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Vinsobres, 2006-2016



Depuis sa reconnaissance officielle en tant que cru des Côtes du Rhône à part entière (et non plus côtes-du-rhône villages) en 2006, l’AOC vinsobres a beaucoup progressé, sur tous les plans. Un très positif bilan dont l’appellation résume l’essentiel dans l’infographie ci-dessous, tout comme dans la cuvée anniversaire ci-dessus, dont nous vous avions parlé .

infographieVinsobres

100 % côt

Dénomination géographique au sein de l’appellation d’origine contrôlée touraine depuis 1954, l’aire de production située à l’est d’Amboise et de son royal château travaille ces temps-ci à une redéfinition de son cahier des charges. Une identification par l’Inao des parcelles de ce vignoble qui couvre une dizaine de communes est en cours et devrait engendrer à terme, c’est à dire en 2017, la reconnaissance d’une nouvelle AOC simplement appelée amboise.

Cette aire de production de 200 hectares, dont l’élargissement aux villages de Rilly-sur-Loire et Chaumont-sur-Loire est prévu pour 2018, produira désormais des vins blanc et rouge uniquement issus des cépages chenin et côt, sur la base d’un rendement plus faible et d’un élevage plus long que ce qui est exigé aujourd’hui. L’appellation sera alors la seule AOC ligérienne à proposer des vins rouges 100 % côt (mais la deuxième appellation française à le faire après Cahors, dont c’est le cépage caractéristique). Ses vins rosés devront quant à eux être élaborés essentiellement à partir de ce même cépage (70 % minimum), éventuellement complété de gamay.

Cette affirmation de l’identité de leur zone de production a conduit les vignerons à renoncer progressivement au cabernet franc et au gamay et à sélectionner, revaloriser et replanter les parcelles les mieux adaptées à l’épanouissement du côt. « Beaucoup d’entre eux ont réalisé leurs propres sélections massales issues d’anciennes variétés locales qu’ils avaient conservées. » Ainsi, les producteurs de la future AOC amboise, « nouvelle garde, qui a en moyenne 40 ans », proposent-ils déjà des cuvées 2014 et 2015 issues à 100 % de ce cépage. Le salon des vins organisé deux fois par an dans la cave du château d’Amboise sera l’occasion de les découvrir (prochaine édition le 15 août, plus de renseignements en cliquant ).

La Cité du vin par Bernard Magrez et Robert de Luxembourg

Bernard Magrez

BERNARD MAGREZ A COUFFOULENS
BERNARD MAGREZ A COUFFOULENS

« La Cité incarne l’image moderne de Bordeaux »

Mécène des arts plastiques et de la musique, l’homme aux 40 châteaux s’est engagé pour la Cité du Vin.

Bernard Magrez Grands Vignobles est mécène « Grand bâtisseur » de la Cité du Vin. Pourquoi ? Et combien avez-vous donné ?

A travers Luxury Wine Experience, notre activité d’oenotourisme à La Tour Carnet , Pape Clément et Fombrauges, nous avons constaté que les visiteurs qui sont à Bordeaux n’ont pas toujours le temps d’aller rive droite ou rive gauche dans les châteaux et cherchent en ville quelque chose qui les rapproche du vin. Les Champenois, eux, n’ont pas ce problème. Mais avec six millions de visiteurs à Bordeaux, on ne pouvait pas ignorer cette demande. La Cité du Vin est là pour ça. Nous en avions besoin. Et j’ai donné 500 000 euros, ce n’est pas un secret.


Que pensez-vous des polémiques bordelaises autour de la Cité : on va parler des vins du monde mais pas des nôtres…, on va détourner les visiteurs des châteaux, etc ?

Je trouve extravagant que ceux qui n’ont pas fait hier l’effort de s’organiser pour recevoir du public chez eux se plaignent maintenant qu’on va leur piquer des visiteurs. D’ailleurs c’est faux puisque de la Cité, on pourra partir en croisière sur le fleuve vers les vignobles – nous avons-nous-même pris une participation dans Bordeaux River Cruise. Tout comme je trouve extraordinaire qu’on se mette à genoux devant le Guggenheim de Bilbao et qu’on trouve notre Cité du Vin trop futuriste. Bordeaux a besoin d’une image moderne, la Cité l’incarne.

Que pensez-vous du bâtiment ?

Il est splendide. Il était encore mieux que ça, il a été un peu revu pour des raisons de normes de sécurité.

Pourquoi est-ce en France et pas ailleurs dans le monde que cette Cité a pu voir le jour ?

La Napa Valley, l’Espagne, l’Italie nous ont montré la voie de l’oenotourisme. Mais pour le monde entier, Bordeaux égale vin et inversement.

Que signifie pour vous le terme de civilisation du vin ?

La vigne a traversé les âges, le vin a été le vecteur d’innovations, d’idées. Les deux ont nourri le monde, l’histoire du monde. Le vin hier était une nourriture, aujourd’hui c’est un plaisir, un sujet de conversation, un marqueur social.

Qu’est-ce qui vous fascine le plus dans l’épopée du vin ?

Le vin en tant que symbole chrétien.

Vous dévorez les biographies d’hommes célèbres. Avec qui auriez-vous aimé converser autour d’un verre de vin ? Pour parler de quoi ?

Voltaire, un athée qui, à la fin de sa vie, a dit : « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger ». Rien que pour l’emmerder, je lui aurai servi du Pape Clément !


Robert de Luxembourg

Dégustation au Château Haut-Brion le Prince Robert de Luxembourg_2

« La Cité, c’est un toast aux civilisations du vin »

Propriétaire de château haut-brion, le prince de Luxembourg, à travers sa fondation familiale, est Bâtisseur d’Honneur et président du comité d’orientation culturelle de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin.

Vous êtes l’un des tout premiers mécènes de la Cité. Pourquoi ce projet vous a-t-il séduit ?

Alain Juppé a réuni dès 2008 les représentants des premiers grands crus pour présenter le concept d’une future Cité du vin. Pour moi, c’était une évidence que ce projet devait exister en France – l’importance de la culture y est telle qu’on peut y faire aboutir ce type de projet en toute légitimité, et à Bordeaux, une ville de partage, d’influences, d’où le vin est exporté depuis toujours vers toutes les tables du monde. Bordeaux reste la ville du monde la plus identifiée avec le vin. Le challenge d’avoir sur le port un temple du vin qui puisse faire rayonner cette culture internationale, m’a plu. C’est excitant.
Le mécénat est dans la tradition américaine, et dans celle de la famille Dillon…
Mon arrière-grand-père Clarence Dillon (NDLR : l’acquéreur de Haut-Brion en 1935) et mon grand-père Douglas Dillon (NDLR : l’ambassadeur des Etats-Unis en France de 1953 à 1957) ont toujours mécéné la culture, en France comme aux Etats-Unis. Donc le Clarence and Anne Dillon Dunwalke Trust a immédiatement dit oui à la Cité du Vin.

Domaine Clarence Dillon est « bâtisseur d’honneur », ce qui indique que vous avez contribué pour au moins un million d’euros. Quel est le montant exact de votre engagement financier ?

Je ne crois pas utile de le préciser. Il est plus intéressant d’indiquer que la Cité du Vin, qui a coûté 81 millions d’euros, a recueilli 19 millions via le mécénat privé, un record pour ce type d’équipement culturel. Il y a une vraie cohésion aujourd’hui qui va au-delà de nos intérêts économiques personnels. Il y a même une fierté. Et désormais les entreprises et les particuliers peuvent aussi devenir mécènes.
A part les American friends of La Cité du Vin*, les mécènes internationaux sont absents…
C’est toujours difficile de convaincre en phase projet. Mais ils viendrontnaturellement à travers nos expositions, par le sponsorship.

Que signifie pour vous « civilisation du vin » ?

Une histoire commencée il y 9000 ans, la consommation d’un produit transformé par l’homme, un produit de partage… la Grèce antique où le vin accompagne l’échange d’idées philosophiques et politiques… les religions… Haut-Brion s’inscrit naturellement dans cette histoire, avec ce « new french claret » qui arrive à Londres au XVIIe siècle et réunit au Pontac’s Head les esprits brillants de l’époque, avides d’idées nouvelles. Haut-Brion a aussi appartenu à Talleyrand, le symbole de la diplomatie française. Aujourd’hui encore, quand les chefs d’Etat, quel que soit le pays, reçoivent, il y a toujours un toast avec un verre de vin. Le vin nous rapproche, c’est un symbole fort. La Cité du vin, c’est un toast aux civilisations du vin.

Vous présidez le comité d’orientation culturelle. En quoi consiste votre mission ?

A réunir autour d’une même table douze personnalités internationales du vin et de la culture pour guider, soutenir les projets de la Cité, et mettre bénévolement notre expérience et nos relations à son service. C’est du networking global.

En 2017, la Cité donnera carte blanche à la Géorgie, premier vignoble invité. Pourquoi ce choix qui peut paraître confidentiel ?

La Cité du Vin ne doit être ni élitiste ni aller vers la facilité mais doit parler à tout le monde, initiés, curieux, néophytes. La Géorgie est légitime car c’est l’un des berceaux de la viticulture. Nous allons faire découvrir une histoire extrêmement riche, c’est notre rôle.

Vous aimez l’art, vous avez étudié la sculpture, vous avez été scénariste. Est-ce que tout cela vous inspire des idées pour la Cité du Vin ?

Cela m’a en tout cas aidé à comprendre ce projet et à m’y projeter. Travailler sur des idées de film pour la Cité, pourquoi pas ? Mais ma part créative aujourd’hui est plutôt dans le business.

Une des animations de la Cité est le Banquet des hommes illustres. Qui inviteriez-vous à votre Banquet ?

En fait, je l’ai déjà créé, mon banquet des hommes illustres, à travers les huit dîners donnés dans le monde pour les 75 ans de l’acquisition de château haut-brion. Chaque fois, 75 personnes de toutes nationalités – astronautes, designers, musiciens, acteurs, architectes, politiques…- réunies autour de nos vins et de mets de grands chefs. Nous avons amené notre culture vers leurs cultures. C’est ça, la magie du vin !

*American Friends of La Cité du Vin, présidée par Robert Wilmers, propriétaire de château haut-bailly, et George Sape.

Propos recueillis par Béatrice Brasseur

La Cité du Vin, se griser de culture(s)

©Anaka

 

CÉLÉBRER TOUTES LES CIVILISATIONS DU VIN DANS UN ECRIN CONTEMPORAIN ET UNE SCÉNOGRAPHIE MULTIMEDIA, TEL EST LE PARI DE LA CITÉ DU VIN INAUGURÉE AUJOURD’HUI À BORDEAUX PAR ALAIN JUPPÉ ET FRANÇOIS HOLLANDE. VISITE EN AVANT-PREMIÈRE,  AVANT L’OUVERTURE AU PUBLIC AUJOURD’HUI

 

« Bordeaux met de l’art
dans son vin »

« Bordeaux débouche la culture », « Bordeaux a soif d’innovation »,.. Depuis des mois, la presse bourgeonne de figures de style et chacun ici rivalise de métaphores pour imager la sinueuse silhouette qui se dresse en bord de Garonne, au débouché des Chartrons, le quartier historique du commerce du vin : « sphinx stylisé à l’extrême », « serpent enroulé sur lui-même », « corne de vache utilisée en biodynamie », « tastevin »… Ne dites surtout pas « carafe », ce serait pousser le bouchon trop loin au goût d’Anouk Legendre, fondatrice de l’agence parisienne X-TU*,  lauréate du concours pour la Cité du Vin devant 114 compétiteurs internationaux. L’auteur de ce bâtiment à double courbure affirme qu’il n’est pas question d’y voir une forme mais « un mouvement qui ressort de l’insaisissable… C’est par un jour de brume que nous avons découvert cette anse du fleuve où nous allions devoir raconter l’univers du vin. Nous est alors venues l’idée de marquer le paysage avec une sorte de phare et l’envie d’exprimer un mystère, celui du vin, que l’on ressent différemment selon les circonstances. Le bâtiment, lui aussi, change d’aspect et de forme selon les points de vue ». X-TU : X pour l’inconnue en mathématiques et TU pour in-situ, l’attention porté au lieu, au contexte.

Ici, donc, aucune ligne droite, aucun angle saillant. Dehors, dedans, rien que des courbes, des torsions, des ellipses, des spirales, des volutes, des vortex, des rondeurs lovés en abymes. Les 2500 écailles d’aluminium doré rappellent les pierres blondes de Bordeaux et le fleuve à l’étal sous le soleil, et les 900 panneaux de verre dansent au gré des ciels changeants. Les 13000 mètres carrés sinuent, serpentent jusqu’au belvédère d’où la ville s’offre en panoramique. 574 arches de lamellé-collé composent la charpente « envisagée comme une cathédrale puisque le vin est ici un peu comme une religion », sourit Anouk Legendre qui souligne que le défi technique de recréer le mouvement tournoyant du liquide dans le verre aurait été « impossible sans l’ingénierie informatique ».

Certains évoquent un « Guggenheim du vin ». N’exagérions rien. Le bâtiment n’a pas tout à fait l’aspect ni les proportions prévus initialement, économies obligent. Et comme toujours, comparaison n’est pas raison. Mais une chose est sûre, si Bilbao doit sa renaissance à sa politique culturelle et au fabuleux musée de Frank Gehry, ici aussi, il ne sera question que de culture(s). Et de civilisations, même si ce dernier mot, plein de souffle et de panache mais hélas long et jugé « clivant », a disparu de l’intitulé, réduit au pragmatique « Cité du Vin ». Celle-ci n’est pas un musée riche de collections physiques – pas d’amphores phéniciennes, ni d’hanaps médiévaux… –  mais propose une approche pluridisciplinaire et virtuelle (rassurez-vous, il y a quand même une très riche cave à vins) d’un « patrimoine universel et vivant ». Lequel n’est d’ailleurs inscrit au patrimoine culturel français que depuis 2014, encore un méandre, allez comprendre.

Exposer

« Exposer toutes les dimensions de la culture millénaire du vin, dans ses mythes, ses expressions artistiques, ses rites, sa géographie, son histoire, ses personnages, ses techniques, cela tout autour du monde, voilà notre propos »

résume Laurence Chesneau-Dupin, la directrice culturelle.  Un « voyage immersif », en dix-neuf espaces thématiques, deux heures et cent vingt films et sons, armé du « compagnon», un cicéron high tech, concentré de technologie multimedia interactive, qui a coûté à lui seul 2 millions d’euros.  La scénographie est signée de l’agence londonienne Casson Mann Ltd, qui a aussi planché sur Lascaux IV. Selon Dinah Casson, « le visiteur est imprédictible. Il faut flatter ses sens, encourager sa contemplation et sa réflexion, organiser un voyage dans le sujet, récompenser sa curiosité ». Bref, « transformer une histoire en expérience spatiale agréable », résume Roger Mann. A la Cité du Vin, ça commence par trois écrans géants où défile un Tour du monde aérien des vignobles, des plaines d’Australie aux pentes de Bourgogne, des contreforts des Andes au plat Médoc… Cela se poursuit à la Table des terroirs conçue comme un paysage tactile, où des vignerons de la Rioja ou de Moselle explique leur coin de paradis où l’on se dit que parfois l’eden ressemble à l’enfer. Plus loin, un mur couvert de ceps stylisés détaille sur tablettes digitales les cépages du monde. La Galerie des civilisations, matrice de l’histoire du vin en forme de gigantesque caisse (bois, bien sûr), remonte le temps, en 10 étapes. Elle est bordée par le minimaliste et eliptique Mur des tendances au XXIe siècle. Au Buffet des 5 sens, vous exercez votre nez pour comprendre les clés de la dégustation tandis qu’au Banquet des hommes illustres, Pierre Arditti converse avec Voltaire, Churchill, Napoléon 1er ou Colette sur leur vin préféré. Trois structures gainées d’inox, de bois et de verre évoquent les Métamorphoses du vin dans les barriques, les cuves et les flacons, et six bouteilles géantes symbolisent les grandes familles de vin. Bacchus et Vénus s’expriment à travers les arts ; les yeux rivés au ciel, semi-allongé, vous ne manquez rien de leur dialogue fécond. Encore des questions ? Des experts vous répondent dans un tête-à-tête virtuel. Ceci pour ne citer que quelques unes des animations permanentes. L’une d’elles s’intitule Boire et déboires. La gueule de bois vue par les artistes… Comme le souligne un confrère américain, il n’y avait qu’en France qu’on pouvait imaginer cela. Le parcours est libre, sans ordre de visite. Certaines animations nécessitant d’être vraiment collé au dispositif pour en profiter, il faudra parfois jouer des coudes pour approcher du « comptoir ». Le plus gros challenge sera de gérer le flux des visiteurs (toutes les visites des trois premiers mois seront horodatées).

Etancher virtuellement sa soif de connaissances pourrait très naturellement susciter l’envie d’un retour au tangible. Direction la cave à vins, 12000 bouteilles du sol au plafond, 800 références, 80 pays, soit « la plus grande cave du monde », supervisée par Michel Rolland. Chaque vin est commenté, via un QR code, par Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde 2007. Juste à côté, Latitude 20, le bar à vins. En haut, Le 7, restaurant panoramique avec 500 vins à la carte, géré par Nicolas Lascombes (La Brasserie bordelaise, à Bordeaux, et La Terrasse Rouge à Saint-Emilion, entre autres). Aux fourneaux, un jeune chef formé au Jules Verne, l’un des restaurants parisiens d’Alain Ducasse. La meilleure vue, c’est le bélvédère, bien sûr, au 8e étage, où l’on déguste le vin de la semaine (compris dans le prix d’entrée).

La Cité, un projet initié par Alain Juppé dès 2007 et accueilli à l’époque avec la plus grande circonspection (à Bordeaux, parler des vins du monde, des concurrents, quelle drôle d’idée !), se veut le phare de l’oenotourisme. Une manne que la région a découvert sur le tard. Longtemps les châteaux ont répugné à s’ouvrir au public. Aujourd’hui, tout le monde veut en être. Dans la presse internationale, la Cité est citée parmi les dix plus importantes inaugurations dans le monde en 2016, et la ville, sacrée nouvelle capitale mondiale du vin, figure au top 10 des lieux à visiter cette année. « Nous avions besoin d’un moteur, insiste Bernard Farges, le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) qui réunit viticulteurs, négociants et courtiers. Cet outil, il vaut mieux l’avoir chez nous que ne pas l’avoir (sic). Les touristes (NDLR : 6 millions en 2015) repartiront avec des souvenirs inoubliables de nos vignobles, de nos vins, de la Cité. L’enjeu est de faire partager cette culture du vin. Et d’ici, notamment par le fleuve, on pourra partir visiter les châteaux ». 450 000 visiteurs (60% de Français) sont attendus chaque année. Pari à tenir car l’économie de la Cité dépend désormais entièrement de sa billetterie et des loyers des prestataires. A la barre de ce vaisseau, Philippe Massol, ex-directeur d’exploitation d’un pionnier du tourisme culturel, le Futuroscope.

« C’est un projet exceptionnel, martèle Sylvie Cazes, présidente de la Fondation pour la culture et les civilisations du Vin (l’exploitant de la Cité). De par son architecture qui inscrit Bordeaux et ses vins dans le futur ; de par son montage financier, 80% de fonds publics, 20% de fonds privés, un record ; et de par ses contenus : c’est le seul endroit au monde où l’on parlera de tous les vins du monde !».

Dans trois semaines, la ville accueillera sur ses quais près de 500 000 visiteurs pour la 10e édition de Bordeaux Fête le Vin avec dix « great wine capitals » (Mendoza, Cape Town, Porto, San Francisco…) exceptionnellement invitées. La Cité du Vin n’en accueillera que deux manifestations (une dégustation de huit vins du monde pour cinquante personnes, et une rencontre (« Drôle d’assemblage ») entre le consultant Stéphane Derenoncourt et l’artiste Nicolas Boulard). On pouvait imaginer qu’elle serait plus étroitement associée. Il faut bien roder la machine.

* X-TU a notamment réalisé le pavillon de la France à l’Exposition Universelle de Milan en 2015.

 

 Les chiffres

3 ans de travaux

81 millions d’euros

80 mécènes

13500 m2 sur 10 niveaux

3000 m2 de parcours permanent en 19 espaces thématiques

2 expositions temporaires par an (la première consacrée à Isabelle Rozenbaum qui a photographié le making off de la Cité).

1 carte blanche à un vignoble du monde

 

Pratique

150, quai de Bacalan, 33300 Bordeaux,

www.laciteduvin.com

Ouvert tous les jours jusqu’à 19H30.

Billet Cité : 20€. Billet Atelier : 15€. Abonnement annuel : 48€.

Restaurant : Le 7, saveurs locales et du monde, de 15 à 45€.

Bar à vins : Latitude 20, snack, cave : 12 000 bouteilles de 20 à 50€.

 

Béatrice Brasseur

 

Châteauneuf-du-Pape en 40 secondes

Quarante secondes de film pour quatre jours de dégustation à Châteauneuf-du-Pape.
Avec Michel Bettane, Birte Jantzen, Yves Bontoux, Frédéric Blanc et Gilles Durand.


Les dix bougies d’Orleans

C’est avec le grand public des amateurs que les appellations orléans (vins blanc, rosé et rouge) et orléans-cléry (uniquement rouge) célébreront le dixième anniversaire de la reconnaissance officielle de leur aire de production. Si le décret date du 23 novembre 2006, les festivités débuteront dès le 11 juin avec les “portes ouvertes” organisées par les vignerons indépendants et la cave coopérative de ces deux AOC du Loiret qui couvrent une vingtaine de communes et une centaine d’hectares sur la rive gauche de la Loire, entre Orléans et la Sologne.

Cette journée d’accueil dans le vignoble s’achèvera avec une tablée vigneronne sur la place du village de Mareau-aux-Prés (Tarif : 20 euros, 10 euros le menu enfant. Réservation ici avant le 5 juin). Outre le macaron 2006-2016 ci-dessus, apposé sur les 200 000 bouteilles qui sortiront cette année de ces deux appellations qui élaborent leurs vins à partir des cépages chardonnay, pinot gris, meunier et noir (orléans) et cabernet franc (orleans-cléry), l’événement donnera lieu à un rendez-vous dédié aux professionnels le 5 septembre prochain à Orléans. Enfin, l’heure des vendanges sera aussi celle d’une balade gourmande dont nous vous reparlerons.

Un bar pour l’été

Inauguré jeudi dernier, le bar éphémère du château Pibarnon ouvrira ses portes au public ce jeudi 2 juin. Lancé l’année dernière pour accompagner la saison musicale de ce domaine producteur de bandol, le Pi-Bar a conquis le cœur des amateurs de passage qui ont pu profiter d’une vue « sur le grand amphithéâtre de vignes cultivées en restanques » qui porte jusqu’à la mer (et, de l’autre côté, au massif de la Sainte-Baume et au village du Castellet). La deuxième édition de cette installation estivale créée par Eric de Saint-Victor, propriétaire des lieux depuis 1978, proposera des dégustations gourmandes des vins du domaine accordés à des produits du terroir tous les jeudis soirs jusqu’en septembre. « Pour parfaire ces rendez-vous d’hédonistes le château de Pibarnon propose également des récitals, concerts et bien d’autres surprises », plus de renseignements ici et au 04 94 90 12 73.

Pi-Bar Ephémère, chaque jeudi de 19 h à 23 h.
15 euros l’entrée + buffet, 7 euros le verre.
Réservation impérative.

Troisième succès pour le troisième WineLab

Il y a ce côté « on n’est pas en sucre » pour rire de tout, des plus fortes pluies et des grèves les plus absconses. C’est ce qui nous vient d’abord à l’esprit en accueillant les visiteurs du WineLab au Carreau du Temple, ce lundi.
D’abord, il y eut les exposants, trempés mais tout sourire, avec leurs bouteilles et leurs tarifs. Pas moins de 150 maisons s’étaient inscrites à cet événement réservé aux professionnels. Puis, peu à peu, les dits professionnels ont fait leur entrée. Mais pour quoi faire ?
Le WineLab réunit les bons vins identifiés par Bettane+Desseauve, les bons et les pas (trop) chers. Comme tous les événements B+D, les vins doivent avoir une bonne note pour être admis à exposer. Tout ce qu’il faut que les professionnels y soient. Ce soir, la pluie tombera sur la troisième édition du WineLab et quelque chose me dit que tout le monde devrait être ravi.

 

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© Riedel

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© Champagne Lucien Collard

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© V.Barbier

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© N. de Rouyn

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© N. de Rouyn

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© C. Cousinet

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© M.A. Paradis

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© C. Cousinet

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© C. Cousinet

Les vignerons sont à Lyon

Une cinquantaine de cavistes, restaurants et bars à vins lyonnais participent à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 5 juin à la deuxième édition du festival organisé par l’interprofession du Beaujolais (Inter Beaujolais). Au programme de cette festive semaine consacrée à la dégustation, il y a de quoi satisfaire tous les genres d’amateurs. Animations à caractère pédagogique (cours de cuisine, ateliers dégustation, accords mets-vins), conviviale (dîners avec les vignerons, afterworks, brunchs) ou bucolique (barbecue dans les vignes), « tous les goûts sont dans la ville » et tout est répertorié .

En kiosque

Pour la première fois, Bulles & Millésimes, le magazine consacré aux vins de Champagne édité par JBD Com bénéficie d’une diffusion nationale. Le sixième numéro de cette publication semestrielle lancée il y a trois ans, seule à se consacrer uniquement à l’univers du champagne et ce sur une centaine de pages, est disponible depuis quelques jours chez les marchands de journaux dans toute la France (8 euros).