Les turpitudes climatiques observées dans le vignoble champenois depuis le début de l’année n’ont finalement
pas eu d’incidences sur la qualité des raisins. L’inquiétude a (enfin) laissé la place à la sérénité. Après des gelées tardives et quelques orages de grêle, le temps froid et pluvieux qui s’est installé lors de la floraison a entraîné coulure et millerandage. Lors des premières semaines d’été, très arrosées, la vigilance quotidienne des équipes
a été nécessaire pour lutter contre l’oïdium et le botrytis. Malgré leurs efforts, la récolte sera quand même réduite
de 25 à 30 %. Le retour d’une météo clémente – soleil et températures estivales – à partir de la mi-août a permis une maturation du raisin dans d’excellentes conditions. Conséquence de l’étalement de la formation des fruits
au moment de la nouaison, l’hétérogénéité des grappes prévalait dans les parcelles, parfois même au sein d’un même pied. Elle a diminué sensiblement pour pratiquement disparaître dans les premiers jours de septembre.

Si les instances interprofessionnelles ont fixé au 10 septembre la date de début des vendanges, Patrick Boivin,
le directeur du vignoble Deutz, a décidé de ne donner les premiers coups de sécateurs qu’à partir du 18 septembre afin de laisser aux raisins quelques jours supplémentaires de maturation. Même si les rendements sont faibles – 8 300 kg/ha contre 11 000 kg/ha fixés par l’appellation – les maladies ont été maîtrisées, l’état sanitaire des raisins est parfait et la maturité remarquable. A la sortie du pressoir, les jus sont d’un très bel équilibre avec une moyenne de 10,7° d’alcool potentiel pour une acidité de 8 g. On observe notamment de nombreux marcs au-dessus de 11° pour les pinots noirs (notamment Aÿ et Mareuil-sur-Aÿ) avec une belle acidité totale comprise entre 6,5 et 8,3 g.

Fabrice Rosset, président directeur général de la maison, se réjouit de la qualité de ce cette petite mais belle vendange dont l’essentiel sera consacré à l’élaboration de la cuvée emblématique de la maison, le Brut Classic. Michel Davesne, dont c’est la dixième vendange chez Deutz, précise que cette année, plus qu’aucune autre,
les vins de réserve donneront leur pleine mesure en permettant de produire des vins conformes aux standards
de qualité et de style propre à Deutz. Alors millésime ou pas millésime ? Si tous les éléments semblent réunis,
la décision finale ne sera prise qu’au printemps prochain, au moment des dégustations de vins clairs.


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