Edito. Petites questions pour les candidats anciens, présents et futurs à la prochaine élection présidentielle : quelle activité humaine se déploie sur les deux tiers des départements français, constitue dans la plupart d’entre eux un employeur majeur du territoire et surtout magnifie depuis des siècles le paysage, en domptant collines et plateaux arides sans en trahir la moindre caractéristique géologique ou topographique ? Qui associe à cette terre devenue harmonieuse des bâtiments intégrés dans les racines architecturales et historiques de la région ou, au contraire, apportant avec créativité une nouvelle vision de celle-ci ? Qui, enfin, fait vivre ces jardins et ces pierres au quotidien, avec un sens des équilibres écologique, technique et humain toujours porté par un idéalisme pragmatique pas si fréquent ailleurs de nos jours ? Vous, lecteurs d’En Magnum, connaissez bien sûr la réponse : c’est la vigne, sa culture et le vin qu’on y produit. Hélas, je ne suis pas sûr que cette connaissance soit partagée par le plus grand nombre et, parmi cette multitude, par les édiles dont je parlais plus haut. La vigne et le vin constituent depuis des millénaires une civilisation des territoires et celle-ci, malgré les menaces et les crises, ne cesse d’être vivante et repensée. C’est précisément l’objet de ce quarante-cinquième numéro : raconter l’extraordinaire saga du plus grand jardin de France, des femmes et des hommes qui l’incarnent, de ses défis et de ses enjeux.
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