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Colombo joue aux cow-boys et aux Indiens

Le domaine Jean-Luc Colombo vient de fêter ses Automnales (les 7e) doublé de son trentième anniversaire. Des sommeliers américains étaient de la party pour défier leurs confrères français dans un concours qui a vu triompher…

Les Indiens de Cornas, ce sont les Colombo. Jean-Luc, le grand chef, a créé le domaine car il ne voulait pas se contenter de son travail d’œnologue-conseil dans le Rhône. Au départ avec une seule parcelle, celle emblématique des Ruchets, des vieilles vignes de syrah plantées sur le coteau granitique de Cornas. Un grand chef ne serait rien sans une grande squaw et c’est avec son épouse Anne qu’il s’est lancé dans l’aventure du labo en 1984 puis du domaine en 1987. Ils ont été rejoints par leur fille Laure en 2010. Pour les trente ans du domaine, ils ont organisé trois jours de grand pow-wow. Vendredi et samedi, tout le monde était le bienvenu sous le gigantesque tipi installé devant la nouvelle cuverie inaugurée juste avant les vendanges. Dimanche était réservé aux professionnels avec une épreuve de connaissance et de dégustation pour vingt jeunes sommeliers et un dîner de gala.

« Yankees come home »
L’idée originale des Colombo est d’avoir invité de vrais cow-boys « made in USA » à cette journée de festivité. Le marché américain a toujours représenté un débouché important pour les vins Colombo. La famille a un partenariat de longue date avec son distributeur américain Palm Bay. Elle a donc fait venir l’équipe de son importateur, charge à eux de prendre dans leurs bagages quelques-unes des plus fines gâchettes de la jeune sommellerie américaine. Ils étaient neuf à avoir traversé l’Atlantique pour faire la fête, découvrir les vignes de Cornas et s’opposer amicalement à leurs pairs français pour le Trophée Colombo du Goût. Le samedi soir une fête sympathique avait lieu dans la nouvelle cuverie dans laquelle avait été dressé un gigantesque drapeau américain. Une fanfare des Beaux-Arts mettait le feu sur la piste tandis que des chefs renommés mettaient les cochons sur les braises. Mais il fallait être frais le lendemain matin, notamment pour aller voir la mythique parcelle du Vallon de l’Aigle, soit quelques terrasses noyées dans la forêt, en haut de coteau. L’occasion de sortir le cheval pour montrer le travail de labour, pas évident compte-tenu de la toponymie du lieu, et de goûter le 2015 de ce vin confidentiel. Un travail remarquable de vinification car la cuvée du Vallon de l’Aigle est d’une délicatesse infinie, même sur un millésime chaud. Michel Bettane, qui faisait partie du jury du Trophée, parle de « La Mouline de Cornas » (pour faire écho à la fameuse cuvée de Guigal en côte-rôtie).

L’après-midi venu, nos joyeux yankees et leurs collègues français ont planché sur trois épreuves : un questionnaire, une dégustation à l’aveugle et un test où il fallait deviner le millésime de neuf vins de trois domaines mythiques. Le domaine Colombo a évidemment fait déguster ses Ruchets, tandis que Paul Hobbs, représenté par sa fille Agustina, proposait la cuvée de pinot noir portant son nom et que le PDG d’Opus One, David Pearson, présentait trois millésimes du fameux blend californien fondé par Philippe de Rothschild et Robert Mondavi. Il a rappelé le concept d’Opus One qui, dans sa conception initiale, se voulait être la parfaite synthèse du meilleur de Bordeaux et du meilleur de la Californie. N’importe qui, après l’avoir écouté, était convaincu qu’Opus One est un grand vin, ce qu’il est, et que David Pearson est un grand professionnel.

Erik Segelbaum versus Mehdi Benhamida
Suite à ces épreuves, le meilleur sommelier de chaque nation a été désigné pour la finale devant des amis vignerons comme Jean-Jacques Dubourdieu ou Philippe Guigal. Erik Segelbaum, qui dirige le département vin des restaurants du groupe Starr à Philadelphie, a affronté Mehdi Benhamida qui travaille à la Villa Florentine à Lyon. Dans un premier temps, ils ont décanté un vin de manière spectaculaire avec un choix de plusieurs carafes Riedel. Segelbaum, avec son sens du look, a fait preuve d’un sens du show très américain. Il a joué avec les différentes carafes pour finir par… servir son collègue, qui avait déjà terminé. La deuxième épreuve était un choix d’accord mets-vins sur une recette de la bostonienne Barbara Lynch : un suprême de volaille de Bresse en croûte de pain, petits légumes et truffe noire. Il fallait choisir entre les cornas Terres Brûlées 2014 ou Ruchets 2007, ou un Saint-Péray 2016, La Belle de Mai. Segelbaum a dégainé le premier avec Les Ruchets, qu’il adore. Benhaminda a préféré la jeunesse de Terres Brûlées. Paolo Basso, meilleur sommelier du monde, a expliqué qu’il fallait choisir le vin rouge le plus simple sur un plat complexe, donc Terres Brûlées. Mais la chef française Dominique Crenn, installée à San Francisco depuis trente ans, s’en est mêlée en disant qu’avec un tel plat le blanc s’imposait. La vérité était surtout que les saveurs très variées du plat rendaient l’accord compliqué.

And the winner is
…Erik Segelbaum ! Sa prestance et sa façon très cool d’affirmer ses choix en faisait un excellent lauréat, même si son concurrent, qui a du s’exprimer en anglais, n’a pas démérité. On ne serait pas surpris d’entendre parler à l’avenir du jeune Segelbaum qui ferait aimer le vin à l’Américain le plus puritain. Au final, tout le monde a surtout passé un excellent moment pendant ces festivités très intelligemment organisées. Car s’il s’agit avant tout d’un événement festif, c’est aussi un excellent outil de communication. On parie que les neuf sommeliers américains garderont un excellent souvenir de leur passage à Cornas, et qu’ils serviront avec plaisir les vins du domaine Colombo. Et on se dit que si tous les domaines français faisaient un travail de communication et de réception aussi abouti avec leurs ambassadeurs étrangers, le vignoble français aurait moins de souci à se faire pour ses parts de marché.

Légende photo : Erik Segelbaum au milieu de la fête. (photo Bethany Burke)

Par Gilles Durand-Daguin

Michel Chapoutier et Inter Rhône, l’histoire continue

Arrivé au terme d’un premier mandat de trois ans, le négociant et propriétaire de vignobles Michel Chapoutier (photo) a été réélu vendredi dernier à la présidence de l’interprofession des vins d’AOC côtes-du-rhône (régional, villages ou crus) et d’AOC costières-de-nîmes, luberon, ventoux, grignan-les-adhémar, côtes du-vivarais, muscat de Beaumes-de-Venise et rasteau VDN. 

A la tête d’Inter-Rhône jusqu’en 2020, avec à ses côtés deux vice-présidents, Etienne Maffre, président de l’Union des maisons de vins du Rhône, pour la famille négoce et Philippe Pellaton, président du syndicat des côtes-du-rhône, pour la famille production, Michel Chapoutier entend d’abord poursuivre « la stratégie de valorisation globale des AOC rhodaniennes » qui reste selon lui à consolider. C’est avec ce fil rouge qu’il a déroulé devant l’assemblée générale élective un programme en cinq axes. Le premier consiste à placer l’économie, l’observation, la prospective comme pilier essentiel et à éclairer par davantage de données la réflexion sur les enjeux de la filière : « Nous devons nous doter d’outils et de données plus complets pour mieux analyser et surtout mieux anticiper les perspectives économiques. »

Le deuxième axe de son programme réaffirme, dans un contexte général de baisse structurelle de la consommation nationale, la place prioritaire de l’export. Selon son président, c’est là que se joue l’avenir de la filière rhodanienne : « Tout doit être mis en oeuvre pour valoriser nos vins à l’exportation et offrir la meilleure compétitivité possible à nos entreprises pour conquérir les marchés. » Ceci va de pair avec le troisième sujet abordé par Michel Chapoutier, l’émergence des vignobles de la vallée du Rhône en tant qu’importante région productrice de vin blanc à l’heure où la croissance mondiale s’opère principalement sur les vins blancs : « Je suis profondément convaincu qu’une partie de notre futur passera par les vins blancs car nous avons les terroirs calcaires pour cela. »

Le quatrième axe du programme qui nourrira ce mandat de trois ans concerne une nouvelle dynamique en matière de recherche et développement afin de répondre aux enjeux nouveaux : agro-écologie, enjeux sociétaux et environnementaux, changement climatique, etc. Enfin, Michel Chapoutier souhaite œuvrer à la montée en compétence de la région sur les métiers de la vigne et du vin, les évènements récents ayant à nouveau démontré l’urgence qu’il y a à enclencher collectivement une nouvelle dynamique de production, « à réapprendre à produire ou à produire différemment, avec un vignoble performant et sans doute rajeuni. » Son souhait est de rassembler autour de ce chantier toutes les forces vives de la région qui souhaitent faire en sorte que des formations solides soient dispensées.

Vin et fromage, les bons accords


Lundi soir, la session de dégustation organisée par le caviste parisien Legrand Filles et Fils dans le cadre de son “école du vin” fera une place d’honneur à un acteur essentiel de la gastronomie française, le fromage : « Accordé subtilement avec le vin, il procure des émotions extraordinaires. » Pour bousculer les idées reçues et éviter les pièges qui entourent cet accord majeur, Bruce Auxéméry livrera un cours de deux heures autour de cinq vins : Domaine Vacheron, sancerre blanc 2015 (Chèvre cendré) ; Domaine Robert Denogent, saint-véran « Les Pommards » 2011 (Croûte fleurie) ; Domaine Tollot Beaut, savigny-lavières 1er cru 2012 (Croûte lavée brossée et Croûte lavée) ; Château La Fleur, saint-émilion grand cru 2011 (Pâte pressée cuite long affinage) ; Château Coutet, Sauternes-Barsac, barsac 2005 (Pâte persillée).

Tarif : 80 euros, détails et inscription ici.

Après le vin, Cdiscount se lance dans la bière

Numéro 1 de la distribution de vins sur internet, le site de e-commerce du groupe Casino vient de lancer sa cave à bières*. Le choix est pléthorique, mixant produits de grands opérateurs et de microbrasseries. Aux côtés des grands classiques français et belges, mousses artisanales, bio, exotiques, sont à portée de clic. Trois questions à Pierre-Louis Bodin, acheteur vin & bière chez Cdiscount.

Quelle est la spécificité de la nouvelle offre bières de Cdiscount ?
Nous proposons plus de mille références sélectionnées dans 35 pays, soit le plus important assortiment permanent en ligne, tout au long de l’année et stocké. L’objectif est de combler tous les besoins de nos clients, tout en les invitant à la découverte. La moitié de l’assortiment provient de France et de Belgique, l’autre moitié du monde entier, Autriche, Brésil, Islande, Inde, Japon, Sri Lanka, Jamaïque, Liban. L’offre se veut pointue, mais aussi accessible. Les premières bières commencent à moins de deux euros l’unité comme la cuvée des trolls blonde à 1,94 euro les 25 cl, et même 1,80 euro par six.

L’amateur de bières de dégustation peut-il trouver son bonheur ?
Les initiés pourront dénicher des pépites parmi plus de 260 références de bières belges dont les classiques Duvel, St-Feuillien, Westmalle, etc. La sélection fait la part belle aux microbrasseries avec près de 150 références françaises et étrangères, du Mexique, d’Irlande, d’Allemagne, etc. Sans oublier les bières bio, une quarantaine à découvrir dont celles de la brasserie de Velelay ou les bières Melusine. Les bières tendances et fun sont aussi au rendez-vous comme celles de la Kekette, bières artisanales normandes brassées en Belgique, ou encore de la Levrette (Cherry, Bio, Grand Cru, de type artisanale). Parmi les raretés, hors norme, la Snake Venom, ambrée écossaise de Brewmeister, détient le titre de bière la plus forte du monde avec ses 67,5°.

Quels sont les délais de livraison ?
Dans leur emballage dédié, garanti zéro casse, les bières sont livrées le lendemain de la commande**, toute l’année et gratuitement***. Nous misons sur une qualité de service mais aussi un stockage exemplaire, dans les entrepôts Dartess, spécialiste de la logistique et du conditionnement des vins et spiritueux.

Propos recueillis par Pascale Cassagnes

* www.cdiscount.com/vin-champagne/bieres/v-12998-12998.html
** Pour une commande passée avant 14 h.
*** Dès la souscription de l’abonnement livraison à 19€/an.

La bière fait sa révolution

Les marques et les styles se multiplient, les brasseries fleurissent, la passion houblonnée se décline sur tous les tons, festivals, guides, caves, ateliers d’initiation à la dégustation, au brassage, aux accords gourmands. Jamais la bière n’a autant séduit, captivé, passionné. Plongée dans un monde en pleine effervescence.

La nouvelle boisson tendance
Avec plus de 1 000 brasseries réparties dans l’Hexagone et près de 3 000 marques différentes, la bière est la nouvelle boisson star. Alors que depuis 1987, le marché français de la bière reculait en moyenne de 1 % par an, le secteur a renoué avec la croissance depuis deux ans : + 2,8 % en 2014 et + 3,1 % en 2015. Les Français, avec une moyenne de trente litres par an et par habitant, restent néanmoins les plus petits buveurs de bière d’Europe. Mais le rang des amateurs grossit (76 %, en hausse de 4 points par rapport à l’année dernière*), se féminise (20-25 %, un chiffre qui tend à augmenter) et devient plus exigeant. Derrière les pintes que nous buvons dominent trois groupes qui se partagent plus de 70 % du marché : Carlsberg (Kronenbourg,1664, Grimbergen), Heineken (Pelforth, Affligem, Desperados), AB InBev (Hoegaarden, Leffe). A côté de ces géants et de quelques autres grands (Meteor, Saint-Omer, Licorne), les brasseurs artisanaux montent en puissance. Leur nombre a doublé en cinq ans, passant la barre du millier. Chacun de ces acteurs, à leur manière, participe et accompagne ce qui ressemble à une révolution. La mutation profonde des modes de consommation, résumée par le “boire moins, mais mieux”, conjuguée à la prodigieuse créativité des microbrasseurs ont fait progresser la qualité et l’image de la bière. La preuve, en grande distribution (70 % des ventes), les offres les plus pointues et valorisées ont bondi et les bières spéciales (blanches, d’abbaye, aromatisées, locales, de saison, etc.) totalisent plus des deux tiers des volumes. Pour répondre à cette nouvelle soif de découverte et de dégustation, les enseignes développent les caves à bières où règnent les petites marques, brassins locaux ou étrangers vendus à l’unité. Elles lancent même leurs foires aux bières, à l’instar de Monoprix avec son opération “The place to beer”. Même les cavistes en vins commencent à ouvrir leur rayon de bières régionales.

Effervescence créative
Ce vent de fraîcheur a été apporté en grande partie par les microbrasseries (craft breweries), un phénomène venu d’outre-Atlantique qui fait de plus en plus d’adeptes. Face au mouvement, les grands groupes ont réagi très vite, innovant dans plusieurs directions pour “combler” toutes les attentes. D’un côté, ils misent sur la douceur, le fruit et même les bières peu ou pas alcoolisées. De l’autre, ils jouent la carte de la craft beer. AB InBev a ainsi racheté depuis 2011 une dizaine de brasseries artisanales. La société Kronenbourg a noué un accord de distribution avec la bière corse Pietra et avec la brasserie new-yorkaise Brooklyn. Heineken a relancé en 2016 la Mort subite, une « lambic » flamande de fermentation spontanée, et vient de s’offrir la californienne Lagunitas Brewing Company, taillée pour les amateurs d’IPA (India Pale Ale). C’est ce type de bière très houblonné qui incarne le mieux la révolution en cours. Quasi introuvable il y a cinq ans, l’IPA est aujourd’hui partout dans les bars et caves à bière. Paradoxalement, « la découverte de ce goût atypique, inconnu en France, caractérisé par une amertume prononcée liée aux arômes, de fruits exotiques, d’agrumes, de fruits rouges, a ouvert à la bière des personnes qui croyaient ne pas aimer la bière », explique la biérologue Elisabeth Pierre**. « C’est le style le plus repris sur la planète actuellement », assure-t-elle. Et si les grands du secteur se lancent à leur tour dans l’élaboration de cette bière réservée aux palais avertis, les microbrasseries continuent de se distinguer en inventant de nouveaux styles ou en réinterprétant d’anciennes recettes. Aujourd’hui, la bière acide (sour beer) a le vent en poupe, inspirée de l’allemande Berliner Weisser que les soldats de Napoléon Ier surnommaient “le champagne du Nord”. Les spécialités vieillies en fûts de chêne gagnent aussi du terrain. Si on l’aime aussi toujours pour la soif, la bière s’affirme de plus en plus comme un produit de dégustation plein de surprise et de subtilités. Au même titre qu’un vin ou un spiritueux.

*L’observatoire C10-Ifop13 juin 2017
**Auteure du Guide Hachette des bières

Des lettres de noblesse officielles
Après le vin, la bière peut aussi revendiquer ses lettres de noblesse officielles. En effet, la boisson millénaire, issue comme les cidres, les poirés et les spiritueux “des traditions locales”, est depuis trois ans inscrite au patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France (par un vote du Sénat le 18 juillet 2014).

Repères
2,2 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de la brasserie française
1 050 brasseries réparties sur le territoire français
3 000 marques de bière produites en France
12 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de la filière brassicole française de l’épi au demi
64 000 emplois générés par l’industrie brassicole française.
1er pays exportateur de malt.
2e pays exportateur d’orge de brasserie.
3e pays de l’union européenne en nombre de sites de production.
8e pays producteur de bières en Europe, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Hollande.
26e pays consommateur de bière en Europe
30 litres consommés par an par habitant vs. 144 litres pour les Tchèques (le record), 107 pour les Allemands, 104 pour les Autrichiens, 81 pour les Irlandais, 72 pour les Belges, 68 pour les Britanniques et 47 pour les Espagnols.
70 % de la bière consommée en France est également produite dans l’Hexagone.
Sources : Brasseurs de France

Doux week-end en perspective

Après les Graves en octobre et avant Pessac-Léognan en décembre, les propositions de belles balades automnales dans le vignoble bordelais émaneront ce week-end des appellations sauternes et barsac où une cinquantaine de propriétés, dont une dizaine de crus classés, ouvriront leurs portes (samedi et dimanche de 10 h à 18 h). « Les vignerons ont plaisir de voir revenir les visiteurs après les longues semaines de vendanges qui les ont accaparés et parlent volontiers du millésime qu’ils sont en train d’élaborer. C’est un moment privilégié pour découvrir la diversité des sauternes et barsac et la puissance aromatique sans pareil qui les caractérise. C’est aussi l’occasion de replacer ces vins dans une consommation simple et spontanée, avec des visites qui permettent un contact direct avec les producteurs. » Les différentes animations œnologiques, notamment des sessions gratuites d’initiation à la dégustation, culturelles (expos, concerts), ludiques et gastronomiques qui attendent l’amateur dans les paysages vallonnés du Sauternais sont à découvrir dans le détail ici.

Le boom des brasseries artisanales

En quelques années, plus de mille microbrasseries se sont créées partout en France et pas seulement dans les régions de tradition brassicole. Aujourd’hui, la bière ne doit plus seulement être fraîche, mais artisanale. C’est à la fois une tendance et un juste retour aux sources pour ce “produit du terroir” millénaire.

Les brasseries artisanales sont au cœur du renouveau du marché de la bière. Une tempête de goûts houblonnés dont la graine a germé dans les années 1970, aux Etats-Unis puis au Canada. « En réaction à l’industrialisation de la production, des centaines d’amateurs se sont mis à brasser leur bière, certains allant jusqu’à créer leur petite brasserie. On était alors en plein mouvement « Do it yourself ». Ces pionniers se sont inspirés des modes de fabrication issus du vieux continent, et notamment du style IPA (India Pale Ale), devenu emblématique », explique le biérologue Hervé Marziou. En France, le mouvement s’amorce en 1985, avec la renaissance de la première brasserie régionale, Les Deux Rivières à Morlaix, avant d’exploser dans les années 2000. De cinquante à la fin des années 1990, ces brasseries sont au nombre de mille aujourd’hui*. Elles ont fleuri un peu partout et sous diverses formes : restaurants-brasseries, fermes-brasseries, microbrasseries, brasseries pédagogiques. « Elles sont en phase avec les notions de développement durable, de circuit court, de bio. » Brassage traditionnel, souvent sans pasteurisation avec refermentation en bouteille, ou expérimental, respect du terroir et utilisation des produits locaux sont quelques-uns des principes qui guident cette élaboration artisanale. S’ajoute une grande dose de créativité dans le choix des malts, des houblons, des levures, des parfums (châtaigne, nougat, miel, chanvre, etc.) ou des méthodes de vieillissement. « La notion de terroir fait son apparition », relève Hervé Marziou. « La Ferme Caussenarde en Aveyron produit une des meilleures bières de seigle en France à partir de céréales cultivées sur place, de la terre au verre ; Alain Blondel à Montluçon concocte une bière avec ses mûres de ronce; la micro-brasserie Saint Georges dans le Morbihan développe sa propre houblonnière. Après avoir donné le goût de l’amertume, ces petits producteurs nous ouvrent à la douceur, celle d’une bière à l’hibiscus bretonne par exemple, d’une Smash (pour Single malt and single hop**), et à l’acidité, avec des essais de fermentations spontanées aux levures sauvages. Sans doute en viendra-t-on petit à petit aussi aux appellations. »

Par Pascale Cassagnes

* On a compté 100 nouvelles brasseries en 2015 et entre 100 et 150 en 2016, selon Brasseurs de France.
** Un seul malt et un seul houblon

 

Repères

Quelle est la définition d’une microbrasserie ?
« Il n’existe pas de définition officielle en France. On peut dire que c’est une entreprise de création récente, qui brasse avec son propre outil de production et compte au moins un salarié. Quant à la brasserie dite « artisanale », il s’agit d’une entreprise dirigée par une personne qui a le statut d’artisan, inscrite au registre de la chambre des métiers et de l’artisanat. Ce qui ne qualifie pas du tout la bière, ni sa qualité. Elle compte moins de dix salariés, ce que sont souvent les microbrasseries. Mais toutes les microbrasseries ne sont donc pas artisanales », explique Jacqueline Lariven, directrice de la communication de Brasseurs de France.

Brasserie artisanale ou industrielle ?
En l’absence de définition officielle, les volumes de production servent de repères :
– une microbrasserie produit au maximum 1 000 hectolitres/an ;
– une brasserie artisanale moins de 10 000 hectolitres/an ;
– une brasserie industrielle dépasse les 10 000 et peut produire jusqu’à plus de 6 millions d’hectolitres/an.

Vers un label “bière artisanale” ?
Créé en juin 2016, le syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI) représente les intérêts de plus de 1 000 brasseurs indépendants français et travaille à la définition du métier de brasseur-artisan et à la mise au point d’un label pour garantir le brassage de la bière sur place et son origine géographique.

Pression sur la France
Porté par le vent nouveau du malt et du houblon, les caves et bars à bières ont poussé partout en France comme des champignons en automne. Néophytes et connaisseurs peuvent s’y frotter à de nouvelles saveurs, échanger avec des passionnés, participer à des dégustations guidées par un biérologue, assister à des brassages en live…

 

Quelques adresses phares

A PARIS :
Caves
La Cave à Bulles. 45, rue Quincampoix, 4e. Tél. : 01 40 29 03 69
La Moustache Blanche. 16, rue des Tournelles, 4e. Tél. : 01 75 57 15 06
Bières Cultes. 14, rue des Halles, 1e (09 81 98 93 32) ; 44, rue des Boulangers, 5e (09 51 27 04 84) ; 25, rue Legendre, 17e (01 42 27 03 19) ; 40, rue Damrémont, 18e (01 42 23 49 93).
Chop’In. 45, rue de Gergovie, 14e. Tél. : 01 45 42 93 71

Bars
Le Brewerie (cave à bière et cave à manger). 18, rue du Pot de Fer, 5e. Tél. : 01 43 36 53 92
La Fine Mousse. 4 bis, avenue Jean Aicard, 11e. Tél. : 01 48 06 40 94
L’Express de Lyon. 1, rue de Lyon, 12e. Tél. : 01 43 43 21 32

Bar et microbrasserie
Paname Brewing Company. 41 bis, quai de la Loire, 19e. Tél. : 01 40 36 43 55

Initiation au brassage
La Beer Fabrique. 6-10, rue Guillaume Bertrand, 11e. Tél. : 01 71 27 71 02
Les Houblonneurs. 32, rue Lemercier, 17e. Tél. : 01 76 35 05 69

EN REGION :
Caves
La Voie Maltée. 68, rue Pargaminières, Toulouse. Tél. : 05 62 89 51 83
Malt & Co. 62, rue du Palais Gallien, Bordeaux. Tél. : 05 47 79 41 08
Le Village de La Bière. 22, rue des Frères, Strasbourg. Tél. : 03 88 36 90 04
Cave à bières Chez Alain. Rue Poullain Duparc, Rennes. Tél. : 02 99 50 28 30

Cave et microbrasserie
Les Bières de Célestin. Vieux-Lille, 19, rue Jean-Jacques Rousseau, Lille Tél. : 09 82 22 39 40

Bar et cave
Les Fleurs du Malt. 56, cours Gambetta à Lyon (04 78 58 25 36) et 15 bis, allée Commandant Charcot à Nantes (09 80 68 66 41)

Dossier réalisé par Pascale Cassagnes.

La génération Y et le vin


Quelles relations les 18-30 ans ont avec le vin ? S’y intéressent-ils ? Le connaissent-ils ? Qu’en pensent-ils ? Voilà quelques-unes des questions qui seront abordées le jeudi 16 novembre à 19 heures à la Maison des Métallos (Paris 11e) lors du laboratoire d’idées organisé par Vin & Société (structure qui fédère et représente les 500 000 acteurs de la vigne et du vin en France) en partenariat avec La Revue du vin de France. Continuité d’une réflexion entamée l’automne dernier lors de Vinocamp Paris* autour du thème “La Génération Y sur les routes du vin”, ce lab’ vin a pour projet d’explorer « en toute liberté, d’année en année, les relations et les représentations que les 18-30 ans entretiennent avec le vin. »

Pour cette première édition, Vin & Société s’est associée à l’école de commerce Moda Domani Institute (Groupe ISG), spécialisée dans les mondes du luxe, de la mode et du design. Via le réseau social Instagram, les étudiants de 2e année se sont penchés sur le rapport de la génération Y au vin et ont produit des cahiers de tendances à l’issue d’un workshop d’une semaine auquel ont notamment collaboré Denis Saverot (La Revue du vin de France), Eric Briones (Darkplanneur), Arnaud Daphy (Vinocamp) et Ophélie Neiman (Le Monde). La présentation du travail des lauréats sera étayée par les conclusions de l’étude menée par le Crédoc sur les habitudes de consommation des jeunes Français âgés de 18 à 30 ans, introduites par Thierry Mathé, chargé d’études et de recherches. Cet événement est accessible sur inscription par mail, dans la limite des places disponibles. Plus de renseignements ici.

« Les conclusions de l’étude Crédoc nous enseignent que les jeunes de 18 à 30 ans ont une consommation occasionnelle. Ils boivent moins, moins souvent, et privilégient de nouvelles formes de repas. Cette génération se distingue par sa mesure, ce qui est une bonne chose. Dans le même temps, elle nous montre aussi que malgré son attachement au modèle alimentaire français, elle ne saisit peut-être pas toute la dimension culturelle du vin », explique Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société. Quant au résultat du travail effectué par les étudiants du Moda Domani Institute, elle le qualifie de « tout à fait surprenant» pour les professionnels du vin. « C’est ce que nous examinerons tous ensemble le 16 novembre. Avec le laboratoire d’idées, Vin & Société (…) est résolument engagée dans une réflexion à long terme qui est celle de la transmission d’un patrimoine culturel vivant. »

* Le Vinocamp est un événement saisonnier et itinérant créé en 2010 qui réunit les professionnels du vin et les passionnés (plus de 2 000 fidèles, participants et contributeurs réguliers) pour échanger sur l’impact du digital et des nouvelles technologies sur la filière vin.

Blaye au comptoir, c’est ce soir

Aujourd’hui et demain, la 22e édition du rendez-vous annuel organisé par les vignerons de l’appellation blaye-côtes-de-bordeaux à l’intention des amateurs parisiens se déroulera dans différents restaurants, bars à vins et cavistes de la capitale. S’il fallait une preuve du succès renouvelé de cet événement porté par la présence d’une quarantaine de vignerons proposant de découvrir leurs vins autour d’un verre de dégustation offert, elle réside dans la participation de nouveaux établissements chaque année.

Pour cette session 2017, les bars à vins Ô Château et Ô Comptoir du Sud-Ouest, les cavistes Au Bon Vingt et Au Cellier d’Alésia ou encore les restaurants Louis Caisse et La Bonne Franquette rejoignent les partenaires historiques de “Blaye au comptoir” accueillant chaque année les vignerons de l’AOC.

Emilie Paulhiac, responsable de la communication pour l’appellation précise que l’objectif est bien de proposer une liste variée pour correspondre à des envies et des modes de consommation différents : « Nous allions la tradition, avec des adresses bien connues des Parisiens, et la nouveauté, avec des établissements en vogue. » Cliquez ici pour découvrir l’adresse qui vous va.

Gelée noire et cuvée spéciale


Nous reproduisons ci-dessous l’histoire de la gelée noire venue abîmer la récolte du château de Sériège (Hérault), racontée par les propriétaires de ce domaine languedocien situé à la croisée des appellations saint-chinian et minervois. Un drame viticole qui a donné naissance à une cuvée solidaire que vous pouvez commander dès à présent (voir ci-dessous).

« Et pourtant tout avait très bien commencé ! Un vignoble renouvelé et en pleine santé, de belles grappes en perspective. Une cave avec un nouveau pressoir, quelques barriques pour l’élevage du millésime 2015 et un millésime 2016 plein de promesses. Un château rénové après plus de 130 ans d’abandon qui accueille ses premières réceptions. Et puis, la nature en a décidé autrement. Le 20 avril 2017, au lever du soleil, alors que la vigne venait de laisser paraître les premières grappes en devenir, une gelée noire, d’une ampleur exceptionnelle, est venue recouvrir la quasi totalité du vignoble du château de Sériège, grillant littéralement l’ensemble de la végétation sur plus de 70 hectares.

En quelques heures, les sarments, les feuilles et les grappes se desséchèrent, offrant un paysage irréel digne d’un mois de novembre. Nous avons perdu ce jour-là les trois quarts de notre production annuelle et bien que n’étant pas les seuls, nous avons été les plus touchés du Languedoc en nombre d’hectares d’un seul tenant. L’assurance gel (très onéreuse) n’étant pas souscrite, sur un domaine où la dernière gelée remontait à 1991, c’est à la fois une catastrophe naturelle, mais également économique et financière qui s’abat sur notre entreprise viticole familiale et nous touche de plein fouet. Il nous faudra trois années avant de retrouver un équilibre. Trois années pendant lesquelles, nous devrons continuer à prendre soin de celle qui nous passionne, nous étonne, nous donne tant de joie au quotidien : la vigne.

Aujourd’hui, place aux solutions. La logique financière étant implacable, nous avons besoin de financements pour faire face à cette situation. Pour soutenir le château de Sériège, nous vous proposons d’acheter en primeur une cuvée solidaire issue de la récolte 2017, millésime particulièrement faible en volume, mais finalement exceptionnel par sa concentration. Elle sera pour vous une occasion unique de nous aider, tout en vous faisant plaisir. Nous vous remercions d’avance de votre solidarité, votre soutien et votre fidélité qui nous permettront, tels des cavaliers, de nous remettre le pied à l’étrier, et de continuer ce beau métier de vigneron. »

Cliquez ici pour commander en primeur cette cuvée de rouge issue d’un assemblage des meilleures cuves du domaine et d’une chaîne de solidarité de la filière : barriques Radoux offertes par le négociant Jeff Carrel (Narbonne), étiquettes offertes par l’imprimerie Poly-Imprim (Cognac), prix solidaires pratiqués sur les bouchons par Laurent Vives Œnologie et sur les bouteilles par le distributeur Tout’œno (Narbonne) et enfin élevage en barriques pendant un an financé par un mécène. Baptisée Les Cavaliers 2017, en référence au nom donné aux saints de glace du mois d’avril en Languedoc, cette édition limitée proposée en bouteille, magnum et mathusalem (flacon de six litres, c’est à dire l’équivalent de quatre magnums ou huit bouteilles) sera mise à disposition au château ou à Paris début décembre 2018.