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En ce moment dans les vignes


Sur le site de l’interprofession bourguignonne (BIVB), l’amateur peut suivre mois par mois ce qu’il se passe
dans les vignes. En ce moment, on taille, la suppression d’une partie des sarments permettant de maîtriser les rendements. Plus prosaïquement, la vigne étant une liane, la taille est indispensable pour pouvoir circuler et travailler dans le vignoble. En Bourgogne, c’est la taille dite “Guyot” (ou longue) qui est la plus répandue même
si la taille “en cordon nbso online casino reviews de Royat” est pratiquée régulièrement à Santenay et sur les vignes de clone. Culture
pérenne qui vit 50 à 60 ans, la vigne ne nécessite pas chaque année toutes les interventions mentionnées
sur ce tableau. Arrachage, fumure ou mise en pépinière n’ont ainsi lieu, selon la durée d’exploitation du vignoble, qu’une fois tous les demi-siècles.

Le bel inconnu de la Côte de Beaune

Santenay, à l’extrême sud de la côte de Beaune est une des communes les plus attachantes et aussi une des plus injustement méconnues du vignoble bourguignon. Comme beaucoup d’autres, elle a pâti de l’instauration des appellations contrôlées qui a favorisé quelques communes aux dépens des autres.
Pendant longtemps la solidité de constitution de ses vins a permis d’améliorer les crus de longue garde comme Corton et Pommard et, particulièrement, les cuvées destinées à l’exportation et qui devaient donc supporter mieux les voyages.

Quand l’appellation d’origine est devenue la loi, les négociants locaux, assez stupidement (ils ne s’en rendent compte hélas que plus de soixante ans plus tard), ont créé une hiérarchie de prix entre les différentes communes et ont décidé que Santenay serait, quelle que soit la qualité de ses produits, le Pommard du pauvre, ce qui n’encourageait guère les vignerons locaux à être perfectionnistes en matière de viticulture ou d’élaboration du vin.

Ils oublièrent qu’un de leurs collègues installé à Santenay fut considéré pendant toute sa vie comme le plus célèbre de Bourgogne. Il y avait de quoi. Imaginez la réunion des vignes du domaine de la Romanée-Conti et du domaine de la Pousse d’Or, sans parler d’autres crus prestigieux et devinez où tous ces crus étaient vinifiés et élevés.

Certainement pas là où ils le sont aujourd’hui, mais au cœur justement de Santenay dans les caves du Passe-Temps et celles qui abritent aujourd’hui la maison Prosper Maufoux. L’illustre Albert Duvault-Blochet s’y était installé et encore aujourd’hui un de ses descendants directs fait du vin dans le Haut-Village. On peut le comprendre.

Le paysage si étroit de la côte s’élargit ici magnifiquement avec les perspectives très ouvertes des coteaux de la montagne de Chassey-le-Camp, de l’autre côté de la vallée de la Dheune qui déploie de ravissants méandres en contre bas du coteau viticole, lui-même adossé et protégé par les monts des Trois-Croix.
L’existence de nombreuses sources d’eaux aux vertus médicinales multiples y a favorisé l’implantation humaine et l’une d’entre elles est toujours exploitée par un établissement thermal qui se double, pour attirer le public, d’un casino fréquenté par beaucoup de vignerons du secteur.

Le village se subdivise lui-même en trois secteurs. Le bourg avec ses belles maisons cossues, mais sans grand cachet. Les habitations plus anciennes du haut-village. Le quartier Saint-Jean au cachet inégalable qui symbolise toute la force et l’attraction de l’ancienne Bourgogne.

Le château de Philippe le Hardi, aux bâtiments d’exploitation gigantesques, fait admirer les arbres les plus vieux du département et mérite le détour. Mais la vraie force du village tient à la valeur de ses vignerons.

Leur gentillesse, leur solidarité interne, renforcée par la bonne santé de leur confrérie vigneronne, les Grumeurs de Santenay, leur générosité, leur idéalisme, sont si différents de l’auto satisfaction permanente de tant de vignerons des communes voisines, pervertis par un enrichissement trop rapide au cours des trente dernières années.

La nouvelle génération aux commandes du syndicat continue la tradition et compte bien imposer à tous une nouvelle charte de production qui rend les contrôles plus intelligents et efficaces et surtout responsabilise tous les vignerons en leur demandant de s’engager individuellement à travailler selon les règles de l’art.

Il nous a semblé particulièrement d’actualité de procéder, comme nous l’avons fait à Gevrey-Chambertin, à un état des lieux de la viticulture actuelle à Santenay. Michel Bettane

Les terroirs de Santenay

Les premiers crus
Les crus d’appellation Santenay-village

Crédit photo: BIVB/Monnier H.

Les premiers crus de Santenay

L’ensemble des premiers crus de Santenay couvre 170 hectares, soit la moitié de la totalité des vignes du village. C’est une belle proportion qui tout simplement indique la qualité générale des expositions du village qui se trouvent toutes en coteau.

Les premiers crus se déploient sur toute l’aire de la commune. À l’est, côté Chassagne-Montrachet, avec les terroirs localement les plus réputés comme les Gravières et le clos Tavannes. Au centre, au dessus du village, avec la Maladière et Beaurepaire. À l’ouest, côté Maranges où commence le département de Saône et Loire, avec le clos Rousseau, orthographié « clos Roussot » dans son prolongement en appellation Maranges.
Si l’exposition varie un peu, du sud au sud-est, le micro-climat peut être plus ou moins froid selon l’altitude, généralement inférieure à 300 mètres, mais les zones les plus froides sont rarement classées en premiers crus.

Comme souvent, les parties hautes sont un peu plus marneuses, mais la principale différence, en dehors du dosage des oligo- éléments dans un ensemble assez cohérent, est la présence plus ou moins marquée de terres rougies par de l’oxyde de fer et qui don- nent en principe les vins blancs ou rouges les plus solides.
Pour rendre plus facile la consultation de cette étude, on a regroupé par ordre alphabétique les premiers crus et, pour l’appellation village, les lieux-dits les plus utilisés. Michel Bettane

Liste des premiers crus de Santenay
Beauregard
Beaurepaire
Clos des Mouches
Clos Faubard
Clos Rousseau
Clos Tavannes
La Comme
La Maladière
Le Passe-Temps
Les Gravières
Clos des Gravières

Crédit photo : BIVB/Gadenne D.

Beauregard

Ce climat situé au dessus des gravières, mérite parfaitement son nom par la qualité de son exposition et de la vue panoramique qu’on a depuis le moulin à vent, très bien restauré, qui est en son centre et qui permet de repérer le lieu-dit.

Les vignes au dessus du moulin, comme celles au dessous, partagent le même type de sol typiquement Santenay, assez riche en marne et caillouteux. On a commencé à y planter du chardonnay, mais jusqu’ici les vins blancs sont loin d’avoir la personnalité des rouges, qui sont dans la continuité de style des chassagne-montrachet morgeot, assez colorés et tanniques et dotés d’un fruité de cerise prononcé.

La rusticité des tannins qu’on constate ici ou là dans les dégustations et le manque de précision du fruit relève plutôt de la responsabilité du vinificateur maladroit.

Michel Bettane

Beaurepaire

La vigne continue le cru de la Maladière, au dessus du château de Philippe le Hardi et juste en dessous du climat Sous la Roche, célèbre pour ses blancs.

L’exposition, un rien plus froide que celle des Gravières ou du bas des Beauregard, ne gêne pas la maturation du raisin, qui est généralement excellente. Le sol marno-calcaire a incité quelques vignerons à planter du chardonnay sur les parties hautes avec plus de succès par exemple que sur Beauregard. Le blanc y prend un caractère minéral de pierre à fusil très agréable.

Les rouges ont de la finesse, de la rondeur et lorsqu’ils sont bien vinifiés, font incontestablement partie de l’élite du village avec un peu moins d’épices au nez que dans la vigne des Hâtes qui se trouve directement en dessous de Beaurepaire et qui n’est pas classée premier cru.

Michel Bettane

Clos des Mouches

Tout petit clos (moins grand que la Romanée-Conti) qui constitue en fait la pointe de Beauregard, remarquablement exposé. La terre caillouteuse est chaude et donne des raisins plus mûrs en blanc qu’en rouge.

Michel Bettane

Clos Faubard

Ce clos termine le climat des Beauregard, juste avant le chemin qui le sépare des Hâtes, un peu au dessus du clos des Mouches et avec la même exposition. Le sol rouge riche en oxyde de fer et l’exposition parfaite le rendent polyvalent.

Michel Bettane

Clos Rousseau

Un des deux plus vastes premiers crus de Santenay avec les Gra- vières, réunion de plusieurs clos, le Grand-clos, le Petit-clos et les Fourneaux. La route de Decize-les-Maranges sépare le Petit-clos du Grand-clos, tandis que les Fourneaux surmontent une partie des Charmes, en appellation village.
Le sol et l’exposition semblent homogènes et l’on remarque de nombreuses vieilles – voire très vieilles – vignes.
Les vins ont certainement moins de finesse que du côté Chassagne, mais beaucoup de solidité dans la couleur et dans le corps et l’on imagine que, dans les assemblages d’avant les appellations d’origine contrôlée, ils devaient servir de vin médecin ou même se faire passer pour des pommards.

Michel Bettane

Clos Tavannes

La tradition en fait le premier cru le plus réputé de la commune. Le vin du clos a incontestablement quelque chose de plus en matière de finesse et de complexité aromatique et un tannin plus élégant, parfaitement comparable à celui d’un excellent Volnay.

Une toute petite partie du terroir se situe étrangement de l’autre côté de la route qui relie Santenay à Chassagne, tout le reste étant le prolongement direct de la grande borne et du clos Chareau, parties du climat global des Morgeot. L’exposition est superbe et la vigne, un peu moins haute que la moyenne, reçoit plus de chaleur en été et mûrit précocement.

Michel Bettane

La Comme

Les vignes de ce terroir sont très réputées en raison de leur emplacement au dessus du clos Tavannes et des Gravières, jouxtant le clos Pitois de Chassagne-Montrachet. La partie la mieux exposée et la plus solaire se trouve plutôt en bas du climat et elle pourrait rivaliser avec le clos Tavannes tout proche si les vignes étaient travaillées selon les règles de l’art et le vin vinifié avec plus d’adresse.

Michel Bettane