Chef de caves des champagnes Charles Heidsieck depuis 2012, Thierry Roset vient d’être nommé Sparkling Winemaker Of The Year lors de l’édition 2014 de l’International Wine Challenge, l’un des plus importants concours de vins au monde. « Quand tout change, il ne faut pas de rupture. » C’est avec cet amusant contrepied que Thierry Roset avait qualifié le challenge qui lui était confié au moment où Régis Camus, qui avait repris le flambeau de Daniel Thibault, allait se consacrer exclusivement à Piper-Heidsieck avec le succès et les médailles que l’on sait.
Cette récompense vient aujourd’hui confirmer une réussite qui doit beaucoup à l’« esprit de suite » que revendique Thierry Roset. Une loyauté qui caractérise aussi la maison auprès de laquelle il a passé 25 ans à apprivoiser, auprès de Daniel Thibault puis de Régis Camus, ce sens du relatif et du temps qui passe qu’impose la fréquentation des grands vins.
A l’heure du renouveau de “Charles” (qui, comme Piper, a été racheté en 2011 par le groupe EPI, en lire plus ici), les premiers assemblages qu’il a signé seul sont sortis dans une nouvelle bouteille dont la forme correspond à celle d’une crayère de la maison. Le panel des crus a été resserré, passant de 120 à 60, et la maturation des vins de réserve augmentée, de dix à quinze ans.
Ces derniers interviennent à 40 % dans l’assemblage et leur âge moyen est de 8 à 10 ans pour l’élaboration du champagne Charles Heidsieck Brut Réserve. A propos de cette cuvée de prestige, Thierry Roset dit vouloir « des vins à livre ouvert, pour jouer avec leur complexité et leur profondeur. »
Charles Heidsieck, un autre grand chef de caves
Biodynamie, choisir son vin
La troisième édition du guide qu’Evelyne Malnic consacre aux vins issus de propriétés travaillant selon les règles de la biodynamie (nous vous en avions parlé là) est basée sur une dégustation par un jury composé de 21 dégustateurs professionnels qui s’est tenue du 14 octobre au 18 novembre 2013 en Normandie et d’une autre, consacrée aux vins suisses, qui a eu lieu en décembre dernier à Lausanne. Pour cette édition, 136 domaines ont présenté 487 vins, de façon volontaire et gratuite. Au total, 451 vins français et 23 vins suisses figurent dans cet ouvrage qui met à l’honneur les résultats de ce mode de culture, mais aussi la vision du monde qui le sous-tend, via une présentation des domaines, des vignerons et de leur engagement.
Les vins sont classés par région, puis par appellation, et enfin par ordre alphabétique des domaines au sein des AOC. Leur dégustation a eu pour résultat leur hiérarchisation en cinq catégories, vin honnête, vin bon, vin très bon, vin excellent et coup de coeur à l’unanimité du jury. Toutes les caractéristiques culturales sont mentionnées, cépage, terroir, rendement, taux de sulfite, vinification et élevage, ainsi que les pratiques biodynamiques, préparations utilisées, tisanes et jours de pulvérisation. Le prix, le temps de garde estimé dans de bonnes conditions de conservation et le meilleur accord gourmand viennent parfaire ces indications visant à mieux faire comprendre aux amateurs le vin et le travail du vigneron en biodynamie.
Guide des vins en biodynamie, 3e édition, Evelyne Malnic, 328 pages. Editions Féret, 22,50 €
« Figeac va bien »
Beaucoup de mouvements à Figeac, ces derniers temps. Valmy Nicolas en co-gérant et Michel Rolland en consultant, Figeac est-il en train de changer ?
Les réponses de Frédéric Faye, nouveau directeur général du château.
Clinet by Ronan
D’un château, Clinet n’a rien. Une allure d’école de filles époque Jules Ferry, une petite gare de basse province, ce genre de bâtiment municipal, ce charme-là. Un château, non. On est loin des édifices destinés à impressionner le travailleur des vignes et le client de passage. Le chai, récent, a une modernité, mais enfin, ce n’est ni Nouvel ni Portzamparc. Et on fait du vin quand même ? Oui et du bon. Château-Clinet met en marché un grand pomerol et deux vins de négoce, de fins breuvages dont les propriétaires n’ont…lire la suite.
Un samedi rosé
Après le succès d’une première édition qui a attiré plus de 1 500 visiteurs, la deuxième journée dédiée au rosé de Tavel, portée par les vignerons de l’appellation, se tiendra demain. Soutenu par la municipalité, la région Languedoc Roussillon, le Conseil général et l’Agence de développement et de réservation touristique du Gard, la Communauté d’agglomérations du Gard rhodanien et différents partenaires (France Bleu Vaucluse, France Bleu Gard, Groupama, Crédit Agricole et la coopérative agricole CAPL), cet événement auquel participent également les restaurateurs, les commerçants et les artistes de Tavel offre un programme varié axé autour du vin, du patrimoine de la ville et de la gastronomie. Visite guidée par une historienne de l’art des jardins murés du XVIIIe siècle, balade gustative dans les jardins de la Condamine afin d’apprécier les différents accords mets-vin proposés par les vignerons, expositions, conférences, pièce de théâtre et, évidemment, musique (jazz manouche, fanfare, etc.) rythmeront cette soirée. Outre la glace au tavel créée par le glacier Boris Vezolle offerte à l’entrée de la manifestation, les gourmands pourront découvrir le pain au tavel et apprécier les différentes propositions des chefs Michel Kayser, parrain de la manifestation, Julien Allano, Serge Chenet et Christine Teste, autour du haricot coco de Tavel.

Couleur Tavel, samedi 19 juillet de 16 h à minuit.
5 € le verre de dégustation, 15 € le verre de dégustation + 4 verrines créées par les chefs,
35 € le verre de dégustation + 4 verrines + dîner. Réservation au 04 66 50 32 34, plus d’infos ici.
Le challenge du madiran
Plaimont Producteurs et la Cave de Crouseilles proposent aux cuisiniers amateurs ou chevronnés de participer à la deuxième édition du concours gastronomique Toques en Madiran. Sous le parrainage de Yannick Delpech, chef étoilé du restaurant toulousain L’Amphytrion qui fut le plus jeune nommé par le guide Michelin (c’était en 2000, il avait 24 ans), il s’agit de faire une proposition de mariage entre une recette originale et un vin de cette appellation du Sud-Ouest (voir ci-dessous). « Entre Terre et Mer », c’est le thème de cette édition 2014 dont le but, que l’on revisite un grand classique ou qu’on se lance dans des créations plus audacieuses, est évidemment de proposer la combinaison mets et vin la plus réussie. Les cinq finalistes se verront offrir un week-end pour deux personnes afin de venir réaliser leur recette lors des portes ouvertes de l’AOC madiran, les 15 et 16 novembre prochains.
C’est sur la base de trois critères – qualité de la recette et de son éxecution, respect du thème, bon accord avec le madiran choisi – que le jury présidé par Yannick Delpech et composé de Dominique Toulousy, meilleur ouvrier de France et ancien chef étoilé des Jardins de l’Opéra, Robert Desbureaux, président de l’Association des sommeliers de Midi-Pyrénées, Loïc Dubourdieu, œnologue de la Cave de Crouseilles, et Aymone Vigière d’Anval, journaliste au magazine gastronomique Saveurs, attribuera les Toque d’Or, Toque d’Argent et Toque de Bronze 2014. Il faut s’inscrire ici, dès à présent et jusqu’au 15 octobre pour participer à ce concours ouvert à tous.
Toques en Madiran 2014, les vins :
Au rang des madirans classiques, Carte d’Or, Terroirs de Tilhet, Grande Réserve d’Or, Grains de Roy, Chenaie du Tilh, Domaine Manaude, Domaine de Fauron. Dans un style nouveau, Lou Moussu et Maestria. Pour les grands vins de Madiran, Courtet Laperre, Château de Crouseilles.

Douro, un passeport pour les vendanges
Créateur de séjours œnologiques, l’agence de tourisme en ligne Wine Passport propose aux amateurs de « participer au moment le plus intense du cycle vinicole : les vendanges. » Appréhender la maturité du fruit, comprendre ce que sont les sélections parcellaires, le tri, la cuvaison, la fermentation, bref expérimenter la viticulture d’un peu plus près, c’est l’objet de ces propositions de voyages. Que vous assistiez aux vendanges en France (Saint-Emilion), en Espagne (Ribera Del Duero) ou au Portugal, dans la vallée du Douro, ces différentes expériences incluent des étapes de charme dans des hôtels ou maisons d’hôtes et dans des restaurants qui ont tous été testé par les équipes de Wine Passport. Si l’agence s’occupe de tout, trains, avions, transferts, mais aussi livraison des vins à votre domicile après votre retour si vous le souhaitez, votre séjour n’est pas « organisé ». Un carnet de voyage vous permet de piocher les meilleures adresses pour vous reposer, vous promener ou visiter la région.

Dans les coulisses des vendanges du porto,
3 jours/2nuits partir de 349 € par personne, plus d’infos ici.
Dégustation à domicile
Les habitants de la région Franche-Comté peuvent découvrir gratuitement à leur domicile les vins émanant du vignoble de 5 300 hectares travaillé par les vignerons de la cave coopérative Plaimont Producteurs. Proposé par le site de vente en ligne Degustavins (implanté à Besançon) et basé sur le regroupement de mille vignerons, cette proposition unique en son genre permet de découvrir, sur simple demande, des vins du Sud-Ouest méconnus du grand public et essentiellement réservés à la restauration ou à l’export. De la découverte des cépages – gros et petit manseng, colombard, petit courbu, pinenc, tannat, cabernet-sauvignon – à celle des arômes, chaque dégustation dure une heure et demie. La sélection, constituée de cinq vins, est renouvelée chaque mois.
De l'intérêt d'internet
La collection des Précis de la vigne et du vin de la maison d’éditions Féret, qui a pour objectif de fournir aux professionnels et aux étudiants de la filière vitivinicole « des outils pratiques, nécessitant un minimum de connaissances techniques, et pouvant être lus rapidement » vient de s’enrichir d’un nouveau titre dédié à la place du numérique dans le vin et vice versa. Co-signé par deux spécialistes de l’e-commerce, Patrice Malka (diplômé du Wine & Spirits MBA de l’école de management de Bordeaux Kedge, titulaire du Wine & Spirit Education Trust niveau avancé et auteur d’une thèse sur l’impact des réseaux sociaux dans le vin) et Vincent Pétré (titulaire du Master of Science Wine Marketing & Management de l’INSEEC Bordeaux), cet ouvrage relate la façon dont le vin et le numérique se sont rencontrés. « Avec autant de difficultés que la tradition accepte la modernité sur son chemin », certains professionnels du vin se passant encore des réseaux sociaux ou ne les optimisant pas.
Si les auteurs soulignent que le vin a « sa place dans ces médias » et que beaucoup ont à gagner en adoptant ces supports, ils précisent aussi qu’il ne faut pas s’engager dans les réseaux sociaux « par mode ou sur un coup de tête ». Parce qu’il est nécessaire de « réfléchir à ses objectifs et de bâtir sa stratégie en intégrant le fait que les réseaux sociaux sont un des éléments de la communication digitale et plus largement du marketing de l’entreprise », ce précis se veut une une aide à la décision permettant de combler une éventuelle méconnaissance des outils disponibles. Il s’attache à situer les réseaux sociaux dans ce contexte spécifique et apporte des éléments de réponses pour comprendre les enjeux et les bénéfices possibles. Tout au long de l’ouvrage, des exemples et des bonnes pratiques donnent des informations concrètes sur la mise en place et les règles à suivre.
Patrice Malka et Vincent Pétré, Les Réseaux sociaux et le vin. 88 pages, 9,90 €
Négoce bordelais : la grosse transaction
BCAP, la holding de la famille Castéja, vient de prendre le contrôle de Mälher-Besse (32 millions d’euros de chiffre d’affaires, une quarantaine d’employés). Les activités de négoce de cette maison fondée en 1892 viennent s’ajouter à celles de la maison historique de la famille Castéja (Borie-Manoux) ainsi qu’à celles de Grands Vins de Gironde, acquis par le groupe en 2011. Outre le négoce de vins dès l’entrée de gamme jusqu’aux plus grands crus, BCAP possède une branche « châteaux » constituée d’une dizaine de propriétés, dont Trotte Vieille (Saint-Emilion), Beau Site (Saint-Estèphe) ou encore le Domaine de l’Église (Pomerol).
Les chiffres de cette acquisition, en discussion depuis un an, n’ont pas été communiqués. A la tête de la maison Mälher-Besse depuis 2006, Stéphanie Mähler-Faguer a vendu ses parts, tout comme une grande partie de la famille. Son frère Franck, qui a dirigé la structure avant elle, reste au capital en situation minoritaire. Philippe Castéja a indiqué que « BCAP apportera à Mähler-Besse la stabilité actionnariale recherchée aux côtés des actionnaires familiaux, dont Franck Mähler-Besse, et lui permettra de poursuivre son développement en toute sérénité. »
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