A l’occasion de la 9ème édition du Grand Tasting Paris, qui aura lieu les 28 et 29 novembre au Carrousel du Louvre, bettane+desseauve organise un jeu concours Facebook

Riche et onctueux, consensuel, très harmonieusement vinifié et élevé.
Disponible à 29 euros la bouteille
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Depuis 1859, Ogier siège en maître à Châteauneuf-du-Pape, en s’affirmant comme négociant sérieux avec plusieurs casquettes : Clos de l’Oratoire des Papes, Oratorio, Chorégies et l’étiquette Ogier, qui retient ici notre attention. Les arrivées de raisins sont strictement vérifiées, pour rentrer la plus belle matière première qui soit. Celle-ci évolue ensuite dans des élevages de différentes contenances : barriques, demi-muids et même cuves tronconiques. Dans le verre, la netteté aromatique et le relief tactile nous ont séduits. Nous avons une franche préférence pour la partie Rhône Sud du négoce tout comme pour les châteauneufs, exemplaires dans leur définition de terroirs. Cette année les vins du nord du Rhône étaient en net progrès, mais en volume hélas très restreint.

Comme le rappelle l’interprofession du Beaujolais, une longue histoire se cache derrière le phénomène du troisième jeudi de novembre. Deux, en fait. Il y a d’abord celle du vin nouveau. Tradition très ancienne, sa consommation débute dans l’Antiquité avec la serva potio (boisson des esclaves), la « lora » proposée aux vendangeurs dès le raisin pressé. « Elle était obtenue par une deuxième macération du moût délayé dans de l’eau et devait durer jusqu’au solstice d’hiver. » Au Moyen-Age, on consomme encore vite le vin issu de la récolte de l’année. En vertu d’un droit appelé le banvin, les seigneurs et l’Eglise commercialisent le leur de façon privilégiée dans le mois qui suit les vendanges. A partir du XIIIe siècle, la bourgeoisie citadine remplit ses celliers avec le vin de ses propres domaines admis en ville sans droits d’entrée. Comme les taverniers et les aubergistes, elle se trouve confrontée à une raréfaction du produit dès la fin de l’hiver. Si cette commercialisation précoce pallie les problèmes liés aux difficultés de conservation des vins, le marché viticole restera un marché de la pénurie jusqu’à l’essor des vignes au XIXe siècle.
Aux portes du vignoble beaujolais, les Lyonnais attendent chaque année la récolte nouvelle, célébrée par de nombreuses fêtes. « Les débitants de boisson, les “bouchons” », les “épiciers porte-pot” sont les premiers à goûter les vins nouveaux. Au début du XXe siècle, ils viennent dans le vignoble chercher les vins dès la fin des vendanges, “raflant” les meilleures cuvées. Le vin achève sa fermentation en pièce, un tonneau de 216 litres, pendant le transport en voiture à cheval ou en barges sur la Saône. » A l’époque, la commercialisation n’est ni réglementée, ni organisée et la physionomie du vignoble beaujolais n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Jusqu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, les vins nouveaux « sont majoritairement produits dans la zone centrale du vignoble, sur moins de 2 000 hectares de vignes situées à Blacé, Saint-Etienne-les-Oullières, Saint-Etienne-la- Varenne, Vaux-en-Beaujolais, le Perréon, secteurs les plus précoces du Beaujolais et berceau historique des « nouveaux » avant l’essor des zones situées dans l’appellation beaujolais proprement dite, plus au sud. »
De la tradition locale au phénomène mondial
L’histoire du rendez-vous international donné aux amateurs en novembre a démarré dans les années 50 à la suite d’une décision réglementaire supprimant le principe d’échelonnement des sorties des vins de la propriété. « Jusqu’à cette date, la vente de vins faisait l’objet d’un calendrier minutieux fixant le pourcentage de la récolte pouvant être commercialisé et les différentes dates de libération de ces volumes », ceci afin de planifier l’approvisionnement en vin des armées. Au printemps 1951, ce calendrier est supprimé, mais le 8 septembre, un arrêté paru au Journal Officiel stipule que « les producteurs ne sont autorisés à faire sortir de leurs chais les vins de la récolte 1951 bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée qu’à dater du 15 décembre. » Réunis au sein de l’Union viticole du Beaujolais, les vignerons demandent alors l’autorisation de commercialiser immédiatement leurs « vins de primeur » et obtiennent satisfaction.
Il se passera encore quinze avant qu’une date fixe ne soit arrêtée, d’abord au 15 novembre (décret de 1967). Le nouvel aménagement qui a lieu en 1985 pour faciliter la mise sur le marché des 500 000 hectolitres produits cette année-là fixe enfin au troisième jeudi de novembre l’arrivée sur le marché du beaujolais nouveau. L’interprofession créée en 1959 et appelée l’Inter Beaujolais depuis 2004 a initié des opérations de promotion dès 1960, accompagnant l’engouement déjà bien installé des bistrots parisiens pour les beaujolais nouveaux, « maîtres de tous les zincs et comptoirs de la capitale. » Rien de tout cela n’aurait évidemment été possible sans le typique cépage qui couvre 98 % du vignoble beaujolais (cela représente 50 % des 30 000 hectares plantés en gamay dans le monde), ce gamay noir à jus blanc « capable de produire aussi bien des vins fruités et gourmands dans leur jeunesse que des vins de garde tout en élégance. »

L’affiche ci-contre est l’œuvre de l’artiste SKWAK, illustrateur français à la renommée internationale dont l’univers a déjà séduit des marques comme Microsoft ou Adidas et auquel l’Inter Beaujolais a fait appel pour accompagner la promotion des beaujolais nouveaux 2014 en France et dans 110 pays.
On ne contredira pas l’interprofession des vignerons du Beaujolais quand elle dit que les quelques mots vraisemblablement écrits un jour « sur une ardoise accrochée par un patron de bistrot au-dessus de son zinc » ne sont pas tout à fait justes. Certes, « il est arrivé » le beaujolais nouveau 2014, ce jeudi 20 novembre à minuit. L’image divine fait mouche. Mais la réalité c’est qu’ils sont arrivés, « puisqu’il y a autant de beaujolais et beaujolais-villages nouveaux que de viticulteurs » maîtrisant le savoir-faire nécessaire, de la conduite du cépage gamay à la très précise et courte macération (4 à 7 jours) en passant par les vendanges manuelles.
Petite revue de détails avant la dégustation de ce soir.
De la vigne au verre
Les deux AOC productrices de “nouveau” couvrent plus de 10 000 hectares de vignes et donnent naissance à des vins dont les caractéristiques varient comme ailleurs en fonction des terroirs et des producteurs. 60 % des vins de l’appellation beaujolais, qui comprend 72 villages, sont commercialisés en “nouveau” (environ 140 000 hl en 2013). Les beaujolais-villages nouveaux sont issus de 38 communes et représentent plus d’un tiers des vins commercialisés (92 000 hl en 2013). La production des beaujolais et beaujolais-villages nouveaux est passée de 2 millions de bouteilles (15 000 hectolitres) dans les années 50 à une moyenne de 231 000 hectolitres aujourd’hui (31 millions de bouteilles), soit un tiers de la production du vignoble beaujolais*.
Succès japonais
Parfois associés à des vins “industriels” ou “technologiques”, probablement à cause du succès désormais mondial de la fête qui consacre leur sortie, les beaujolais nouveaux sont issus d’une vinification artisanale qui explique sans doute leur place parmi les leaders des vignobles français en matière d’exportation (en pourcentage). En 2013, ils se sont vendus dans 110 pays à raison de 13 millions de bouteilles (100 000 hectolitres, soit plus de 40 % des volumes commercialisés). Très apprécié au Japon, premier marché importateur avec 7 millions de bouteilles, le beaujolais nouveau rosé a fait son apparition sur le marché français en 2007. Si sa production est encore confidentielle, 800 000 bouteilles, elle augmente de millésime en millésime..
Et sinon, ça se garde ou pas ?
Après la dégustation de ce soir (l’interprofession a mis en place sur son site un outil recensant toutes les adresses du réseau Bistrots Beaujolais dans le monde, cliquer ici), on peut oublier ses bouteilles préférées dans sa cave, jusqu’aux fêtes de fin d’année ou aux premiers barbecues de printemps. Pour faire son choix, on pourra se référer à l’unique concours officiel dédié au vin nouveau, le Trophée Lyon Beaujolais Nouveau. Organisé par l’Union des œnologues de France, en partenariat avec Inter Beaujolais et avec le soutien du département du Rhône et de la région Rhône-Alpes, il récompense chaque année depuis 2001 les meilleurs beaujolais et beaujolais-villages nouveaux. Dévoilé dimanche dernier, le palmarès 2014 est à découvrir ici.

*Les deux tiers restants sont dévolus aux beaujolais et beaujolais villages de garde ainsi qu’aux dix crus du Beaujolais (brouilly, chiroubles, chénas, côte de brouilly, fleurie, juliénas, morgon, moulin-à-vent, régnié, saint-amour).
Parmi les rendez-vous qui auront lieu demain en France et dans le monde pour célébrer le beaujolais nouveau, celui du caviste parisien Legrand Filles & Fils célèbrera 27 années de partenariat avec Pierre-Marie Chermette (Domaine du Vissoux, Saint-Vérand). Depuis le coup de cœur de Francine Legrand pour les vins de cette propriété située dans le sud de l’appellation, le domaine du Vissoux élabore le beaujolais primeur vendu sous étiquette Legrand.
Traditionnellement réalisé par l’équipe Legrand, cet assemblage de plusieurs parcelles de vieilles vignes âgées de 50 ans en moyenne est le fruit d’une année 2014 qui a réuni « les conditions idéales à l’élaboration d’un grand beaujolais. » Après un printemps exceptionnel, les pluies estivales ont été compensées par une chaude météo de fin août jusqu »à début octobre, ce qui a permis aux raisins de mûrir sans risque d’apparition de pourriture ou de maladies.
Le Beaujolais Primeur Legrand 2014 et les secrets de son élaboration (Pierre-Marie Chermette sera présent) sont à découvrir demain de 10 h mobile casino à 20 h, plus de renseignements ici. Pour l’occasion, une verticale de trois millésimes, 2010, 2011, 2012, sera en vente (28,50 €) et le comptoir de dégustation proposera aux amateurs une assiette chaude de lentilles vertes du Puy et de saucisson chaud pistaché, servie avec un verre de beaujolais primeur (18,50 €).

Qu’en pense l’équipe du caviste Legrand Filles & Fils?

« Le nez est très gourmand sur des notes de petits fruits rouges relevées par une pointe de menthol. L »attaque est tout en délicatesse et légèreté. On retrouve en bouche ces notes mentholées et de la chlorophylle verte. L »allonge est belle avec une finale sur la réglisse douce. C »est un vin très agréable, léger et souple. »
La bouteille : 9,50 €
Grande plénitude, long, plein, sans la capacité de garde des millésimes avec plus d’acidité mais avec une plénitude rare pour l’instant.
Disponible à 26 euros la bouteille
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Déjà connu à l’époque romaine, Bébian s’est hissé, en près de quarante ans d’existence, au sommet de la hiérarchie languedocienne. Installé à Pézenas, petit village pittoresque de l’Hérault, il a pendant longtemps incarné la rare expression d’un classicisme languedocien à la fois généreux et raffiné, et surtout capable de vieillir harmonieusement. Aujourd’hui, grâce à son exemple, d’autres l’ont rejoint, formant ainsi un joli peloton de domaines exemplaires. À ses débuts il y a quarante ans, Bébian avait fait le choix d’allier la tradition et l’avenir, cultivant à la fois les vieux cépages méditerranéens (cinsault et carignan) tout en replantant de la syrah, du grenache, du mourvèdre et d’autres plants de Châteauneuf-du-Pape comme la roussanne, la marsanne, le bourboulenc ou le grenache gris. L’ancien propriétaire, Monsieur Roux, avait choisi cette voie, inspiré par ses voisins et amis de Châteauneuf. Ce sont ensuite Chantal Lecouty et Jean-Claude Lebrun, propriétaires de 1991 à 2008, qui contribuèrent à son renouveau et son sursaut qualitatif (leur premier millésime fut le 1994). Ils firent ensuite appel en 2004 à Karen Turner, une œnologue d’origine australienne, qui continue de vinifier depuis le rachat du vignoble de 32 hectares par un homme d’affaires russe. La direction du domaine a été confiée à un jeune amateur de grands vins, Benoît Pontenier.

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Menus de 32€ à 38€
Ouvert tous les jours et toute l’année
Accueil : jusqu’à 22h30. Air conditionné. Terrasse.
Fermé du 24 décembre au 2 janvier et 3 semaines en été
10 rue Gomboust – 75001
Métro : Opéra, Pyramides ou Tuileries
01 76 21 77 60
www.cafedesabattoirs.com
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Un condensé de gourmandise, de jovialité, de convivialité et surtout de savoir-faire qui ne surprend pas lorsqu’est à la barre de ce nouveau bistrot la famille Rostang. La viande et les produits tripiers sont ici servis dans des poêlons posés à même la table et que chacun prend évidemment plaisir à partager. Avant et après, c’est un festival de petites choses à grignoter avec une mention spéciale pour le flan du dessert qui trône dès l’entrée sur le comptoir jusqu’à donner envie de revenir pour le goûter.
À LA CARTE MENU à 32€ :
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Le cycle végétatif du millésime 1996 fut unanimement considéré à sa naissance comme favorable à une qualité optimale des vins blancs dans tout le nord de la France. Un état sanitaire parfait des raisins (aucun départ de botrytis, aucune maladie), entretenu par un vent du nord froid et protecteur, une production d’arômes complexes dans les baies du raisin liée aux nuits froides et au soleil clair de toute la fin de la maturation, un aspect visuel du raisin exemplaire et en plus une jolie récolte. Comme je le fais toujours j’ai mangé les raisins à la veille des vendanges et leur saveur pure et nette restera à jamais marquée dans ma mémoire. Les acidités demeurant fort élevées, gage d’un grand potentiel de vieillissement, on avait tout à gagner à attendre le plus possible avant de vendanger, d’autant qu’il n’y avait aucun danger de changement de temps. Il est sûr qu’on a vendangé trop tôt en champagne et que cette erreur, après les quelques années nécessaires pour la comprendre et la digérer a complètement changé les mentalités des meilleurs viticulteurs, surtout pour les chardonnays. En côte d’or, où les maturités étaient plus précoces et plus élevées, la tentation était grande de vendanger assez vite, mais un bon tiers des vignerons ont été sages et ont rentré un raisin de haut potentiel mais d’un équilibre original avec 12°,5/13° de richesse en sucre, des acidités fort élevées (6 à 7 grammes), et une bonne proportion d’acide malique. C’est là que les ennuis pour beaucoup ont commencé. Les fermentations malo-lactiques furent très longues et bien souvent même pas commencées à la fin du printemps ! A la veille du millésime suivant les vignerons n’ayant pas assez de place en cave ont bien été obligés de mettre en bouteille des vins non finis et ont donc demandé à leurs œnologues comment s’assurer que les vins ne refermenteraient pas en bouteilles ! Je vous laisse deviner toutes les manipulations de désacidification et de stabilisation qui ont hélas fragilisés un volume non négligeable de la récolte. Au moment de rendre compte du millésime mon erreur, si s’en est une, fut de fonder mon jugement sur ce que je goûtais chez les meilleurs vinificateurs, ceux qui me servent de référence parce que j’ai toujours considéré que le vrai potentiel d’un millésime se juge quand même chez ceux qui travaillent le mieux. Naturellement leur vin restait en fût (il fut mis en bouteille entre mars et juillet 1998, parfois même début septembre),et ce que je goûtais était miraculeux, à la fois frais, complexe, fluide, (la bonne fluidité, celle qui rappelle l’eau de roche), mais riche en extrait sec et parfaitement typé des terroirs.
J’ai beaucoup acheté de vins pour moi-même et il m’en reste assez pour raconter l’histoire compliquée de leur vieillissement et le bonheur de savoir que les meilleurs ont encore un superbe avenir et répondent parfaitement aux promesses de leur naissance. Leur vieillissement fut donc compliqué, du moins pour ceux qui boivent leurs vins assez vite dans un monde où plus personne n’attend les 12 à 20 ans nécessaires pour que les grands terroirs délivrent toute leur race. Entre 2001 et 2006 beaucoup de vins, même chez les bons producteurs, se sont mis à jaunir et à prendre des goûts incompréhensibles et jurassiens de noix, de froment fort, voire de pomme blette, donnant le sentiment d’un vieillissement trop précoce. Mais ce qui était énervant était la variabilité de ces bouteilles car certaines des mêmes lots étaient parfaites ! C’est à ce moment que j’ai interrogé mes amis œnologues et que toute la filière a commencé à réfléchir à la cause de cette variabilité. Les bons vignerons, ceux qui ont vendangé mûr, cultivé correctement leurs vignes et attendu avant de mettre en bouteille ont bien sûr commencé à tout mettre sur le compte du bouchon, et non sans raison pour ceux qui avaient été traités au péroxyde, à la demande d’ailleurs des vignerons eux-mêmes, mal informés par leurs techniciens et qui stupidement préféraient pour des vins blancs des bouchons « blanchis » ! Mais cela n’expliquait pas tout, et surtout pas le fait que 24 heures ou plus après l’ouverture de la bouteille le vin redevenait plus clair et moins évolué ! Le même phénomène a été constaté pour Chablis, pour les champagnes et pour les vins de Marsanne de l’Hermitage. Il semble donc que le vin ait en bouteille vécu ce qu’en principe il doit vivre en période d’élevage en fût ou en cuve, une succession de passages oxydatifs puis réductifs, liée à l’activité autolytique du ferment. Aujourd’hui les grands terroirs donnent des vins exceptionnels, avec un arôme parfois sublime de truffe blanche né de l’acidité élevée, une vivacité et une intensité qui comme en Champagne n’ont pas été égalées depuis. On peut toujours imaginer ce que les vins auraient donné avec une maturité encore plus poussée, mais il vaut mieux ne pas mettre en concurrence avec un 1996 réussi un 1989 ou un 1999, malgré leurs grandes qualités et leur forte maturité, car ils apparaissent alors bien lourdauds. Voici quelques unes de mes références : … ![]()
Je me suis refusé jusqu’ici dans une tribune publique de commenter et le livre d’Isabelle Saporta “Vino Business” et les polémiques engendrées par le livre. Il n’est pas dans la nature de mon métier de juger l’activité d’un confrère, le public et les acteurs de l’univers concerné le faisant suffisamment. Mais l’agressivité permanente dont elle témoigne envers les journalistes « spécialisés » dans le vin, à l’exception de ses amis blogueurs et encore, seuls ceux dont la sensibilité est proche de la sienne et qui se voient adoubés d’un brevet de compétence et d’honnêteté professionnelle, me conduit aujourd’hui en tant qu’ancien président de la Presse du Vin à donner moi aussi mon avis sur le sujet. Il me semble fair play de commencer par donner la parole à Sainte Isabelle en citant un extrait de l’interview qu’elle vient d’accorder à Atabula et qui est une auto- proclamation de satisfaction professionnelle comme j’en ai rarement rencontrée dans ma carrière. Qu’on en juge.
« Quand je bosse je vais au fond des choses, tout ce que j’avance a été vérifié, il n’y a qu’à voir le nombre de notes en bas de pages pour le comprendre. » L’ancien universitaire que j’ai été ne peut que pleurer devant la démagogie d’un système qui veut faire croire à un étudiant que la valeur scientifique de son travail et son rapport à la vérité dépend de la taille de sa bibliographie (dans son livre plutôt réduite à quelques remerciements) ou du nombre de notes et références en bas de page. Mais c’est un autre sujet.
Sur le fond, la défense d’Isabelle Saporta est hélas tout aussi partisane que l’idéologie sociale et politique qui l’a conduite à enquêter sur les intérêts particuliers d’une toute petite partie du monde du vin, le monde des « people », qui ne peut intéresser que les obsédés de ce même monde des « people ».
Ou ceux dont l’ambition professionnelle est de faire en quelque sorte leur business du business qu’ils dénoncent. Dès qu’on discute de sa connaissance du sujet, l’attaque devient « sexiste » et l’argument une « insulte ».
Mais que dire alors de ce petit bout de prose ?
« Les grands châteaux du bordelais n’avaient qu’à lever le petit doigt pour faire réagir leur cour de journalistes totalement dépendants de leurs invitations et attentions particulières. Peut-on encore parler de journalistes quand ils vivent au crochet des propriétaires (…) et des bouteilles hors de prix et dégustations privées » Outre que je ne vois pas beaucoup de notes en bas de pages pour prouver ce qui est ici dénoncé, on ne peut pas ne pas sentir l’idiotie d’une caricature encore plus forte que celle dénoncée chez ses détracteurs. Pire encore et sans faire de mauvais esprit : « Mais à la moindre critique, vous êtes évincés et vous pouvez dire au revoir au faste et au luxe ». Dois-je comprendre que c’est l’expression d’un regret ? Et cela continue de plus belle : « S’il est blackboulé par les principaux châteaux difficile pour lui de pouvoir assurer la rubrique Vins de son magazine au risque de « perdre son job ». Mon dieu, quelle vision enfantine d’un monde infiniment plus adulte et complexe. D’abord, il resterait au journaliste « blackboulé » à travailler sur les 98 % restants de la production, celle qui justement fait l’objet d’une commercialisation intéressant au moins 98 % du public. Et peut-on croire un seul instant que les soi-disant bénis oui-oui de la profession aient la moindre importance aux yeux de ces mêmes grands châteaux et du public concerné ? Leur existence fait partie de l’existence même d’une activité de relation publique qui elle-même fait partie d’un univers où l’information est libre. Seuls ceux qui justement conservent et exercent leur esprit critique ont une vraie crédibilité chez les producteurs et dans le public parce qu’ils sont perçus comme compétents en la matière et non pas des touche-à-tout qui s’imaginent qu’avec trente interwiews sur trois mois, ils ont fait le tour de la question. L’investigation, la vraie, est une trop noble chose pour qu’on la confie à des Narcisses (des deux sexes, je précise) de la dénonciation ou à des idéologues qui confondent en permanence l’information qui ne néglige aucun fait et le combat politique qui fait qu’on ne choisit que ceux qui l’arrangent.
Jeudi soir, Aude et Yves Legrand recevront leurs fidèles amateurs pour la 39e édition de leur soirée « Caves en fête » au Chemin des Vignes, espace situé à Issy-les-Moulineaux et dédié au stockage du vin (il y a là 3 000 m2 d’anciennes carrières de craie situées à 37 mètres sous terre) autant qu’à sa dégustation. Il y aura un beaujolais au programme, évidemment, mais pas seulement. Il y aura des vignerons et des dédicaces d’auteurs, écrivain, illustrateur, de la musique et une exposition de photos. Enfin, Issy Guinguette, le restaurant des lieux, tenu par Mathieu Legrand, proposera un menu à 29 euros de 19 à 23 heures.
Le programme complet de la soirée est là, ne pas oublier son invitation.