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Rhône : un millésime d’une grande fraîcheur


L’interprofession des vins AOC Côtes du Rhône & Vallée du Rhône (Inter-Rhône) vient d’annoncer que la qualité était au rendez-vous de 2013. Elle le revendique par la voix de son président, Christian Paly, qui ajoute qu’on ne peut que « que regretter qu’il n’en soit pas de même côté quantité. Les caprices de la météo ont sérieusement
réduit les volumes, classant le millésime 2013 parmi les petites récoltes.
» Pascal Jaume, qui dirige à Vinsobres
le domaine qui porte son nom, dit avoir pensé que les fortes chaleurs de juillet permettraient de rattraper le retard causé par un printemps exceptionnellement frais. « Mais la nature en a décidé autrement, la vigne a poussé jusqu’en août et ne s’est concentrée sur ses fruits qu’en septembre. » Heureusement, notamment grâce au caractère venteux et sec du vignoble de la Vallée du Rhône, l’état sanitaire est resté parfait. Du côté de Cornas, Albéric Mazoyer (Domaine Alain Voge) estime que « les coteaux ont beaucoup aimé la pluviométrie généreuse
du printemps. La qualité des blancs sur Saint-Péray est superbe. De leur côté, les cornas sont très colorés avec
de beaux équilibres.
»

La récolte a été très étalée entre les premiers jours de septembre, pour les secteurs les plus précoces, et la fin octobre pour les plus tardifs. Avec trois semaines de retard par rapport à la moyenne de la dernière décennie, il faut se référer à des dates auxquelles les vignerons étaient habitués dans les années 70. Il a fallu beaucoup de patience pour attendre la maturité optimale de certaines parcelles, qui est venue lentement mais sûrement. Les quelques épisodes pluvieux, brefs et localisés, ont été sans conséquence sur la qualité des raisins. Alain Aubert, du Domaine du Grand Retour, au coeur du vignoble des Côtes du Rhône, parle de 2013 comme d’un « millésime de patience » au cours duquel il a retrouvé sa jeunesse. A ce stade, les vinifications se déroulent sans difficulté, les sucres se terminent bien et les premières fermentations malo-lactiques s’enclenchent facilement. L’équilibre des acidités a facilité la révélation de la couleur tandis que la durée des macérations permet une bonne extraction des composés phénoliques pour les rouges. Du fait d’une concentration modérée en sucres, les degrés alcooliques seront moins importants que lors des années précédentes.

A Beaumes-de-Venise, Guy Sarton du Jonchay, directeur général de Vidal Fleury, parle d’une belle récolte,
avec de beaux muscats. « Les vins doux seront de très bonne qualité. Pour moi, le marqueur de ce millésime est une vivacité plus importante que d’habitude qui apportera de belles fraîcheurs. On constate déjà de beaux équilibres pour des vins rouges qui auront un bon potentiel de garde. » L’appellation grignan-les-adhémar se félicite de l’équilibre, du fruit et de l’harmonie qui ressort de ses rouges, comme l’explique Philippe Fabrol, du domaine Bonetto Fabrol. En AOC ventoux, Frédéric Chaudière (Château Pesquié) se déclare « agréablement surpris par ce millésime. Les syrah sont superbes. Les blancs et les rosés sont lumineux, aériens et droits, des éléments valorisés par le marché ces dernières années. » Pour Sylvain Morey, vigneron à la Bastide du Claux (Luberon), « les blancs sont très beaux, les rosés sont pâles avec de belles nuances violacées, tandis que les rouges sont assez homogènes, avec des notes de fruits noirs et d’épices. ».

En costières-de-nîmes, les premiers vins élaborés présentent beaucoup de couleur et de structure. Les tanins
sont parfaitement mûrs et élégants. « Cette année, on a plutôt vendangé à la parcelle qu’au cépage, c’est une caractéristique du millésime qui s’annonce très bon sur les trois couleurs », indique Bernard Angelras, président de l’appellation. Toujours côté Gard, François Dauvergne (Maison Dauvergne et Ranvier) confirme que 2013 sera de très belle qualité. « Les principales caractéristiques de ce millésime sont de jolis fruits et une grande fraîcheur qui en feront un millésime élégant, se rapprochant des années 2007 et 2006. » Dans le nord de la Vallée du Rhône, Xavier Gomart, directeur général de la cave de Tain, estime que 2013 s’inscrit totalement dans la continuité de 2011 et 2012. Une trilogie qui complète une série d’années sans souci pour les appellations septentrionales. Président de l’Union des Maisons de négoce et vice-président d’Inter-Rhône, Michel Chapoutier (voir ici l’article consacré à ses vignobles) résume ainsi ces beaux résultats : « L’arc méditerranéen a une fois de plus bénéficié d’une influence climatique privilégiée. »

Chapoutier, le Rhône du nord au sud.

Les vendanges 2013 de la Maison M. Chapoutier se sont terminées le 12 octobre. De Côte Rôtie à Châteauneuf-
du-Pape, Michel Chapoutier parle d’une année fidèle à la devise du blason de la maison, fac et spera. Il aura fallu
« beaucoup de patience vis-à-vis de la nature et beaucoup d’audace dans nos observations et nos choix. Photographies d’un cépage dans un millésime sur un terroir donné, les parcellaires vont nous révéler de belles suprises. La première vient des blancs qui présentent des équilibres quasi bourguignons. »



Rhône Nord

« Les premières parcelles ont été récoltées dans la semaine du 23 septembre, sur Saint-Péray. Durant cette même semaine ont été vendangés les Saint-Joseph blancs et les premières tries des Hermitage blancs précoces. Les températures douces et la fréquence de vent du Sud, lors de la dernière décade de septembre, ont accéléré la fin
de maturation des rouges. Le coeur des vendanges s’est déroulé la semaine du 1er octobre, à commencer par les Cornas précoces et l’ensemble des Côte-Rôtie, suivis des Crozes-Hermitage et des Saint-Joseph. L’excellente tenue sanitaire des Hermitage rouges aura permis de pousser leur maturation jusqu’à la semaine du 7 octobre.

Indéniablement, les efforts importants consentis au vignoble dans les travaux en vert et les applications multiples de tisanes et décoctions végétales ont permis de juguler les pressions sanitaires diverses et de maintenir une pleine efficacité de feuillage jusqu’à maturité. Si bien que les équilibres ont consisté fréquemment à la récolte en des degrés potentiels compris entre 13 et 14 % et des pH de l’ordre de 3,2 sur les blancs et 3,4 sur les rouges. S’il est difficile de porter un jugement définitif sur les vins rouges à ce stade, les premières dégustations mettent en exergue une expression déjà fidèle aux origines, dans la race aromatique comme dans les textures. »

Rhône Sud

« Le vignoble de Châteauneuf a connu un hiver arrosé et un réchauffement poussif au printemps, amenant déjà trois semaines de retard phénologique au débourrement par rapport à 2012. Plus encore que dans le Nord, les premiers stades de croissance de la vigne ont été affectés par la dynamique thermique printanière “en escalier”.
La dernière décade d’avril, avec à peine 12°C de températures moyennes, a eu pour effets conjoints de compliquer la différenciation des ovules dans les boutons floraux et de freiner considérablement la pousse, rendant le feuillage encore importateur de réserves, au moment où la floraison requiert normalement toute l’énergie issue de la photosynthèse. La floraison proprement dite s’est par ailleurs déroulée dans des conditions de températures minimales journalières anormalement fraîches, inférieure de 8° en moyenne sur la dernière décade de mai.

Une coulure historique s’en est suivie sur le grenache, cépage par nature sensible au phénomène, y compris en dehors de ces particularités climatiques. Elle fut particulièrement marquée sur les vieilles vignes, déjà plus touchées que les jeunes par la mémorable vague de gel de février 2012. Heureusement, si l’on peut dire, le régime hydrique printanier (243mm de précipitations sur avril et mai) a permis un développement précoce des entre-coeurs. L’embellie climatique de juin et, par la suite, de l’été, tout à fait dans les normes locales, a permis une floraison massive et homogène. Tout l’art du vigneron a alors consisté à ne garder que les plus précoces de ces grappes de deuxième génération, la tardivité du millésime et la crainte locale des épisodes cévenols de septembre ne permettant pas d’espérer mener à son terme la maturation correcte de grappes à la phénologie si hétérogène.

Après un mois de juillet orageux comme partout, le mois d’août assez sec (15mm) a permis de restaurer un niveau de contraintes hydriques modérées, favorables à un ralentissement de la croissance et à la maturation. Les premiers coups de sécateurs ont pu être donnés le 23 septembre sur les syrah et il a fallu quinze jours de plus aux grenaches pour atteindre l’équilibre technologique escompté. A l’heure où les macérations post-fermentaires s’achèvent, la texture ferme qu’arboraient les pulpes lors des vendanges a pris la forme d’un fruité gourmand,
au grain énergique, certes bien différent de la générosité classique de Châteauneuf mais d’une expression digeste et pinotante comme le grenache sait l’offrir lors des millésimes tardifs.
»

Mais qui sont Robert & Marcel ?




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La cave coopérative des vignerons de Saumur a changé d’identité. Et c’est en rendant hommage à son histoire qu’elle s’est dotée d’un nouveau nom, fidèle à son esprit, ses valeurs et ses ambitions. En 1957, une quarantaine d’hommes et de femmes du vin ont décidé de s’unir sous une même bannière afin de défendre et promouvoir leur travail. Parmi eux, Robert et Marcel Neau sont des figures emblématiques.
 Plus de cinquante ans après la création de la cave de Saumur, les voilà réinvoqués. Si la qualité des vins s’est améliorée, la protection de l’environnement est au premier plan et l’ancrage territorial au cœur du Val de Loire toujours aussi fort, le marché est saturé par l’offre. Afin d’aider les consommateurs à faire leur choix, les vignerons ont souhaité se doter d’une identité accessible qui sache refléter leur personnalité et leur travail.

Sous cette nouvelle marque, quatre gammes – dont une bio – couvrant l’ensemble des appellations du saumurois ont été imaginées. Les packagings ont été revus, les informations y sont délivrées de façon simple. L’idée est de devenir un repère fiable et stable. Evidemment, un nouveau site internet accompagne ce grand renouveau. Le cellier de vente de la cave a également été revu de manière de valoriser l’échange, la vente directe faisant partie des fondamentaux de la cave depuis toujours. Un marché fermier, des cours de dégustation, des safaris souterrains sont autant de projets qui conforteront cet espace, premier point de vente du Val de Loire, dans sa place de lieu de découvertes et d’initiations, au vin comme à la région.

Le off du Grand Tasting, ça prend forme

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Tous les grands événements provoquent un off important. Regardez le Festival de Cannes. Le Grand Tasting, c’est pareil. Cette période est propice aux événements Vin.
La saison a commencé avec Vin sur Vin fait salon, le petit salon organisé par le blogueur Fabrice Le Glatin sur une péniche dans l’un des plus beaux décors du Paris historique. C’était beau et c’était bien et le côté confidentiel collait bien à l’intention.
Bientôt, c’est Philippe Cuq qui inaugure sa nouvelle cave, Le Lieu du vin, du 4 au 8 décembre au 3 de l’avenue Gambetta à Paris, dans le 20e. Un garçon sincère avec une belle sélection, allez-y en confiance. Déjà, Allcool a ouvert au 123, boulevard Voltaire dans le 11e. Là, les vins sont sélectionnés par Bettane+Desseauve.
On attend à tout moment l’annonce du prochain…lire la suite

Champagne, le road-trip(vous n'irez pas, vous devriez)

L'austère et crayeuse campagne champenoise
L'austère et crayeuse campagne champenoise
L’austère et crayeuse campagne champenoise

Reims. On est si vite arrivé. À peine le temps d’en finir avec votre quotidien d’élection que vous voilà propulsé sur la place de la gare. Un joli tour dans le vignoble champenois commence forcément par tenter d’épuiser les beautés de la ville des sacres, des rois. Dans cette très ancienne capitale mérovingienne, quinze siècles plus tard, le visiteur ne saurait être indifférent aux beautés de la cathédrale, ses 2 300 statues, cette histoire qui tient tellement au cœur des Rémois que les plus généreux d’entre eux en ont fait une destination pour leurs dons. Il faut dire qu’on n’en finit pas de panser les plaies des bombardements allemands de la guerre de 14-18. Les travaux de restauration pourtant entrepris dès 1919 durent encore.

Chez Pommery, à Reims
Chez Pommery, à Reims

Les crayères
Avant d’aller déjeuner, on choisira de plonger au centre de la terre par l’entremise de l’un ou l’autre des réseaux de crayères. Et là, ce n’est plus le souvenir des Mérovingiens qu’on y célèbre, mais celui de la tribu des Rèmes. Ils ont creusé des sortes de puits tronconiques s’évasant sous terre à partir de l’ouverture pratiquée en surface et appelée « essor ». De cette belle craie, ils ont tiré des moellons qui constituaient les soubassements des maisons de ce qui allait devenir Reims. Vite abandonnées, on en retrouvait l’utilité en cas d’invasion de Huns ou de Goths, pour se protéger des vicissitudes propres à ces époques incertaines. Cinq grandes maisons de Champagne en possèdent aujourd’hui et proposent de les visiter. Pommery et ses bâtiments élisabéthains, Ruinart, Taittinger, Veuve-Clicquot, Martel. Sans aller jusqu’à qualifier ces réseaux souterrains de ville sous la ville, il faut reconnaître l’intérêt crucial que ses grottes immenses, humides et fraîches constituent pour la conservation du champagne. Mais certaines reçoivent des expositions d’art contemporain, d’autres baignent dans l’humidité providentielle, toutes affichent des températures idéales par temps chaud, autour de 10-12°C. Pas moins d’un milliard de bouteilles attendent leur heure dans les caves et les crayères de Champagne. Et puisqu’on y est, sur cette même butte Saint-Nicaise, on ne rate pas la visite de la très joliment restaurée Villa Demoiselle, sommet du genre anglo-normand, dont chaque détail est une œuvre d’art en même temps qu’un tour de force, mené de main de maître par Nathalie et Paul-François Vranken, propriétaires du champagne éponyme et des champagnes Pommery, avec ces incroyables bâtiments élisabéthains, aut-lieu historique du champagne et sanctuaire ultra-moderne de l’art contemporain, de l’autre côté de la rue.

Les Crayères
À table. On hésitera longuement entre les charmes de L’Assiette champenoise, le restaurant mené par le jeune chef-propriétaire Arnaud Lallement et ceux des Crayères, justement, le Relais & Châteaux propriété du groupe Gardinier (Taillevent à Paris et Phélan-Ségur à Saint-Estèphe). Les deux ont deux étoiles au Michelin. Et puis, le vaste parc et ses beaux arbres, le choix entre gourmand et gourmet, la réputation du chef Philippe Mille et du sommelier Philippe Jamesse, tout ça l’emporte. C’est là, au gastronomique Le Parc ou au bistronomique Le Jardin que vos pas vous portent. Bonne pioche.

L'orangerie de Moët & Chandon, à Épernay
L’orangerie de Moët & Chandon, à Épernay

On ze road again
Vers le milieu de l’après-midi, quand la lumière baisse un peu, en route pour Épernay. Traverser la montagne de Reims à l’assaut des coteaux, s’enfoncer dans la forêt avant de redescendre vers la Marne, bon fleuve un peu mou, c’est lui le responsable des équilibres climatiques pour l’instant. Au passage, à Mareuil-sur-Aÿ, on admirera le reflet du Clos des Goisses dans les eaux calmes de la rivière. La colline et son reflet forment une très parfaite bouteille de champagne et la maison Philipponnat, propriétaire de ce clos en avait fait, quelques temps, une vieille histoire, l’image de ses réclames. Sur les routes étroites, de belles autos. Se souvenir que la région est riche. Un hectare de vigne rapporte à son propriétaire entre 50 000 et 70 000 euros par an, minimum. Il fût un temps où la maison Moët & Chandon incitait ses ouvriers et collaborateurs de toutes sortes à acheter de la vigne, puis à signer un contrat avec la maison. L’idée était de sécuriser les apports de raisin. Cette idée a fait la fortune, récente, de ces familles, revenu et patrimoine. À un million d’euros minimum l’hectare de vigne, il n’y a pas de chiffres après la virgule, les calculs sont simples et le concessionnaire Mercedes dit merci.
Cumières, Bouzy, les villages défilent, le pays des pinots à vins rouges, la grande époque du bouzy a passé dans les…lire la suite

Les millésimes dorment

Nathalie et Paul-François Vranken

Nathalie et Paul-François Vranken
Nathalie et Paul-François Vranken


Comme le champagne est un vin qui vieillit très bien, les Champenois ont l’habitude d’en oublier des rangs entiers au fond de caves parfaites. Ils savent s’en souvenir le moment venu. Voici ceux de Nathalie et Paul-François Vranken.




Comme tous les trésors retrouvés, celui qui porte le nom de « Millésimes d’Or » est d’abord une fascinante plongée dans le passé. En orchestrant ce retour émoustillant vers l’histoire glorieuse du plus spirituel des vins,
le champagne, Paul-François Vranken, fondateur de la maison éponyme, retrouve et unit aux siennes la mémoire de deux maisons essentielles. Vranken, c’est d’abord une success story partie de rien ou plutôt de l’ambition d’un jeune belge amateur de champagne qui s’installe à Reims et créée sa propre maison en 1976 avec pour tout pécule quelques 120 000 francs. L’entreprise grandit au rythme de l’appétit dévorant de son fondateur et de sa compréhension parfaite de cet univers en plein bouleversement qu’est alors la Champagne.

Le plus fameux vin pétillant de la planète a construit son aura sur des maisons et des marques créées par d’autres entrepreneurs, au XVIIIe, XIXe et, plus rarement, jusqu’au milieu du XXe siècle. Au début des années quatre-vingts, les dynasties à bout de souffle ont cédé la place à des entrepreneurs, tandis que le monde entre dans une nouvelle ère de consommation dans laquelle les marques fortes sont amenées à jouer un rôle essentiel. Bientôt de grands groupes de luxe ou des producteurs de spiritueux vont redessiner la carte du champagne, mais Paul-François Vranken sait à merveille s’immiscer au cœur de ce bouleversement pour transformer la saga seulement romantique d’un homme en construction d’un véritable groupe. Le pragmatisme a des vertus. Il acquiert ainsi successivement en 1998 puis 2002 Heidsieck-Monopole et Pommery. Deux monstres sacrés de la Champagne. Heidsieck-Monopole est l’un des trois Heidsieck (avec Charles Heidsieck et Piper-Heidsieck, aujourd’hui propriétés de Christopher Descours) issus de la dynastie créée en 1785 par l’Allemand Florens-Louis Heidsieck. Pommery, marque née en 1856, fut sous l’impulsion de Louise Pommery, veuve du fondateur, puis avec la famille de Polignac, l’un des seigneurs de Champagne tout au long de son histoire. En rachetant ces illustres et emblématiques signatures, Paul-François Vranken récupéra les stocks de bouteilles des deux maisons.
Trente et un millésimes de 1874 à 1969, vingt de 1970 à 1990 et voilà cinquante et une bouteilles qui passent en revue toutes les grandes années et celles qui ont acquis un statut de mythe, parmi lesquelles 1898, 1907, 1921, 1928, 1929, 1937, 1947, 1949, 1961, 1969, 1989, 1990. Reconditionnés sous la marque « Millésimes d’Or »,
ces flacons précieux sont pourtant restés exactement les mêmes que lorsqu’ils ont été mis en cave. « Les vins ont tous été dégorgés avant leur première commercialisation », explique ainsi Thierry Gasco, chef de cave de Pommery et gardien du trésor. « Je ne veux pas mettre sur le marché des vins fraichement dégorgés (1), mais des vins qui s’expriment de la manière la plus naturelle possible. Le principe est de proposer ces grandes bouteilles uniquement sur demande, après consultation des disponibilités et dégustation pour vérifier la qualité du cru. » Existant en différents formats (75cl, magnums et parfois jéroboams), ces merveilles racontent avec une vitalité surprenante une histoire séculaire et fascinante.
Après la seconde fermentation du champagne, les bouteilles sont conservées, parfois très longtemps, dans la cave, le vin étant au contact au contact des levures de fermentation. Ce dépôt est expulsé avant la commercialisation et remplacé par du vin et du sucre qui constitue le dosage du champagne. Cette opération est appelée « dégorgement ».

Thierry Desseauve

Le joli come-back de Lanson

Philippe Baijot

Les marques, c’est comme les gens. Quand elles sont maltraitées, elles rentrent dans leurs coquilles, se renfrognent. De désespoir, elles ne font plus attention à rien, elles sortent dans la rue en cheveux et les enfants cruels leur lancent des cailloux. Les marques sont fragiles et leur puissance, revendiquée parfois avec beaucoup d’arrogance, est mal assurée. Elles peuvent très facilement avoir connu les sommets, les trompettes de la renommée, les yeux doux des jolies filles et, sur un faux pas, sombrer dans un marigot d’où plus rien de bon ne sort.

Philippe Baijot
Philippe Baijot

Ainsi de Lanson.
Il aura fallu 250 ans pour faire le trajet sommet-marigot et retour. Inscrite au panthéon des belles maisons de Champagne pendant des lustres, il a suffi d’une parenthèse assez courte dans l’histoire de la maison pour faire plonger l’image. Mais pas la notoriété. Lanson = champagne est une vérité tangible. Ce constat a poussé un beau jour Philippe Baijot à reprendre la maison.
C’est qui, ce monsieur ?

Un homme de Champagne. Cavalier, marin et bon vivant. Un type en pleine forme qui a le mérite immense de n’avoir pas sa langue dans sa poche. Sauf dans les interviews, bien sûr. Mais, en off, l’homme est drôle et incisif. Il est tonique. Ce qui tombe plutôt bien si l’on considère la sorte d’Himalaya qui se dresse devant lui à l’heure où il décide de relancer Lanson. Le constat est assez sévère ; la tâche, immense.

(Naturellement, ami lecteur, tu te demandes pourquoi. Pour te faire une réponse intelligible, il faut faire un petit détour. Allons-y.)

Une maison de Champagne, ce sont des vignes (jamais assez) et des livreurs de raisins. C’est-à-dire des contrats passés avec des vignerons indépendants qui garantissent l’approvisionnement en matière première de la maison qui assure la vinification et le commerce du champagne. Un système vertueux en Champagne (depuis déjà longtemps et après bien des bagarres) qui assure la prospérité de tous. Une maison de Champagne est astreinte à un certain nombre de règles fixées pour l’essentiel par l’appellation. Respecter ces règles est le seul moyen d’obtenir l’agrément de l’appellation. Par exemple, le champagne n’est autorisé à la vente qu’après quinze mois de conservation en cave pour un brut sans année et trois ans pour un millésimé. Mais comme le secret n°1 du bon champagne est le vieillissement, la plupart des grandes maisons, dont Lanson, soucieuses de la qualité de leurs produits allongent ces délais jusqu’à trois ans pour un brut et cinq ans ou plus pour un millésimé. Tous les chefs de caves vous le diront, arqueboutés qu’ils sont sur leurs trésors, répugnant à les livrer aux équipes commerciales, les laissant toujours partir à regret.

Bref, c’est le patron d’une maison qui fait le vin, à la fin. S’il exige du chef de caves de mettre les vins sur le marché au bout des quinze mois réglementaires, le chef de caves ne peut que se soumettre ou se démettre. Peu se démettent pour d’évidentes raisons. Un patron de maison, lui, a toujours mille bonnes raisons (le coût des stocks, la sécurisation des parts de marché, la nouvelle Audi, etc.) pour justifier de mettre les vins trop tôt dans les flûtes des consommateurs.
Sauf que.

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Brimoncourt, nouveau bon champagne

Les naissances m’ont toujours beaucoup ému. Surtout si le nouveau-né est un vin. Sinon, moins. C’était Chante-Cocotte, il y a peu, un très beau bébé chez Monsieur et Madame Régis Franc, voir le faire-part ici. Quelques semaines plus tôt, Macàn, un nourrisson ambitieux, fruit d’une gestation à quatre mains entre les familles de Rothschild et Alvarez, une histoire moderne.
Autre région, autre vin.

Brimoncourt

Un champagne est né. A champagne is born.
La marque, c’est Brimoncourt. Les deux garçons à l’origine de tout ceci sont très contents du bambin et nous aussi. Il faut dire que de belles et bonnes fées se sont penchées sur le berceau. Bref, on ne va pas lever le voile trop vite, mais déjà le champagne est bon. Lire la suite

Le millésime 2013 à la Fête des grands vins de Bourgogne



michel bettane

À l’occasion de la 141e édition de la Fête des grands vins de Bourgogne, Michel Bettane s’est rendu au palais
des congrès de Beaune afin de déguster le millésime 2013 des vins de Givry et Saint-Aubin. Alors qu’une telle dégustation n’est jamais évidente, Michel Bettane nous explique la particularité de ces vins jeunes et l’intérêt
de les déguster pour les professionnels.

Le salon des outsiders


Malgré ce que son nom pourrait laisser penser, le salon organisé par Jean-Marc Quarin, critique et auteur installé
à Bordeaux, qui se tiendra samedi à Paris (10 h à 19 h 30, plus d’infos ici) ne sera pas consacré à un type de vinification ou à des vins marginaux. Au contraire. Pas très loin de l’idée qui fut à l’origine du “salon des refusés”, celui des “outsiders” ne sera consacré qu’à Bordeaux, avec pour ambition de faire connaître au public « des vins dont le goût est supérieur à ce que l’étiquette laisse paraître. » Autour de ce concept d’outsider qui a valeur de mention dans le Guide Quarin des Vins de Bordeaux, quarante exposants (leur liste est ) proposeront des dégustations de vins quasi inconnus du grand public, mais pas des experts, dont la qualité dépasse la réputation.

Conçue de façon très pédagogique, cette journée fera la part belle à tout ce qui concerne le goût et mettra à mal bien des idées reçues. Par exemple qu’il n’y aurait à Bordeaux que des vins chers, qu’il serait impossible de faire
un grand vin sans un grand terroir ou encore que le sauternes ne conviendrait qu’au foie gras et aux desserts
(voilà qui devrait réjouir cet amateur). Les trois ateliers de dégustation prévus auront pour thème les bordeaux rouges jeunes, le goût de la rive droite vs. celui de la rive gauche, et la différence entre un bon vin et un grand vin. Pour acheter sa place, c’est par ici, ou par si vous voulez profiter de l’offre de réduction aimablement proposée par Château Guiraud, qui sera évidemment présent.