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Bordeaux à tout prix

Négociant, producteur et gestionnaire de crus bordelais, Jean Merlaut est présent sur internet depuis 1999. Quelques années qui ont vu la vente de vins (et de bien d’autres choses) en ligne se développer, au niveau de l’offre comme de l’acte d’achat. Aujourd’hui, toujours sur la base d’un stock considérable (2 millions de bouteilles) et de quarante années d’expertise qui ont enrichi ses relations avec les propriétés autant que sa connaissance des terroirs bordelais, Jean Merlaut propose à ses acheteurs
un site entièrement repensé. Plus moderne et fonctionnel, et toujours uniquement consacré à Bordeaux, il inclut différentes fonctionnalités dont on ne peut plus se passer (lecture sur smartphone ou tablette, propositions de produits associés, personnalisation, fidélisation, etc.).

Beaucoup mieux mise en avant, la gamme des vins proposés commence avec des bouteilles à 4 euros et va jusqu’aux flacons les plus chers, à 5 000 euros. La sélection est organisée de façon à mettre en avant aussi bien ces raretés, (Château Petrus 2002, 6 480 euros les 3 bouteilles, Château Yquem 2005, 4 500 euros l’impériale) que des vins que le propriétaire aime boire (Cuvée Jean-Baptiste Dudon 2000, 96 euros les 12 bouteilles, Château Ampélia 2006, 129 euros les 12 bouteilles) ou des coups de cœur (Château La Perrière 2010, 54 euros les 6 bouteilles, Château Boutisse 2009, 204 euros les 12). Enfin, selon les millésimes, entre 100 et 130 crus sont proposés chaque année en primeurs. Côté livraison, l’idée est que les bouteilles connaissent le délai de transport le plus court possible. Ainsi, toute commande de vins livrables immédiatement passée avant le jeudi soir est expédiée le lundi suivant.

Le Clos de Tart donne un whisky


La gamme Private Edition de Glenmorangie, distillerie fondée en 1843 dans les highlands écossais, propose chaque année aux amateurs une édition limitée d’un whisky rare et original. Après
Sonnalta PX, vieilli en barriques de sherry Pedro Ximénez (médaille d’or de l’International Wine
& Spirit Competition
2010), Finealta, une réinterprétation d’une recette de 1900 (médaille d’or de l’IWSC en 2012), Artein, whisky élevé dans des fûts de vins de Toscane (médaille d’or de l’IWSC en 2013), et Ealanta, vieilli en fûts de chêne blanc américain vierge et désigné whisky de l’année par
la Bible du whisky de Jim Murray, voici Companta. Derrière ce nom gaélique signifiant « amitié »
se cache un assemblage minutieux de spiritueux ayant longuement vieilli dans des fûts du Clos
de Tart
. Bill Lumsden, directeur de la distillation et de la création des whiskies chez Glenmorangie,
cite la Bourgogne comme faisant partie de ses visites les plus mémorables au long de vingt années
passées à sillonner les plus grands vignobles. « Les domaines de cette région, même les plus petits,
ne semblent pas se préoccuper des rendements, des coûts ou du temps. Ils travaillent inlassablement dans le seul but de produire le meilleur vin.
» Une quête de perfection qu’il compare à celle de Glenmorangie et qui est à l’origine de cette cinquième Private Edition.

« Cette philosophie que nous partageons m’a inspiré une création qui témoigne de mon goût pour
les vins français et rend hommage aux vignerons que j’ai la chance de rencontrer au cours de mes voyages. Après avoir sélectionné des lots de Glenmorangie vieillis en fûts de bourbon traditionnels
de chêne blanc américain, je les ai transvasés dans des anciennes barriques de grand cru du Clos de Tart, l’un de mes vins préférés et l’un des domaines les plus prestigieux de Bourgogne. Au bout d’un certain temps de vieillissement prolongé, les barriques ont apporté du corps et des saveurs profondes de fruits rouges au caractère floral et élégant, qui fait l’identité du Glenmorangie.
» Pour donner
à sa création plus de profondeur et de caractère, et contrebalancer le caractère vif et épicé apporté par ces fûts bourguignons, Bill Lumsden y a ajouté un lot de Glenmorangie vieilli dans d’anciennes barriques de vin doux naturel des Côtes du Rhône. « Grâce à un ajustement minutieux, nous avons obtenu un assemblage harmonieux à l’équilibre parfait, ni trop dur, ni trop fade. »

GlenmorangieCompanta

Mis en bouteilles sans filtrage à froid pour préserver le corps et la texture, le Glenmorangie Companta est disponible chez les cavistes (85 €, prix indicatif).

Bordeaux, les grands crus concernés par la grêle

L’été dernier, au même titre que d’autres régions viticoles, la Gironde n’a pas été épargnée par
la grêle. Des centaines d’exploitations y ont été très gravement touchées (lire ici le témoignage
d’un vigneron paru dans Sud-Ouest). L’œnologue consultant Stéphane Derenoncourt, qui est aussi
viticulteur en Castillon Côtes de Bordeaux, une appellation proche de Saint-Emilion, a perdu 60 %
de sa récolte. Devant ce sinistre et celui de ses voisins, il a eu l’idée de faire appel à la solidarité des grands crus de Bordeaux par le biais d’une vente de charité exceptionnelle de vins et flacons rares
au profit de l’association viticole intercommunale du Castillonnais (AVIC). Selon la revue La Vigne,
qui fait part du bel étonnement de Daniel Fénelon, maire de Belvès-de-Castillon et président de l’AVIC, une cinquantaine de grands crus ont accepté de jouer le jeu (en lire plus ici). Un élan de générosité dont les fruits seront récoltés le 29 avril prochain à Paris, sous la houlette de la maison Christie’s.

LeBristol

Bettane + Desseauve à Shanghai

Regardez, l’hiver est fini.
Ses assoupissements momentanés cèdent enfin la place à une belle activité. On s’ébroue, on bat le rappel des copains et la fine équipe de Bettane+Desseauve s’envole pour Shanghai avec une centaine de producteurs français, italiens et américain qui vont s’y rassembler pendant 48 heures à la fin de la semaine. Tous ensemble, ils vont participer à la seconde édition de la Bettane + Desseauve Wine Experience, l’un des cinq salons organisés…lire la suite

Vino business, complément d’informations

On m’a beaucoup reproché mon billet d’hier qui était jugé « malpoli » ou « à la limite de l’insulte » ou « machiste » voire « paternaliste » à l’endroit de Madame Saporta, maladroite auteur de Vino business, un petit livre inutile. J’ai ri.
Pour m’amender, je propose ci-dessous ce texte très argumenté. Je l’ai reçu hier, par mail et de manière anonyme et il apparaît que son auteur signe d’un pseudonyme. Ainsi l’information des lecteurs de ce blog sera complète. Je le publie tel que je l’ai reçu, fautes d’orthographe et de typo incluses, sans rien en modifier.
Sur le même sujet, je renvoie également à la lecture de L’Express de…lire la suite

Les meilleurs bistrots + leurs meilleurs vins


La version 2014 du seul et unique guide dédié uniquement aux bistrots (à Paris et à Bruxelles)
sera disponible mercredi 19 mars en librairie. Contemporaine, traditionnelle, typique d’une région de France ou d’ailleurs, la cuisine de 420 établissements, dont 80 nouveaux venus et plus de 55 adresses belges, y est passée en revue. Parmi ces adresses, 40 bistrots se sont vu attribuer la note suprême, contre 32 en 2013. Un bon cru, donc, et une sélection toujours aussi exigeante puisque 100 établissement disparaissent du guide. Côté cartes des vins, ce sont Bettane & Desseauve qui ont sélectionné les bouteilles à privilégier, sur des critères allant du talent du vigneron à la qualité du millésime proposé, en passant par l’excellence du rapport qualité-prix.

Le Lebey des Bistrots 2014, 320 pages, 12,90 €

Le Domaine de l’Hortus chez Legrand

Demain, le “Mardi de Legrand” sera consacré aux vins de la famille Orliac, installée dans la combe de Fambétou, au cœur du pic Saint-Loup, depuis les années 70. Défricher, planter, attendre patiemment le premier millésime né de leurs soixante hectares, en 1990, voilà l’histoire de Jean et Marie-Thérèse, et désormais de leurs enfants Marie, François, Yves et Martin. Des « amoureux du travail bien fait et du geste juste » qui ont fait beaucoup pour la réputation des vins de leur région. La dégustation présentera plusieurs millésimes de Grande Cuvée de l’Hortus, en rouge et en blanc, et de Bergerie de l’Hortus en rouge, en blanc et en rosé. Participation : 90 €, tous les renseignements et les autres rendez-vous du mois (dont une soirée truffes le 25 mars) sont sur le tout-nouveau-tout-beau site des caves Legrand.

La Montagne de Corton

De tous les grands crus dont la Bourgogne peut être fière, pour reprendre un début de phrase célèbre du Docteur Lavalle, auteur de la non moins célébre « Histoire et Statistique de la Vigne des Grands Vins de la Côte d’Or », le corton est sans doute celui qui a perdu le plus de prestige. Considéré naguère comme un rival possible du chambertin, il vaut aujourd’hui beaucoup moins cher. A-t-il démérité ou bien sa relative défaveur actuelle n’est-elle qu’un effet de mode ?

On a certainement réuni dans la délimitation actuelle du grand cru des vignobles au potentiel trop inégal et d’une superficie excessive. Les meilleurs climats classés grand cru ou premier cru de Bourgogne dépassent rarement 20 hectares. Le grand cru Corton, si l’on additionne les vignes rouges et blanches, couvre 160 hectares et produit largement plus de 600 000 bouteilles, ce qui ne permet pas la rareté de l’offre propre aux séries limitées.

Sur ces 160 hectares, plus de la moitié ne peuvent – à leur meilleur – produire qu’un excellent vin, certes bien constitué et largement supérieur aux crus d’appellation village, mais ne possédant ni le raffinement de saveur et de texture ni l’originalité de caractère qui font les vrais grands crus.

Sur ce point, on aurait dû suivre la tradition et se limiter aux parties du cru classées « têtes de cuvée » au milieu du XIXe siècle qui, elles, ont toutes les qualités requises pour permettre ce supplément de tempérament qui fait les vins d’élite. Avec une petite marge d’agrandissement pour corriger un ou deux oublis.

Par ailleurs, ce grand cru trop vaste ne possède pas vraiment de producteurs emblématiques ayant constamment dans le dernier demi-siècle livré au public un vin digne de ses attentes. Le constat s’applique d’ailleurs davantage aux rouges qu’aux blancs.

On connaît le cercle vicieux dont sont victimes les vins de communes voisines de grands terroirs à la réputation mondiale mais quasi inconnues du grand public. C’est le cas des vins de villages comme Pernand-Vergelesses ou Ladoix-Serrigny. Le manque de notoriété ne permet pas de vendre à un prix suffisant pour optimiser la qualité et, désespéré, le producteur cherche à diminuer les coûts de production et donc, à terme, continue à banaliser la qualité et à rendre la demande encore plus faible.

Il est quand même encourageant de constater que quelques viticulteurs parviennent à éviter cette dérive et à mettre en valeur un ensemble de crus à la personnalité très attachante qui offrent quelques-uns des meilleurs rapports qualité/prix de la Côte de Beaune.

A découvrir : le grand cru Corton et ses différents climats

Le grand cru Corton et ses différents climats

Le grand cru Corton dans son état actuel est certainement celui dont la délimitation définitive a demandé le plus de temps. L’État a pratiquement attendu un demi-siècle après la création des appellations d’origine contrôlée pour le délimiter avec précision. Il a fallu en effet tenir compte d’usages commerciaux très compliqués et qui ont profité du long silence du législateur pour se compliquer encore davantage.

En effet, à l’origine, le nom de Corton provient d’un petit bois qui coiffe, entre Aloxe-Corton et Ladoix- Serrigny, un majestueux coteau lisse et uniforme vu de loin, mais en réalité fort accidenté et très diversifié.

La popularité du nom de l’empereur Charlemagne, qui effectivement eut en sa possession très jeune et très peu de temps un petit clos à cheval sur Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses, donna l’idée de l’appliquer à toutes les vignes voisines pour former le lieu-dit Charlemagne. Le même nom magique décupla au XIXe siècle le renom de Corton, grâce à l’astuce commerciale des négociants qui regroupèrent les deux noms pour distinguer les vins blancs des vins rouges.

Aujourd’hui, toutes les vignes de la colline, jusqu’au point bas de pente où apparaissent des terres d’alluvions, ont droit à l’appellation premier ou grand cru. Leur originalité tient à la superposition de deux types de calcaires jurassiques, plus ou moins riches en marnes. Le plus jeune des deux se trouve en milieu et bas de pente. Il est riche en oolithes (calcaires de fossiles marins) et en chailloux (ou chaillots), à savoir des calcaires à silex, plus siliceux. Le plus ancien et le plus riche en marnes couvre la partie supérieure.

Dans les deux cas, une oxydation plus ou moins marquée du fer contenu dans le sol change sa couleur apparente, qui va du blanc légèrement ocre au rouge ou au rouge-brun.

Par empirisme, les vignerons locaux ont toujours pensé que les sols les plus clairs convenaient au raisin blanc et les sols rouges au raisin rouge et force est de leur donner raison.

Le plus compliqué dans cette marquèterie géologique est que, dans les limites étroites de chaque lieu-dit, des différences de couleur faciles à voir, dues à ces différentes veines interdisent de faire le même type de vin et rendent souvent inexactes ou abusives les généralisations si prisées des amateurs et, même, des experts.

Dans l’étude des différents climats du grand cru, nous avons décidé de suivre la courbe du coteau depuis le nord (côté Ladoix), jusqu’au sud (côté Pernand), mais en respectant la hiérarchie établie en 1855 dans sa célèbre monographie sur les vins de Bourgogne par le docteur Lavalle, d’abord parce qu’il savait de quoi il parlait, ensuite pour son intérêt historique.
Nous avons naturellement ajouté à leur place géographique les lieux-dits qu’il ne mentionne pas, mais qu’on trouve sur les étiquettes aujourd’hui et qui ont été intégrées dans le grand cru Corton.

Aloxe-Corton

Nous sommes ici au cœur du terroir historique du grand cru et les meilleurs climats donnent incontestablement dans les deux couleurs les vins les mieux constitués et les plus complexes, ceux qui méritent incontestablement la classification de grand cru.

Les crus “hors ligne”

Les “premières cuvées”

Les “deuxièmes cuvées”

Les climats non cités par le docteur Lavalle

Crédit photo : BIVB/MONNIER H