Il faut le voir sur Instagram surfant, un plateau à la main, sur lequel sont posés deux verres et une carafe pour le Sunday Wine Funday. Ses vidéos sont à l’avenant, mettant en scène de sublimes bouteilles. Mélange d’élégance et de fantaisie, dandy teinté d’humour, l’homme séduit 663 000 followers. Voici Maximilian Riedel, représentant de la onzième génération d’une famille qui a fait du verre à vin et de la carafe sa spécialité.
Depuis 1756, Riedel a suivi l’évolution des arts de la table et des habitudes de consommation, sans avoir trahi d’un iota sa passion pour la verrerie chic et raffinée. La longue route ne fut pas limpide comme du cristal, comme le raconte Maximilian dans un ouvrage publié pour cet anniversaire, Heart of Glass: Riedel and The Art of Taste, écrit avec Bianca Oeller (éditions teNeues). On retient l’histoire de son grand-père Claus qui, enrôlé par la Wehrmacht à l’âge de 16 ans et prisonnier en Italie, saute du train qui l’emmène en URSS à l’approche d’Innsbruck et retrouve l’usine que possédait la famille. C’est grâce à lui et à cet acte courageux que la lignée continue. Il invente le verre transparent en forme d’œuf inspiré par le Bauhaus (« la forme suit la fonction »). Son fils Georg crée Vinum en 1986 et bouscule le principe alors en vigueur sur les grandes tables : « petit verre pour le vin et grand verre pour l’eau ».
En 2026, Riedel et ses trois usines (une à Kufstein en Autriche, deux en Allemagne) annoncent fièrement mille employés (dont la moitié dans les équipes commerciales), 55 millions de verres produits par an, 250 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé dans 180 pays : l’entreprise 100 % familiale sait allier le succès à ses trois piliers historiques : artisanat, précision et transmission.
Aujourd’hui, qui ne connaît pas Riedel et ses 35 verres dédiés à des cépages ? Un travail en profondeur, effectué avec les vignerons, pour offrir au vin un vrai partenaire de dégustation. « C’est l’ADN du cépage qui détermine la forme du calice », explique Victor Ulrich, directeur général de Riedel France. Pour s’en convaincre, rien de tel que la dégustation. En novembre à Paris, des masterclasses sont proposées pour démontrer l’influence de la forme du verre sur la perception des arômes du vin, sur sa texture et son équilibre.
Le vin, et particulièrement les grands vins, reste au cœur de l’activité de Riedel, avec des verres conçus spécialement pour des maisons comme Krug ou Dom Pérignon. Mais le verrier s’intéresse aussi au saké et aux spiritueux, auxquels il consacre notamment sa collection Riedel Bar Drink Specific Glassware. « La taille du verre est fonction de celle des glaçons, par exemple. » Et les carafes bien sûr, du grand art soufflé bouche, aux formes parfois incroyables.
Cette exigence a un prix. Compter 90 euros pour un verre soufflé à la bouche, catégorie qui représente 1 % des volumes, et 9 ou 10 % de la valeur. Le verre industriel commence à moins de 20 euros. Adapté à nos vins préférés, il met en valeur le vin et se lave au lave-vaisselle, en cycle court. Boire moins, mais mieux, jusque dans le choix du verre !
Masterclass
Riedel Wine Glass Experience
Showroom du Marais, 27 boulevard Jules Ferry, 75011 Paris
Le mardi 17 novembre 2026 à 19h.
Le Grand Tasting de Bettane+Desseauve
Les Salles du Carrousel, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris
Le samedi 28 novembre à 10h45.
