Superbe année, 2017 a été marquée par une internationalisation croissante de la clientèle acheteuse. Dans leur soif de découvertes, les amateurs élargissent l’horizon de leurs recherches à une variété de régions qui ne cesse de s’étendre. La quête de vins toujours plus rares reste l’une des constantes de ce marché.

La croissance des volumes vendus aux enchères s’accélère. Sur la plateforme d’iDealwine, les ventes ont crû de 31,8 % en valeur et de 16,5 % en volume au premier semestre, tendance que la fin d’année flamboyante devrait confirmer sur l’ensemble de l’exercice, avec une clientèle étrangère qui achète le tiers des vins adjugés dans ces ventes. Si Bordeaux a longtemps formé le bataillon principal des vins vendus aux enchères, plus aucune région n’est écartée désormais du spectre des ventes. Représentant plus d’un tiers des ventes (37%) le vignoble bordelais est talonné aujourd’hui par la Bourgogne qui comptabilise, en valeur, 31 % des ventes. Vient ensuite le Rhône avec 13 % des vins adjugés. L’ouverture à l’ensemble des grandes régions viticoles s’accélère. Au premier rang de cette “diversification”, on trouve des vins venus de Loire (5 %) et de Champagne (3 %).

Les grands classiques entraînent le marché
Les grands classiques ont encore de beaux jours devant eux. Un mouton-rothschild 2000 a franchi le seuil des 1 500 euros la bouteille, un magnum de château-latour 2010 a atteint 2 160 euros cet été et petrus 2012 se vend déjà 4 800 euros. L’appellation pomerol a le vent en poupe et les crus classés de Saint-Emilion, aux premiers rangs desquels les châteaux Cheval Blanc, Ausone, Angélus et Pavie constituent des “valeurs sûres” bénéficiant d’une visibilité mondiale. En Bourgogne, le prestige des grands noms de la Côte de Nuits n’est plus à démontrer. En tête, les vins du domaine de la Romanée Conti (romanée-conti 2000, 17 146 euros) et ceux portant la signature des domaines Leroy (richebourg 1990, 3 162 euros), Armand Rousseau, Roumier, Ponsot, Mugnier, de Vogüé. Dans le Rhône, ce sont les noms de Guigal (la-landonne 1990, 504 euros), de Jaboulet (la-chapelle 1961, 7 296 euros) et de Jean-Louis Chave (cuvée Cathelin 2000, 4 256 euros) qui enthousiasment les acquéreurs. Au Sud, à Châteauneuf-du-Pape, Château Rayas sort du lot, avec un millésime 1978 adjugé 1 260 euros en début d’année.

Des raretés dans toutes les régions
Dans la Loire, les deux domaines phares qui partagent le triste privilège d’avoir perdu leur vigneron fétiche – Didier Dagueneau à Pouilly et à Charly Foucault au Clos Rougeard – ont vu leurs vins accéder au statut de collector que les amateurs sont prêts à acquérir à tout prix, afin de goûter à un flacon vinifié par ces grandes figures du vignoble. Un magnum de pouilly-fumé Silex 2001 de Didier Dagueneau a atteint 324 euros en début d’année (+22 %) tandis que le saumur-champigny Le Bourg 2002 du Clos Rougeard (en magnum également) s’envolait à 1 338 euros en décembre dernier. Aujourd’hui, toutes les régions peuvent être source de rareté, des millésimes bordelais collector (château-latour 1947 en magnum, 4 080 euros) aux vins très recherchés de certains domaines languedociens (la-grange-des-pères blanc en magnum, 420 euros) en passant par les vieux millésimes de Champagne (cuvée « S » 1959 de Salon, 3 480 euros), les signatures emblématiques (Henri Jayer, vosne-romanée 1er cru Cros Parantoux 1995, 5 640 euros) ou les terroirs d’exception alsaciens (riesling Clos Sainte-Hune 1983 de la maison Trimbach adjugé 360 euros).

Le boom des vins confidentiels
Dans toutes les régions se situant hors du trio Bordeaux-Bourgogne-Rhône, qui fournit le principal contingent de vins adjugés aux enchères, il se trouve un ou deux grands vignerons qui n’hésitent pas à faire bouger les lignes et entraînent dans leur sillage d’autres domaines, contribuant ainsi à rehausser l’image et la notoriété de leur appellation. Ce qui amène les amateurs à rechercher, aux enchères aussi, des vins de plus en plus confidentiels comme le vin jaune 1986 du domaine Overnoy, adjugé 1 560 euros, le clos-des-cistes de Marlène Soria (millésime 1998, 104 euros) ou encore la-petite-sibérie d’Hervé Bizeul (millésime 2003, 318 euros).

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