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Château d’Antugnac, Limoux Haute Vallée


 

Las Gravas, blanc 2013

Ce sont les amers splendides de ce vin qui étonnent dès le premier nez.
Complexes et délicats, ils se développent en bouche et donnent une grande classe au vin.
Blanc frais, fin raffiné, infiniment gourmand.

 

16,5/20

Environ 15,80 euros la bouteille
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[row][col width= »six »]En 1997, Christian Collovray et Jean-Luc Terrier, vignerons du Mâconnais au Domaine des Deux Roches, se sont implantés dans l’Aude pour y travailler le chardonnay et le pinot noir. Le travail des sols et une incontestable maîtrise technique sont les ingrédients de leur réussite.

gravas

Quizz des fêtes de fin d'année


Gagnez des bouteilles de champagne pour vos fêtes de fin d’année en répondant à notre quizz http://fsit.es/a/t/1224b


La Grande Maison, nouveau carré VIPde Bordeaux

Bernard Magrez et sa fille Cécile, directrice de l’établissement, ont inauguré hier soir le premier dîner du très attendu restaurant de la Grande Maison, établissement qu’ils ont créé en dix-huit mois à peine. D’abord, l’endroit est somptueux dans sa belle rigueur d’hôtel particulier XVIIIe. Un énorme olivier, dont les spécialistes affirment qu’il a deux mille ans, bruisse doucement dans le vent d’hiver en mille éclats argentés, c’est sublime et l’arbre est en pleine forme….lire la suite sur le blog bonvivant

Egly-Ouriet, la verticale des millésimés


Quelques artistes parmi les récoltants-manipulants de Champagne sont devenus des vedettes mondiales de la viticulture. Nous sommes fiers d’avoir été les premiers à révéler le talent de Francis Egly, digne successeur de son père Michel, et heureux de le voir confirmer avec le temps tous les espoirs mis en lui.


[col width= »six »]La cuvée Millésimée de Francis Egly est devenue peu à peu une des expressions les plus accomplies du terroir d’Ambonnay. Elle bénéficie de l’excellence d’une viticulture précise et respectueuse qui a servi d’exemple à tout le village. Aujourd’hui, en effet, Ambonnay est en moyenne le grand cru le mieux cultivé de Champagne et un exemple à méditer pour les autres. L’assemblage contient entre un quart et un tiers de chardonnays issus du secteur de la côte aux lièvres et deux tiers à trois quarts de pinots noirs de lieux dits de milieu de côte comme Chemin du clos, Feuchères, Beurys. [/col]
[col width= »six »]Depuis 1988, l’ensemble est complètement fermenté en barrique dont 30 % de fût neufs. Cette proportion importante est liée à la qualité des bois employés par Dominique Laurent, le tonnelier du domaine et ami du propriétaire. Le vin est commercialisé vers sa dixième année, d’abord en bouteilles puis un ou deux ans plus tard en magnums. Avec l’expérience, dans tous les millésimes récents la fermentation malo-lactique est évitée. Toutes les bouteilles portent la date de dégorgement.[/col]


2008 Pas encore notable

Sur pointe et non dosé
Sur la levure mais rendu plus frais par des notes légères de citron, très droit, incisif, net, tendu, subtil, avec un boisé déjà intégré. Il sera dégorgé après 2020. Grandes promesses, finesse superlative.

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2006 Pas encore notable

Sur pointe encore, non dosé
Pâle, grande droiture, absolue maturité mais grâce à une malo non faite beaucoup de fraîcheur et de tension, race évidente de terroir. Immenses promesses, exemple parfait d’excellence technique au service du terroir.

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2005 18,5/20

Dégorgé juillet 2014, dosé à 2 gr
Clair, très élégant au nez et en bouche, finesse superlative, légère note de fougère, noisette fraîche, grande longueur, miel salé, bulle intégrée, boisé digéré, raffinement total, petit chef d’œuvre.

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2004 17,5/20

Dégorgé en janvier 2014, dosé à 4 gr
Un rien plus acide et plus fluide, grillé, moins gras, un peu plus pointu en fin de bouche, citronné, même style, même race. Il faut encore attendre.

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2002 18/20

Dégorgé novembre 2013, dosé à 2 gr
Splendide arôme de miel de noisette mais en tension, signature évidente du terroir, à point, très légère amertume, net, aucune crainte sur son avenir.

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2000 17/20

Dégorgé mai 2008 82 mois de cave sur pointe, dosé à 2 gr
Noisette grillée au nez très caractéristique, rondeur, ampleur de grand cru, légère évolution de la couleur due à une malo faite qui modifie un peu le style par rapport aux millésimes plus jeunes, accentuant le gras, mais faisant plus bourgogne avec bulles que champagne. Il est fait pour la table.

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1997 16,5/20

Dégorgé en janvier 2004, 66 mois sur pointe, vinifié en cuve
Trop brioché au nez en raison d’un bouchon oxydatif, avec des notes de sirop d’érable. Mais la bouche fait plus jeune que le nez, avec des notes de chocolat blanc de bruyère en fleur, et néanmoins une belle acidité pour le millésime. Il ne cesse de se reconstruire dans le verre.

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1996 18/20

Dégorgé juillet 2005, 97 mois sur pointe
Brioche magnifique au nez, une petite merveille de fruit et de salinité, complexité, longueur comparables aux plus grandes cuvées de prestige, malo faite mais imperceptible tant l’acidité de l’année reste marquée ! Miel de bruyère et mirabelle en fin de bouche un vin splendide.

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1995 Difficilement notable

Dégorgé à la volée
Trop de ferment immédiat au nez avec une note curieuse mais classique pour des vins juste dégorgés de fer blanc, strict, fumé, savoureux mais pas parfaitement équilibré en l’état.

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1992 19/20

Dégorgé à la volée, malo-lactique non faite en raison de la faible acidité de l’année.
Noisette parfaite au nez, acidité géniale, notes complexes, racées et émouvantes de frangipane, et de miel de bruyère (un des marqueurs des terroirs d’Ambonnay) finale sur le silex, apéritif génial. L’évolution de ce type de vin a largement contribué à convaincre Francis Egly à ne plus rechercher la fermentation malo-lactique.

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Veuve Clicquot, l'épistolière

Vendredi et samedi, un lieu éphémère imaginé par la maison de champagne Veuve Clicquot sera ouvert de 11 à 21 heures sans interruption au 116 rue de Turenne à Paris (75003). Bar, parcours d’exposition et « pop-up store » feront la part belle à un univers épistolaire qui compta beaucoup pour la « grande dame du champagne », pionnière de l’export qui mena sa maison de la pointe de sa plume, comme le voulait l’usage d’alors. L’expérience proposée aux amateurs venus visiter « La Messagerie » mettra en scène des anecdotes historiques relatant les aléas de la distribution du courrier de la maison ainsi que les produits de la gamme « Clicquot Mail », édition limitée de cette fin d’année (à personnaliser sur place, expédition à partir de 38 €). Pour parfaire cet hommage à la correspondance, la maison a également mis en place ici un système de courrier vous permettant d’écrire de votre plus beau clavier à la personne de votre choix. Elle sera ensuite automatiquement invitée à venir découvrir ce message personnel à « La Messagerie » ces 12 et 13 décembre (entrée libre, accessible uniquement aux personnes majeures dans le limite des places disponibles, tous les renseignements sont ).

Tradition vs. Innovation

Le progrès d’hier a fait la tradition d’aujourd’hui. Soit et rien de plus juste, mais que sera la tradition de demain? Le progrès suppose la recherche et l’innovation, deux axes fondamentaux de développement autour desquels la viticulture française au XIX ème siècle est devenue la meilleure du monde, et les vins français les plus recherchés de la planète. J’adore lire tout ce que l’on a écrit sur cette époque dans les revues de sociétés agronomiques savantes et dans les livres contemporains. Chaque grand propriétaire avait sa collection de cépages et de clones, et faisait en permanence des expériences de conduite de la vigne et de vinification. Parmi les révolutions qui perdurent jusqu’à nous, nous avons la disparition de la vigne cultivée en foule, et l’apparition de celle cultivée en ligne sur fil de fer avec des tailles révolutionnaires comme le Cordon ou le Guyot. Le recours après le phylloxera au greffage sur plan américain, les perfectionnements de l’adaptation du cépage au climat et au sol! Tous ces progrès seraient impossibles dans le monde d’aujourd’hui où les vignerons sont ficelés par des cahiers des charges d’un conservatisme tatillon, qui servent de bréviaire à des contrôles souvent déshonorants pour les meilleurs de nos vignerons. La calamiteuse maladresse, hélas involontaire, du législateur, dès que fut fixé le principe d’une appellation contrôlée définie par décret, fut d’arrêter l’histoire. Au nom du concept ambigu d’usage loyal et constant (la loyauté est constance mais la constance en aucun cas loyauté mais répétitivité), nous voilà prisonniers d’une morale qui interdit les adaptations aux changements climatiques, à l’évolution des modes de consommation, et même pour les appellations nouvelles sans longue tradition historique, le simple progrès. Par un stupéfiant renversement idéologique dès les années 1990 on a accordé l’appellation contrôlée à des vignobles nouveaux, peu connus hors de leurs frontières naturelles, à condition qu’ils promettent de se plier à une meilleure discipline de travail et à son contrôle. Mais cette discipline les vignerons l’ont fixé eux-mêmes sur la base de ce qu’ils faisaient avant ! Outre l’étroitesse des règles des décrets, les aberrations idéologiques qui donnent aux cépages une « nationalité » ou une « régionalité » et font qualifier ceux qui utilisent des cépages venus d’ailleurs de « traîtres » à leur « patrie », deviennent un handicap de plus en plus insupportable en France et ailleurs. J’ai souvent dit à nos amis italiens ou grecs qui se font régulièrement insulter pour avoir planté par exemple des cépages bordelais de les appeler « cabernotto ou cabernottos, merlotto ou merlotos » et d’attendre patiemment deux générations pour que tous soient persuadés qu’ils sont en fait autochtones. En France si on ne veut pas en faire des vins de table ce n’est même pas envisageable, y compris dans les appellations qui ont emprunté grenache ou mourvèdre aux Espagnols ou Ugni blanc aux Italiens! Je fais ici un rêve pieux : pourrait-on accorder à chaque vigneron un espace de créativité, ne serait-ce que quelques centaines de mètres carrés, où il serait autorisé à faire toutes les expériences de son choix sans être menotté pour aller devant un tribunal?

Le Gorille Blanc


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Menus : Formule à 16€ (au déjeuner, en semaine)
Accueil : jusqu’à 22h30. Terrasse. Fermé le dimanche.

4, impasse Guéménée – 75004
Métro : Bastille ou Saint-Paul
01 42 72 08 45
www.legorilleblanc.fr
Bernard Arény, Dominique Dubert

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Ne vous étonnez pas de voir figurer sur les murs de cette demeure du Marais (pierres, poutres et brocante), qui fut aussi une table de Maigret avec sa plaque en cuivre, des photos et dessins d’un gorille blanc : le patron, basque, a vécu en Afrique et a connu ce spécimen unique à ce jour. Et si l’on sent une petite pointe d’exotisme à la carte, le registre reste traditionnel, à tonalité sud-ouest, et fort bien réalisé.

À LA CARTE:

  • Velouté à l’oseille, patate douce et lait de coco 9€
  • Filets de maquereau marinés à l’orange 8€
  • Fondant de petits pois aux amandes et salade de roquette 7€

 

  • Confit de canard croustillant et pommes de terre paysannes 18€
  • Rognon de veau poêlé, spätzles et sauce moutarde 19€
  • Rognon de veau poêlé, spätzles et sauce moutarde 19€

 

  • Crème brûlée à la lavande 8€
  • Panna cotta au café 8€

 

Notre sélection

  • Châteauneuf-du-pape Vieilles Vignes 2009, Domaine de Villeneuve 66 €
  • Vouvray moelleux Le Mont 2009, Domaine Huet 49 €
  • Coteaux-du-languedoc-pic-saint-loup, Château de Lascaux 2010 29 €

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DÉCOUVREZ LA SÉLECTION LEBEY

LOGO-LEBEY

 

Un dîner Faiveley

Vendredi soir, à l’initiative du caviste parisien Crus, l’un des plus grands domaines bourguignons fera l’objet d’un menu tout particulier pour lequel il faut vite réserver sa place (en écrivant à [email protected]), juste avant de se plonger dans la lecture de cette histoire-. Accordée à un menu spécialement conçu pour l’occasion, la dégustation de vins du domaine Faiveley proposée par la maison Crus aux amateurs mettra en évidence « la qualité du tandem » formé par Bernard Hervet et Erwan Faiveley et leur recherche de perfection et de justesse aromatique et portera sur les vins ci-après.

Blanc :

Mercurey « Clos Rochette » 2013,

Meursault 1er Cru « Blagny » 2011. 


Rouge :

Mercurey 1er Cru « Clos du Roy » 2012, 

Beaune 1er Cru « Clos de l’Écu » 2011, 

Nuits Saint-Georges 1er Cru « Les Porêts Saint-Georges » 2011,

Gevrey-Chambertin 1er Cru « Clos des Issarts » 2011.

Domaine des Deux Roches, Saint-Véran


 

Cuvée PRC, blanc 2012

L’actualité de ce domaine qualitatif du sud bourguignon voit la reprise du domaine Rijckaert connu également pour ses vins du Maconnais mais également pour ses juras de qualité.
Ne cherchez pas de signification ésotérique ou décalée au nom de la cuvée, c’est tout simplement un assemblage des climats Pommards, Roncevaux et Carrettes.
Le vin a évolué favorablement en bouteille depuis notre dernière dégustation. Il est désormais en place. Fin, frais, long, très mûr, racé, c’est une bonne définition du style de Saint-Véran.

 

16/20

Environ 16,60 euros la bouteille
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Le domaine est issu de l’association de Jean-Luc Terrier et Christian Collovray. Non seulement il a prospéré en s’adjoignant une petite structure de négoce au nom de ces deux amis d’enfance, mais il a aussi exporté son savoir-faire en reprenant le château d’Antugnac à Limoux. Il produit également « Les Vignes de Joanny », issues du vignoble en bio de Julien Collovray, le fils de Christian, de plus en plus impliqué, et désormais associé à Florent Rouve dans la reprise Rijckaert. C’est dire le dynamisme de cette maison, désormais incontournable dans le Mâconnais ! Le cœur de gamme reste les saint-vérans, dont la famille exploite une mosaïque de terroirs cultivés et vinifiés avec recherche et précision.

deuxroches

Classé ne puis, bourgeois je suis


Avec trente millions de bouteilles, le tiers de la production du Médoc, les deux cent cinquante-six châteaux de l’Alliance des crus bourgeois revendiquent une offre qualitative et abordable. Encore en quête de reconnaissance, mais bienvenue dans un contexte de crise.


 

À SUIVRE >Jeudi 11 décembre : la dégustation…

Jean-Michel Marle, qui dirige Château Belle-Vue, « le plus margaux des haut-médoc, 13 % d’alcool, 87 % de passion », a le sens de la formule. « Avec les crus bourgeois, on a la sensation de rouler en Ferrari pour le prix d’une Twingo. Le cahier des charges du label nous rapproche de l’exigence des grands crus classés, mais nous ne commettons pas de péché d’orgueil, nous ne sommes pas dans le luxe, nous visons la partie premium du marché avec des quantités suffisantes et des prix accessibles. Un vin à 20 euros n’est pas forcément cinq fois moins bon qu’un vin à 100 euros. Belle-Vue (entre 17 et 22 euros selon les millésimes) est à la fois distribué par la place de Bordeaux et disponible chez Auchan, notamment pendant la Foire aux vins. » Une aubaine pour les amateurs et une période-clé pour Frédéric de Luze, président de l’Alliance des crus bourgeois du Médoc. « Le contexte économique nous sert. Les vins chers se vendent moins, les distributeurs cherchent des vins attractifs qui présentent des volumes importants. Les consommateurs, eux, sont en quête de bons rapports qualité-prix et veulent être sûrs de ce qu’ils achètent. C’est ce qu’ils trouvent avec la famille des crus bourgeois. Les prix vont de 7 à 25 euros et les vignerons s’engagent sur la qualité et la traçabilité. » Mi-septembre sera dévoilée la nouvelle sélection officielle consacrant le millésime 2012. Comme chaque année depuis le millésime 2008, le nombre devrait avoisiner les 250 châteaux (il y en avait 256 pour le 2011). Sur les huit appellations médoc, haut-médoc, listrac-médoc, moulis, margaux, saint-julien, pauillac, saint-estèphe, les trois quarts des vins proviennent des deux premières et 15 % des trois plus prestigieuses.
Comment devient-on bourgeois ? « La démarche valide la qualité d’un vin sur un millésime pour un volume donné et la garantit au consommateur », résume Frédéric de Luze. Chaque domaine et chaque étape de la labellisation sont contrôlés et certifiés par l’Alliance et par le bureau Veritas. Un comité de dégustateurs définit dans un premier temps le vin « référent » du millésime à l’aune duquel ceux des candidats seront ensuite dégustés et notés à l’aveugle par six experts qui ne se concertent pas. Si la moyenne des notes obtenues est supérieure ou égale à celle du référent, le vin est agréé “cru bourgeois”. Chaque bouteille est obligatoirement dotée du sticker du label, sécurisé et à code unique. « Les Anglais, qui veulent des vins avec une histoire, faciles à boire, de qualité et à bon prix, ont été les premiers à s’intéresser à nous », poursuit le président de l’Alliance. « Ils s’étaient détournés des bordeaux, ils y reviennent avec les crus bourgeois. La Chine est en forte croissance, 167 crus bourgeois y sont déjà distribués. Aux États-Unis, en un an, on est passé de 120 à 180 vins référencés, tous millésimes confondus. Le marché français, lui, s’y est mis plus tard. »
Si la dénomination remonte au XVe siècle, si les courtiers de la place dénombrent 444 crus bourgeois en 1932 et si un syndicat est créé en 1962, c’est seulement en 2003 qu’un arrêté ministériel homologue le premier classement officiel des crus bourgeois du Médoc qui consacre 247 châteaux. Problème, les 243 recalés portent l’affaire devant les tribunaux et le classement est invalidé en 2007. Inimaginable cependant de se priver du label. Le président de l’Alliance, à l’époque Thierry Gardinier (Phélan-Ségur), élabore une nouvelle démarche de sélection qualitative des crus bourgeois du Médoc homologuée en 2009 par les pouvoirs publics et mise en œuvre en 2010. On ne classe plus, on labellise, sous le contrôle du bureau Veritas. Mais les catégories “cru bourgeois”, “cru bourgeois supérieur”, “cru bourgeois exceptionnel” disparaissent. Nouveau problème. Les exceptionnels et certains supérieurs se retirent, estimant que leur nom ou leur appellation suffit à leur promotion. « Tout cela est derrière nous », assure Frédéric de Luze. « Avec le 2012, nous en sommes à notre cinquième millésime, nous installons la marque. »

Une nouvelle révolution se prépare chez les crus bourgeois

Aujourd’hui, tout en conservant des critères de sélection et un cahier des charges exigeants, 80% des membres souhaitent à nouveau définir une élite. Et ne plus remettre en jeu leur « titre » chaque année. « Pas de péché d’orgueil mais deux raisons à cela, explique Frédéric de Luze : les consommateurs doivent savoir pourquoi tel cru bourgeois coûte 8 euros et tel autre 25 ; et être en mesure de retrouver sur plusieurs millésimes le vin qui les a séduit. Etre cru bourgeois une année, ne plus l’être la suivante, ce qui est le cas actuellement si le vin n’atteint pas l’exigence de qualité définie pour le millésime, déstabilise l’amateur, les propriétés et les distributeurs. Mais la famille a beaucoup progressé, il est temps d’évoluer ». Révolution avec l’assentiment de la majorité qui verra son accomplissement en 2016 avec le millésime 2014. Didier Cuvelier, propriétaire de Léoville Poyferré, 2e grand cru classé de saint-julien, de château Le Crock, cru bourgeois de saint-estèphe, et dont le frère Olivier est vice-président de l’Alliance, prédit déjà « le retour de certains », ex supérieurs ou exceptionnels. Quand d’autres claquaient la porte au nez de la famille, estimant que leurs seuls nom ou AOC suffisaient à leur prestige, lui est resté fidèle. « Les crus bourgeois sont une marque forte qui fait partie de notre patrimoine. Il aurait été stupide de s’en passer ».

Pour Jérôme Bibey, gérant de Château Labadie (Médoc), vainqueur 2014, qui réalise 70 % de ses ventes en France et 30 % à l’export, « le label est un gage de qualité. » Jusqu’à présent, la moitié de sa production était en cru bourgeois. Pour le 2012, ce sera la totalité. « C’est une très belle vitrine. Quant à la coupe, c’est motivant, c’est une reconnaissance supplémentaire qui me permet de mieux vendre, en l’occurrence 8 000 bouteilles de plus pour le 2011, et j’ai pu majorer mon prix. » Même satisfecit au Château Belle-Vue, dont 100 % de la production est en cru bourgeois, soit 90 000 bouteilles : « Les trois fois où nous avons été distingués par la coupe, nos ventes ont bondi de 20 à 25 %. L’impact du label lui-même n’est pas chiffrable, mais la mention cru bourgeois est un critère indiscutable. Revendiquer une marque forte qui existait avant le classement de 1855 est un élément important dans ce contexte ultra concurrentiel et dans le rapport qualité-prix où nous nous trouvons. C’est aussi consubstantiel de la force de notre propre marque. » Avec 80 % des ventes réalisées à l’export, il précise qu’être un cru bourgeois est un prérequis pour les professionnels chinois et européens. « Certes, l’effort financier n’est pas neutre (la cotisation à l’Alliance, en hausse de 30 % l’année dernière, est calculée sur le nombre d’hectolitres labellisés, NDLR), mais c’est marginal par rapport au coût de production. Et l’optimisation coût-efficacité est remarquable. ».
Message entendu par l’Alliance qui consacre une grande partie de son budget à la promotion de ses châteaux « tous si différents », vignobles de deux hectares ou de plus de cent qui sont la propriété de familles (tels Paveil de Luze, Taillan, Le Crock), d’investisseurs privés (Lilian Ladouys, Branas-Grand-Poujeaux) ou institutionnels (Blaignan et La Tour de Mons) ou qui sont des actifs de grands groupes comme Castel (Barreyres) ou Fayat (Clément-Pichon) et dont les vins peuvent être distribués par la place de Bordeaux ou vendus en direct. « Dans les prochains mois, nous serons présents sur une centaine de manifestations pour le grand public et pour les professionnels, soit une tous les trois jours », indique Frédéric de Luze. Favoriser la découverte des vins au château est également un objectif au programme, via un circuit œnotouristique des crus bourgeois du Médoc. À suivre.

Béatrice Brasseur