reflets lumineux. Nez élégant et délicat, marqué par des notes florales et de fruits blancs et jaunes, dans un registre fin et harmonieux. Bouche équilibrée, avec une belle fraîcheur et une matière qui met en valeur l’expression aromatique. Finale longue, sur des notes fruitées et florales, avec une persistance agréable.

8,50 euros

Les Vignerons des 4 Chemins,
Domaine Matassières 2025,
laudun

Robe brillante aux reflets pâles. Nez élégant, floral et fruité, soutenu par une fine minéralité. Bouche équilibrée, fraîche et précise, avec une belle allonge. Finale persistante et harmonieuse.

10 euros

Domaine de l’Agapè,
L’Ingénu(e) 2025,
IGP de la drôme

Robe brillante aux reflets pâles. Nez élégant, mêlant fruits blancs et notes de confiserie. Bouche équilibrée et gourmande, avec une belle fraîcheur et une structure harmonieuse. Finale persistante, pleine de charme.

13 euros

Château de Mille,
Clefs de Mille 2025,
luberon

Robe brillante aux reflets pâles. Nez expressif et original, associant agrumes, fleurs et fruits blancs. Bouche fraîche, équilibrée et très agréable, dans un style léger et convivial. Finale nette et engageante.

10,50 euros

Château Lagrézette

Lagrézette, c’est un château emblématique, une histoire, mais surtout un malbec qui ne laisse personne indifférent, et sûrement pas Thierry Desseauve et Louis-Victor Charvet ! Dégustation dans notre nouvel épisode de Speed Tasting 🍷

En partenariat avec Château Lagrézette

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

Jean-François Ott : « La qualité n’est plus une option »

Photo Mathieu Garçon.

Château de Selle, Clos Mireille et Château Romassan, avec trois domaines et 225 hectares de vignes, vous vous définissez pourtant comme « le petit » de la Provence. C’est une posture ou une conviction ?
Une conviction. On me compare souvent à certains voisins qui produisent des millions de bouteilles. Nous n’en faisons que 700 000. Ce qui m’anime au quotidien, c’est d’être capable d’élever de bons raisins et de les transformer en un vin que j’aime et qui sera apprécié par les consommateurs. Et d’être là, du début du millésime jusqu’à sa mise en marché. L’exigence de qualité limite forcément la production. Nous avons 225 hectares plantés, ce qui nous permet de vinifier chaque parcelle séparément et, au moment des assemblages, d’écarter ce qui n’est pas à la hauteur. C’est un luxe énorme. J’ai donc un nombre d’hectares important, mais une production somme toute assez limitée.

Quelle est votre ambition ?
Faire un grand rosé. Je sais que cela peut faire sourire. Il y a les grands blancs, les grands rouges et puis il y a toujours « les petits rosés ». Faire simple n’est pas un défaut. Nous pouvons faire des vins qui suscitent une vraie émotion, qu’ils soient blancs, rouges ou rosés. C’est notre ADN depuis le début, mon arrière-grand-père avait déjà cette ambition. En excellent visionnaire, il s’était dit qu’il fallait faire des rosés de qualité, à une époque où personne n’en buvait. Il a mis en place une viticulture spécifique, le pressurage direct, ce que l’on connaît aujourd’hui comme la méthode provençale.

Cette histoire remonte à 1896. Comment trois domaines se retrouvent-ils dans la même famille ?
Mon arrière-grand-père alsacien était ingénieur agronome, jeune et fauché. Il s’est installé en Provence le temps de mettre en place une concession en Algérie que le gouvernement lui avait attribuée. Cette dernière prête, sa femme a finalement refusé de traverser la Méditerranée. Nous sommes juste après le phylloxéra, tout le vignoble provençal a été décimé, il faut tout replanter. Il est embauché dans divers domaines viticoles. Mais l’envie de travailler pour lui le taraude. Il achète alors un premier domaine, le château de Selle, à Tarandeau. Le Clos Mireille, à La Londe-les-Maures, est acquis dans les années 1930 quand la génération suivante décide de reprendre ce qu’elle avait déjà en gérance. Le château Romassan, à Bandol, arrive plus tard, comme une évidence, avec ses sols uniques. La recherche de terroirs complètement différents a toujours guidé le développement de l’entreprise autant que la croissance familiale.

Vous êtes encore actionnaire des domaines alors que le groupe Roederer est entré majoritairement au capital en 2004. Vous tenez à ce détail ?
Je suis le dernier Gaulois qui s’accroche à sa branche. Et oui, j’y tiens vraiment. Ça a du sens d’être encore un peu chez soi. Et c’est très motivant.

Parlons du tournant climatique. La canicule de 2003 vous a bousculé à quel point ?
Profondément. Les méthodes culturales des années 1980-1990 ne fonctionnaient plus. Quand j’étais petit, nous commencions les vendanges vers le 15 septembre. L’année dernière, nous avons vendangé le 13 août. En quarante ans, nous avons perdu un mois. Avant, nous effeuillions côté soleil levant pour mettre les grappes à la lumière, favoriser la maturité, éviter l’humidité. Nous avons complètement arrêté. L’objectif aujourd’hui, c’est de garder les baies à l’ombre et au frais. Les méthodes de taille ont évolué pour faciliter les flux de sève. Ce qui m’inquiète vraiment, c’est moins la sécheresse que les pics de chaleur. À certains moments du printemps ou de l’été, la vigne s’arrête tout simplement de fonctionner.

Et concernant les cépages, vous avez dû prendre des décisions ?
Radicales, oui. En 2003, l’assemblage du blanc du Clos Mireille intégrait 50 % d’ugni blanc. Sauf que ce cépage ne supportait plus le réchauffement, il manquait de fraîcheur, s’oxydait vite. Du jour au lendemain, nous avons tout changé. Les ugnis blancs ont été remplacés par du rolle, un cépage plutôt corse et italien, donc naturellement adapté à des conditions plus méridionales. C’était une décision extrême, mais elle était nécessaire. Et nous ne sommes pas à l’abri de devoir recommencer.

C’est pour cette raison que vous faites des expérimentations ?
Exactement, depuis cinq ans. À raison de deux mille pieds par an, deux cépages différents. C’est peu, je le sais bien. Mais l’idée, c’est d’acquérir de l’expérience sur nos terroirs avant d’en avoir besoin. Le grenache aujourd’hui, nous arrivons à le gérer entre 13 et 14 degrés. Mais si le climat continue ainsi, pourrai-je encore le tenir à ce niveau dans dix ans ? Si demain nous obtenons des grenaches à 16 degrés, nos rosés vont manquer de fraîcheur. J’aime autant avoir un peu d’expérience avec d’autres cépages avant que la question ne devienne urgente. Ce n’est pas un projet pour moi, c’est un projet pour mes successeurs. Ces choses-là prennent vingt ans.

Et pendant ce temps, la cuvée Étoile a constitué une montée en gamme.
L’idée est venue lors de nos assemblages annuels. Nous vinifions séparément les trois domaines et en fin de dégustation, avec l’équipe, nous avions l’habitude de mélanger un peu de l’un avec un peu de l’autre. Juste pour voir. Nous nous étions toujours interdit d’en faire une cuvée. Mais en 2019, nous nous sommes posé la question. Et si nous prenions le meilleur de chaque domaine pour faire une cuvée à part entière ? C’est ainsi qu’est née Étoile. Et comme nous avons le sens du timing, nous l’avons lancée pendant le Covid, en envoyant des échantillons et en faisant des visios. Époque étrange, rétrospectivement. La cuvée a tout de suite très bien marché, les gens étaient réceptifs, ils avaient envie. Cela représente très peu de bouteilles, destinées essentiellement à la restauration étoilée. L’ambition est de montrer que le rosé peut être un grand vin de gastronomie.

Vous avez l’air de vous battre inlassablement pour cela.
Oui, et j’assume. La Provence a construit une vraie identité autour du rosé et c’est bien. Mais cette spécificité a parfois enfermé la région dans une image de vin simple, de vin d’été. Je crois qu’aujourd’hui le marché est en train de réguler les choses : la qualité n’est plus une option, elle est une exigence. Et cela vaut pour toute la Provence, pas seulement pour nous. Les blancs et les rouges progressent aussi, Bandol en tête pour ces derniers. Ce mouvement-là est bien réel.

Comment vous voyez-vous dans les années à venir ?
Je veux continuer à progresser en qualité, m’adapter, innover. Et peut-être trouver d’autres terroirs encore différents. Pas pour acheter un vignoble, mais si quelque chose de spécifique se présente, pourquoi ne pas rajouter une corde à notre arc ? Toujours dans l’esprit de ce que nous faisons depuis quatre générations, du rosé, sur des terroirs qui lui correspondent vraiment. Et puis j’aimerais aussi recevoir davantage de gens aux domaines. Les introduire à ce métier qui me passionne, leur faire vivre les vendanges à la fin de l’été ou le bourgeonnage au printemps. Vu de loin, c’est un métier dur. Vécu, il a une vraie noblesse. J’aimerais que plus de gens le ressentent.​​​​​​​​​​​​​​​​


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