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Dix ans de bio à Lalande-de-Pomerol

Fruit d’une longue histoire, le vignoble du château des Annereaux est mené depuis des siècles par la même famille (son installation sur cette propriété date de la fin du XIVe siècle). Qu’il s’agisse de préserver ou d’améliorer le domaine, chaque génération « s’est investie avec passion dans son développement. » Aujourd’hui mené par Benjamin Hessel, qui a succédé à son père Dominique, le château des Annereaux célèbre avec le dernier millésime dix ans de pratique de l’agriculture biologique, une démarche entamée après une transition effectuée dans le cadre de l’agriculture raisonnée.

Cette propriété de 25 hectares a récemment bénéficié d’une rénovation de son cuvier, de son chai à barriques et de ses bâtiments techniques. « Tout en conservant leur âme à ces lieux (les cuves en béton plus que centenaires ont été conservées) », les améliorations ont permis d’intégrer les derniers progrès techniques. C’est ce que découvriront les professionnels du vin le 30 mars prochain lors de la dégustation verticale organisée par Dominique et Benjamin Hessel. Au programme, tous les millésimes produits depuis le début de la conversion au bio dont, évidemment, le millésime 2016 en primeur.

Plus de trente médailles en trois concours


Les artisans vignerons des caves de Vacqueyras et de Beaumes-de-Venise réunis sous la bannière Rhonéa (236 domaines, 2 000 hectares de vignes) ont reçu une pluie de récompenses pour leur travail lors de l’édition 2017 du concours des vins d’AOC ventoux (trois médailles d’or, deux d’argent), du concours des vins d’Orange (huit médailles d’or, neuf d’argent) et du concours général agricole de Paris (huit médailles d’or, cinq médailles d’argent). Toutes ces cuvées issues de la récolte 2016 et des terroirs situés au pied des Dentelles de Montmirail sont à découvrir sur le site de Rhonéa, c’est par .

Appel à projets


Il reste un peu plus de deux semaines aux professionnels – de la filière viticole, du tourisme, de la culture, etc. – comme aux particuliers pour proposer un événement susceptible de s’inscrire dans le cadre du Mois des Climats qui se tiendra en Bourgogne du 9 juin au 9 juillet.

A l’occasion de la célébration des 80 ans de la route des grands crus de Bourgogne, l’édition 2017 du rendez-vous dédié à ce patrimoine viticole désormais inscrit sur la liste de l’Unesco sera organisée conjointement par l’association des climats du vignoble de Bourgogne, le conseil départemental de la Côte-d’Or et Côte-d’Or Tourisme et marquera l’un des temps forts de cette année-anniversaire.

Pour partager « votre vision des climats », il faut répondre aux critères de sélection listés ici et déposer votre dossier d’inscription avant le 31 mars. Parmi ces projets, certains bénéficieront de prix « coup de cœur » et d’autres d’un « coup de pouce », soit une aide financière pouvant aller jusqu’à 2 000 euros.

Bordeaux GCC quintessential – 1961 comparative tasting

Retour en image sur la dégustation comparative de six grands crus classés de Bordeaux millésime 1961. Cette masterclass s’est déroulée le dimanche 12 mars à 11 heures au Park Hyatt à l’occasion de la cinquième édition du Grand Tasting Shanghai. Un grand moment de dégustation.

Château Lafite Rothschild, pauillac, 1er grand cru classé
Château Latour, pauillac, 1er grand cru classé
Château Margaux, margaux, 1er grand cru classé
Château Haut-Brion, pessac-léognan, 1er grand cru classé
Château Mouton-Rothschild, pauillac, 2e grand cru classé
Château Ausone, saint-émilion, grand cru classé

Louis Latour, les cortons en bandoulière

Longue dynastie de tonneliers devenus négociants-vignerons, les Latour incarnent une certaine idée de la Bourgogne, celle où les changements de style sont imperceptibles, mais où la société évolue vers la modernité de façon spectaculaire. De la vigne à la bouteille, retour sur les moments importants en compagnie de Louis-Fabrice Latour, la dixième génération

L’automobiliste qui empreinte l’autoroute du Soleil en venant du Nord est toujours saisi du spectacle qui s’offre à lui lorsqu’il arrive à hauteur de Beaune : tous les premiers crus de la capitale du vin de Bourgogne, impeccablement alignés et, en sentinelle, la colline de Corton capte les derniers rayons de soleil de la fin de journée du fait de son avancée vers la plaine. Corton et Corton-Charlemagne, deux des plus fameux terroirs de la légendaire Bourgogne. Le seul secteur, aussi, à briller en blanc avec le chardonnay et en rouge avec le pinot noir, ce que les appellations contrôlées ont reconnu dès 1936 avec le classement en grand cru.
Si la colline impressionne par son implantation dans le paysage, elle occupe aussi une place de choix en raison des domaines qui la mettent en valeur, puisqu’ici certaines exploitations sont de taille plus que respectable pour une Bourgogne qui, depuis la suppression du droit d’aînesse, pratique un morcellement systématique de la moindre parcelle réputée, succession après succession. Ainsi de la maison Louis Latour, l’un des grands ambassadeurs de Bourgogne dans le monde, pilier de la place de Beaune comme en atteste les bureaux encore situés au cœur de la ville et ses vieilles caves en pierre, vestiges d’une présence et d’un rayonnement séculaires.
Latour. Louis Latour. Il faut préciser, c’est un patronyme assez répandu dans le vignoble, avec même d’illustres confrères au style de vin tout aussi recherché, mais différent. Une maison familiale, l’une des dernières de la Bourgogne. Une maison séculaire, fondée en 1797, mais dont les premières acquisitions de vignes remontent à 1731. Une maison intégrée, maîtrisant le processus de la vigne à la cave, évidemment, mais aussi les fûts, les Latour ayant progressivement basculé du métier de tonneliers à celui de négociants. D’ailleurs, l’adresse historique de la maison se situe au 18, rue des Tonneliers, à Beaune. Dixième génération de Latour à œuvrer pour la prospérité de la famille, et septième à se prénommer Louis, Louis-Fabrice Latour marche dans les pas de ses prédécesseurs et apporte lui aussi sa pierre à l’édifice.

48 hectares en propriété
À l’instar de ses consœurs de la place de Beaune, Louis Latour porte la double casquette de maison de négoce et de propriétaire viticole. Aujourd’hui, la maison produit au total quelques six millions de cols, tous vignobles et toutes régions confondues et les volumes achetés représentent plus de 60 %. En Côte d’Or, le patrimoine viticole Latour est de premier plan : 48 hectares de vignes, dont 28 en grand cru. Le fer de lance de ce vignoble se situe sur la colline de Corton, où la maison détient le principal domaine, et de loin. Là, elle possède 25 hectares, 14 en corton (rouge), 11 en corton-charlemagne (blanc). Les autres grands crus en exploitation sont le chambertin (0,8 hectare), la romanée-saint-
vivant (0,8 hectare), le chevalier-montrachet (0,5 hectare) et le bâtard-montrachet (0,5 hectare). À l’exception du bâtard-montrachet, toutes les vignes en grand cru sont en propriété, des chiffres qui font rêver au regard de la valeur du foncier dans le secteur.
Le vignoble ne se limite pas à la seule Côte d’Or, la maison Louis Latour en dépasse largement les frontières. Elle est également propriétaire du domaine de Valmoissine depuis 1989, de Simonnet-Febvre depuis 2003, d’Henry Fessy depuis 2008. Valmoissine, dans le Var, c’est 120 hectares de pinot noir. Outre de nombreux achats pour ses crémants de Bourgogne et ses vins tranquilles de l’Yonne, Simonnet-Febvre exploite cinq hectares à Chablis (en appellations chablis et chablis premier cru Mont de Milieu) et, depuis peu, 15 hectares dans le méconnu vignoble de l’Auxois, à mi-chemin entre Auxerre et Beaune. Enfin, Henry Fessy, célèbre maison du Beaujolais, est propriétaire de 70 hectares avec une présence dans neuf des dix crus de la région. Sans oublier l’Ardèche, où certes la maison ne possède pas de vignes, mais achète du raisin depuis 1979 pour réaliser une gamme de chardonnays impeccable par son rapport qualité-prix.

Ni désherbants, ni engrais chimiques, ni insecticides
Boris Champy, le directeur du vignoble, l’avoue sans détour : « Sur nos 48 hectares de vignes en Côte d’Or, nous ne sommes pas en bio, mais en lutte raisonnée. Nous avons cinq hectares que nous travaillons en bio, notamment la parcelle des Chaillots, qui entoure le château Corton-Grancey. Nous avons une certification environnementale ISO 14 001, ce qui nous permet de montrer aux marchés export que nous sommes audités sur ce sujet, mais la conversion n’est pas à l’ordre du jour. En revanche, depuis 2008, nous n’utilisons plus de désherbants sur l’ensemble de nos vignes. Ni d’engrais chimique, ni d’insecticide, ni d’anti-botrytis. Nous continuons toutefois à effectuer un ou deux traitements contre le mildiou, au moment de la fleur. Une année comme 2016 nous donne évidemment raison, être en bio dans des conditions aussi compliquées relève de la mission impossible, dans l’absolu et, à plus forte raison, sur une telle surface. En revanche, la maison n’a jamais arrêté le travail des sols. Même lorsque mes prédécesseurs avaient recours au désherbage, dans les années 80-90, comme tout le monde à l’époque, nos vignes étaient toujours labourées, si bien qu’on ne peut pas parler d’évolution radicale, mais plutôt d’un changement dans la durée. On essaie aussi de lutter intelligemment contre l’érosion, notamment en adaptant le travail du sol à la pente. Ainsi, on ne butte le pied que dans le bas du coteau. Si on le fait au cœur de la pente, l’eau peut alors prendre de la vitesse et le sol se dénude. En Bourgogne, peut-être plus encore que dans d’autres vignobles compte tenu de l’extrême morcellement des parcelles et du très grand nombre d’exploitants, il faut avoir une vision verticale de l’écoulement des eaux. Celui qui se situe en haut doit veiller à ne pas envoyer d’eau sur celui qui est en-dessous, il s’agit là de bon sens, mais aussi d’une approche collective du métier, c’est important. »
Sur la colline de Corton, une association regroupant soixante viticulteurs s’est créée, “Paysages de Corton”, avec l’idée de faire progresser les pratiques vigneronnes. L’une de ses mesures a été d’installer des ruches disséminées sur la colline. Le message est double. D’une part, les vignerons sont fiers d’offrir du miel issu de leurs vignes et, d’autre part, les abeilles étant particulièrement sensibles aux insecticides, les vignerons comprennent qu’ils ne doivent plus en répandre. Parmi les pratiques anciennes toujours en vigueur ici, la maison impose des repos de trois années à chaque parcelle avant replantation, dont deux années de jachère plantée (moutarde, avoine), les plantes semées apportant alors de la matière organique dans les sols que les vers de terre descendent en profondeur et les abeilles trouvent là une diversité de fleurs à butiner.

La quête de l’équilibre sucre-acide
Comme la plupart des maisons et vignerons de Bourgogne, Louis Latour a un vignoble où les sélections clonales de pinot noir sont nombreuses. Pour mettre au point des sélections plus fines de pinot noir et de chardonnay, une quarantaine de domaines et maisons prestigieuses de Bourgogne (dont Louis Latour, le domaine de la Romanée-Conti, le Clos de Tart, Bouchard Père et Fils, le domaine Dujac, etc.) ont uni leurs efforts pour sélectionner les meilleurs plants dans leurs parcelles, en éliminant tous les porteurs de virose. Une parcelle de comportement d’un hectare et demi a même été plantée et les premiers bois en seront tirés prochainement. Les attentes sont très fortes, certains de ces plants résistant naturellement au botrytis. Il est vrai que de nombreux clones actuels laissent à désirer. La plupart ont été sélectionnés dans les années 70, période où les raisins donnaient peu de sucre, ce qui eut pour conséquence une sur-représentation de plants offrant plus de sucre que la moyenne. Hélas, quand le climat s’est réchauffé, quelques décennies plus tard, cet atout est devenu un handicap. Ainsi, en 2015, année chaude en Bourgogne s’il en est, Boris Champy a relevé que là où les clones affichaient facilement 13°5 au mustimètre, les sélections fines récentes ne dépassaient pas 12,5-13°. Entre le vieillissement général du vignoble, les différents virus et maladies du bois qui prolifèrent, le travail des sols qui coupe les racines et élimine quelques pieds de plus, un vaste programme de replantation est en cours, débuté en 2009 sur les corton-bressandes.
Ces nouveaux plants devraient également permettre de faire évoluer les vins vers un style plus qualitatif et plus fin. Comme le souligne Boris Champy, « On parle beaucoup du réchauffement climatique et on l’accuse de faire monter trop haut les degrés en sucre, mais le matériel végétal participe aussi au fait qu’aujourd’hui on a des vins avec plus d’alcool et moins d’acidité que par le passé, et là les clones sont pointés du doigt. Avec nos sélections fines, on devrait être capables de revenir vers l’équilibre sucre-acide qu’on préfère. C’est beaucoup de travail, mais c’est un travail de vigneron. Observer nos parcelles, sélectionner nos vieilles vignes, c’est la base de notre métier. »

150 cuvées, six millions de bouteilles
En cave, une équipe s’affaire à produire quelques 150 cuvées. Articulée autour de Jean-Pierre Thomas, chef de caves, et de son œnologue Nathalie Bobard, elle a su accompagner l’essor des ventes des années 2000, consécutif à l’arrivée de Louis-Fabrice Latour à la tête de la maison, lorsque les volumes sont passés annuellement de 4 à 7,5 millions de bouteilles, pour redescendre depuis la crise à 6 millions environ, dans un contexte tarifaire en forte hausse. Le style de la maison a assez peu varié au fil des ans. Ici, le processus de vinification est le même, que le raisin provienne du domaine ou du négoce. Les vendanges sont manuelles, il en a toujours été ainsi (seul le vignoble ardéchois est vendangé à la machine). Sur le corton-charlemagne, les chardonnays sont ramassés dans de gros paniers en osier de 40 kg, comme autrefois. Tous les pinots noirs sont ramassés depuis 2012 dans de petites caisses grillagées de 12 kg, permettant aux jus non désirés de s’écouler avant l’arrivée au chai.

Les blancs ne sont jamais bâtonnés
Les blancs sont pressés en grappe entière dans un pressoir pneumatique. « Pas de débourbage », insiste Jean-Pierre Thomas, « il en a toujours été ainsi, et j’y tiens beaucoup. Quand la vendange est saine, les odeurs de réduction ne me dérangent pas lorsque le vin est sur ses lies avant la malo. Ces odeurs parfois désagréables partiront par la suite, mais ainsi le vin est-il protégé de l’oxydation, et les lies vont nourrir le vin durant la fermentation. » Afin de contrôler les températures, toutes les fermentations alcooliques démarrent en cuve inox puis, à mi-fermentation, les vins sont entonnés. La part de fût neuf va varier, de 25 % pour les appellations village à 50 % pour les premiers crus et jusqu’à 100 % pour les grands crus, les autres âges de barriques vont s’étalonner de un à trois vins (c’est-à-dire un à trois ans). Les vins ne sont jamais bâtonnés suite à la présence de dix centimètres de lies au fond du fût, une pratique traditionnelle pour la maison, mais plutôt inhabituelle pour la Bourgogne. Seuls les vins de Côte d’Or de qualité « village » et au-dessus sont vinifiés et élevés sous bois, les appellations régionales (mâcon blanc, bourgogne blanc) sont intégralement vinifiées en cuve inox, pour préserver le fruité destiné à une consommation plus immédiate. Après 10 à 12 mois d’élevage, une durée validée à la dégustation, les vins sont assemblés et remis en masse. La gestion des lies permet de travailler en réduction et donc d’abaisser les doses de sulfites depuis quelques années, mais on ne saurait s’en passer. De même, la teneur en CO2 à la mise est ajustée en fonction des millésimes, elle est relativement élevée dans les millésimes chauds afin de mieux protéger le vin.

Vers plus de puissance et de couleur
Cueillis à la main, les pinots noirs passent sur la table de tri avant un éraflage systématique. « On a bien fait un essai de vendange entière l’an dernier, sur les 2015 », concède Jean-Pierre Thomas, « mais je n’y ai pas vu un intérêt évident. Nous avons toujours eu ce style en vendange éraflée sur nos rouges, nous nous y tenons. Nous ne réintégrons pas de rafle. » Les cuvaisons durent de deux à trois semaines selon les millésimes, peut-être le changement le plus significatif par rapport au style en vigueur jusqu’au début des années 90, lorsque les cuvaisons ne dépassaient pas dix à douze jours. Les pigeages se sont réduits, remplacés par des remontages. Une évolution que reconnaît à juste titre Louis-Fabrice Latour : « Il y a 25 ans, on était plutôt critiqués pour nos rouges assez légers, y compris nos cortons. Aujourd’hui, c’est vrai que l’on a beaucoup gagné en puissance et en couleur, au contraire de certains vignerons qui ont été vers des vins plus clairs. On extrait un peu plus, on cuve un peu plus longtemps. C’est curieux cette évolution, légèrement à l’encontre d’un certain courant de vinification. » À l’issue du décuvage, les jus de presse et de goutte sont systématiquement assemblés, l’entonnage survient dans la foulée. Les malos se déroulent en fût, les vins sont alors sulfités pour un élevage qui va durer de huit à douze mois à l’issue duquel ils seront soutirés puis assemblés. La part de fût neuf varie de 100 % pour les grands crus à 50 % pour certains premiers crus et appellations village, jusqu’à 30 % pour les entrées de gamme, le reste étant complété de pièces de un à trois ans, comme pour les blancs. Si le pourcentage de bois neuf a toujours été le même, on note cependant depuis quelques années un rajeunissement de l’âge moyen des fûts.

Des barriques maison
Tonneliers avant d’être marchands de vin, les Latour ont perpétué la tradition en ne cessant jamais de produire leurs propres fûts. D’abord située en plein cœur de la ville, rue des Tonneliers, l’activité a par la suite migré place Madeleine, toujours dans Beaune, avant de suivre à la fin des années 1970 l’installation des nouveaux chais de vinification dans la zone industrielle de Savigny, au clos Chameroy, où elle se situe désormais. Les merrains sont séchés trois années avant d’être assemblés, tous les brûlages sont légers, à une chauffe moyenne. Les pièces, bourguignonnes évidemment, sont identiques, quelle que soit leur destination, vin blanc ou vin rouge. Depuis la fin des années 1980, la maison en commercialise une partie à l’export, jamais en France, vers les destinations les plus variées (Napa Valley, Australie, Afrique du Sud, Espagne, etc.) et toujours un modèle unique, la pièce Louis Latour. La production annuelle, qui s’échelonne entre 3 000 et 3 500 unités, couvre tous les besoins de la maison. Si l’activité est gourmande en trésorerie (il faut bien financer le temps de séchage du bois), elle permet d’intégrer en amont un élément clef dans la qualité finale du vin, l’élevage et notamment ses composants aromatiques.

assemblage à la bordelaise
S’il est un vin qui symbolise le savoir-faire de la maison, c’est bien le corton. Dans sa version chardonnay ou pinot noir, qu’il soit étiqueté corton-charlemagne (blanc) ou corton (rouge), il s’agit d’un grand cru. Et au sommet de cette hiérarchie, en rouge, trône le château-corton-grancey. À la fois marque commerciale et site de vinification, vin et lieu de réception, l’histoire de ce nom est singulière. Nous sommes là dans le village d’Aloxe qui, comme tant d’autres en Bourgogne au XIXe siècle, s’est adjoint le nom du climat le plus célèbre du finage, Corton, pour devenir Aloxe-Corton. L’histoire débute en 1749 lorsque le château est bâti à l’initiative du président du Parlement de Bourgogne, Gabriel Lebault. La cuverie fut ajoutée en 1830, de l’autre côté de la route, logée au cœur du coteau, dans la profondeur d’une carrière du climat Les Perrières. Elle sera achevée en 1834 par M. de Grancey, qui va par la suite rebaptiser la propriété de son nom. C’est en 1891 que la maison Louis Latour acquiert l’ensemble, ainsi que les 33 hectares de vignes de la famille Grancey, dont 15 hectares sur la fameuse colline de Corton. Aujourd’hui encore, les lieux ont conservé leur cachet d’origine. La cuverie a certes été modernisée dans certains aspects techniques (thermorégulation des cuves, etc.), mais toujours dans la même configuration. C’est là que sont vinifiés tous les vins rouges issus du domaine côte-d’orien (les blancs le sont sur le site de Savigny). Le château vient d’être rénové. Longtemps résidence d’été de la famille Latour, qui pouvait depuis ses fenêtres observer le bon avancement de la maturité, il a finalement été reconverti en espace de réception, avec une vue imprenable sur l’est de la colline.
Vin emblématique dans la gamme Louis Latour, le château-corton-grancey se distingue de ses pairs pour au moins deux raisons. La première, c’est qu’il s’agit d’un corton d’assemblage dans une Bourgogne où le parti-pris du parcellaire ne fait plus débat depuis des générations. Si les climats sont nombreux sur la colline (Renardes, Perrières, Clos du Roi, etc.), Grancey n’en fait pas partie. C’est donc bien un assemblage des meilleurs secteurs du domaine, à la bordelaise. Il est vrai que le patrimoine de vignes est tel qu’il permet aisément de séparer une part importante des meilleurs lots pour la réalisation de ce grand vin. Seconde particularité, qui découle de la première, c’est que Château Corton Grancey est une marque, et non pas un nom de terroir, dont la maison Louis Latour n’a que l’usage, en exclusivité, sans toutefois en être propriétaire. Cette singularité est due au système des appellations d’origine contrôlée : corton étant une AOC, on ne peut déposer une marque reprenant tout ou partie de ce patronyme. Toutefois, la maison Louis Latour ayant pu prouver que l’usage commercial de ce nom était bien antérieur à la création desdites appellations, elle en a conservé le privilège.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans EN MAGNUM #06 (Déc-Jan-Fév) pages 64 à 71.

Photos : Mathieu Garçon

Les 28 ambassadeurs de Chablis

Vingt-huit vins issus du millésime 2015 ont été récompensé lors de la trente et unième édition du concours des vins de Chablis, compétition dont la particularité est de ne pas admettre de professionnels de ce vignoble parmi les dégustateurs.

Présidé cette année par le sommelier et blogueur Emmanuel Delmas (photo), le jury de cette session 2017 comptait 80 membres, professionnels (journalistes, restaurateurs, sommeliers, courtiers, œnologues) et amateurs éclairés, qui ont jugé en deux temps ces petits chablis, chablis, chablis 1er cru et chablis grand cru, seul le “super jury” étant habilité à décerner les médailles d’or, d’argent et de bronze.

Au total, 334 échantillons issus de 85 caves, maisons ou domaines chablisiens ont été passés en revue cette année. « Utilisés par l’antenne Chablis du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) lors de ses opérations en France et à l’étranger », les vins médaillés, qui sont à découvrir ici, seront les ambassadeurs du vignoble durant toute cette année.

Château-Figeac en impériale

Ce jeudi, la maison Christie’s proposera aux enchères une sélection unique de millésimes de Figeac issus des caves du château. D’années mythiques en impressionnants formats, cette vente qui se tiendra à Londres promet quelques temps forts à l’amateur, par exemple un jéoroboam* de 1949 (estimation : 3 000-5 000 livres sterling, soit 3 400-5 700 euros) , une impériale* de 1982 (2 000-3 000 livres sterling) ou encore un lot de trois bouteilles du millésime 1961 (900-1 200 livres sterling). Propriétaire de ce grand cru classé de Saint-Emilion, Marie-France Manoncourt envisage comme un « honneur » la présentation avec Christie’s de cette sélection de trésors effectuée par la famille.

« C’est un hommage à l’histoire de notre famille dévouée à Figeac depuis 125 ans, à l’instar de mon époux Thierry Manoncourt qui a passé sa vie à la recherche de l’excellence et à la mise en valeur du terroir unique et fabuleux de Figeac. Afin de faire de cette vente aux enchères un événement inoubliable, nous avons personnellement choisi toutes les bouteilles qui seront présentées, avec une sélection de millésimes de 1934 à 2010 et des formats rares qui ont vieilli dans les conditions idéales de nos caves. » Le catalogue complet de la vente est à découvrir ici.

* D’une contenance de 4,5 litres, un jéroboam bordelais est l’équivalent de six bouteilles. Appelée mathusalem en Champagne ou en Bourgogne, l’impériale correspond à huit bouteilles.

bettane+desseauve fait salon à Shanghai ce week-end

Si vous êtes ce week-end à Shanghai, ne ratez pas le Grand Tasting au Park Hyatt. Ce salon, organisé par bettane+desseauve, vous propose de découvrir 200 domaines de 15 pays différents (voir la liste complète ici).

Pour vous donner un avant-goût de ce qui vous attend, retour en images sur l’édition 2016

Le Grand Tasting Shanghai
Samedi 11 et dimanche 12 mars 2017
De 10h00 à 18h00
shanghai.grandtasting.com

Un bordeaux à moins d’un euro ? Très mauvaise nouvelle.

Un vin de Bordeaux vendu moins d’un euro en grande distribution* ? Cette nouvelle qui « ne manquera pas d’en choquer plus d’un » ne laisse pas indifférent Jacques-Olivier Pesme, expert de la filière vin et directeur de la Wine & Spirit Academy du groupe Kedge Business School. Nous reproduisons ci-dessous sa réaction en trois points à ce qu’il estime être une « stratégie pernicieuse pour l’ensemble des acteurs » :

« Mauvaise nouvelle pour les vins de Bordeaux et les vins français en général. Le positionnement de nos vins sur le marché est un enjeu collectif dont le but est de défendre une certaine image qualitative. C’était l’un des points clés du plan “Bordeaux Demain” lancé en 2010 pour redynamiser la filière bordelaise. A moins d’1 € la bouteille, quand bien même s’agissant d’un prix après réduction, cela est difficile à justifier. »

« Mauvaise nouvelle pour la grande distribution, dont les ventes in situ ont tendance à baisser au profit de circuits plus courts. La grande distribution, qui parfois se prétend partenaire des petits producteurs, ne peut se complaire dans une telle bataille de prix. On sait le prix minimum que le vin doit raisonnablement coûter. »
 

« Mauvaise nouvelle pour le consommateur enfin, trompé par l’idée que l’on peut boire bon pour rien ou presque. Il faut éduquer à boire mieux et non pas pousser à boire à n’importe quel prix. »



*Source : Rayon Boissons – Quand Carrefour vend du bordeaux à 0,96 € la bouteille.

Une expo pour l'anniversaire de Champagne Palmer

En 1947, quand la Société des grands crus de la Champagne s’installe à Avize, sept vignerons décident de s’associer pour créer la marque Palmer & Co. Tous propriétaires de premiers et grands crus dans la côte des Blancs et la montagne de Reims, ils sont « animés par la recherche de la perfection. » Après avoir racheté les caves d’un négociant à Reims (en 1959), acquis des vignes dans d’autre grands terroirs champenois (1970) et investi dans des outils de production plus performants dans les années 80, la maison Palmer a racheté dans les années 90 à une maison voisine un vaste ensemble de caves et cuverie « au cœur de la cité des Sacres. ». C’est là que les amateurs sont invités à venir admirer dès demain le travail des sept artistes (peinture et sculpture) réunis pour l’exposition célébrant les 70 ans d’existence de cette maison qui dispose désormais de 415 hectares de vignes (dont 200 classés en grands et premiers crus), produit 700 000 bouteilles par an (dont 490 000 sont exportées) et se trouve être l’une des rares à proposer, lorsque le millésime ou l’assemblage se prête à l’exception, de grands formats de flacons allant « jusqu’au monumental nabuchodonosor. »

Exposition « 7 », du 4 au 26 mars.

Tous les jours de 14 h à 18 h, entrée libre.

Palmer & Co. 67, rue Jacquart, 51100 Reims.