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Basile, le bio et la patrouille

Il aura suffit qu’un vigneron explique au reste du monde qu’il mettait un terme à une expérience de culture bio de plusieurs années pour déclencher une de ces paniques dont Facebook a le secret, mélange de mauvaise foi et d’outrance, pratique habituelle de la patrouille des bien-pensants. Et démonstration une énième fois, s’il en était besoin, des grandes difficultés de nos contemporains connectés à comprendre ce qu’ils lisent. Basile Tesseron a expliqué à mon excellente consœur Béatrice Delamotte, rédactrice en chef de la Revue du vin de France, qu’après des années de tentatives diverses, il mettait un terme à l’usage du cuivre, arguant que celui-ci mettrait des siècles à se dissoudre dans les sols, ce qui le dérange beaucoup. Bref, rien qu’on ne sache déjà. D’autres ont fait ce pas de côté avant lui, pas de quoi affoler la cour et la campagne.
Ben si.

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[Le Grand Tasting 2018] Master class et ateliers gourmets, les immanquables

Le Grand Tasting 2018, ça commence demain (ou presque). Pour cette édition 2018, l’équipe Bettane+Desseauve vous propose des master class et des ateliers gourmets plutôt fantastiques.

Si certaines sont complètes depuis l’ouverture de la billetterie (Cheval-Blanc, Pichon-Comtesse, l’Italien Cavalotto, Deutz et les produits truffiers – pour ne citer qu’eux), d’autres événements valent aussi le détour. Dépêchez-vous, les places sont limitées.

Les Immanquables 2018, notre sélection :

  • Vendredi 30 novembre, les ateliers gourmets
    Cette année, le Guide Lebey nous a soufflé le nom des meilleurs chefs du moment pour des ateliers gourmets au cordeau.

100 % cévenol
Dans le Gard, Gilles Palatan dirige le Domaine d’Aigues-Belles (3 étoiles dans le Guide Bettane+Desseauve) et sa réussite en IGP d’Oc est exceptionnelle. Les cépages roussanne, sauvignon et chardonnay (cuvée l’Autre blanc) et un 100 % rolle se marieront à merveille avec la cuisine de Pierre Négrevergne, ex-Royal Monceau, disciple d’Auguste Escoffier, ce chef doublement diplômé en cuisine et pâtisserie a repris La Terrasse Mirabeau (Paris 16) en 2004. Il s’est lancé dans une nouvelle aventure en septembre 2018 avec l’ouverture de l’Auberge Pyrénées-Cévennes (106, rue de la Folie-Méricourt à Paris). Voilà la cuisine qu’il vous fera découvrir pour accompagner les vins du Domaine d’Aigues-Belles.
16 h-16 h 45, Domaine d’Aigues-Belles et la cuisine du Chef Pierre Négrevergne.

Pasta et grand blanc
Le Domaine Pinson (3 étoiles dans le Guide Bettane+Desseauve) appartient à l’une des plus anciennes familles de Chablis. Les experts Bettane+Desseauve soulignent la profondeur de la cuvée Mont-de-Milieu (16,5/20 pour le 2015) qui s’associera parfaitement à la cuisine de la cheffe Ilaria Conti, une Italienne qui a appris le travail des pâtes fraîches avec le meilleur maître qui soit, sa grand-mère. Cette Ligurienne est aux manettes du restaurant Il Cuoco Galante, 36 rue Condorcet 75009 Paris.
19h15-20h : Domaine Pinson (chablis) & Ilaria Conti (Il Cuoco Galante)

Pour vous inscrire et découvrir l’ensemble du programme des ateliers gourmets, c’est ici

  • Samedi 1er décembre, les master class

Bandol, des rouges qui regardent la mer
Connaissez-vous les rouges de Bandol ? Ces vins de garde sont parmi les meilleurs de Provence. Découvrez ces mourvèdres d’exception avec Birte Jantzen, notre experte de la région. Les pointures de l’appellation seront là : Domaine de La Bégude (4 étoiles dans le Guide Bettane+Desseauve), du Château de Pibarnon (4 étoiles), du Château Pradeaux (2 étoiles) et du Domaine de Terrebrune (3 étoiles). Tous ces vins récoltent régulièrement des 18/20.
11h-11h45 : Bandol, les beaux rouges de bord de mer

Smith Haut-Lafitte, un pessac-léognan plus loin
Notre experte Véronique Raisin explore avec Fabien Teitgen, le DG de Smith Haut-Lafitte,l’influence du climat sur quatre millésimes de ce pessac-léognan élégant et racé. Les millésimes 2010, 2011, 2012 et 2013 que vous dégusterez ont obtenu les notes suivantes : 19/20 ; 17,5/20 ; 17/20 et 17,5/20. Ce qu’on appelle avoir de la constance dans l’excellence.
13h30-14h15 : les mystères du climat sur les grands vins rouges de Smith-Haut-Lafitte.

Château La Gardine, le millésime fondateur
Fêtez les 20 ans de ce grand millésime de châteauneuf-du-pape. Les propriétaires du Château La Gardine (4 étoiles dans le Guide) Patrick et Guillaume Brunel présentent quatre cuvées 1998 très différentes les unes des autres. Une dégustation en éventail, le plaisir en plus.
14h30- 15h15 : Château La Gardine un grand châteauneuf-du-pape de 20 ans en quatre cuvées.

Les promus 2019 de Bettane+Desseauve : Le meilleur est au programme 
À ne rater sous aucun prétexte. Michel Bettane et Guillaume Puzo vous feront partager leurs plus gros coups de cœur, des vins magnifiques dans des millésimes d’exception. Lisez plutôt : la cuvée Louis 2006 de Billecart Salmon (18/20, « raffinement splendide, finesse magistrale, palette aromatique brillante. »), Chassagne-montrachet 1er Cru La Romanée, Domaine Vincent Girardin 2016 (18,5/20, « extrêmement intéressant, magnifique cuvée. »), Trotte-vieille 2014 (18,5/20, « un saint-émilion racé, long et svelte avec tout le chic des grands cabernets francs »), Léoville-poyferré 2010 (18,5/20, « remarquablement équilibré, texture noble, magnifique expression du millésime »), et enfin Château Gilette, un sauternes plus que parfait (19/20). Vous savez où nous trouver.
15h45-16h30, les promus du Guide Bettane+Desseauve, le pourquoi du comment.

Château de Nalys, le nouveau défi des Guigal est à Châteauneuf-du-Pape
Le Guide Bettane+Desseauve 2019 attribuent cinq étoiles aux producteurs qui représentent le sommet absolu de la qualité en France et dans le monde. E. Guigal et le Château de Nalys en font partie. Et le spécialiste de la vallée du Rhône (75 hectares en propriété, huit millions de bouteilles par an en négoce) continue d’impressionner. Avec l’acquisition en 2017 des 53 hectares du domaine de Nalys, Guigal est entré dans une nouvelle dimension, celle des grands châteauneuf-du-pape, comme le Château Rayas ou le Château de Beaucastel. Le Château de Nalys est l’une des propriétés les plus anciennes de l’endroit. C’est Philippe Guigal qui animera cette master class d’exception.
16h45-17h30, Château de Nalys, fleuron du Domaine Guigal à Châteauneuf-du-Pape, blanc et rouge 2016 et 2017.

Sauternes et barsac, la jeunesse des liquoreux
On ne le répétera jamais assez, il faut abandonner tout a priori sur les liquoreux. Non, ces bouteilles ne s’ouvrent pas qu’une fois l’an avec du foie gras ou un dessert (la cuisine épicée ou asiatique, par exemple, lui vont à ravir). Et ce ne sont pas uniquement des vins à conserver en cave. Jeunes, ils possèdent déjà l’équilibre qui font d’eux des vins d’émotion. Laissez-vous convaincre par ces vignerons passionnés que sont Philippe Baly (Château Coutet), Jean-Jacques Dubourdieu (Château Doisy-Daëne), Vincent Labergère (Château de Rayne-Vigneau), Pierre Montégut (Château Suduiraut) et Miguel Aguire (Château La Tour-Blanche).
17h15-18h, Nouveau, le grand sauternes se boit jeune.

Pour vous inscrire et découvrir l’ensemble du programme des classes de maître, c’est ici

Cape Mentelle, un paradis en Australie

Deux siècles et un nouveau chapitre

François et Mathieu Roland-Billecart (photo Leif Carlsson)


A l’issue du bicentenaire qu’elle célèbre cette année, la maison de champagne Billecart-Salmon (Mareuil-sur-Aÿ) accueillera Mathieu Roland-Billecart, 37 ans, au poste de président du directoire. C’est en janvier prochain que ce dernier, qui siège depuis plus de cinq ans au conseil de surveillance de cette entreprise familiale dotée d’un domaine de plus de 300 hectares répartis sur quarante crus de la Champagne, succédera officiellement à François Roland-Billecart, qui la dirige depuis 1992.

Inscrite dans la tradition de cette maison champenoise indépendante « où la transmission a toujours été l’une des clés de l’excellence et de la pérennité », cette passation de pouvoir entre la sixième et la septième génération a été engagée dès 2017. C’est fort de quinze ans passés au sein d’un cabinet de conseil international à Londres que Mathieu Roland-Billecart s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire débutée en 1818 par Nicolas François Billecart et Elisabeth Salmon (aux côtés de Louis Salmon, frère d’Elisabeth) en faisant sienne la devise familiale : Privilégier la qualité, viser l’excellence.

« La force de la maison Billecart-Salmon repose sur son ancrage familial fort, cette spécificité nous donne justement le luxe de prendre le temps pour atteindre l’excellence. Mon rôle sera de tenir le cap que mes prédécesseurs ont tracé et d’y apporter ma contribution. Mon objectif est de continuer à faire progresser nos vins, car ce sont eux qui portent notre croissance. Je suis extrêmement fier de poursuivre l’œuvre de François qui a effectué un travail considérable ces trente dernières années pour faire de Billecart-Salmon une des plus belles marques de champagne. »

Artistes de la table

Après les sommeliers, concours dont nous vous avions parlé ici, onze candidats ont tenté de devenir l’un des meilleurs ouvriers de France dans la catégorie « maître d’hôtel, du service et des arts de la table » lors de la finale qui s’est déroulée mercredi et jeudi dernier à l’hôtel Barrière Le Normandy (Deauville).

Ils seront six à recevoir ce titre créé en 1924 et concernant de nombreux métiers (art, artisanat, multimédia, audiovisuel, industrie, métallurgie, etc.) lors d’une cérémonie qui se déroulera à la Sorbonne en mars 2019 : Michaël Bouvier (Auberives-sur-Varèze, 38), Bruno Casassus-Builhé (Auch, 32), Laurent Delarbre (Saint-Médard-en-Jalles, 33), Marc Thomas Fefin (Levallois-Perret, 92), Antoine Petrus (Colombes, 92) – meilleur ouvrier de France sommelier 2011, ce dernier intègre le cercle très fermé des doubles MOF – et Simon Verger (Bordeaux, 33).

Organisé en partenariat avec le Crédit Agricole et Michelin, le concours “Un des meilleurs ouvriers de France” délivre un diplôme d’État classé depuis 2001 au niveau III de la nomenclature des niveaux de formation (soit l’équivalent du BTS, du DUT ou de la fin du premier cycle de l’enseignement supérieur). C’est le seul diplôme délivré par l’Éducation nationale dont les critères d’évaluation sont établis par les professionnels.

Les meilleurs ouvriers de France en chiffres :

Près de 200 lauréats par promotion
Entre 1 800 et 2 000 MOF en activité à ce jour
23 ans : âge minimum des candidats à la date de fin des inscriptions
37 ans : âge moyen des candidats
De 8 à 15 ans de métier : expérience moyenne des candidats
232 : nombre total de métiers représentés dans les 17 groupes
3 ans : temps écoulé entre chaque session

Beaujolais nouveau, notre sélection intraitable

Notre expert Olivier Borneuf revient du Beaujolais où il a dégusté les petits nouveaux 2018. Voici notre sélection intraitable à moins de 9 euros.

Mes magnums (81) : un beau corbières en conversion bio

Château de Lastours, Grande réserve, corbières 2013

Pourquoi lui
Ce Grande réserve est la cuvée phare d’une maison des Corbières. Carignan, syrah, grenache, de l’épice, du nerf, de la conversation. On ne voit pas si souvent passer ce genre d’article dans mon sac à bouteilles. Et il est très convaincant.

On l’aime parce que
Lastours déroule ses cent hectares de vignes dans un paysage sec, austère et beau, le pays des Cathares, l’Histoire a un grand souffle par ici. La tramontane, aussi. Ce qui permet d’envisager sereinement la conversion bio entreprise.

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L’école buissonnière

Ce jeudi, cinquante élèves de l’école primaire de Castillon, accompagnés par leurs enseignants et des paysagistes, vont planter des arbustes le long des vignes du château Rocher Bellevue (photo) à Saint-Magne-de-Castillon dans le cadre d’un projet pédagogique emmené par Bordeaux Vineam, propriétaire de six châteaux dans différentes appellations et “leader” du bio à Bordeaux (270 hectares certifiés et en conversion). Cette mission de biodiversité qui fait suite à l’accueil et à la formation de collégiens lors des vendanges au château Moulin-à-Vent (Moulis-en-Médoc) sera consacrée à la sensibilisation des plus petits aux pratiques de la viticulture bio. Ces écoliers âgées de six à huit ans vont ainsi participer à la création d’une haie de cent mètres de long, ce qui correspond à la plantation d’une dizaine d’arbustes.

Une action concrète qui permettra de démontrer que le bio n’est pas remplacer un produit par un autre, mais faire revenir dans la vigne ses alliés naturels, comme l’explique Jean-Baptiste Soula, directeur général de Bordeaux Vineam : « Les arbustes plantés par les élèves protègeront naturellement les sols de nos vignes et multiplieront la biodiversité, oiseaux, chauves-souris, sur nos terres. En sensibilisant la nouvelle génération à l’agriculture bio, nous voulons transmettre aux enfants ce respect de la terre et de la nature dont ils sont les gardiens de demain. » Ces petits gardiens laisseront une trace de leur passage en écrivant leurs prénoms sur les nichoirs destinés à accueillir les futurs habitants de la haie.

Hospices de Beaune, 158e édition

L’édition 2018 de la célèbre vente de vins du domaine des Hospices de Beaune se déroulera ce dimanche et la traditionnelle ”pièce du président” sera proposée aux enchères cette année en vue de soutenir l’Institut Pasteur, représenté par Nathalie Baye et Erik Orsenna, ainsi que l’association Asmae, représentée par Alice Taglioni. Le vin choisi pour cette mission de charité initiée en 1978 est issu de de « l’un des plus majestueux climats des grands crus de la magnifique colline de Corton », le Clos du Roi, ex-propriété royale enlacée par les Renardes, Bressandes et Perrières dont l’hôpital-vigneron de Beaune de Beaune possède environ 0,85 hectare donnant naissance à la cuvée Baronne Du Baÿ. Ces parcelles âgées de 20 à 45 ans ont été récoltées début septembre « par un temps superbe et lumineux. »

Les fruits ont été mis en cuve le jour même (« Les grappes ont une charpente plutôt moyenne à petite et les baies sont aérées. Elles sont gorgées de sucre, sans être sur-mûries et leur peau renferme des tanins prometteurs à la dégustation ») et une macération d’une durée de presque trois semaines a permis d’en extraire « des arômes fruités et épicés ainsi que des tannins déjà ronds (car très mûrs) et puissants à la fois. » Rappelons que comme chaque année, l’amateur pourra acquérir certaines des cuvées issues de cette récolte 2018 avec la maison Albert Bichot, premier acheteur de la vente des Hospices depuis vingt ans (la sélection 2018 est à découvrir ). En attendant, nous reproduisons ci-dessous le commentaire de Ludivine Griveaux, en charge du domaine et des vins des Hospices, à propos de la climatologie qui a marqué ce millésime.

Hospices de Beaune 2018, la météo

« Après l’arrière-saison très agréable de fin septembre et octobre, le début de l’automne sera marqué par une pluviométrie record. Les températures sont rapidement moins douces et l’hiver vient s’installer en novembre et décembre. A contrario, janvier est très doux avec presque 4°C de plus que les normales de saison (6.9°C de température moyenne). Il faut attendre février pour connaitre enfin quelques jours consécutifs de températures négatives et un peu de neige qui hydrate lentement nos terres. La pluviométrie, entre octobre et mars, atteint le deuxième plus gros cumul des 25 dernières années avec presque 500 millimètres sur la côte de Beaune. La luminosité est faible avec un ensoleillement déficitaire tout au long de l’hiver. Au final, il n’y a pas vraiment eu d’hiver puisqu’on relève seulement huit jours à température négative. En mars, la végétation reste dans son état de repos, on s’attend à un démarrage tardif de la vigne. »

« Autour de mi-avril, et durant une bonne partie du mois, de belles journées printanières réchauffent l’atmosphère. La végétation n’attendait que ça pour pousser car, au 10 avril, les réserves d’eau sont là : il est déjà tombé plus de 40 % du cumul annuel sur Beaune par exemple. La semaine du 17 avril dépasse même de 10°C les normales saisonnières. Cette année encore, la fin du mois est plus chaotique, tout le monde scrute les prévisions météorologiques qui annoncent des risques modérés de gelées d’autant plus que la pousse des rameaux ayant été très active et au vue des conditions d’humidité annoncées, ils ne résistent qu’à -0.5/-1°. Au final, les dégâts sont très faibles et le soleil revient : 12 % d’ensoleillement en plus sur avril. Dès le mois de mai, plus question de parler de millésime tardif. Au 7 mai, les températures affichent entre 26 et 28°C. Grâce à la disponibilité en eau des sols, tous les paramètres sont donc réunis pour placer 2018 dans le peloton des années les plus précoces telles que 2015 ou encore 2011. »

« L’été s’installe parfois avant l’heure engendrant de fortes températures qui ont mené au premier épisode de grêle (léger) sur Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Saint-Aubin. Les pluies de mai sont parfois faibles, et surtout très irrégulières d’un secteur à l’autre : 1 mm à Beaune quand Meursault affiche 24 mm dans le pluviomètre. La végétation galope, les fleurs embaument déjà l’air de leur délicat parfum au 29 mai. En juin, revirement total de situation tel que le décrit la chambre d’agriculture au 5 juin : “le pluvio déborde !” Les pluies sont incessantes, et leur caractère orageux rend les situations très hétérogènes : les épisodes des 3 et 4 juin ont marqué tous les vignerons, avec ces orages où la pluie du mois est tombée en deux jours. La nouaison s’enclenchait à peine que, déjà, quelques impacts de grêle sur Pommard sont visibles. Comme sous les tropiques, les températures restent clémentes et la vigne n’en finit plus de pousser. Elle parfois pris presque un mètre de rameau en une semaine. Il faut attendre le 12 juin pour que le front d’orage quitte enfin le vignoble. On respire, enfin un jour sans pluie depuis les 18-21 derniers jours écoulés. Au 26 juin, on note même quinze jours sans pluie, avec des températures estivales sur la dernière quinzaine. L’ensoleillement finit même par être excédentaire (+43h). A en perdre son latin ! »

« Début juillet génère des cumuls variables, la côte de Nuits n’est pas épargnée : 85 mm en deux jours alors que le sud de la côte de Beaune est très peu arrosé. La grêle frappe Premeaux-Prissey, Corgoloin et Nuits-Saint-Georges, parfois durement (50%). La précocité du millésime est proche de 2015. Les premières grumes se colorent autour du 17 juillet, ce qui est vraiment précoce. Le 23 juillet, un troisième épisode de grêle en trois semaines frappe de nouveau la côte de Nuits mais aussi Pommard et Beaune, parfois significativement. Entre chaque pluie, les températures restent au dessus des normales de saison : juillet compte vingt-deux jours sur où les températures ont dépassé les 28°. C’est deux degrés de plus que la normale. Un temps caniculaire s’installe sur la Bourgogne lors de la première décade d’août où la maturité avance à grand pas. Les cumuls d’eau étant très hétérogènes, certaines vignes ont déjà atteint plus de 50 % de véraison alors que d’autres aimeraient bien avoir un peu d’eau. L’ensoleillement bat des records au 2 août avec un excédent de 86 h par rapport à la normale. »

Il faut se débarrasser des préjugés sur les vins blancs

A l’occasion de la sortie en librairie de l’ouvrage « La Route des blancs : à la découverte des terroirs et appellations de France », nous avons souhaité en savoir plus en rencontrant son auteur, Emmanuel Abadie, par ailleurs co-fondateur de La Route des blancs (https://www.laroutedesblancs.com/), premier site de ventes privées exclusivement consacré aux grands vins blancs et champagnes. Une aventure singulière démarrée voici déjà plus de trois ans.

Après le site, le livre ? Comment vous est venue l’idée d’écrire ce guide, sorte de voyage initiatique au pays des vins blancs ?
En fait, lorsque nous avons commencé à travailler en 2014, avec mon ami Frédéric Lorange, sur le projet de site de ventes privées laroutedesblancs.com, nous sommes très vite tombés d’accord sur le fait que la diversité de la production de blancs en France souffrait clairement d’un déficit de notoriété, hormis quelques exceptions du côté de la Côte d’Or ou de l’Alsace, et encore. Et surtout, qu’il était essentiel d’aider les amateurs potentiels et les néophytes curieux à se débarrasser de bien des préjugés qui entourent les blancs.

De quels préjugés parlez-vous exactement ?
Et bien de toutes sortes de choses que nous avons tous entendues ou constatées, entre amis comme au restaurant. Par exemple, les blancs sont bien souvent servis beaucoup trop frais pour en apprécier toute les nuances et la richesse de saveurs. Alors qu’ils peuvent extraordinairement bien vieillir, on les boit presque systématiquement trop jeunes, à commencer par les grands chardonnays bourguignons, les rieslings alsaciens ou les chenins ligériens, même secs. Dans un autre registre, les blancs n’ont rien de particulièrement “féminin”, il y en a en réalité pour absolument tous les goûts et les profils, du plus dense, charnu et puissant (un hermitage ou un bâtard-montrachet) au plus raffiné et poétique (un meursault-genevrières ou un grand montlouis sec). J’arrêterai là, mais la liste est longue. Du coup, nous avons eu l’idée d’écrire et de publier sur notre site un guide des terroirs et des principales appellations visant à donner quelques clés objectives pour mieux appréhender l’extraordinaire diversité de la production de vins blancs français. C’était pour nous un élément essentiel pour permettre aux membres de notre petite “communauté” numérique d’y voir plus clair et les guider dans leurs choix. C’est en découvrant cette première mouture de guide que les éditions Eyrolles, séduites par l’originalité de notre approche, m’ont contacté pour écrire ce livre.

Si je comprends bien, vous êtes un peu le “pédagogue” des vins blancs ?
Je ne prétends pas, bien sûr, être exhaustif sur le sujet, il aurait certainement fallu plusieurs épais volumes, mais j’ai essayé effectivement d’emmener le lecteur, amateur éclairé ou néophyte curieux, dans une sorte de voyage initiatique, région par région, appellation par appellation, pour mieux connaître l’identité de chaque vin. Le livre apporte un éclairage historique sur la production des blancs, les principales caractéristiques des terroirs et des cépages utilisés, qui contribuent à donner au vin sa typicité, des éléments sur les techniques de vinification et surtout, bien sûr, quelques clés et conseils de dégustation : profil aromatique du vin, capacité de garde, idées d’accords gastronomiques, etc.

Vous recommandez certains producteurs de blancs ?
Non, pas dans le livre, qui s’adresse au plus grand nombre et reste centré sur sa vocation pédagogique. A ceux qui souhaitent aller plus loin et connaître nos préférences, nous donnons rendez-vous sur notre site www.laroutedesblancs.com, où nous proposons chaque semaine une sélection de domaines et de vins qui nous semblent refléter au mieux l’identité de chaque appellation et de chaque grand terroir à blancs. En France, mais aussi ailleurs en Europe, en Allemagne, en Suisse, en Italie et bientôt plus loin.

Après plus de trois ans d’existence de ce site unique en son genre et de ventes privées 100 % vins blancs, vous êtes satisfait ?
Très satisfait ! Environ 10 000 personnes nous suivent aujourd’hui avec assiduité sur cette “Route des blancs”, des amateurs très avertis à la recherche des plus belles pépites de nos vignobles, mais aussi des néophytes curieux qui ont envie d’élargir leur horizon de dégustateur et de faire, grâce à notre exigeant travail de sélection, de belles découvertes. Sans compter les vignerons eux-mêmes et les sommeliers, qui sont aussi de plus en plus nombreux à nous suivre et à nous lire.

Vous privilégiez certaines régions ? Certains types de vins ? Certaines gammes de prix ?
Tout au long de l’année, nous travaillons avec une grosse centaine de domaines, dans toutes les régions de France, qui pratiquent une viticulture de terroir, saine et durable. Ce qui nous guide, c’est avant tout la sincérité de la démarche des vignerons et la pureté d’expression de leurs vins. Nous privilégions clairement des artisans-vignerons qui impriment un vrai style à leurs cuvées tout en cherchant à révéler ce que l’osmose entre une vigne en pleine santé et un terroir peut donner de meilleur. Plus de 90 % des vignerons présentés travaillent en bio et, très souvent, en biodynamie. Se côtoient sur notre site des grands noms qui ont fait la gloire de certaines appellations, Bize-Leroy, Selosse, Dauvissat, Carillon, Sauzet, Zind-Humbrecht, Chidaine, Dagueneau, Vernay, Sorrel, Dürrbach, Hauvette, Arretxea, mais aussi de brillants représentants de la jeune génération qui prennent la relève avec maestria et nous enchantent déjà, millésime après millésime, comme les frères Benoît et Jean-Baptiste Bachelet sur la côte de Beaune, Frantz Chagnoleau dans le Mâconnais, Marjorie et Stéphane Gallet dans le Roussillon, Stéphane Riffault dans le Sancerrois ou encore Emmanuel Ogereau dans la Loire. Quant aux tarifs pratiqués, il n’y a pas vraiment de règle, si ce n’est celle d’appliquer un prix juste, jamais spéculatif, même quand la cuvée est rarissime ou la demande manifestement disproportionnée par rapport à l’offre. Bref, un prix qui respecte le travail de chacun… et le porte-monnaie de nos clients ! Bien sûr, selon le prestige de l’appellation ou de certaines cuvées et les conditions de production, parfois très difficiles, les prix peuvent grimper. Mais ils ne sont que le reflet du prix pratiqué par le vigneron. Au final, il y en a pour toutes les bourses, à partir de douze euros la bouteille et jusqu’à plusieurs centaines d’euros pour les plus prestigieux grands crus.

Et vos projets pour l’avenir ?
Comme la plupart des domaines avec lesquels nous travaillons, nous souhaitons rester dans une approche artisanale, pointue et sélective. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant la quantité que la qualité et la singularité des blancs que nous dénichons pour nos membres. Bien sûr, parfois, nous aimerions pouvoir proposer plus de vins à nos clients, mais nous sommes tributaires des aléas de production des vignerons, gel, grêle et autres avanies climatologiques, et du succès grandissant des grands blancs français, bien au-delà de nos frontières. Le plus souvent, les vins que nous proposons sont soumis à allocation de la part du vigneron, donc contingentés. Ce que je souhaite avant tout, c’est de continuer à sillonner les vignobles, car c’est bien au cœur des vignes et dans les chais que se nourrit ma passion. Goûter, échanger, comprendre, pour essayer ensuite de transmettre à nos clients et lecteurs les messages du vin et de celles et ceux qui le font. Pour nous, les blancs, c’est à la fois de la culture, du voyage et beaucoup de plaisir. Un plaisir que nous espérons de rendre communicatif. Et puis, qui sait, dans quelques temps, peut-être y aura-t-il un autre livre ou une route des blancs qui croiserait le chemin des rouges. Les projets ne manquent pas en tout cas.

Emmanuel Abadie, La Route des blancs. A la découverte des terroirs et appellations de France (https://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212567250/la-route-des-blancs). Editions Eyrolles, 24, 90 euros

 

Pour s’inscrire aux ventes privées 100% grands blancs et champagnes : https://www.laroutedesblancs.com/pageconnexion?V7