Accueil Blog Page 2

Le nouveau baromètre Idealwine confirme la solidité du marché des enchères

Cyrille Jomand, président d'iDealwine. (Photo Studio Morfaux)

Les ventes aux enchères de vin se portent bien. Pour preuve cette bouteille de Romanée-Conti 1945 qui s’est échangée le 26 mars dernier pour 812 500 $. Un record pour ce flacon qui était déjà passé sous les feux des enchères en 2018 et acquis à l’époque pour 558 000 $. « Ce vin a été acheté par un réel passionné, un grand collectionneur qui possède déjà un autre exemplaire de cette cuvée mythique dans le même millésime. Il envisage même de l’ouvrir pour la déguster », explique Angélique de Lencquesaing, directrice générale et fondatrice d’Idealwine, le premier site d’enchères de vin en ligne. Une vente qui symbolise à merveille la bonne santé de ce marché, qui a continué à croître en 2025 en dépit de l’environnement économique. « Il s’agit même d’une année record pour Idealwine, s’en félicite la directrice générale. Nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 42,4 millions d’euros et vendu l’équivalent de 310 000 bouteilles, ce qui représente une hausse de 19 % en volume, et de 9 % en valeur ». Pour autant, la maison d’enchères constate un léger assagissement des cotes. Le prix moyen du flacon s’élève à 137 € (-8 % par rapport à 2024). « Même les vins de Bourgogne connaissent un repli notable de 15 %, hormis les flacons d’exception, 4 flacons ayant même dépassé le seuil des 10 000 € », poursuit Angélique de Lencquesaing. Si la France reste le premier marché de la maison de vente, les enchères sont portées par la clientèle internationale, qui totalise 64 % des adjudications. « Nous avons constaté un retour des acheteurs professionnels en Asie », se félicite ainsi la directrice générale qui y voit un signal très positif pour une zone qui semblait s’être un peu éloignée du marché des grands vins.

Le trio Bordeaux-Bourgogne-Rhône, même s’il totalise encore 72 % des ventes, laisse désormais un peu plus de place aux vins des autres régions (ce trio représentait 82 % des ventes il y a 10 ans), avec un intérêt croissant des amateurs pour la Champagne, le Jura, la Loire et dans une moindre mesure le Beaujolais, l’Alsace, le Sud-Ouest ou encore la Corse. Les vins étrangers se maintiennent pour leur part à un bon niveau (20 000 flacons vendus, dont une majorité de vins italiens).

Bordeaux est toujours la première région en volume (105 000 bouteilles), avec majoritairement des vins ayant au moins 10 ans. Mais la Bourgogne est la première région en valeur (41,3 %). Sans surprise, le domaine de la Romanée-Conti est le plus valorisé aux enchères, représentant 1,9 million d’euros de vins adjugés. « La bouteille la plus chère reste toutefois le Musigny grand cru 2006 du domaine Leroy, vendu 25 416 euros », constate Angélique de Lencquesaing.

Les vins rouges dominent toujours les enchères, atteignant 72 % des volumes adjugés, les blancs secs se stabilisant à 20 %. De leur côté, les vins en bio ou biodynamie attirent toujours plus les amateurs, avec 30 % des volumes (+2 points) et 36 % en valeur (+1 point), de même que les vins nature (8,5 % en volume, +1,3 point et 8,9 % en valeur, +1,3 % en point). « Cet engouement pour ces vins est surtout le fait d’une clientèle plus jeune, avide de nouveautés », conclut la fondatrice de la maison d’enchères.

La nouvelle expression d’Hendrick’s

Hendrick’s enrichit son univers avec le lancement d’Another Hendrick’s, une nouvelle expression qui mise sur la subtilité aromatique et l’exploration sensorielle. Fidèle à l’esprit créatif de Leslie Gracie, sa distillatrice, cette cuvée s’inscrit dans la continuité des expérimentations menées ces dernières années, tout en marquant une rupture avec les éditions plus démonstratives.

Contrairement aux précédentes créations issues de son « Cabinet de Curiosités », souvent caractérisées par des profils aromatiques puissants et évocateurs de voyages, Another Hendrick’s privilégie l’équilibre et la finesse. La base iconique du gin – rose et concombre – est enrichie de notes délicates de fleur d’oranger et de cacao, dosées avec précision pour éviter toute lourdeur. L’objectif n’est pas de tendre vers un registre pâtissier, mais d’apporter texture et complexité, avec une sensation en bouche plus enveloppante.

Pensé comme un gin de mixologie, ce lancement ouvre de nouvelles perspectives. Sa rondeur et sa légère onctuosité s’intègrent bien dans des cocktails lactés ou crémeux, à l’image du Ramos Fizz ou de revisites de classiques comme le Brandy Alexander. Les accords inattendus, comme le gin-tonic au cacao, séduisent déjà. Avec Another Hendrick’s, la marque confirme son ambition : repousser en permanence les frontières du gin.

Another Hendrick’s,
37 euros (70cl), 41.4%

Château Dauzac, viser les étoiles

Photo : Fabrice Leseigneur.

Dauzac doit son nom à un certain Pétrus d’Auzac, seigneur des lieux à la fin du XIIe siècle. C’est dire si la propriété est ancrée depuis longtemps dans le territoire médocain, dont elle constitue littéralement la porte d’entrée vers la succession de grands vignobles entre estuaire et forêt. À moins de vingt kilomètres de l’agglomération bordelaise, le cru peut s’appuyer sur les fondamentaux qui font les grands noms de la presqu’île. Le premier pilier de l’excellence est la proximité avec la Gironde. Le château se situe à 350 mètres à vol d’oiseau du fleuve et même si l’estuaire est ici bien moins large qu’à Pauillac ou Saint-Estèphe, le cru bénéficie grandement de la régularité thermique qu’apporte la masse d’eau, essentielle dans une époque de bouleversement climatique. Les sol et sous-sol forment bien sûr le deuxième atout qualitatif. L’écosystème de Dauzac est vaste, plus de cent-vingt hectares entre terre et fleuve, bois, vignes et prairies, sols de « palus » alluvionnaires et croupe de graves profondes sur le socle argilo-calcaire sur lequel repose l’ensemble médocain. La vigne occupe ce seul terroir de graves, quarante-neuf hectares d’un seul tenant, simplement distingués administrativement entre quarante-cinq hectares d’appellation margaux et quatre de haut-médoc. Comme toujours, la troisième force réside dans le travail et la volonté humaine. Longtemps propriété de grandes familles des Chartrons, Dauzac fut acquis dans les années 1980 par la Maif, inaugurant par là-même le grand mouvement d’acquisitions de grands crus par ceux que l’on nomme les « investisseurs institutionnels ». Gérée au cordeau par le regretté André Lurton et ses équipes (La Louvière, Couhins Lurton, Rochemorin, Bonnet, etc.), la propriété ne déméritait pas sans pour autant faire d’étincelles, au cœur d’années 1990 et 2000 pourtant marquées par une très forte émulation œnologique. Dans le vin comme ailleurs, qui n’avance pas recule. Lorsque Laurent Fortin, passé par de nombreuses expériences à l’international, est nommé directeur, le challenge est clair. Dauzac doit retrouver son lustre, mais peut-être plus encore son identité propre, faite d’un caractère stylistique affirmé et capable aussi de renouer avec une véritable capacité d’innovation. Avec un dynamisme louable, Laurent Fortin va s’y employer dès son arrivée. Dans le chai gravitaire bâti en 2004, il installe des cuves de fermentation en chêne qui vont affiner le vin, avec également l’introduction de culture de levures indigènes, et permettre une extraction plus délicate des tannins. L’innovation demeure essentielle dans un cru où fut mis au point plus d’un siècle plus tôt la « bouillie bordelaise » (pulvérisation du vignoble au sulfate de cuivre, toujours utilisée dans les process bio pour protéger contre les attaques de mildiou) ; aussi, Laurent Fortin et son équipe choisissent de replanter un demi hectare de vignes de cabernet sauvignon issues de sélection massale en franc de pied, c’est-à-dire sans porte-greffe comme c’est la règle depuis un siècle pour protéger le vignoble des attaques du phylloxéra. Dès le premier millésime, 2021, cette cuvée parcellaire rare offre un profil saisissant de pureté, d’éclat aromatique et de sapidité. La dernière étape de cette transformation survient en 2020, lorsque le cru change de mains en étant acquis par Christian Roulleau et sa famille. Ce dernier, autodidacte, créateur et détenteur du groupe Samsic, poids lourd mondial des métiers de service et des ressources humaines, est un entrepreneur hors pair : l’acquisition du cru, complétée par celle deux ans plus tard du mythique domaine de La Bégude à Bandol, témoigne d’une volonté forte d’apporter sa pierre et son dynamisme entrepreneurial à une civilisation du vin qui s’est toujours nourrie de la créativité des hommes.

Château Dauzac 2013
Caractère pointu du tannin, marqué par une touche de poivron mûr, avec une trame à la fois vive et souple. On perçoit une inflexion stylistique par rapport aux dauzac des années 2000, avec moins de raideur, même si l’ensemble conserve une vivacité affirmée autour d’une maturité mesurée.
89/100

Château Dauzac 2014
Boisé encore légèrement démonstratif, mais le fruit répond présent, porté par une maturité plus affirmée. L’évolution secondaire et tertiaire est aujourd’hui bien en place. Le tannin reste frais, la vivacité soutient l’ensemble, et l’on retient surtout le plaisir : une bouche digeste, élancée, très agréable à ce stade.
92/100

Château Dauzac 2015
L’élevage gagne en élégance et le fruit se montre mûr. L’attaque est savoureuse, portée par une chair qui a pris de la consistance et séduit par sa texture soyeuse. La fraîcheur demeure bien présente, soutenant un ensemble élancé et persistant. Le vin se présente aujourd’hui en pleine forme, avec une expression particulièrement harmonieuse.
95/100

Château Dauzac 2016
De la droiture et de la structure, mais aussi, à ce stade, une certaine rigidité. C’est un millésime de garde, qui se fera avec le temps, mais demande encore à s’assagir. Les notes de fruits rouges se montrent très fraîches et présentes, tandis que le tannin mériterait un supplément de maturité. Un vin ambitieux, encore sur la réserve.
94/100

Château Dauzac 2017
Un dauzac de millésime intermédiaire : de la souplesse, un fruit rouge expressif, un tannin encore légèrement anguleux, mais l’ensemble conserve de l’allant, de la vivacité et de la fraîcheur. Il manque toutefois un peu de profondeur pour convaincre pleinement.
92/100

Château Dauzac 2018
Un fruit mûr, ample et expressif, porté par un bouquet séducteur, épanoui et nuancé, entre notes florales et touche poivrée. La bouche offre une alliance remarquable de richesse et de fraîcheur. Le tannin, mûr et bien dessiné, soutient une chair ample et satinée. L’équilibre se distingue par une fraîcheur persistante qui vient tempérer la générosité de la matière. Un millésime de référence.
96/100

Château Dauzac 2019
Belle maturité du fruit, au service d’un ensemble harmonieux et coulant. Le tannin fondant accompagne une chair tendre et savoureuse, tandis que l’allonge se montre brillante. L’équilibre, porté par un charme velouté, impressionne. Superbe.
96/100

Château Dauzac 2020
Grand bouquet, à dominante florale et fruitée, soutenu par un élevage parfaitement intégré : une expression margalaise accomplie. La bouche se déploie avec légèreté et allonge, à la fois subtile, fraîche et pleine. La progression qualitative de la texture est évidente, soyeuse et raffinée, portée par un grain de tannin parfaitement mûr. Une vraie distinction, où fraîcheur et plénitude s’accordent avec naturel.
97/100

Château Dauzac 2021
La maturité est acquise, mais le vin reste sur la ligne. Les notes de poivron mûr se révèlent à nouveau, associées à un fruit rouge évoquant la groseille. La bouche séduit par sa fluidité, sans lourdeur, et s’illumine de nuances florales et fraîches. Un vin déjà très agréable à boire.
92/100

Château Dauzac 2022
Un fruit élégant et mûr, une saveur épanouie, de l’allonge et un bel équilibre : un Dauzac assez sage et apaisé, mais très complet et harmonieux. Il réunit toutes les qualités du cru, anciennes (fraîcheur, équilibre) et nouvelles, précision du fruit et du tannin, charme de la chair.
96/100

Château Dauzac 2023
Un fruit presque framboisé, étonnant en attaque, soutenu par un tannin assez vif, avec de la profondeur et du nerf. Moins formellement abouti que le millésime 2022, moins généreux que le trio 2018, 2019 et 2020, il reste cependant expressif et savoureux. À attendre encore.
94/100

Château Le Boscq, un vin né du fleuve

Deux millésimes, un terroir d’exception, une vision claire. Pénélope Godefroy, directrice générale de la maison Dourthe, est l’invitée de ce nouvel épisode de Classe de maître. Cap sur le château Le Boscq à Saint-Estèphe aux côtés de Louis-Victor Charvet.

En partenariat avec la maison Dourthe

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.