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Saumur, préservation d’une légende

Exploités depuis 1931 par le centre hospitalier de Saumur, les dix hectares de vignes de cabernet franc légués par Antoine Cristal – qui inventa ici un système de murs (trois kilomètres en tout) le long et au travers desquels la vigne pousse dans un microclimat particulier, la chaleur accumulée par les pierres permettant d’amplifier la maturité des baies – ont récemment connu quelques difficultés d’ordre climatique et financier. Cela a conduit le centre hospitalier à rechercher l’appui des vignerons saumurois afin de garantir la pérennité de ce clos inscrit à l’Inventaire du patrimoine et la renommée de ses vins. Conformément à la volonté d’Antoine Cristal, l’objectif était de confier ce domaine à un exploitant capable d’investir sur le long terme, mais également au fait des exigences de la viticulture bio.

« Forte de ses valeurs coopératives et de son savoir-faire », la cave Robert & Marcel implantée à Saumur en 1957 s’est portée candidate, prenant en charge dès 2016 « un vignoble fatigué, fortement déplanté et pénalisé par des travaux d’entretien du vignoble très en retard. » De façon bénévole, soixante adhérents de la coopérative se sont mobilisés au long d’un travail de sauvegarde qui a duré deux ans : broyage de l’herbe, taille, remise en état du palissage, ébourgeonnage, vendanges, travail de la terre, etc. Cet engagement des vignerons a eu pour conséquence la signature le mois dernier d’un bail emphytéotique portant sur une durée de 25 ans entre le centre hospitalier de Saumur et la cave Robert & Marcel.

Cette dernière s’est dotée d’une SCEA responsable de l’exploitation, de la vinification et de la commercialisation du clos et chargée, entre autres projets, de la mise en place d’une équipe et d’un outil performants (dont un nouveau chai), de la restructuration de 60 % du vignoble tout en préservant le patrimoine historique (vignes les plus anciennes, murs), de la création d’une vente aux enchères au profit de l’hôpital et de l’instauration d’une nouvelle stratégie commerciale « privilégiant les circuits courts, les ventes en ligne, les réseaux cavistes, restaurants et hôtels de qualité en France et à l’export. » L’amateur devrait pouvoir juger du travail mené par la coopérative saumuroise fin 2019, début 2020.

« Notre ambition est de redonner son aura au Clos Cristal et de diffuser son image de vignoble icône du Val de Loire auprès des réseaux d’amateurs de vin. Nous souhaitons également valoriser l’hôpital et la ville de Saumur en tant qu’héritiers du patrimoine culturel d’Antoine Cristal. »

Nicolas Emereau, 

directeur général
de la cave Robert & Marcel

2017, millésime inattendu

A quelques jours de l’ouverture à Bordeaux de la semaine des primeurs, nous reproduisons ci-dessous le point de vue sur le millésime 2017 de la société de conseil fondée en 2001 par Hubert de Boüard, dont les œnologues accompagnent aujourd’hui le travail de plus de 80 propriétés en France et à l’étranger.

« Démarré sous le signe de la précocité, ce millésime aura finalement des vendanges qui s’étalent sur plusieurs semaines avec des merlots ramassés au mois de septembre, bien équilibrés, sur la fraîcheur, ce qui correspond aussi à une tendance, au goût actuel des consommateurs. Ces raisins donnent des jus concentrés en fruits rouges, avec une acidité qui soutient cette fraîcheur aromatique. Il faudra attendre la deuxième semaine d’octobre pour que les cabernets francs puis les cabernets-sauvignons arrivent à maturité. Là aussi la fraîcheur des jus, leur belle acidité aux côtés épicés, aux notes de petits fruits sauvages sont au rendez-vous.

L’extraction lors des vinifications, sera un maître mot de la réussite des équilibres du vin fini. Cette extraction s’est faite tout en douceur, privilégiant le toucher des tanins et signera ainsi l’ADN du millésime. Les couleurs sont belles, foncées sans être noires, vives, intenses. C’est avant tout un millésime d’appétence, de sapidité où la pureté du fruit est gardée par une climatologie et une vinification adaptée. Pour tous ceux qui n’ont pas été affectés lourdement par le gel, vécu pour certains comme une amputation, ce millésime s’inscrit dans la lignée des très belles expressions bordelaises. Equilibre, pureté, charnu des tanins, fraîcheur et appétence. »

Un Tokaji Aszú 1963 aux enchères le 21 avril

Un Tokaji Aszú 5 puttonyos 1963 : la région de Tokaj commence à assumer son histoire en proposant douze bouteilles de 50 cl de ce vin sorti tout droit de la cave d’État. Une première pour la vente aux enchères annuelle de Tokaj qui a lieu tous les ans en avril. L’occasion d’acquérir des vins dans des millésimes récents comme des vins historiques et rares.

Faites vos jeux entre Tokaj et Londres
Pour sa 6e édition, la vente aux enchères de Tokaj a pris ses quartiers aussi à Londres. Les intéressés pourront enchérir depuis la ville de Tokaj et depuis le très chic club 67 Pall Mall situé dans le quartier historique de St James’s, le samedi 21 avril à 15h30 précises. Si vous n’êtes ni en Angleterre, ni en Hongrie, vous pourrez miser sur les l’un des lots uniques au téléphone également. La Confrérie de Tokaj s’est étendue au cours de l’hiver en Angleterre mais aussi aux Etats-Unis pour faire connaître son action. Des dîners ont été organisés dans les ambassades à Washington et à New York. À Varsovie et Budapest, les lots ont été présentés à la presse et aux acheteurs potentiels lors d’événements organisés par la Confrérie.

Remarquable millésime 2017
La vente s’étoffe également par le nombre de lots qu’elle présente. Trente et un exactement proposés par vingt-quatre producteurs pour une estimation de 225 000 euros.
Des furmint secs ciselés du remarquable millésime 2017, des hárslevelű, des kabar, des szamorodni doux, un szamorodni sec et quelques aszú d’exception, une large panoplie de vins contemporains de Tokaj. On retrouve les classiques fidèles des enchères, Barta, Budaházy, Pajzos, Samuel Tinon, Hétszőlő, Béres Winery, Sauska, Royal Tokaj, Kikelet, Kvaszinger, Erzsébet Pince, Zsirai Pincészet, Myrtus, Füleky, Demetervin, Disznókő ou Holdvölgy et des nouveaux venus comme Préselő Winery ou Sárospataki Borterasz, vin de la commune de Sárospatak qui propose un furmint sec du Cru Megyer 2017. La première vente aux enchères de Tokaj, en 2013, rapporta 67 500 euros et l’an passé la somme record de 116 390 euros fut atteinte.

Le Printemps de Tokaj, rendez-vous annuel
Comme tous les ans, la vente aux enchères se passe le troisième samedi d’avril, dans le cadre du Printemps de Tokaj. Se réunissent à cette occasion les amateurs du vin blanc hongrois, sommeliers, restaurateurs, consommateurs, vignerons, journalistes, passionnés, bref, tous ceux qui, une fois par an, souhaitent fêter le vin. Au choix, deux soirées le vendredi soir. L’intronisation de nouveaux membres se déroulera à Tokaj dans la cave d’ Hétszőlő et précédera la vente aux enchères. La journée sera cloturée par un dîner de gala avec accords mets et vins. Le dimanche est consacré à la visite des vignerons, avec un brunch à Sárospatak, la visite de la Grande Librairie du collège et lycée réformé et la visite du château Rákóczi dans cette ville miniature mais hautement culturelle de la région de Tokaj.

Catalogue complet sur le site de la Confrérie de Tokaj : https://tokajiborlovagrend.hu/en/news/

Mes magnums (62), un champagne avec du caractère dedans

Champagne Michel Gonet,
blanc de blancs grand cru 2002

Pourquoi lui
Dans son grand millésime champenois, 2002, il arrive à point nommé. Il est temps pour lui de passer dans les verres.

On l’aime parce que
Encore un champagne de caractère. C’est très plaisant et de plus en plus. Sa provenance, Le Mesnil-sur-Oger, ajoute une pointe de désirabilité.

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Les vins du Sud-Ouest enthousiasment le monde

Issus d’un vignoble récipiendaire du titre de « Région viticole de l’année » décerné par le magazine américain Wine Enthusiast (nous vous en avions parlé ici), les vins du Sud-Ouest ont fortement progressé à l’export en 2017, dans toutes les couleurs et catégories d’appellations.

Avec une croissance de ses exportations de 12,8 % en volume et 12,5 % en valeur, ce qui représente 9 millions de cols et 15 millions d’euros supplémentaires sur 12 mois, et une progression du chiffre d’affaires de 19 % côté blanc, de 6,2 % pour les vins rouges et rosés, de 12 % pour les vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC) et de 13 % pour les indications géographiques protégées (IGP), l’interprofession parle d’une année qui « fera date. »

Si ce dynamisme est illustré de façon significative sur le marché nord-américain, notamment par le bond de 42 % en volume et 35 % en valeur des IGP, les vins du Sud-Ouest progressent également en Europe. Sur leur marché historique, l’Angleterre, le chiffre d’affaires des IGP a enregistré une hausse de 38 % et celui des vins d’AOC, de 34 %. En Allemagne et aux Pays-Bas, ces hausses sont respectivement de 5,3 et 6,6 %. En Asie, la tendance est également à la hausse avec une progression de 4,4 % des volumes exportés sur le marché chinois.

« Ces progressions montrent que le travail collectif initié depuis 10 ans sur les marchés ciblés porte ses fruits. L’objectif est désormais d’approfondir cette dynamique en maintenant nos investissements sur les pays prioritaires, en particulier les Etats-Unis, sans pour autant négliger les pays européens. »

Paul Fabre,
directeur de l’interprofession des vins du Sud-Ouest

Passage de relais en Champagne

Après dix-neuf années passées au sein de la maison Pol Roger, Dominique Petit a pris sa retraite à la fin du mois de mars, passant le relais en ce début de semaine à Damien Cambres (photo), 43 ans. Né à Chalons-en-Champagne, le nouveau chef de cave de Champagne Pol Roger est titulaire du diplôme national d’œnologie et doté d’une expérience de vingt ans dans l’univers de la coopération. Chez Nicolas Feuillatte d’abord, où il est resté de 1997 à 2012, sa mission se déployant du laboratoire à l’ensemble de la production. Au sein du groupe Gouttes d’Or Union, ensuite, où il a occupé la fonction de directeur de production, puis de directeur général jusqu’en 2017.

Ces derniers mois, Dominique Petit s’est attaché à transmettre à son successeur le savoir-faire et la philosophie de cette maison fondée en 1849 qui « élabore des cuvées d’une qualité exemplaire et d’une grande régularité qui séduisent les connaisseurs du monde entier. » Des vins que celui qui en a eu la charge durant près de deux décennies qualifie de floraux, élégants et subtils, tirant leur quintessence d’un long vieillissement sur lies. « Nul doute que Damien Cambres aura à cœur d’assurer et de perpétuer l’exigence qualitative des champagnes Pol Roger », précise l’indépendante et familiale maison qui commercialise environ 1,7 million de bouteilles, dont plus de 84 % à l’export.

Collet, plus grand le champagne

La générosité de ces formats permettant un meilleur vieillissement du vin et amplifiant le caractère exceptionnel de l’ouverture d’un champagne, la maison Collet a décidé de proposer un très large éventail de ses cuvées en magnum (1,5 litre), jéroboam (3 litres) ou encore mathusalem (6 litres, soit l’équivalent de huit bouteilles).

Ces grands, voire très grands flacons, souvent réservés aux étiquettes et millésimes d’exception, concernent désormais le brut de Champagne Collet, disponible en magnum et jéroboam, sa cuvée Art Déco (magnum, jéroboam et mathusalem), son champagne blanc de noirs premier cru (magnum et jéroboam), son blanc de blancs premier cru (magnum), ses champagnes millésimés 2000, 2004 et 2006 (magnums) et enfin son brut rosé (magnum).

Ce dernier est un assemblage de pinot noir (50 %), chardonnay (40 %) et meunier (10 %) issus de vingt premiers et grands crus champenois qui a vieilli quatre ans en cave. Sur le sujet des accords mets et champagnes, autour desquels elle organise chaque année depuis 2013 son Prix du livre de chef, la gastronome maison d’Aÿ précise que le champagne rosé est « un caméléon qui s’adapte pratiquement à tous les mets, pourvu qu’ils soient peu sucrés et peu amers. »

Champagne Collet, Brut rosé, 75 euros le magnum.

Ruinart, masterclass étoilée

A réserver dès à présent, la belle proposition faite à l’amateur parisien par la maison Ruinart et Le Royal Monceau d’une déclinaison d’accords mets et champagne conçus par Hideki Endo, chef exécutif du Matsuhisa Paris, se tiendra le jeudi 12 avril. Dès 19 heures, dans le cadre intimiste du cinéma du palace, une très exclusive masterclass sur l’effervescence menée par Frédéric Panaïotis, chef de cave de Ruinart, fera la part belle aux champagnes Dom Ruinart Blanc de Blancs 2006 et 1996. Cette « excursion gustative » se poursuivra dans les salons du Royal Monceau avec un menu en en cinq plats qui « mettra en avant les saveurs japonaises et péruviennes pensées tout particulièrement pour trois cuvées : Dom Ruinart Blanc de Blancs 2006, Dom Ruinart Rosé 2004 et Dom Ruinart Rosé 1998. » Tarif : 350 euros par personne, plus de détails et réservation en cliquant .

Alfred Latour et les vins Nicolas


Alfred Latour, Le Livreur Nectar (1961, 60 x 40 cm). Projet d'affiche pour Nicolas. © Fondation Alfred Latour, tous droits réservés.

La saison Alfred Latour (1888-1964) qui ouvre aujourd’hui en pays d’Arles porte trois regards différents sur l’œuvre de celui qui, formé aux Arts décoratifs au début du XXe siècle et membre de l’Union des artistes modernes (UAM) fondée en 1929 par Robert Mallet-Stevens, fut un peintre, un graveur, mais aussi un photographe, un affichiste et plus encore. Parmi les apports de cet artiste pluridisciplinaire dont les œuvres sont aujourd’hui visibles, entre autres, au Centre Pompidou, au British Museum ou encore au Philadelphia Museum of Art, sa contribution au renouveau de la publicité en France et en Europe s’exprimera notamment au fil d’une longue collaboration avec la maison de vins Nicolas.

Doté d’un « vocabulaire artistique qui lui permet d’aborder avec aisance tant le graphisme et le design de mode que la publicité et la photographie », Alfred Latour se voit d’abord confier la typographie et la mise en page du luxueux Catalogue des grand vins fins qu’Etienne Nicolas édite chaque année depuis 1928 et fait illustrer par des peintres tels que Kees van Dongen, Raoul Dufy ou Bernard Buffet. Bientôt, il sera également en charge des affiches, puis de tout ce qui relevait de la communication de la maison Nicolas, participant à son image durant trente ans. L’exposition visible à l’Espace Van Gogh aborde ce travail pendant que les deux autres présentent l’œuvre photographique d’Alfred Latour, découverte en 2016.

Alfred Latour – Les gestes d’un homme libre

Espace Van Gogh (Arles), du 29 mars au 2 mai 2018.


Alfred Latour – Cadrer son temps
Musée Réattu (Arles), du 29 mars au 30 septembre 2018.


Alfred Latour – Eygalières dans l’objectif d’un peintre

Maison des Consuls (Eygalières), du 28 mars au 2 septembre 2018.

Sir Winston Churchill en verticale


Le 3 avril, dans le cadre des « dégustations du mardi » régulièrement organisées par l’historique caviste parisien Legrand Filles et Fils, la soirée proposée aux amateurs sera consacrée à une maison que Winston Churchill considérait comme « l’adresse la plus délectable au monde », celle fondée en 1849 par Pol Roger. Devenue l’une des « dernières grandes maisons de champagne à la fois familiale et indépendante », et par ailleurs membre de l’association internationale Primum Familiae Vini qui regroupe les grandes familles du vin, Champagne Pol Roger a lancé son emblématique cuvée au nom du « Vieux lion » en 1975, à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort. Le dîner au champagne qui se tiendra mardi rue de la Banque lui fera la place d’honneur en déroulant la verticale suivante : Brut Vintage 2009 ; Sir Winston Churchill 2006, 2004 et 2002 ; Brut Vintage 1999 ; Sir Winston Churchill 1996. Tarif : 150 euros par personne, détail du menu et réservation en cliquant .