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La Bourgogne au crépuscule

Ce samedi, la cave des Vignerons des Terres secrètes organise au départ de Verzé la dix-huitième édition de sa marche au crépuscule dans le vignoble du Mâconnais. Créée dans le but de faire découvrir de façon différente les terroirs de ce « midi ensoleillé de la Bourgogne » et le travail du collectif de viticulteurs* officiant sur ces “terres secrètes” selon les préceptes de la charte Vignerons en développement durable, cette balade ponctuée de dégustations de saint-véran, mâcon, pouilly-fuissé, et suivie d’un dîner est devenue un incontournable rendez-vous estival. Cette année, deux parcours de 8 et 12 kilomètres sont proposés aux marcheurs. Départ à 18 h 30. Tarifs : 6 euros la participation à la marche, 11 euros pour le dîner. Plus de renseignements ici et au 03 85 36 60 64.

* Issu de l’union des caves de Verzé et de Prissé créées en 1928, Vignerons des Terres secrètes réunit 120 viticulteurs et commercialise 37 sélections parcellaires et domaines (5,6 millions de bouteilles).

Dès ce soir, Gassier fait son cinéma


Pique-nique dans les vignes, yoga dans les vignes et balades au long d’un sentier pédagogique dédié à « l’exceptionnelle biodiversité de la Sainte-Victoire et à la richesse de ses vins », dont nous vous avions parlé en détail ici, la saison œnotouristique bat son plein au château Gassier. A partir de ce soir et chaque vendredi jusqu’au 1er septembre, elle sera assortie d’un nouveau rendez-vous dédié au cinéma (tous les films, toutes les séances sont ). Avant chacune de ces projections, qui auront lieu en plein air, à la tombée de la nuit, les spectateurs auront l’occasion de déguster les vins du domaine, accompagnés de planches de fromages ou de charcuterie (ouverture au public à partir de 19 h). Tarif : 11 euros par adulte (un verre de bienvenue offert), 5 euros par enfant, la billetterie est .

Les vins de la vallée du Paradis

Niché au cœur du vignoble des Corbières, dans la vallée dite du Paradis, le château Haut Gléon est une propriété viticole qui produit, sur 35 hectares et dans les trois couleurs, des vins d’AOC corbières et d’IGP vallée-du-paradis et pays-d’oc. Ce vaste domaine de 260 hectares qui abrite deux gîtes, cinq chambres d’hôtes (on les découvrira ) et pas moins de deux piscines au cœur d’un paysage de garrigue et de forêts, « où les vues sont splendides et les senteurs de lavande et romarin sont omniprésentes », proposera cet été à ses visiteurs deux soirées à thème, dîners-spectacles qui se tiendront les vendredis 21 juillet et 4 août et seront chaque fois précédés – à 18 h – d’une visite du domaine et d’une dégustation de ses vins. Tarifs : 25 euros par personne, plus de renseignements et réservation en cliquant .

L’heure de la fusion


Si l’on ne vous les présentait plus que sous le nom de Rhonéa depuis de longs mois déjà, la bannière sous laquelle les vignerons des caves “Vignerons de Caractère” (Vacqueyras) et “Balma Venitia” (Beaumes-de-Venise) ont décidé de travailler et d’envisager durablement et collectivement l’avenir vient de prendre un tour plus officiel.Trois ans après leur rapprochement, ces deux caves ont décidé d’évoluer vers un modèle économique et sociétal commun et les assemblées générales extraordinaires qui se sont tenues fin juin ont entériné leur fusion : « Créées en 1956, les deux caves sont devenues des références en vallée du Rhône et ont contribué, depuis plus de 60 ans, au développement de leurs appellations et de leurs coopérateurs. Animés par des valeurs telles que la transmission, la solidarité, le partage, le respect, l’échange, le soutien, la construction, les 236 artisans vignerons ont su dépasser leurs identités propres au profit d’une opportunité économique, stratégique et humaine : Rhonéa. »

Cette coopérative “nouvelle génération” s’appuie sur un collectif dynamique, attentif aux enjeux économiques (nous vous en avions parlé ici) et environnementaux (voir ). Les ambitions à court terme de cette nouvelle “maison” du Rhône sont multiples, du renforcement de son image et de ses marques à l’uniformisation des pratiques qui ont cours dans ses vignobles en passant par la rationalisation de la vinification des différentes appellations, la finalisation de la mise en commun de ses moyens ou encore la simplification des structures juridiques et des démarches administratives. Après trois ans d’une aventure humaine collective pour les vignerons et salariés des deux caves, ce modèle participatif qui se consolide aujourd’hui via l’existence désormais officielle de la Société coopérative agricole Rhonéa « a pour vocation de s’agrandir et d’accueillir de nouveaux vignerons et de nouvelles caves pour devenir un pôle coopératif attractif et innovant, un acteur incontournable de la vallée du Rhône. »

Best Red Winemaker 2017


L’historique maison bourguignonne Albert Bichot a reçu le titre convoité de meilleur “faiseur” de vin rouge de l’année à l’issue de l’édition 2017 de l’International Wine Challenge (on trouvera ici tous les résultats de ce concours réputé, parfois surnommé “Les Oscars du vin”). Déjà récipiendaire de ce titre de meilleur vinificateur de l’année en 2011, pour ses vins blancs, la maison voit donc à nouveau distinguées lors de cette prestigieuse compétition internationale la qualité de ses vins et l’exemplarité de sa viticulture (quatre de ses six domaines sont certifiés en agriculture biologique).

Douze médailles d’or et deux médailles d’argent ont été attribuées aux quatorze vins présentés par Albert Bichot cette année et le millésime 2014 de son criots-bâtard-montrachet grand cru a reçu le trophée de “Meilleur vin blanc du monde”. Outre le fait de faire la fierté d’Albéric Bichot, du directeur technique, Alain Serveau, et des équipes de cette maison familiale, ces distinctions issues de la dégustation par un jury d’experts d’environ 14 000 vins attirent l’attention des amateurs du monde entier : « C’est la Bourgogne dans son ensemble qui est mise à l’honneur, le savoir-faire de ses viticulteurs et la richesse de ses climats classés au patrimoine mondial de l’Unesco. »

Les Tribus de Margot avec Felipe Alves

Saint-Emilion Jazz Festival, 6e millésime

Retour de la scène des douves du palais Cardinal, dégustation musicale exceptionnelle au château Angélus, traditionnel bar à vins éphémère installé au cœur du parc Guadet, où de nombreux concerts gratuits sont programmés : ce week-end, Saint-Emilion servira à nouveau de décor à un festival de jazz dont le propos est de faire rêver « dans un monde qui, plus que jamais, sombre dans la folie d’une réalité désenchantée »
, écrit Dominique Renard, le président de cet événement qui accueillera sur trois jours de grands artistes internationaux dans un cadre privilégié. « Il est vrai qu’à ce titre nous sommes exceptionnellement gâtés. Saint-Emilion n’est pas qu’un village viticole, c’est la capitale mondiale de la qualité. Des artistes de renommée internationale, nous en avons déjà avec toutes ces propriétés fabuleuses qui produisent le nectar divin et attirent chaque année plus d’un million de visiteurs, avides d’histoire, de patrimoine mais avant tout, de rêve. » Le programme est à découvrir ici.

« Il existe des centaines de festivals en France et des milliers de part le monde ; certains petits, d’autres grands, dont la seule question commune se résume à : comment aller à la rencontre de son public? Nous avons nous aussi essayé de répondre à cette question en programmant des artistes que nous jugeons de grande qualité, en y ajoutant un zeste d’émotion, sublimée par les lieux que nous investissons. »

Dominique Renard
, président du Saint-Emilion Jazz Festival

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Détecteur de grêle

Société spécialisée dans la conception de solutions de prévention des risques météo, Selerys annonce que son détecteur de cellules orageuses à risque (foudre, fortes précipitations, grêle), baptisé Skydetect, va équiper un million d’hectares supplémentaires en Aquitaine (Saint-Emilion), en Isère, dans la Somme et dans le Tarn et Garonne, permettant ainsi « aux viticulteurs et arboriculteurs, mais aussi aux activités météodépendantes situées dans la zone de couverture de bénéficier des services de détection du risque orageux, au travers d’abonnements dédiés aux alertes risque grêle. » Accompagnant déjà de nombreux producteurs en Bourgogne, dans la vallée du Rhône, la Drôme, le Gard, les Bouches-du-Rhône et la Corse (au total, trois millions d’hectares sous surveillance), Selerys poursuit avec ce nouveau déploiement des capteurs Skydetect un développement de son réseau français dont l’ambition est de « mailler le territoire et permettre aux acteurs météosensibles une productivité plus sereine. »

La solution en cours d’installation au Clos de l’Oratoire, grand cru classé situé sur le coteau nord-est de Saint-Emilion, permettra aux viticulteurs dont les exploitations sont situées dans un rayon de 30 km de bénéficier, dès la fin de l’été et via un abonnement, du système d’alerte Skydetect. Ils pourront ainsi agir bien en amont et « utiliser efficacement le système de lutte active de leur choix (canons, fusées, ballons, etc). » Propriétaire des lieux, Stephan von Neipperg explique que Saint-Emilion fait face à des épisodes de grêle de plus en plus fréquents, violents, aux parcours extrêmement aléatoires : « En 2009, cette exploitation avait été touchée à près de 90 %. Au-delà des pertes, il faut savoir que des vignes en agriculture biologique seront par la suite plus fragilisées face aux maladies cryptogamiques. Deux de nos propriétés étant certifiées AB depuis 2014, les premiers grands crus classés Canon La Gaffelière et La Mondotte, et deux autres étant en cours de certification, Clos de l’Oratoire et Château Peyreau, nous n’avons pas hésité une seule seconde lorsque nous avons été sollicités pour accueillir ce radar. Il permettra au plus grand nombre d’entre nous de lutter le plus efficacement possible. »

Les vins italiens prennent de la hauteur

Tous les deux ans le magazine italien « Civilta del bere » (« Civilisation du boire ») organise son événement vitivinicole, VinoVip, au début de l’été. L’occasion de se rendre à Cortina d’Ampezzo, célèbre station de ski, pour respirer de l’air pur, rencontrer ceux qui font le vin en Italie, et surtout goûter leurs vins. Tour d’horizon de ce qui s’est dit et bu lors de cette onzième édition.

Par Gilles Durand, envoyé spécial à Cortina d’Ampezzo

Cortina d’Ampezzo, un nom qui claque. La célèbre station de ski de Vénétie a accueilli les jeux olympiques de 1956. Par la suite, tout ce que la planète comptait de jet-set y est venu en vacances. Aujourd’hui le village reste chic et cosy. Il se prête bien en ce début d’été à accueillir tout ce que le monde du vin italien compte de producteurs, œnologues, sommeliers, ainsi que quelques journalistes étrangers. VinoVip propose trois tables-rondes et un grand entretien sur deux jours, ainsi que plusieurs « tastings ». Cette année les thèmes des débats étaient « La force de la terre » sur les sols viticoles, « Communiquer la complexité » sur les subtilités du vignoble italien, et « Vers la vinification sensible » sur les nouveaux modes de production. Des thèmes sérieux mais qui, faute d’un travail de préparation suffisant, consistent à donner la parole pendant dix minutes à chaque intervenant plutôt qu’à débattre. Avec le résultat attendu : certains viennent les mains dans les poches et vous bombardent de banalités, mais ils sont reconnaissants à l’organisateur d’avoir été mis en valeur, tandis que quelques-autres, qui ont minutieusement préparé leur intervention, n’ont jamais assez de temps. Le côté « happy few » nous a bien amusé, avec des intervenants à peine présentés, puisqu’il est évident qu’on est ici entre nous et que tout le monde se connaît.

Chacun parle à son tour
Au jeu de la prise de parole, on a beaucoup regretté de ne pas entendre plus longuement Andrea Leonardi, le très apprêté directeur opérationnel de Bertani Domains, avec son pantalon feu de plancher, obligatoire ces jours-ci en Italie. L’homme a intelligemment défendu le concept de « viticulture de précision ». Il a raconté comment, depuis le début des années 2000, il a peu à peu fait évoluer ses méthodes et découvert les caractéristiques des différents domaines du groupe, que ce soit à Montalcino ou en Sicile. Pour lui 2004 a été une date majeure avec l’arrivé de… Google Earth, qui lui a permis de faire un travail de précision sur ses vignes. Aujourd’hui il surveille la maturité de ses parcelles par satellite, ce qui coûte moins cher qu’on ne le pense, et chaque parcelle est vendangée en plusieurs fois, en fonction de la maturité. On l’aurait bien écouté dix minutes de plus, mais la fin de son exposé sur les différents modes de culture a malheureusement été tronquée. Parmi les autres intervenants on notera Pedro Ballesteros Torres, commissaire européen, qui a dit que « La complexité est locale, et la simplicité globale », David Way du WSET (Wine and Spirit Education Trust) qui a vendu le Diploma qui mène au Master of Wine comme l’assurance d’appartenir au petit club des gens qui comptent dans le monde du vin, et le bien nommé journaliste italien Bruno Vespa qui a rappelé « qu’il faut simplifier la complexité en se mettant au niveau de celui qui écoute et pas de celui qui parle ».

L’élevage en cuves ovoïdes : une fable qui fait chic.
Le lendemain, celui qui parle était Ricardo Cotarella qui, évidemment, n’a pas été présenté vu que tout le monde le connaît… Cet œnologue conseil serait un peu l’équivalent de Michel Rolland chez nous. Sa famille est propriétaire d’un domaine en Ombrie, et il conseille à peu près tout le monde depuis quarante ans. Il est revenu sur son parcours et sa carrière. On retiendra qu’il n’a voulu faire de peine à personne en ne citant pas vraiment les bouteilles qui l’ont marqué, mais qu’il se souvient bien de son premier voyage à Saint-Emilion en 1987 où il a été surpris que là-bas « Tout parlait du vin : l’air, la terre, les vignes, les gens ». En tant que scientifique il insiste évidemment sur le rôle de l’homme, rappelant par exemple que Bolgheri sous-région de Toscane réputée, notamment grâce au Sassicaia, est un terroir nouveau intégralement façonné par l’homme et planté de cépages qui n’ont rien d’autochtone. Evidemment, son discours d’oenologue ne serait pas complet sans un petit ricanement sur les lubies contemporaines de certains, Cotarella balayant d’un revers de la main les amphores, les œufs (« une fable, mais qui fait chic ») et autres vins naturels. Peu de temps après, on s’est retrouvé à discuter avec un vigneron reconnu, très investi dans la biodynamie, et « les fables », qui s’est fait un plaisir de nous dire que Cotarella, c’était la vieille œnologie ringarde. Bref, on ne s’ennuie jamais dans le monde du vin.

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Sophie Conte.

Il n’y a pas que le Piémont et la Toscane dans la vie… mais quand même.
Mais au-delà de ces chicaneries d’égo et de techniques, tout à fait dignes du vignoble français, on a surtout pu goûter de nombreux vins italiens. La première dégustation consistait à mettre en avant quinze « jeunes vignerons » de régions plutôt moins connues. Mais c’est évidemment dans les régions connues qu’on a trouvé notre bonheur, avec par exemple la jeune Sophie Conte (Toscane), qui n’a rien de français, si ce n’est son prénom. Elle a repris depuis trois ans la Fatorria Tregole avec un enthousiasme désarmant. On a beaucoup aimé une certaine recherche de pureté et de légèreté dans ses chiantis, appellation où on est trop souvent tombé dans le passé sur des vins extraits et boisés. On n’a malheureusement pas beaucoup discuté avec la respectable Signora Donatella Cinelli Colombini (Toscane), nettement plus réservée, mais dont les assemblages de sangiovese en appellation Orcia nous ont également séduits.
Mais notre coup de cœur aura été le débonnaire Paolo Ghislandi (Piémont) de la Cascina I Carpini qui présentait ses vins de cépages autochtones avec un enthousiasme débordant. Ancien cadre dans l’industrie alimentaire, il y faisait du packaging, il s’est reconverti dans la vigne, et il a eu raison. Grâce à lui on a pu faire la connaissance du timorasso, un cépage blanc qui donne un vin expressif, presque miellé au nez, mais dont l’amertume en bouche bouleverse les repères. On a pu goûter aussi son albarossa, un hybride de barbera et de nebiollo, ainsi qu’une barbera d’un âge honorable (2008) qui était fondue et présentait des arômes de tabac blond. Le tout est en appellation Colli Tortonesi, soit le Piémont qu’on connaît mal, et c’est hautement recommandable.

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Paolo Ghislandi.

Cépages autochtones et liquoreux des îles
Le soir on montait en téléphérique à 2472 mètres, à Ra Valles, craignant que le ciel ne nous tombe sur la tête au vu des éclaires lointains. Mais c’est le lendemain que le gros des producteurs était présent sur le sommet d’en face, à Faloria. On y trouvait du lourd, comme les toscans Marchesi Antinori et Tenuta San Guido, dont le fameux Sassicaia fait toujours forte impression, ou Pio Cesare pour le Piémont. Mais nous on voulait faire des découvertes. Même si Feudi di San Gregorio en Campanie ne nous était pas inconnu, on a pu apprécier les trois vins présentés, tous différents. Le sympathique spumante à base de greco, Dubl Esse, c’est son nom, présente une légère oxydation, sans doute l’héritage d’Anselme Selosse avec lequel ils avaient initié ce projet de vin pétillant, un segment de marché qui cartonne à l’export pour les italiens. D’ailleurs, dans ce registre, on mentionnera en appellation franciacorta le Contadi Castaldi Rosé de Terra Moretti, soit un assemblage de vingt pour cent de chardonnay et quatre-vingt pour cent de pinot noir, à la couleur très délicatement rosée, et avec une bouche très fine sur la framboise. Pour vingt-deux euros au domaine, ça nous a semblé une affaire. Mais revenons à Feudi di San Gregorio, car c’est leur Serpico, un aglianico de 2012, qui nous a bluffé avec ses arômes de cerise noire et des tanins onctueux à souhait.

serpico-et-ben-rye800Reste que le vin qui nous a fait tourner la tête, à moins que ce soit l’altitude, restera le Ben Ryé des siciliens de Donnafugata. Bien sûr qu’on a apprécié auparavant leur frapatto, ce cépage autochtone de Sicile qui, contrairement au nero d’avola, donne des vins fruités et digestes. Mais notre Ben Ryé, un liquoreux de muscat d’alexandrie (qu’ils appellent zibibbo) en appelation passito di pantelleria, est un véritable « sauternes killer ». Le nez est très riche, on dirait du jus de miel, mais avec cette fraîcheur d’abricot ou de zeste d’orange qui fait qu’il n’est pas lourd. Pareil en bouche, où la rondeur est très bien contrariée par un côté presque acidulé qui rappelle l’orange. On a eu envie de voler toutes les bouteilles, mais on est resté serein devant les magnifiques paysages de montagne que le lieu nous offrait.

Ce voyage VinoVip nous aura rappelé que l’Italie est non seulement un pays merveilleux, mais qu’il est au moins aussi passionnant que la France en terme de terroirs, de cépages et d’appellations. Si tout le monde connaît le chianti, pas forcément le bon d’ailleurs, ou le barolo, les régions à découvrir sont innombrables. Allez-y en vacances et n’hésitez pas à faire des découvertes. Et surtout, pensez à remonter votre pantalon au-dessus des chevilles si vous êtes un garçon et à mettre une robe flamboyante si vous êtes une fille. Vous passerez inaperçu.

Les planqués de Saint-Romain


70 ans et pas une ride. Beaucoup de cheveux blancs, certes (60 % de la production) et quelques mèches rouges, l’appellation saint-romain, sur la côte de Beaune est née en 1947 (comme les AOC lirac et rosé-des-riceys). Elle peine encore à se faire connaitre du fait de l’exiguïté de son vignoble — une centaine d’hectares — et de l’absence de hiérarchisation du parcellaire, alors même que Marsannay ou Pouilly-Fuissé militent pour la création de premiers crus au sein de leurs territoires d’appellation. À l’occasion de ces célébrations, quelques flacons emblématiques ont été dissimulés dans une falaise, avec l’espoir de les retrouver et de les déboucher d’ici trois à cinq ans. À suivre, donc.

Raoul Salama