Aujourd’hui débute la foire aux vins de la célèbre enseigne. Jusqu’au 1er octobre et dans 480 points de vente, l’éminent caviste propose plus de 70 références dont de savoureux nectars et des surprises provenant de toutes les régions viticoles. Une sélection coup de cœur vient agrémenter le catalogue. Côté bordeaux, nous retiendrons le Château d’Arcins 2010 (haut-médoc cru bourgeois) pour son élégance, ainsi que le Tour-Prignac grande réserve 2009 (médoc cru bourgeois) pour son potentiel de garde. Côté blancs, le bourgogne vieilles vignes 2011 de chez Albert Bichot libère tous ses arômes complexes et singuliers, tandis que le Château de l’Hyvernière 2011 (muscadet-sèvre-et-maine) vous offrira fraîcheur et minéralité. Vous pouvez découvrir leur catalogue complet ici.
Les Français, en bons disciples des Latins, ont trop tendance à intellectualiser tout ce qui touche à la gastronomie ou au vin, comme on s’y est habitué pour les beaux-arts. Les artistes d’aujourd’hui cachent trop souvent leur inspiration ou leur manque d’inspiration sous la fumeuse bannière de « l’art conceptuel » avec des tonnes d’explications : plus elles sont incompréhensibles, même par des professionnels expérimentés, plus les marchands font monter la cote et plus les collectionneurs collectionnent.
Les vignerons sont encore plus ridicules en abusant du mot « philosophie » pour justifier le style de leur vin. En principe, le vin n’est rien d’autre que le produit fermenté d’un jus de raisin. Mais ce qui rend ce produit si divers et si passionnant pour le petit monde qui s’intéresse à lui, c’est qu’il est au croisement exact entre le don de la nature et le savoir-faire humain. La diversité des sols et des climats des vignobles de la planète est pratiquement infinie, mais une seule règle morale vaut la peine d’inspirer le travail du vigneron : comprendre et respecter son vignoble pour qu’il exprime dans le vin sa personnalité avec le plus de fidélité possible. Tout le reste n’est que bavardage, et même bavardage dangereux quand l’idéologie dicte les gestes de celui qui cultive et de celui qui vinifie.
Une génération de viticulteurs croyant au « progrès » et persuadée que le recours à la chimie et à la mécanisation progressive du travail permettrait de produire davantage, à moindre coût et sans perte de qualité, n’a fait que dégrader les sols et banaliser son vin soumis aux règles d’une œnologie triomphante, indifférente à l’origine.
Les viticulteurs les plus idéalistes de la génération suivante, dans leur volonté de racheter les fautes de leurs prédécesseurs, ont donné à la nature trop d’importance, dans un mouvement de balancier inverse, comme ce n’est que trop humain. Ils se persuadent avec une naïveté désarmante que la nature est toujours plus juste et plus morale que l’intelligence humaine. Leurs vins « nature », les fameux « sans, sans, sans », soumis aux hasards du climat et du ferment, étrangers au meilleur des traditions et du style conquis de haute lutte des appellations historiques, séduisent une partie du public, déculturé (vive notre école) et succombant à l’attrait des mots qui définissent la « philosophie » de ces « rebelles » du « goût vrai ». Il est sûr que le caractère stéréotypé de certains vins « de luxe », noyés dans le bois neuf et l’exagération volontaire des saveurs et des odeurs ne vaut guère mieux que l’imprécision et les défauts des vins « nature » mal faits.
On admettra donc que les journalistes et les critiques se laissent séduire par les uns ou les autres, ayant à juger de plus en plus vite et de plus en plus tôt des vins commercialisés beaucoup trop jeunes. Cette course à l’information renforce leur tendance instinctive à projeter dans le vin leur propre idéologie et leur propre goût. Leurs préjugés dictent des généralisations abusives du genre « les bordeaux sont ennuyeux » ou « seuls les vins d’artisans et de petite propriété familiale respectent le terroir ». Personne bien entendu n’est obligé de suivre ce type de raisonnement infantile. Mais il y a plus pernicieux. Souvent le préjugé dicte les commentaires de dégustation et les notes accordées au vin par les « experts », dans un environnement où ces notes sont capitales pour le succès commercial du vin concerné. La dégustation à l’aveugle n’est d’ailleurs pas moins dangereuse que celle à étiquette découverte. J’ai le souvenir récent de commentaires publics d’un critique connu, cultivé et même souvent perspicace qui, au cours d’une dégustation à l’aveugle, croit reconnaître dans un vin de Bordeaux le millésime 2003 : il le décrit, aveuglé par ses préjugés sur le millésime, comme atypique du style authentique de son appellation, et donne même la cause, liée bien sûr au millésime, « déséquilibre » en alcool et « surmaturité » du raisin. Dans la foulée, il ne manque pas de critiquer fermement la dérive du goût international actuel vers ces vins trop démonstratifs. On enlève l’étiquette, et à sa grande confusion le vin se révèle être un… 2002. Si cet expert se reconnaît, qu’il ne m’en veuille pas trop, j’aurais été capable, moi aussi, dans un mauvais jour, de faire comme lui.
Il serait bien utile qu’on en revienne à plus de simplicité et plus d’humilité dans nos jugements, en essayant de comprendre puis de traduire pour les autres l’histoire que chaque vin nous raconte, sans laisser de côté son esprit critique, mais sans tenir compte de son prix, de sa réputation, de la sympathie ou de l’antipathie que suscitent la personnalité ou les discours de celui qui le produit ou le vend. Je crains hélas qu’il faille encore attendre une génération pour y arriver.
Bien entendu, la doyenne des routes des vins de France, qui fête cette année ses soixante ans d’existence, et dont
deux territoires ont été labellisés Vignobles & Découverte (Cœur d’Alsace et Terres & vins du pays de Colmar), figurait déjà dans d’autres éditions du Petit Futé. Mais elles était plus génériques, consacrées au tourisme en Alsace ou aux vignobles de France dans leur ensemble. Là, c’est à un guide rien qu’à lui que ce vignoble de près de 16 000 hectares a droit. Premier territoire de vin à proposer à ses visiteurs, dès 1953, ce qu’on appelle désormais une offre œnotouristique, l’Alsace viticole accueille chaque année plus de cinq millions d’amateurs venus découvrir ses caves et ses villages-producteurs. Un succès qui s’explique par la célébrité de ses crus,
celle de ses étapes gastronomiques, mais aussi par la grande clarté de sa « route » de 170 kilomètres de parcours fléchés. Du Nord au Sud, ou inversement, à pied, en voiture ou à vélo (la Véloroute du vignoble d’Alsace a été inaugurée récemment), le vignoble alsacien, ponctué de célèbres châteaux médiévaux et de douces collines, est très facile à aborder. Il l’est encore plus avec ce nouveau guide œnotouristique en main, dans sa version papier
ou numérique (il faut acheter la première pour pouvoir télécharger la seconde sur sa tablette ou son smartphone). On en lira plus ici sur la manière dont a été réalisée la sélection d’adresses viticoles.
Le Petit Futé Tourisme & Vignoble en Alsace 2013, 240 pages, 8,95 €
Gros événement œnotouristique et belle vitrine pour les vignerons des appellations concernées, le week-end de randonnées dans les vignes proposé par l’interprofession des vins de Loire est en passe de devenir un classique. En septembre 2012, huit mille participants (un record) sont venus parcourir, en compagnie des vignerons et négociants locaux, les paysages de vigne classés au patrimoine mondial de l’Unesco qui caractérisent la région, dont de nombreux territoires sont labellisés Vignobles & Découvertes. Ce rendez-vous qui clôt la saison d’été autant qu’il ouvre celle des vendanges fêtera les 7 et 8 septembre ses dix ans d’existence. Quinze randonnées faciles dans des paysages de vignes très différents sont proposées, du vignoble nantais à la vallée du Loir en passant par l’Anjou et la Touraine, soit cinq départements concernés sur deux régions.
Parmi les parcours mis en place cette année (tous largement décrits ici et sur la très fréquentée page facebook de l’événement), douze sont inédits. Une nouvelle randonnée permettra de découvrir l’AOC touraine-mesland et la randonnée autour de Chinon aura lieu samedi et dimanche. Munis d’un kit de randonneur et d’un verre de dégustation, les marcheurs découvriront l’itinéraire en groupes d’une quarantaine de personnes, guidés par un vigneron. Des pauses gourmandes agrémentées de produits locaux jalonneront leur promenade, au même titre que les animations pédagogiques (dégustations commentées, lectures de paysages, coupes géologiques, découverte du petit patrimoine rural). Toutes les randonnées proposent également un concert acoustique. Les enfants apprécieront ce qu’est un jus de pomme ou de raisin artisanal et pourront participer comme les grands au quiz distribué à chaque participant. Il faut s’inscrire ici à la randonnée de son choix (tarif : 6 €).
Pour célébrer cette 10e édition, un photographe a été invité à immortaliser les paysages du vignoble ligérien. Ses images seront exposées sur le site de chaque randonnée et certains tirages seront vendus au profit de la Fondation du Patrimoine, qui s’engage à restaurer le petit patrimoine bâti cher aux vignerons et aux marcheurs, loges de vignes, chapelles, moulins… L’enquête réalisée l’année dernière auprès de 1 300 participants montrent d’abord leur satisfaction. 98 % disent recommander l’événement à leurs proches et souhaiter revenir. Mais elle met aussi en lumière ce qui fonde l’intérêt de l’œnotourisme, c’est-à-dire la transmission in situ, de ceux qui font à ceux qui apprécient, de savoirs permettant de mieux comprendre le vin. 95 % des sondés ont déclaré avoir une meilleure connaissance du vignoble. En conséquence (logique), plus de huit sur dix d’entre eux ont été incités à acheter des vins de Loire. Ce week-end, en plus de leurs éventuels achats, les groupes de promeneurs se verront remettre un cep emblématique du terroir parcouru, chenin pour le vouvray ou cabernet franc en AOC saumur-champigny.
En librairie dès mercredi, le livre que Jean-François Bazin publie aux éditions Dunod a été préfacé par Aubert
de Villaine, co-propriétaire du domaine de la Romanée-Conti dont les passionnantes interventions (ici, comme là) éclairent chaque fois un peu plus l’amateur. Après cette belle ouverture, l’ouvrage se poursuit par un portrait complet du vignoble bourguignon sous tous ses aspects, historiques, culturels, vitivinicoles, oenologiques, économiques et sociaux. Chaque année, deux cents millions de bouteilles emportent le vin de Bourgogne dans le monde entier. Cette goutte de (bon) vin dans l’océan des produits de la vigne porte l’âme et l’esprit d’un vignoble d’exception né il y a vingt siècles. En s’appuyant sur une cartographie détaillée et une riche iconographie, le grand connaisseur de la Bourgogne qu’est le journaliste et écrivain Jean-François Bazin (il a présidé le Conseil régional de Bourgogne et a été premier adjoint au maire de Dijon) raconte ici chaque climat, de Chablis au nord jusqu’à Mâcon au sud, et l’appellation régionale bourgogne aussi bien que les prestigieux grands crus. Attentivement penché sur cette longue histoire, ce livre ouvre de larges perspectives sur la vigne et le vin au XXIe siècle, s’interrogeant sur le phénomène bio, la mondialisation et d’autres grandes questions qui occupent aujourd’hui
les pensées de ceux qui font, et ceux qui aiment, le vin.
Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, éditions Dunod, 27 €
« Quand on est né ici, que l’on a grandi au pied de cette magnifique colline, on ne peut que ressentir une immense fierté au moment de l’annonce du classement de ce site au patrimoine national français. Depuis des siècles, les vignerons de l’Hermitage ont contribué à rendre cette colline la plus belle possible en travaillant cette terre avec respect et humilité. Nous tenons à continuer ainsi pour faire rayonner, partout dans le monde, le nom de ce vin unique, en blanc comme en rouge. »
C’est avec ces mots que Michel Chapoutier, le président de l’appellation Hermitage célèbre aujourd’hui, avec les vignerons et le maire de Tain l’Hermitage, le tout récent classement des coteaux de l’Hermitage. D’une superficie
de 140 hectares, le périmètre de ce site classé pittoresque et historique reprend celui de l’appellation d’origine contrôlée AOC hermitage, légèrement agrandi au nord par l’ajout du lieu-dit Les Grandes Vignes en ligne de crête, et concerne les communes de Crozes-Hermitage, Larnage et Tain-l’Hermitage.
Situés au confluent du Rhône et du Doux, à une vingtaine de kilomètres au nord de Valence, dans un méandre resserré du fleuve, au coeur du vignoble des Côtes du Rhône, ces coteaux sont emblématiques des paysages viticoles rhodaniens. Repère visuel très fort que certains prétendaient vouloir défigurer (voir ici les détails du vif combat contre l’installation d’une antenne qui a été mené l’année dernière par des blogueurs et vignerons, Caroline Frey en tête), le vignoble occupe la totalité de ces collines exposées plein sud, dont les lignes se découpent très lisiblement dans le paysage, et au pied desquelles, de part et d’autre du fleuve, se sont implantées les villes de Tain-l’Hermitage et de Tournon.
Outre cette situation géographique très singulière, les collines présentent un vif intérêt paysager et historique par leur organisation en terrasses, façonnées par des siècles de pratiques viticoles dont témoigne le petit patrimoine bâti qui ponctue les pentes des coteaux, murets de soutènement, dispositifs d’écoulement d’eau ou encore ces fameux murs peints affichant le nom du propriétaire de la vigne, visibles depuis la voie ferrée et construits pour solliciter le regard et l’attention du voyageur du XIXe siècle (celui de la maison M. Chapoutier est visible là).
Nos boîtes aux lettres se remplissent de catalogues de vins. C’est le signal, le mois de septembre approche, les foires aux vins sont de retour. Cette rencontre classique de la grande distribution et des amateurs permet aux enseignes d’écouler près du tiers de leurs ventes annuelles de vin. En attendant le top départ, voici l’agenda complet des foires aux vins par enseignes.
Agenda des foires aux vins 2013
Wineandco : 28 août au 6 octobre Vin Malin : 30 août au 30 septembre Lavinia : 6 septembre au 8 octobre Casino : 6 septembre au 21 septembre Nicolas : 4 septembre au 1er octobre Lire la suite
Comme on peut le lire et l’entendre sous la plume et dans la bouche de journalistes de second rideau, le millésime 2013, pas vendangé avant des semaines, serait un millésime de merde.
À ces oiseaux de malheur qui se lèchent les babines à l’idée que le mondovino en prenne plein la gueule et on se demande bien pourquoi,
à tous ces crétins au front bas qui pensent que pour faire de l’audience, il faut encore et encore annoncer des catastrophes quand il est urgentissime de faire pile le contraire,
à ces persifleurs sinistres et…lire la suite
Institution de la Bourgogne, la maison Joseph Drouhin a pris une belle initiative en ouvrant les portes de ses caves au grand public. Sans tomber dans le schéma bateau d’une visite de propriété généralement suivie d’une dégustation, son originalité consiste à mêler l’histoire de la région à celle du domaine, les deux étant étroitement liées.
Pour les Drouhin, elle commence en 1880 lorsque Joseph Drouhin décide de donner son nom aux vins dont il a fait le commerce pour en garantir la qualité. Il s’établit à Beaune, la capital des vins de Bourgogne et choisit la « la maison du Diénat », rue d’Enfer, à deux pas de l’église collégiale Notre-Dame. Elle a appartenu, notamment, au Duc de Bourgogne. C’est ici que vieilliront les premiers vins signés Joseph Drouhin.
La maison du Diénat
Aujourd’hui, le vignoble Joseph Drouhin comporte 73 hectares en côte-de-nuits, côte-de-beaune, côte-chalonnaise et chablis. Avec environ 90 appellations issues des cépages pinot noir et chardonnay, la Maison propose une découverte des terroirs bourguignons dans les moindres nuances de leur authenticité.
La quatrième génération est à la tête du Domaine. Frédéric, « chef d’orchestre », est président du directoire. Véronique, « gardienne » du style Joseph Drouhin, est œnologue. Philippe est directeur des domaines (en Bourgogne et en Oregon) et si Laurent est écrivain, il est aussi directeur du marché américain, premier importateur des vins Joseph Drouhin.
Ce sont Frédéric et Véronique que nous avons rencontré ce jour-là. Le premier commence à nous parler du millésime 2012. « Cette année fut un cas d’école pour les jeunes vignerons. On a tout connu. La pluie à la floraison, le gel, la grêle, les maladies. En moyenne, c’est 50% de la vendange en moins. Il faudrait deux grosses récoltes qualitatives pour revenir à des productions classiques ».
Les quatre enfants. De gauche à droite : Laurent, Véronique, Philippe et Frédéric
Après cette introduction, on passe rapidement aux choses sérieuses, ce pourquoi nous sommes venus. La visite des caves, les plus anciennes de Beaune. « On veut donner aux visiteurs une expérience, transmettre une émotion par le biais de nos caves ». Tout d’abord, la cuverie. Autrefois propriété de l’église de Beaune (avec les caves), Robert Drouhin, le papa, a racheté et restauré l’ensemble en 1961. Nos yeux sont instantanément attirés vers un ancien pressoir dont la maie, c’est-à-dire la table, s’étend sur 16,50 m². Datant de 1570, il est toujours en état de marche et a même été utilisé trois fois ces 33 dernières années. La première en 1980 pour le centenaire de la Maison. La deuxième en 2000 pour vinifier deux cuvées du millésime avec le clos-des-mouches blanc et le clos-des-mouches rouge (ce clos tient son nom de la parcelle où venaient butiner les abeilles des ruches voisines que l’on appelait autrefois « mouches à miel ».) La troisième en 2005 pour créer «l’ouvrée-des-dames », une cuvée dédiée aux femmes de la Maison. « Le pressoir apporte un vin plus structuré, plus tannique, mais avec des fermentations plus longues » explique Frédéric Drouhin. La visite continue. On descend un escalier en colimaçon pour arriver sous la cuverie, dans les caves de la Collégiale, où reposent entre 80 et 120 fûts pendant les périodes d’élevage. La balade continue en passant par une multitude de petites galeries regroupées sous le nom du « cellier des ducs de Bourgognes ». C’est ici que les ducs élevaient les vins de leurs vignobles après les avoir vinifiés.
La cuverie et la cave de la Collégiale
Après ces couloirs sombres et parfois étroits, suit « le cellier des rois de France ». Après avoir été un duché, la Bourgogne fut rattachée à la couronne de France. Á Beaune les biens ducaux sont devenus royaux. Les rois de France ont alors pris grand soin de leurs vignes ainsi que des vins élevés en leurs celliers. On continue. Les petits couloirs laissent place à une carrière où nous avons dégusté six vins de la propriété ; trois blancs dont un saint-véran 2011, un chablis premier cru 2010 et un morgeot premier cru marquis-de-laguiche 2009. Trois rouges dont un chorey-les-beaune 2011, un chambolle-musigny 2009 et un clos-des-mouches 2010, la cuvée prestige de la Maison. Hormis les vins, c’est le lieu qui est marquant. Dans cette carrière, se trouve une porte inchangée depuis des décennies. Elle ne paie pas de mine, mais possède une histoire émouvante pour toute la famille. « C’est par cette porte que mon grand-père Maurice Drouhin, qui protégeait des résistants pendant la guerre, a fui la Gestapo. Par ce tunnel, il a trouvé refuge aux Hospices de Beaune », nous raconte Véronique Drouhin.
Cellier des rois de France et la porte de la liberté
Dernière étape de cette ballade souterraine, « la cave du Parlement de Bourgogne ». Caveau le plus grand de tous, nous sommes presque à hauteur de rue, face à la Collégiale. Saint-Vincent, patron des vignerons, nous y attend. De belles voûtes et de larges piliers rectangulaires donnent un aspect majestueux, porteur de tout un pan de l’histoire de la Bourgogne. Pourquoi ? Exactement au dessus se situait la grande salle du Parlement de Bourgogne. Cette instance a joué un rôle politique et surtout judiciaire ; c’était une cour d’appel ayant autorité sur tous les tribunaux seigneuriaux et locaux, assurant ainsi l’unité de la justice dans le duché de Bourgogne.
C’est au sein de cette cave que se trouve l’œnothèque Joseph Drouhin, le lieu de découverte des grands vins de la Maison. On peut y déguster tous les crus mythiques.
La cave du Parlement de Bourgogne
Passionnés d’Histoire et de grands vins, ce circuit est fait pour vous. Deux offres vous sont proposées :
– Les caves ; une découverte personnalisée en fonction des centres d’intérêt de chacun (histoire ancienne, moyen-âge, architecture, œnologie) suivie d’une dégustation de six vins de la maison Joseph Drouhin. Sur rendez-vous, 35 euros par personne.
– L’Œnothèque ; une dégustation de six vins de la maison joseph Drouhin pour 20 euros. Des dégustations thématiques sont possibles sur demande.
L’entrée est libre pour celles et ceux désirant acheter les vins de la Maison.
Après le vin (et ses défauts), l’armagnac et le café, c’est au tour du whisky de dévoiler ses arômes au long d’un livre-objet des Editions Jean Lenoir. Fabriqués à la main, en Provence, ces ouvrages pédagogiques nés en 1976, dont le succès est mondial, permettent aux néophytes comme aux amateurs déjà éclairés d’apprivoiser et mémoriser un véritable alphabet olfactif, tout en nuances. Les trente-six arômes imaginés au début du projet «whisky» sont finalement devenus cinquante-quatre, à la suite d’un séjour écossais sur l’île d’Islay et à Edimbourg, au Scotch Whisky Research Institute. Chacun des arômes est issu d’une longue analyse, d’une sélection de composés, d’un dosage subtil et d’une discrimination très pointue pour aboutir à un arôme juste, non falsifiable et très stable, l’idée étant d’évoquer les multiples perceptions rencontrées par le dégustateur et d’éveiller les émotions autant que la raison (le livre est richement illustré et documenté). Disponible en versions française et anglaise dès octobre (Le Nez du Vin, quant à lui, existe dans onze langues), Le Nez du Whisky sera vendu 300 € sur la boutique en ligne de l’éditeur ainsi que dans certains points de vente dont la liste est disponible sur le même site.
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