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Le café entre au musée

Baudelaire et Picasso, mais aussi Rothko, Doisneau, Aragon ou encore Patti Smith, la première grande exposition temporaire de La Cité du vin ouvre ses portes aujourd’hui à Bordeaux sur une centaine d’œuvres d’art permettant d’éclairer le rôle essentiel des bistrots, cafés ou encore estaminets, depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours au long d’un parcours découpé en quatre sections (Atmosphère, atmosphère, L’Ivresse à deux sous, Magnétismes, Une bohème de rêve).

Membre du comité scientifique de l’exposition Bistrot !, l’historien de l’art Stéphane Guégan dit de cette proposition convoquant peinture, photographie, cinéma et littérature qu’elle témoigne « d’une certaine façon d’être au monde et de le représenter. L’éventail des situations que le café met en jeu se révèle large, du buveur solitaire à la scène de drague, du retrait mélancolique à l’affirmation identitaire, de l’exclusivité masculine à la revendication féminine. »

Egalement membre du comité scientifique, le professeur d’histoire contemporaine Pascal Ory précise quant à lui que le “débit de boissons” des textes administratifs est investi de nos jours d’une double fonction mythique : « Il est identifié, par les Français comme par les étrangers, à la culture française ; son histoire et son organisation sont vus comme une métonymie de la société française, au point que la “terrasse de café”, le “garçon de café” appartiennent aujourd’hui aux stéréotypes nationaux. »

Bistrot ! De Baudelaire à Picasso.
Du 17 mars au 21 juin 2017 à La Cité du vin, salle des colonnes.
Tarif : 8 euros l’entrée, 24 euros le billet combiné.

Plus de renseignements et réservation en cliquant .

Hear Palmer, see Palmer

Si la biodiversité s’inscrit au cœur de la démarche viticole de Château Palmer, il en va de même pour son approche artistique, comme le prouvent les deux propositions qui animent ce domaine de Margaux ces jours-ci. Comme chaque année depuis 2010, le dernier millésime issu des 66 hectares enherbés de ce grand cru classé, sur lesquels butinent les abeilles et paissent des brebis, se verra “interpréter” le 31 mars prochain par le saxophoniste Archie Shepp, « figure du free-jazz » également pianiste, chanteur, compositeur, dramaturge et poète engagé qui sera accompagné pour l’occasion par Carl-Henri Morisset, Darryl Hall et Steve McCraven. Improvisations sur chateau-palmer 2016 et son alter-ego (le deuxième vin du château), le concert donné au chai et en public par ce quartet d’envergure sera rediffusé dès le lendemain dans son intégralité sur le site hear-palmer.com (sur lequel on peut également écouter toutes les sessions de Hear Palmer depuis le millésime 2009) et sur TSF Jazz le 6 avril à 21h.

« Vin et jazz sont à l’unisson.
Ils puisent dans leur héritage pour le réinterpréter, à l’envi. »

Thomas Duroux, directeur de Château Palmer

Autre champ d’expression dont on pourra profiter jusqu’au 25 août*, l’exposition de photographies accrochée depuis lundi à Palmer est la première présentation par l’artiste Sebastião Salgado d’un travail de recherche de plus de sept ans sur une « nature originelle », vierge de toute intervention humaine, qui se veut être un éveil des consciences, un nécessaire élan vers notre planète : « Nous l’avons quittée. Nous devons revenir vers elle. » Ces vingt-quatre images qui « saisissent la beauté d’une végétation foisonnante, volontaire, plurielle » sont autant d’incitations à respecter et aimer ces « jardins naturels » (c’est le titre de cette exposition conçue par Lélia Wanick Salgado) et, à travers eux, la Terre. Pour le photographe franco-brésilien, qui a inauguré dès 1998 avec sa femme et associée l’Instituto Terra, organisation environnementale œuvrant pour le développement durable de la vallée du Rio Doce au Brésil à l’origine de la plantation de 2,3 millions d’arbres, « notre planète est jardin. »

Vue au sommet du tepui Roraima, l’Orectante sceptrum est une plante courante des tepuis. Venezuela, 2006. ©Sebastião Salgado
Vue au sommet du tepui Roraima, l’Orectante sceptrum est une plante courante des tepuis. Venezuela, 2006. ©Sebastião Salgado

*L’exposition Jardins Naturels est visible dans le cadre des visites à Château Palmer.
Réservation par e-mail à [email protected].

Odilon de Varine, Champagne Gosset

Odilon de Varine n’a pas fait ces Gosset 83, 85, 86, car il vinifiait à l’époque dans la propriété familiale du Mâconnais. Mais le directeur général et chef de cave de Gosset poursuit avec finesse et talent le style maison !

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La nouvelle vie de Laurent Ponsot

Laurent Ponsot, 63 ans, a quitté l’exploitation familiale de Morey-Saint-Denis pour créer une société de négoce. Il a laissé les rênes du domaine Ponsot « du jour au lendemain » a sa sœur Rose-Marie. Une évolution imprévue sur laquelle Laurent Ponsot n’a pas souhaité épiloguer préférant se consacrer à sa nouvelle activité créée avec son fils ainé Clément, 37 ans. Il a démenti au passage les rumeurs voyant dans cette actualité les prémices d’une vente du domaine.
Laurent Ponsot part avec les « contrats » de négoce qu’il avait développé (le domaine Ponsot est aussi négociant depuis 1989). Des vins issus d’achats de raisins et donc vinifiés sous sa férule. Dans certains cas les vignes sont cultivées directement par la maison. La maison Laurent Ponsot est basée à Gilly-lès Cîteaux, près de Vougeot.
Des très belles références figurent à la gamme et une production de 30 000 bouteilles est prévue à terme (millésime 2017).
La gamme de départ comprend notamment des grands crus chambertin, griotte-chambertin, clos saint-denis, mais aussi le premier cru chambolle-musigny Les Charmes. Elle sera également bien étoffée en blancs de la Côte de Beaune : grands crus montrachet et corton-charlemagne, mais aussi meursault premiers crus Genevrières, Charmes, Perrières et Blagny.
Laurent Ponsot reste propriétaire à 25% du Groupement foncier agricole du domaine Ponsot.

Laurent Gotti

Château Batailley 1881-2010, l’incroyable verticale

Un beau plateau graveleux entre Pauillac et Saint-Laurent-Médoc a sans doute été le théâtre d’affrontements entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent Ans, sur des terres qui n’étaient probablement pas plantées de vignes connues, ce qui a naturellement donné son nom au lieu-dit. Les vignes furent plutôt plantées au XVIIe siècle et ont acquis progressivement après 1800 une notoriété telle que le vignoble fut classé cinquième cru en 1855. Depuis les années 1920, il est intimement lié à la famille Borie, d’origine corrézienne, unie par mariages successifs à une autre famille corrézienne, les Castéjà. Un important patrimoine foncier s’est ainsi ajouté à des activités prospères de négoce, avec en particulier les firmes Borie-Manoux, Joanne et, désormais, Mähler-Besse. Francis Borie achète Ducru-Beaucaillou en 1941, vingt ans après que son père Eugène et son oncle Émile ont acheté Batailley. Jean-Eugène, fils de Francis, achètera Grand-Puy-Lacoste en 1978. Une succession Borie-Castéja entraîne la division de Batailley en deux fractions. La plus grande revient à Émile Castéja et forme le château Batailley actuel et la plus petite, située autour d’une tour surmontée d’une Vierge foulant le diable, sous forme d’aspic, constitue Château Haut-Batailley. Il est dirigé par François-Xavier Borie, le neveu de la propriétaire, Madame des Brest-Borie. Philippe Castéja, président de l’association des crus classés de 1855, a pris le relais de son père Émile à la direction de Batailley et ne cesse de perfectionner une viticulture et une vinification qui étaient déjà de qualité. Notons le rôle majeur du regretté Denis Dubourdieu dans le renouveau de Batailley. Pour montrer la continuité du travail accompli par sa famille, Philippe Castéja (photo) a organisé au printemps, à l’ouverture des primeurs 2015, une dégustation remarquablement ordonnée où il a présenté douze millésimes allant de 2003 à 1881. Le plus ancien, on le verra, était loin d’être le moins éblouissant. Je ne note aucun vin, les millésimes anciens interdisant toute utilisation d’une échelle de notes commune avec les vins récents.

2010
Grande robe, vin complet, puissant, harmonieux, remarquablement vinifié et élevé, au tout début d’une glorieuse carrière. Mais, et c’est le propre des vins de notre temps, bien décanté comme il l’a été, il est loin d’être rugueux ou inapprochable, la maturité du raisin et la finesse de l’extraction donnant à la texture et aux sensations tactiles beaucoup d’attractivité immédiate.

2005
Vin net, certainement élégant et très classique dans ses proportions, mais sans la longueur et la distinction du 2010 ni l’ampleur de texture du 2003. Il renforce le sentiment de sa puissance à l’aération, mais il n’est certainement pas prêt à boire.

2003
Année de canicule, parmi les plus précoces depuis 1855, mais pas vraiment pour le cœur du Médoc qui a vendangé ses cabernets après la mi-septembre et des pluies ayant en partie rééquilibré la qualité des raisins. À Batailley, la chair du vin est celle d’un grand millésime, avec une onctuosité crémeuse vraiment rare, mais le nez, tout en puissance, trahit quand même les effets de la canicule de juillet et août, avec des notes de prune et une pointe de cacao. Mais il n’y a aucune trace de saveur ranciotée indiquant un vieillissement prématuré et la persistance très importante du vin en bouche laisse penser qu’il n’a pas fini de nous étonner.

2000
Un vin droit et strict, mais un peu simple en comparaison avec de nombreux autres millésimes. Quelques nuances rappelant le fer ou le cuivre durcissent le fruit et la fin de bouche. Il donne le sentiment d’une autre époque de vinification.

1982
Année célèbre par son abondance, sa qualité et son incroyable succès commercial, qui a définitivement installé les grands vins de Bordeaux au sommet du marché international tout en propulsant un critique américain jusqu’alors inconnu, Robert Parker, brillant défenseur du millésime, un peu isolé au sein de professionnels qui ont eu le tort mortel de ne pas y croire. La robe est acajou, très caractéristique de vin trentenaire, le nez se développe avec une rare ampleur et harmonie sur des notes très racées de fleur, surgissant d’un arrière-plan plus animal et musqué, très sensuel. Le retour de bouche est très frais, sur le menthol et les infinies nuances qui sont le propre des grands terroirs de graves.

1961
Nez très puissant, mais curieusement marqué « poivron » pour un millésime légendaire réputé mûr et concentré. Une matière certainement riche, mais en fin de bouche un sentiment de relative simplicité. Le bouchon n’est peut-être pas parfait, sans qu’on puisse vraiment définir le défaut. Cela arrive suffisamment souvent avec les vieilles bouteilles pour mettre en garde les amateurs devant les prix extravagants que ces 1961 atteignent aujourd’hui.

1949 (en magnum)
Toute la double magie d’une bouteille parfaite de grand millésime arrivé à glorieuse maturité et d’un grand pauillac : merveilleuse texture, saveur ample, racée, de tabac et de cèdre, parfums irradiant littéralement le verre, longueur incroyable, sentiment de plénitude et de suspension du temps. Le type d’émotion qui vous attache à jamais à ces grands terroirs.

1945
Le vin n’est pas épais ou ultra dense comme cela arrive parfois avec ce millésime (peut-être quand il a été « aidé » par quelques potions pas du tout magiques), avec un soupçon de senteurs de vieille cave (le mystérieux goût de presbytère) et une acidité encore assez pointue, à l’opposé de la divine harmonie du 1949. Mais il y a naturellement d’immenses qualités de complexité dans le soutien du tannin.
1929
Un peu de trouble dans la robe vieil acajou, acidité totale ou sentiment d’acidité bien supérieur à ce à quoi nous sommes habitués, mais qui n’est pas incompatible avec un sentiment de suavité et de moelleux, complètement absent du 1945, de la même famille que le 1949. Vin long, pas vraiment parfait, mais émouvant par ce qu’il nous dit, même de manière approximative, d’un très grand millésime.

1900
On passe volontiers sur quelques petits accrocs volatils au nez que nous ne permettons plus à nos millésimes modernes. Quelle splendeur de sève et quel raffinement de texture et de saveur. Un festival d’épices douces, de notes tertiaires s’enchaînant avec grâce l’une après l’autre, un tannin fondu, une finesse de saveur vraiment mémorable. Ce type de bouteille et d’émotion n’est pas oubliable et permet de comprendre la légende entourant le millésime.

1881
Le millésime n’a apparemment jamais eu de notoriété, appartenant aux années ravagées par le phylloxera. Michael Broadbent, qui a tout bu et tout noté dans son fameux livre de dégustation Vintage Wine, le juge vert, acide et de toute petite qualité. Mais Philippe Castéja, qui connaît la cave paternelle, a plus que bien fait de l’offrir en point d’orgue. La vérité étant dans le verre, le mien, et sans doute celui de mes voisins, ne pouvait que faire fondre de plaisir devant la délicatesse infinie du nez et ses notes florales qui pourraient donner des leçons au plus fin des pinots noirs et la grâce d’une bouche où alcool et tannin sont divinement harmonisés. On a le sentiment que le vin a perdu toute relation avec la terre pour danser dans les airs. Merveilleuse doyenne des Français, cette bouteille est d’autant plus attachante qu’elle se double d’une prodigieuse surprise.

Château Batailley 1881-2010, l'incroyable verticale

Un beau plateau graveleux entre Pauillac et Saint-Laurent-Médoc a sans doute été le théâtre d’affrontements entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent Ans, sur des terres qui n’étaient probablement pas plantées de vignes connues, ce qui a naturellement donné son nom au lieu-dit. Les vignes furent plutôt plantées au XVIIe siècle et ont acquis progressivement après 1800 une notoriété telle que le vignoble fut classé cinquième cru en 1855. Depuis les années 1920, il est intimement lié à la famille Borie, d’origine corrézienne, unie par mariages successifs à une autre famille corrézienne, les Castéjà. Un important patrimoine foncier s’est ainsi ajouté à des activités prospères de négoce, avec en particulier les firmes Borie-Manoux, Joanne et, désormais, Mähler-Besse. Francis Borie achète Ducru-Beaucaillou en 1941, vingt ans après que son père Eugène et son oncle Émile ont acheté Batailley. Jean-Eugène, fils de Francis, achètera Grand-Puy-Lacoste en 1978. Une succession Borie-Castéja entraîne la division de Batailley en deux fractions. La plus grande revient à Émile Castéja et forme le château Batailley actuel et la plus petite, située autour d’une tour surmontée d’une Vierge foulant le diable, sous forme d’aspic, constitue Château Haut-Batailley. Il est dirigé par François-Xavier Borie, le neveu de la propriétaire, Madame des Brest-Borie. Philippe Castéja, président de l’association des crus classés de 1855, a pris le relais de son père Émile à la direction de Batailley et ne cesse de perfectionner une viticulture et une vinification qui étaient déjà de qualité. Notons le rôle majeur du regretté Denis Dubourdieu dans le renouveau de Batailley. Pour montrer la continuité du travail accompli par sa famille, Philippe Castéja (photo) a organisé au printemps, à l’ouverture des primeurs 2015, une dégustation remarquablement ordonnée où il a présenté douze millésimes allant de 2003 à 1881. Le plus ancien, on le verra, était loin d’être le moins éblouissant. Je ne note aucun vin, les millésimes anciens interdisant toute utilisation d’une échelle de notes commune avec les vins récents.

2010
Grande robe, vin complet, puissant, harmonieux, remarquablement vinifié et élevé, au tout début d’une glorieuse carrière. Mais, et c’est le propre des vins de notre temps, bien décanté comme il l’a été, il est loin d’être rugueux ou inapprochable, la maturité du raisin et la finesse de l’extraction donnant à la texture et aux sensations tactiles beaucoup d’attractivité immédiate.

2005
Vin net, certainement élégant et très classique dans ses proportions, mais sans la longueur et la distinction du 2010 ni l’ampleur de texture du 2003. Il renforce le sentiment de sa puissance à l’aération, mais il n’est certainement pas prêt à boire.

2003
Année de canicule, parmi les plus précoces depuis 1855, mais pas vraiment pour le cœur du Médoc qui a vendangé ses cabernets après la mi-septembre et des pluies ayant en partie rééquilibré la qualité des raisins. À Batailley, la chair du vin est celle d’un grand millésime, avec une onctuosité crémeuse vraiment rare, mais le nez, tout en puissance, trahit quand même les effets de la canicule de juillet et août, avec des notes de prune et une pointe de cacao. Mais il n’y a aucune trace de saveur ranciotée indiquant un vieillissement prématuré et la persistance très importante du vin en bouche laisse penser qu’il n’a pas fini de nous étonner.

2000
Un vin droit et strict, mais un peu simple en comparaison avec de nombreux autres millésimes. Quelques nuances rappelant le fer ou le cuivre durcissent le fruit et la fin de bouche. Il donne le sentiment d’une autre époque de vinification.

1982
Année célèbre par son abondance, sa qualité et son incroyable succès commercial, qui a définitivement installé les grands vins de Bordeaux au sommet du marché international tout en propulsant un critique américain jusqu’alors inconnu, Robert Parker, brillant défenseur du millésime, un peu isolé au sein de professionnels qui ont eu le tort mortel de ne pas y croire. La robe est acajou, très caractéristique de vin trentenaire, le nez se développe avec une rare ampleur et harmonie sur des notes très racées de fleur, surgissant d’un arrière-plan plus animal et musqué, très sensuel. Le retour de bouche est très frais, sur le menthol et les infinies nuances qui sont le propre des grands terroirs de graves.

1961
Nez très puissant, mais curieusement marqué « poivron » pour un millésime légendaire réputé mûr et concentré. Une matière certainement riche, mais en fin de bouche un sentiment de relative simplicité. Le bouchon n’est peut-être pas parfait, sans qu’on puisse vraiment définir le défaut. Cela arrive suffisamment souvent avec les vieilles bouteilles pour mettre en garde les amateurs devant les prix extravagants que ces 1961 atteignent aujourd’hui.

1949 (en magnum)
Toute la double magie d’une bouteille parfaite de grand millésime arrivé à glorieuse maturité et d’un grand pauillac : merveilleuse texture, saveur ample, racée, de tabac et de cèdre, parfums irradiant littéralement le verre, longueur incroyable, sentiment de plénitude et de suspension du temps. Le type d’émotion qui vous attache à jamais à ces grands terroirs.

1945
Le vin n’est pas épais ou ultra dense comme cela arrive parfois avec ce millésime (peut-être quand il a été « aidé » par quelques potions pas du tout magiques), avec un soupçon de senteurs de vieille cave (le mystérieux goût de presbytère) et une acidité encore assez pointue, à l’opposé de la divine harmonie du 1949. Mais il y a naturellement d’immenses qualités de complexité dans le soutien du tannin.
1929
Un peu de trouble dans la robe vieil acajou, acidité totale ou sentiment d’acidité bien supérieur à ce à quoi nous sommes habitués, mais qui n’est pas incompatible avec un sentiment de suavité et de moelleux, complètement absent du 1945, de la même famille que le 1949. Vin long, pas vraiment parfait, mais émouvant par ce qu’il nous dit, même de manière approximative, d’un très grand millésime.

1900
On passe volontiers sur quelques petits accrocs volatils au nez que nous ne permettons plus à nos millésimes modernes. Quelle splendeur de sève et quel raffinement de texture et de saveur. Un festival d’épices douces, de notes tertiaires s’enchaînant avec grâce l’une après l’autre, un tannin fondu, une finesse de saveur vraiment mémorable. Ce type de bouteille et d’émotion n’est pas oubliable et permet de comprendre la légende entourant le millésime.

1881
Le millésime n’a apparemment jamais eu de notoriété, appartenant aux années ravagées par le phylloxera. Michael Broadbent, qui a tout bu et tout noté dans son fameux livre de dégustation Vintage Wine, le juge vert, acide et de toute petite qualité. Mais Philippe Castéja, qui connaît la cave paternelle, a plus que bien fait de l’offrir en point d’orgue. La vérité étant dans le verre, le mien, et sans doute celui de mes voisins, ne pouvait que faire fondre de plaisir devant la délicatesse infinie du nez et ses notes florales qui pourraient donner des leçons au plus fin des pinots noirs et la grâce d’une bouche où alcool et tannin sont divinement harmonisés. On a le sentiment que le vin a perdu toute relation avec la terre pour danser dans les airs. Merveilleuse doyenne des Français, cette bouteille est d’autant plus attachante qu’elle se double d’une prodigieuse surprise.

Dix ans de bio à Lalande-de-Pomerol

Fruit d’une longue histoire, le vignoble du château des Annereaux est mené depuis des siècles par la même famille (son installation sur cette propriété date de la fin du XIVe siècle). Qu’il s’agisse de préserver ou d’améliorer le domaine, chaque génération « s’est investie avec passion dans son développement. » Aujourd’hui mené par Benjamin Hessel, qui a succédé à son père Dominique, le château des Annereaux célèbre avec le dernier millésime dix ans de pratique de l’agriculture biologique, une démarche entamée après une transition effectuée dans le cadre de l’agriculture raisonnée.

Cette propriété de 25 hectares a récemment bénéficié d’une rénovation de son cuvier, de son chai à barriques et de ses bâtiments techniques. « Tout en conservant leur âme à ces lieux (les cuves en béton plus que centenaires ont été conservées) », les améliorations ont permis d’intégrer les derniers progrès techniques. C’est ce que découvriront les professionnels du vin le 30 mars prochain lors de la dégustation verticale organisée par Dominique et Benjamin Hessel. Au programme, tous les millésimes produits depuis le début de la conversion au bio dont, évidemment, le millésime 2016 en primeur.

Plus de trente médailles en trois concours


Les artisans vignerons des caves de Vacqueyras et de Beaumes-de-Venise réunis sous la bannière Rhonéa (236 domaines, 2 000 hectares de vignes) ont reçu une pluie de récompenses pour leur travail lors de l’édition 2017 du concours des vins d’AOC ventoux (trois médailles d’or, deux d’argent), du concours des vins d’Orange (huit médailles d’or, neuf d’argent) et du concours général agricole de Paris (huit médailles d’or, cinq médailles d’argent). Toutes ces cuvées issues de la récolte 2016 et des terroirs situés au pied des Dentelles de Montmirail sont à découvrir sur le site de Rhonéa, c’est par .

Appel à projets


Il reste un peu plus de deux semaines aux professionnels – de la filière viticole, du tourisme, de la culture, etc. – comme aux particuliers pour proposer un événement susceptible de s’inscrire dans le cadre du Mois des Climats qui se tiendra en Bourgogne du 9 juin au 9 juillet.

A l’occasion de la célébration des 80 ans de la route des grands crus de Bourgogne, l’édition 2017 du rendez-vous dédié à ce patrimoine viticole désormais inscrit sur la liste de l’Unesco sera organisée conjointement par l’association des climats du vignoble de Bourgogne, le conseil départemental de la Côte-d’Or et Côte-d’Or Tourisme et marquera l’un des temps forts de cette année-anniversaire.

Pour partager « votre vision des climats », il faut répondre aux critères de sélection listés ici et déposer votre dossier d’inscription avant le 31 mars. Parmi ces projets, certains bénéficieront de prix « coup de cœur » et d’autres d’un « coup de pouce », soit une aide financière pouvant aller jusqu’à 2 000 euros.

Bordeaux GCC quintessential – 1961 comparative tasting

Retour en image sur la dégustation comparative de six grands crus classés de Bordeaux millésime 1961. Cette masterclass s’est déroulée le dimanche 12 mars à 11 heures au Park Hyatt à l’occasion de la cinquième édition du Grand Tasting Shanghai. Un grand moment de dégustation.

Château Lafite Rothschild, pauillac, 1er grand cru classé
Château Latour, pauillac, 1er grand cru classé
Château Margaux, margaux, 1er grand cru classé
Château Haut-Brion, pessac-léognan, 1er grand cru classé
Château Mouton-Rothschild, pauillac, 2e grand cru classé
Château Ausone, saint-émilion, grand cru classé