Un jour, quand je serai très fatigué ou peut-être devenu très sage ou très sage et très fatigué, je ne classerai les vins qu’en deux catégories : ceux qui sont fins d’un côté, ceux qui le sont moins de l’autre. À mon avis – et je prétends avoir quelque expérience sur le sujet, ça suffit. Du moins si l’on recherche dans les vins autre chose qu’une boisson alimentaire alcoolisée. Bien sûr, on peut les décrire à l’ancienne, des reflets du disque bleuté et des jambes grasses jusqu’aux caudalies qui nous titillent encore le fond du gosier quand le nectar est passé par là depuis des lustres, on peut additionner les poivres de Sechuan, les cuirs de Russie, les pivoines et la rose, on peut enfin s’émerveiller sur ces – nécessairement beaux – amers en fin de bouche et même cette sempiternelle minéralité dont je me souviens qu’un brillant dégustateur avait même réussi à la déceler au cœur d’une « palette aromatique très végétale » : oui, les exégètes de l’œnologie sont capables de réunir au fond d’un même verre le caillou, la racine et le ventre du lièvre. Mais ces discours, même lorsqu’ils sont plus précis, demeurent un langage codé destiné à décrire, de la part d’un initié vers d’autres initiés, la personnalité d’un vin. S’il l’on veut, en revanche, revenir à l’essentiel, cette incroyable émotion qui nous saisit parfois et parfois pas, elle se résume à ce mot qui résume tout, la finesse. Et qui fait des grands vins un élément fort et indiscutable de civilisation.
Antoine Petrus choisit six vins à la Vinothèque de Bordeaux
Non, la vinothèque de Bordeaux ne se limite pas uniquement aux vins de Gironde ! Derrière une présentation ludique et bien organisée, le site propose une sélection affutée, de moins de 15 euros à plus de 150 euros avec laquelle nous nous sommes régalés.
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LUIGI PIRA Dolcetto D’Alba 2011
Une douceur sortie tout droit du Piémont Italien. Un prix très sage avec à la clé une délicieuse gourmandise en bouteille.
14,60 euros
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Moulin A Vent, Château DU MOULIN-A-VENT 2010
Oui le Beaujolais produit de beaux rouges de gastronomie, flatteurs et parfaitement vinifiés. Un exemple à nos yeux !
16,90 euros
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DOMAINE WEINBACH Sylvaner, 2013
Délaissé et mésestimé, le sylvaner retrouve ses lettres de noblesse avec la famille Faller. Idéal avec quelques coques et couteaux en fine persillade.
16 euros
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DOMAINE VICO CLOS VENTURI, 2010
Un exemple des grands terroirs de l’Ile de Beauté. Vin parfait pour les plats d’automne !
19,90 euros
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DOMAINE MOUTHES LE BIHAN « Vieillefont », 2010
Une discrète appellation du Grand Sud Ouest mise en valeur par deux passionnés. Le vin de gibier par excellence
12,50 euros
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Les Racines DOMAINE LES PALLIERES, 2011
Remarquable précision et élégance naturelle qui en font presque oublier ses origines méridionales.
29 euros
ACHETER [/col]
En 1982, il n’y a pas eu que le match France-Allemagne
Brève –et personnelle– histoire contemporaine du vin de France
Chapitre deux, où il est question de Bordeaux, de Jean-Michel Cazes, du millésime 1982 et de Michel Bettane
Certains précurseurs avaient compris, avant tout le monde, la nécessité de moderniser et de repenser cet univers si routinier. Je voudrais citer ici l’un des grands hommes de cette révolution, Jean-Michel Cazes qui, dès la fin des années soixante-dix dans son Château Lynch Bages à Pauillac, traça les grandes lignes de ce qui fit le succès des vins de Bordeaux au cours des trois décennies qui suivirent. Jeune cadre de la multinationale IBM, Jean-Michel était revenu dans la propriété familiale un peu contre son gré, à la demande expresse de son père et de son grand-père. Parlant parfaitement anglais, initié aux techniques de marketing, bon vivant, il fit de son Lynch-Bages un vin savoureux, profond, tôt prêt à boire, régulier d’un millésime à l’autre, car toujours produit à partir de raisins bien mûrs et élevés dans de bonnes barriques de chêne. Il se transforma en ambassadeur de la marque pour parcourir le monde et faire déguster son vin à d’innombrables prescripteurs célèbres ou non, plutôt que d’attendre le client dans son château.
Cet exemple fit des émules à Bordeaux. Si, au cours de l’été 1982, je faisais mon service militaire dans une caserne de l’est de la France, Michel Bettane, qui m’a ensuite souvent raconté cette période, passa lui l’été au cœur du Médoc, rencontrant un à un de jeunes vignerons qui s’enthousiasmaient d’un climat idéal, ensoleillé et sec, juste entrecoupé de rapides orages qui permettaient à la vigne de ne jamais souffrir du manque d’eau. Le mois de septembre, celui des vendanges, se déroula avec des conditions climatiques tout aussi idéales. Certains châteaux, pour éviter tout risque de pluies d’équinoxe, autour du 20 septembre, se précipitèrent pour récolter les raisins, avant qu’ils atteignent la maturité idéale.
A l’époque, beaucoup de vignerons pensaient qu’une bonne acidité était indispensable à la capacité de garde d’un vin. On récoltait donc tôt des raisins pas très mûrs mais avec une forte acidité. Le résultat donnait invariablement des vins aux tanins verts et âpres, manquant de chair et de plaisir, mais les spécialistes nous disaient « attendez-le une bonne dizaine d’années, il va se faire… » (2). Beaucoup d’autres attendirent, et récoltèrent des raisins bien mûrs, mais d’une acidité beaucoup plus basse qu’habituellement. Quand Bettane revint déguster les vins tout juste vinifiés, il s’enthousiasma immédiatement pour ces jus savoureux et gourmands, aux arômes de fruits rouges éclatant de santé et reçu en retour les critiques de nombreux courtiers, négociants ou spécialistes français et surtout britanniques qui étaient persuadés, du haut de leur expérience du métier, que ces vins à basse acidité ne tiendraient pas. Michel tint bon et en parla à un jeune critique américain, né comme lui dans l’Etat du Maryland, Robert Parker. Tous deux expliquèrent avec fougue leur avis dans les revues confidentielles dans lesquels ils écrivaient, mais si les cavistes Français de l’époque se souciaient peu de l’avis d’un jeune inconnu parisien (comme tous les français, même les plus ignares, ils pensaient tout savoir du vin), quelques-uns aux USA suivirent l’avis de Parker et gagnèrent grâce à lui beaucoup d’argent, tant ce millésime était bon. Il est toujours en pleine forme aujourd’hui et je souhaite à tous nos lecteurs d’avoir la chance de déguster un jour Latour 1982.
(2)Quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion de comprendre à quel point cette phrase était fausse : j’avais acheté des cornas 1983 d’un producteur à l’époque réputé – Voge – dont on m’avait précisément dit « ne les ouvrez pas avant dix ans ». Au bout de deux ans, impatient, je débouche une bouteille : une syrah raide et végétale, avec un goût de bourgeon de cassis prononcé. J’oublie les vins. Dix ans plus tard, je retente ma chance : toujours raide, végétal, seul le cassis avait été remplacé par un arôme animal puissant. Je n’ai jamais pu finir la caisse. Et depuis, Voge et son successeur ont beaucoup progressé.
Crédits photo d’ouverture : AFP
Le Moderne
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Menus 34 euros à 38 euros
Fermé le samedi et le dimanche
40, rue Notre-Dame-des-Victoires 75002
01 53 40 84 10
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Un décor néo-classique tout en longueur, fort agréable et aéré, que perturbent quelques tables recouvertes de cuir carmin façon autruche et surtout les nombreux flacons mis en scène tels des œuvres d’art et qui attestent de l’attachement porté par le propriétaire, Georges Abi Aad, à sa carte des vins. En salle, Anne-Sophie Morin, hôtesse lumineuse, prend soin de ses clients, pour l’essentiel des habitués, souvent en mode détresse à l’heure du déjeuner. Ils sont tous également là pour la cuisine de Victoire de Guermon, précise et inventive où les produits frais sont mis à l’honneur dans des associations fort pertinentes. Avec une mention spéciale au dessert dégusté lors de notre déjeuner qui allie douceurs et épices dans une symphonie d’orange.
À LA CARTE:
Menus à 34 € pour le déjeuner et 38 € pour le dîner
Notre sélection
- Borie La Vitarèle 2011, Les Schistes 39 €
- Les Sorcières Clos des Fées 2011, Hervé Bizeul 39 €
- Crozes-Hermitage 2012, Alain Graillot 42 €
- Crozes-Hermitage 2011, Laurent Combier 35 €
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DÉCOUVREZ LA SÉLECTION LEBEY
Crédits photo d’ouverture : Maxime Gasnier / ParisBouge.com
Cuvée des 3 A, Champagne grand cru De Sousa
Champagne grand cru De Sousa
Rond, agréable, facile à boire, mais la fusion des 3 A n’a pas donné l’intensité de caractère attendue.
17/20
Disponible à 38,95 euros la bouteille
ACHETER
Eric de Sousa continue à produire des vins de grand caractère qu’on ne peut vraiment juger dans leur plénitude que deux ans ou plus après dégorgement. Cette cuvée de grand cru provient d’un assemblage idéal entre trois terroirs incomparables, Avize pour le chardonnay (50%) et Ambonnay et Ay pour le pinot noir. Leur complémentarité se traduit par la finesse rare des bulles, comme si la pression en bouteille était un peu moins forte que naguère, ce qui semble d’ailleurs une tendance chez les meilleurs (je rappelle ici l’étonnant Cumières 2006 de Roederer), mais surtout par la superposition d’un fruité élégant au nez, à peine masqué par la force des notes autolytiques d’un long élevage sur lies (beurre légèrement toasté), et la tension minérale en bouche, respectée par le très faible dosage. C’est riche, savoureux, ultra racé et surtout infiniment fidèle à la matière première superbe qui lui a donné naissance. Cette bouteille mérite une note encore supérieure à celle d’une dégustation antérieure mais inférieure à celle qui définirait son rapport qualité-prix !

Crédits photo d’ouverture : http://chicchocmiam.wordpress.com/
Les grands de demain : Bordeaux et Côtes de Bordeaux
Les experts Bettane+Desseauve ont sélectionné dans chaque vignoble de France les producteurs qui leur paraissent avoir le potentiel de s’affirmer au plus haut niveau de leur appellation.
Deuxième étape de ce Tour de France de l’avenir,
Bordeaux et Côtes de Bordeaux
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Légende photo d’ouverture : Le vignoble du Château l’Isle Fort
Les vins bio du Sud
Tout le monde le dit, le bio est plus facile à mener dans les régions les plus sud de l’Hexagone. Et ça fait du bon vin ? Oui. Revue de détails et commentaires.
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Clos Canarelli
Corse – Figari 2012 – 24,90 euros – 17,5/20
Raffinement exceptionnel de saveur et de texture, grande longueur, un des plus beaux rouges imaginables de Méditerranée, servi par un élevage sous bois magique !
CONTACTER LE PRODUCTEUR
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Ministre
Domaine Comte Abbatucci 2012 – 56 euros – 16/20
Raffinement exceptionnel de saveur et de texture, grande longueur, un des plus beaux rouges imaginables de Méditerranée, servi par un élevage sous bois magique !
ACHETER
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Clos d’Ora-Gérard Bertrand
Minervois-La-Livinière 2012 – 190 euros – 18/20
Vin puissant mais extrêmement racé, le clos-d’ora se distingue par son fruit noir très profond et surtout l’énergie de sa bouche charnue, intense, soutenue par des tannins mûrs, serrés et fins. L’élevage est sans ostentation mais très raffiné, la profondeur persistante. Grande garde en perspective : pas un coup d’essai, déjà un coup de maître !
CONTACTER LE PRODUCTEUR
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[su_tab title= »VIN 4″]
Simon
Clos Marie 2012 – 25,60 euros – 17,5/20
Tannin aérien, fin, subtil, le pic à son meilleur. Jus splendide, minéralité superbe.
ACHETER
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[su_tab title= »VIN 5″]
Mégalithes
Domaine Bertrand-Bergé 2011 – 12,70 euros – 16/20
Arômes riches de fruits rouges mûrs, pivoine, eucalyptus, épices, grande minéralité, bouche voluptueuse, tout aussi aromatique, très pure et fraîche. Superbe.
ACHETER
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[su_tab title= »VIN 6″]
Les Combariolles
Mas Cal Demoura 2012 – 23 euros – 17,5/20
Il progresse en finesse de tannins, en longueur, en droiture. Superbe dimension aérienne. Le domaine n’a jamais produit aussi grand.
ACHETER
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[su_tab title= »VIN 7″]
Mas Jullien
Terrasses du Larzac 2011 – 34,90 euros – 17,5/20
Monument de goût et de saveur, largeur fantastique, tannin marqué à ce stade, grand style.
ACHETER
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[su_tab title= »VIN 8″]
Fontanéou
Domaine de la Bastide Blanche 2011 – 22 euros – 17,5/20
Racé, séveux, très plein, profond, longiligne, grande expression des saveurs. Un vin de référence dans l’appellation.
CONTACTER LE PRODUCTEUR
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[su_tab title= »VIN 9″]
Domaine de Trévallon
IGP des Alpilles 2011 – 120 euros – 16,5/20
Nez d’aiguilles de pin, fraîcheur de tannin superlative, avec une persistance toute en élégance. C’est encore une fois une sacrée réussite !
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[su_tab title= »VIN 10″]
Cuvée 1903
Domaine Le Roc des Anges 2011 – 33,90 euros – 16/20
Délicieux arôme floral, très grande finesse, le roussillon possède peu d’exemples de vins rouges de cette classe.
ACHETER
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Vendange doux
Domaine Pouderoux 2012 – 16,50 euros – 17/20
Encore une fois un vin magistral, modèle de style et d’expression du terroir, dans des équilibres universels, et surtout avec une fin de bouche d’une énergie farouche.
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[su_tab title= »VIN 12″]
Terroir de Mailloles blanc
Domaine Sarda-Malet 2011 – NC euros – 16/20
Très recherché au nez, avec des notes de melon et d’agrumes, ultra mûr, sensation de moelleux et de léger sucre mais absolument pas gênante car intégrée à la matière, vin de grande gastronomie.
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Alphonse Mellot, les sommets du Sauvignon
Véritable dynastie du Sancerrois, les Mellot se succèdent d’Alphonse en Alphonse depuis 1513 et pour différencier celui qui tient aujourd’hui la pipette, on le nommera Junior. Monté sur ressort, il dirige la manœuvre à la vigne comme en cuverie pour 54 hectares. Toutes ces cuvées figurent dans le panthéon des grands crus en blanc comme en rouge. Ce sont des vins qui épanouissent un convive en deux temps, trois magnums. Alphonse père, figure picaresque de Sancerre, grand inspirateur en blanc de la Cuvée Edmond, explosive et généreuse, peut être fier de son rejeton. Il a trouvé là un complice et un digne successeur, dans l’application culturale comme dans la conduite des troisièmes mi-temps. Dans la famille, on est né avec un ballon de rugby à la place du cœur et ce dernier est aussi gros que la tour du beffroi. Voilà un modèle absolu, à suivre sans modération pour ceux qui veulent hisser les vins du Berry à un niveau qualitatif mondial. En coulisse, Emmanuelle, sœur de Junior, accomplit un travail de fourmi dans la douce lumière blonde de la Loire.
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Le terroir historique de la Moussière
Les 34 hectares du terroir historique de la Moussière, exposés sud-sud-ouest, sont situés au cœur même de l’appellation sancerroise sur un terroir kimméridgien. Ces calcaires magnifiques se déclinent en marnes de Saint-Doulchard et calcaire de Buzançais.
Lorsqu’ils sont cénomaniens, ils sont argile à silex et lorsqu’ils sont oxfordiens, ils sont calcaires lités.
Sa philosophie de la vigne, Junior la puise chez Michel Onfray qui dans ses Formes du temps écrit : « Avant toute vie rampante, chaloupante ou marchande, la pierre exprime la présence, ce que les philosophes appellent la pure présence au monde. » Ainsi le travail du sol devient-il un acte essentiel ayant pour objet d’établir un lit nourricier pour les deux cépages, sauvignon et pinot noir. De la sorte, la racine et ses myriades de ramifications vont-elles plonger dans le ventre de la roche-mère et s’y alimenter à travers la dissolution des minéraux. Biodynamique depuis 1999, Junior obtient des résultats à la hauteur de son travail. Il additionne des soins qui seuls lui permettent d’envisager l’excellence, en multipliant les cuvées parcellaires qui couvrent une vingtaine d’hectares en plus des 34 hectares de La Moussière.
Ici, le travail du sol est complet. Le soufre et le cuivre sont les seuls produits utilisés. La densité de plantation moyenne est de 10 000 pieds à l’hectare et l’âge moyen des vignes s’élève à une cinquantaine d’années. Les rendements sont limités ; les maturités, optimales.
Taille et soin des plaies, ébourgeonnage sévère et vendanges en vert précèdent chaque récolte. Les vendanges s’effectuent à la main en petites caisses afin d’amener le précieux grain au pressoir, sans l’avoir le moins du monde modifié. Dans ces petites caisses de 25 kg, il n’y a pas de fruits blessés. Le vin devient alors l’exact rendu des connaissances, de l’imaginaire, de l’intégrité où le végétal tend vers le minéral. Le tri manuel sur tapis se révèle drastique et le pressurage, le plus doux possible. Les cuvées de sauvignon acquièrent ainsi une précision rare et l’expression des parcellaires est impressionnante.
Les blancs de Mellot
La Moussière
Sur 25 hectares, La Moussière définit le style Alphonse Mellot sur des sols calcaires de marnes kimméridgiennes. L’âge moyen des vignes s’élève à 55 ans, l’élevage dure de huit à dix mois. Ce cru offre un nez floral et fruité mêlant fleurs blanches et agrumes à une touche abricotée et une bouche vive et rafraîchissante. Toute son ampleur ne se dévoilera qu’après quelques années en cave, même si La Moussière est séduisante dès sa prime jeunesse. Il se mariera aisément avec un tartare de saumon.
Générations XIX
Sur des sols calcaires kimméridgiens, Génération XIX est une cuvée de 2,5 hectares créée par Alphonse Mellot Junior qui appartient à la XIXe génération de vigneron. L’élevage s’effectue en cuve bois tronconique sur lies fines pendant dix à douze mois. La fin d’élevage en masse dure au moins quatre mois. On doit le magnifique équilibre de ce vin aux vieilles vignes presque centenaires plantées au cœur du domaine. Ce blanc offre un nez d’une jolie complexité mêlant miel, citron et fruits secs ; la bouche ample, fraîche et riche s’achève sur une finale saline et tendue. On est dans la longueur vibrante et la tension. Vin de garde par excellence, Génération XIX ne demande qu’à mûrir en bouteille pour donner toute sa puissance et sa finesse à une poêlée de ris de veau.
Edmond« Ce que je sais, je le tiens de mon père, qui lui-même le tenait de son père. » Ainsi parle Alphonse Mellot senior, 18e du nom, de son père qui s’appelait Alphonse Edmond et à qui est dédiée cette cuvée. Emblématique du domaine, la cuvée Edmond est issue des sept hectares des vignes les plus vieilles, une centaine d’années, sur des sols calcaires de marnes kimméridgiennes dites de Saint-Doulchard. L’élevage dure onze mois en cuve bois et demi-muids neufs, puis la finale s’effectue en masse pendant douze mois au moins.
Ce vin offre un nez majestueux et riche aux notes d’herbe fraîche, de réglisse et d’anis, le tout rehaussé par le miel, le citron et la brioche. Sa robe jaune or dévoile de subtils reflets vert brillant. Sa bouche, gourmande et riche, oscille entre le citron vert, la vanille et le muscat avec une finale épicée et longue, taillée dans le calcaire. De longues années en cave et Edmond empruntera de délicates saveurs minérales, beurrées et grillées comme ce 2001 aujourd’hui délicieux. Il sera fabuleux, dégusté sur une nage d’écrevisses ou une andouillette à la graine de moutarde. En dehors de la Moussière, de grandes cuvées parcellaires de sauvignon ont vu le jour, lors des derniers millésimes.[/col]
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Les Romains
Le nom des Romains rappelle les vestiges de l’ancienne voie romaine qui traverse la parcelle. Sur 1,2 hectare, cette cuvée parcellaire est marquée par l’alliance du silex et du calcaire avec des vignes plantées en 1951. Après dix mois passés en cuve bois, l’élevage se poursuit en masse durant deux à trois mois. Ce vin s’ouvre sur des notes délicates de fleurs blanches, de craie avec une petite pointe iodée ; la bouche voluptueuse mêle le coing, la groseille et le pamplemousse. Les-romains étonnera par sa fraîcheur et sa minéralité d’une belle précision. Ce vin de grande envergure éblouira dès maintenant et prendra toute son ampleur dans quelques années. On l’apprécie sur un carpaccio de saint-jacques.
Satellite
Sur deux hectares de terroir argilo-calcaire, Satellite est une cuvée issue de vignes cinquantenaires disposées sur cinq superbes lieux-dits des coteaux de Chavignol. L’élevage débute par neuf mois en cuve bois tronconique, puis s’achève en masse durant six mois. Ce vin offre un nez élégant, une robe dorée à reflets pâles et un goût de coing mûr et de pamplemousse qui laisse en bouche un fruité doux et rafraîchissant sur des notes de zestes d’agrumes à la finale iodée et cristalline. Satellite offre un plaisir immédiat qui lentement, au fur et à mesure des années, exprime toute sa complexité. Il prend toute sa mesure sur une salade au crottin de Chavignol.
La Demoiselle
Sur un demi- hectare, La-Demoiselle est issue d’un terroir d’argile sur silex profondes au cœur de l’appellation, sur le piton de Sancerre. L’élevage commence par un passage de dix mois en cuve bois, puis se poursuit en masse durant deux à six mois. Ce cru séduit par ses flaveurs salines sur fond de pamplemousse rose. Son palais rafraîchissant et cristallin rappelle la pierre à fusil. La-Demoiselle révèle son tranchant et sa richesse au fil du temps sur une blanquette de veau truffée.
Mellot en rouge
Les rouges sont tous travaillés au même niveau avec des rendements à minima, moins de 30 hl/ha. Sur certains millésimes comme 2009, on peut jouer sur 30 à 40 % de vendanges entières pour apporter plus de fraîcheur ; sur 2011, 2012 ou 2013, la quasi totalité de la récolte se retrouve égrappée. Après une fermentation en cuve tronconique et un pressurage vertical, l’élevage s’effectue dans la cave voûtée de La Moussière située au cœur même du centre historique de Sancerre, remontant au XVe siècle. Ces vins issus du cépage pinot noir portent très haut l’expression des crus ligériens.
Grands-Champs
En Grands-Champs est une cuvée de caractère issue d’un très grand terroir calcaire dit de Buzançais au sommet du Domaine de La Moussière sur un hectare de vignes plantées en 1948. L élevage s’effectue onze mois pour moitié en cuve bois et pour moitié en fûts de 600 litres. Il s’achève en masse pendant six à huit mois. Ce vin offre un nez puissant sur des notes de mûre, de griotte et de poivre rose se fondant dans un joyeux bouquet fumé avec du fruité et de la fraîcheur accompagnés de tanins fins et soyeux. Ce vin de haute couture taillé pour la garde s’accordera parfaitement avec une terrine de foies de volailles.
Denis Hervier
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En Grands-Champs rouge 2009 16/20
Nez de framboises écrasées, bouche ample avec des tanins bien enrobés, de la tension et une finale intense sur les épices.
En Grands-Champs rouge 2012 18,5/20
Nez vertigineux d’encre, de violette, de mine de crayon, bouche soyeuse qui possède une sacrée percussion et une finale rayonnante dans la tension. Ce vin évolue en permanence et se place au sommet de son millésime.
Génération XIX blanc 2001 16,5/20
Nez miellé avec des touches d’agrumes confits, bouche longiligne et persistance d’une grande jeunesse avec une finale saline stylée.
Génération XIX blanc 2011 17/20
Encore marqué par l’élevage, ce vin développe une allonge justement proportionnée qui a du répondant.
Génération XIX blanc 2012 17,5/20
Belle matière tout en devenir, avec des accents épicés et une bouche superbement tenue.
La Demoiselle rouge 2011 16,5/20
Justement concentré, ce vin exhale des flaveurs de noyau de cerise et il est à la fois souple et persistant, sur le millésime, c’est une très belle réussite.
La Demoiselle blanc 2012 16/20
Nez fumé, on attaque en onctuosité avec une finale montante très stylée.
La Moussière rouge 2010 15,5/20
Superbe nez de cerise noire, de pivoine et d’épices, la bouche est gourmande avec de la profondeur et de la finesse. Le meilleur La-Moussière rouge jamais produit !
La Moussière blanc 2012 15/20
Nez de pêche et de poivre blanc, la bouche est souple avec de belles rondeurs, belle finale racée.
Les Romains blanc 2011 16,5/20
Maturité au nez comme en bouche, avec un élevage bien intégré, bel équilibre.
Les Romains blanc 2012 17,5/20
Nez minéral sur fond de fruits jaunes, bouche voluptueuse et profonde.
Satellite blanc 2011 16/20
Vin dans la tension avec des accents salins en finale avec une touche saline, c’est déjà très bon.
Satellite blanc 2012 15,5/20
Fruits jaunes au nez comme en bouche, avec une belle tension derrière.
Edmond blanc 2011 17,5/20
Dans un millésime comme 2011, Edmond est plus complet que Générations, avec ses accents de pêche blanche et de mangue, la bouche a une très belle amplitude et ce millésime permettra d’attendre le superbe 2010.
Edmond blanc 2012 18,5/20
Le gras vient souligner une tension précise, les fruits jaunes émergent et l’aromatique se diffuse progressivement. Le vin rayonne, rebondit et offre une persistance de grand style. C’est l’un des sommets du millésime.
Crédits photo d’ouverture : http://www.mellot.com/
Low-cost ? Festif ? Les fausses pistes du champagne
Que la Champagne perde un point ou deux à l’export ou sur le marché national et chacun d’y aller de son commentaire. En ce moment, c’est un festival. Pourtant, il y a des choses à dire. Nous l’avions fait avant l’été, ici . Rappeler par exemple que le positionnement festif historique du champagne devient un boulet très lourd à traîner. Qu’il serait temps que nos amis les directeurs de marketing retrouve le chemin d’une certaine sagesse (qui n’exclut ni l’humour, ni la fantaisie, évidemment) et rende au champagne son bel habit de grand vin, le seul capable de faire pièce aux visées des sparklings de toutes provenances. Parce que sur le chemin de la night, il y a mille pièges qui font le lit des cavas espagnols et du prosecco d’Italie, en attendant les plus bas de gamme des effervescents anglais. Parmi lesquels pièges, le prix bas. Qui est un problème, oui.
S’apercevoir que le champagne « de vigneron » est une route difficile où les déconvenues s’enchaînent rapidement, sauf pour ceux qui ont vraiment su donner une identité originale à l’expression de leur terroir. Ils sont peu nombreux et très célèbres, déjà. Pour la foule des autres, le déficit de qualité se traduit en difficultés à vendre, ce qui est logique. On le sait moins, mais depuis deux ou trois ans, ils sont de plus en plus nombreux à se remettre à vendre leur raisin aux maisons ou à rejoindre la coopération, conservant juste de quoi embouteiller quelques centaines de cols à leur nom. Voilà des gens réalistes. Autant faire ce qu’on sait faire et se concentrer sur la production des plus beaux raisins possibles. Surtout au prix du kilo.
Redire enfin que le champagne à 9,90 euros en promo est un coup bas porté à toute l’appellation, à tous ses acteurs et à tous ses amateurs.
Le champagne est et restera un grand vin et un produit de luxe. Pas un produit d’accès, ni un avion.
Condrieu, vinification et caractère du vin
Le vin de Condrieu, malgré sa rareté, est devenu l’un des vins de la vallée du Rhône les plus populaires au monde, le seul vin blanc même à l’être et son exemple est à l’origine de nombreuses plantations du cépage viognier à travers le monde, alors que, trente ans plus tôt, il avait failli disparaître.
| À LIRE | >Condrieu, la renaissance du viognier… | >Condrieu, les villages et les lieux-dits… |
| À suivre | >Le guide des producteurs et leurs vins… |
Le viognier est vendangé quand il commence à devenir doré, avec souvent plus de 13° d’alcool naturel et, pour les vendanges tardives, 16° ou plus. Une réglementation est en chantier pour définir un type de vin de sélection de grains nobles (qui n’obligera d’ailleurs pas à les récolter botrytisés) pour les vendanges dépassant 17° potentiels. L’immense majorité des vins reste fort heureusement de caractère sec (moins de 4 grammes de sucre résiduel) ce qui n’est pas aussi facile qu’on le pense vu la paresse des levures naturelles à travailler au-dessus de 13° d’alcool. Les puristes du cépage n’aiment pas le faire fermenter en barriques, estimant avec raison que le chêne vient troubler le potentiel aromatique énorme du raisin, qui joue sur des notes florales (violette) ou, plus souvent, de fruits jaunes (pêche, abricot) ou de fruits secs et exotiques. Par ailleurs, l’acidité basse du moût favorise les évolutions oxydatives, très néfastes à ce même fruit et que les dégustations les plus récentes n’ont pas infirmées. Mais la réduction en cuves en acier inoxydable n’est pas non plus très agréable, ni typique. Elle favorise les notes grillées données par des mercaptans et caricature les éléments épicés présents dans les peaux du raisin et même les notes fumées qu’on a longtemps attribuées aux fumées des usines du bord du fleuve. Pourtant, ce sont les vignerons qui utilisent le plus intelligemment la barrique qui produisent aujourd’hui les vins les plus distingués et les plus complets. Alors…
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