Château Kefraya a fait un bond de 3 000 ans en arrière à la recherche de son identité phénicienne. « Un peuple qui n’a pas d’histoire, n’a pas d’avenir », confie Fabrice Guiberteau, œnologue de cette propriété libanaise. Cette envie de progrès a poussé le domaine à redécouvrir le passé du pays du Cèdre. Cette civilisation s’installa en Phénicie, le Liban actuel. Elle cultivait la vigne à proximité de grandes cités comme Tyr au sud ou Jbeil au nord. Elle produisait et exportait son vin en amphores dans toute la Méditerranée.

Le savoir-faire phénicien est perdu

Hélas, le savoir-faire phénicien est perdu à jamais. La viticulture ne renaît au Liban qu’au XIXe siècle, avec l’arrivée des Jésuites. Il a donc fallu réapprendre la méthode d’élevage du vin en amphores. Des recherches ont été lancées et des consultations menées auprès d’historiens libanais. L’œnologue français a aussi demandé conseil à des vignerons installés en France. Dans le Sud-Ouest ou en Bourgogne, qui pratiquent cette méthode d’élevage.

La naissance de la cuvée Amphora

En 2017, le domaine achète des amphores en argile cuites à 1 200°C. Aussitôt, l’élevage du tempranillo, de la syrah, du cinsault et du grenache qui composeront la nouvelle cuvée commence et durera douze mois. En 2018, la cuvée Amphora est née. C’est le premier vin libanais élevé en amphores depuis les Phéniciens. Michel Bettane lui donne la note de 17,5/20 : « C’est un vin profondément méditerranéen et typiquement libanais, révélant des tannins fins. Une longueur superbe, un équilibre idéal et beaucoup de saveurs sudistes, sans excès. J’aime beaucoup ! »

Au-delà d’Amphora

L’expérience ne s’arrête pas là. Désormais, une partie des cépages qui composent Château Kefraya (17/20) sont élevés en amphores pour donner une typicité unique à ce grand vin. Début 2019, la fabrication d’amphores avec de l’argile en provenance de Kefraya est lancée. Cette expérience est rendue possible grâce à la dernière fabrique artisanale installée dans le village de Beit Chabeb, dans la région du Mont-Liban.

Cet article a été publié dans le magazine En Magnum #17, page 68.

Photo : Greg Demarque

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