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Vignerons en développement durable

VDD {Nm. Prop.} : dix caves coopératives concernées par l’avenir de la Terre, des enfants de demain et la pérennisation du terroir et du métier de viticulteur s’unissent dans une démarche en développement durable.

Ci-dessus leur logo et leur «définition» d’origine. Ici, leur tout récent site internet qui permet de découvrir en ligne ce qui anime ce collectif de producteurs engagés de la vigne au verre dans une démarche de développement durable. Initié en 2007 par la mise en œuvre d’une charte reposant sur trente-sept engagements intégrant simultanément des problématiques économiques, sociales, sociétales et environnementales dans la gestion d’entreprise, l’élaboration et la commercialisation du vin, l’association VDD s’est officialisée en 2010 par la création de la marque et du logo certifiant le respect de la charte qui sera désormais attribué aux caves. La certification et les audits sont assurés par le groupe ICV (Institut coopératif du vin), qui fut conçu en 1946 comme un outil oenologique mutualisé au service des vignerons méditerranéens.

L’engagement VDD, qui concerne aujourd’hui 3 000 vignerons et 640 salariés et représente 20 000 hectares de vignes et 64 millions de bouteilles, permet à l’ensemble des parties prenantes de la filière vitivinicole de minimiser les impacts écologiques de leurs actions et d’offrir à chacun une meilleure qualité de vie. Il s’agit de relever les principaux défis du monde agricole : garantir la sécurité alimentaire, vivre de son métier et respecter la nature. L’association accueille constamment de nouveaux adhérents. Au dix caves coopératives* fondatrices situées dans les Pyrénées Orientales, l’Aude, en Provence, dans le Vaucluse, le Gard et la Drôme, des caves du Val de Loire et de Bourgogne sont entrées dans la démarche. Une dizaine de nouvelles caves coopératives et particulières sont en processus de conversion pour rejoindre la marque.

* Vignobles Dom Brial, Cave Jaillance, Cave La Malepère, Mont-Tauch, Les Vignerons du Mont-Ventoux, Moulin de la Roque, Caves de Razès, Sieur d’Arques, Cave de Tain, Vignerons de Caractère.

C’est une fille !






Le 25e concours du Meilleur élève sommelier en vins du Val de Loire, dont les dernières étapes se sont tenues lundi au Salon des Vins de Loire sous le parrainage de l’Union de la Sommellerie française, a récompensé Virginie Tondeur (voir photo ci-dessus), élève au Lycée hôtelier de La Rochelle. Tout comme le millier d’élèves de France
et de Belgique participants, elle a reçu une formation spécifique en vins de Loire avant d’être soumise à une épreuve écrite organisée dans son établissement. Cette première phase a permis de désigner les trois meilleurs représentants de chaque école. Lundi matin, les candidats se sont affrontés dans une demi-finale à huis-clos portant sur leurs connaissances générales des vins de Loire (appellations, histoire, géographie…). A l’issue de ce test,
les élèves des meilleures écoles, classées « Val de Loire », « hors région Val de Loire » ou « Étrangère », ont été retenus pour participer à une finale en trois étapes, ouverte au public. Décantation en cinq minutes, questionnaires avec photos sur les thèmes de la viticulture, de l’œnologie, de l’histoire, de la géographie, du service et de la culture du vin en Val de Loire et dégustations à l’aveugle des vins (recherche du cépage, de l’appellation et du millésime) ont permis à Virginie de démontrer qu’elle était la meilleure. Nous avions déjà noté le talent des filles en la matière.

Les chambertins de Pascal Marchand






C’est en deux temps que le site de ventes privées de vins (entendre qu’il faut d’abord s’inscrire pour participer)
a wine day vous propose de découvrir le travail de celui que Michel Bettane consacra, il y a quelques années, comme la référence mondiale du pinot noir. Fleurons de la Bourgogne, ces grands crus classés de la Côte-de-Nuits issus de vignes menées en agriculture bio ou en biodynamique font d’ores et déjà l’objet d’une vente exceptionnelle consacrée aux gevrey-chambertin. L’amateur pourra ainsi s’offrir un premier cru Les Cazetiers ou un grand cru Charmes-Chambertin ou Mazis Chambertin. Ils seront à nouveau à l’honneur le 14 février lors d’une soirée dégustation Musique & Vin dédiée au «charme» de Chambertin. Pour plus de renseignements, on s’inscrit .

L'homme du salon des vins de Loire : Thibaud Boudignon Coeur de Lion

Barbe à la Henri II de Plantagenêt,Thibaud Boudignon est le Richard Coeur de Lion du chenin. Directeur du Château La Soucherie depuis 2007, il a redonné à ce domaine d’Anjou son lustre d’antan et la résonnance de ses vins a illuminé le Salon des Vins de Loire!

Depuis quelques millésimes, il cultive pour lui, le weekend un peu plus de deux ha de chenin classés en Anjou blanc et quelques ares de Savennières. Les 2010 et 2011 sont des modèles de style et doivent figurer dans toutes les caves d’amateurs de grands chenins secs et les 2012 s’annoncent somptueux. L’Anjou blanc 2011 offre à la fois…

Bargylus et Marsyas, vins de guerre


La Syrie, ce bourbier inextricable, les morts, le chaos, le dictateur délirant ou les barbus fous, tu parles d’un choix. La vie qui continue, qui doit, pas le choix. Dans la région côtière de Lattaquié au nord-ouest du pays, Karim et Sandro Saadé, deux frères dont la famille est originaire de cet endroit, exploitent une dizaine d’hectares sur les pentes du mont Bargylus, à une altitude de 900 mètres. Ils sont Libanais, vivent à Beyrouth et affichent ce fatalisme propre aux gens du Moyen-Orient, une région qui n’a jamais été stable, expliquent-ils.

« Si Dieu le veut » ou, plus prosaïquement, « On verra bien » tiennent lieu de viatiques incantatoires face au maelstrom qui s’est emparée du pays et comment faire autrement ? Que dire ? Comment expliquer que le mont Bargylus a une histoire viticole pluri-millénaire qui vaut qu’on la choie, que les vins étaient envoyés à Rome…

Bio, nature, etc.Le débat.

C’est un débat qui agite de manière récurrente le microcosme de l’internet du vin. Nous publions ci-dessous une lettre ouverte du président de la FNIVAB, Alain Réaut. Elle est adressée à Michel Bettane et Thierry Desseauve. Nous publions à sa suite la réponse de Michel Bettane.


Lettre ouverte

Messieurs Michel Bettane et
Thierry Desseauve

Courteron, le 30 janvier 2013

Messieurs,

En tant que président de la Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique (FNIVAB), je tiens à réagir à la tribune que vous publiez, intitulée « le vin bio de la rédemption à l’imposture », ainsi qu’au numéro de Terre de Vins auquel vous avez participé («100 bios ou tout comme »).

Je ne peux bien sûr que me réjouir de votre intérêt pour notre filière. Néanmoins, je relève certaines approximations, qui nécessitent précisions et complément d’information.

En premier lieu, l’agriculture biologique n’est pas un « concept ». Il s’agit en effet d’un signe officiel de qualité, géré par l’INAO, au même titre que l’AOC, l’AOP, l’IGP et la STG [1].

La conséquence directe de ce statut juridique est claire : il existe une réglementation européenne, que tous les vignerons doivent respecter s’ils souhaitent apposer la mention « Bio » sur leurs vins. Cette réglementation fait l’objet d’un contrôle annuel, obligatoire, effectué par des organismes certificateurs dont l’agrément dépend de l’INAO et du COFRAC.

Ce préposé est important. C’est ce qui fait que l’on ne peut pas être « Bio… ou tout comme » comme le laisse penser le dossier de Terres de Vins. Comme on ne peut pas être, puisque je suis vigneron champenois, « Champagne…ou tout comme ». On est Bio si l’on respecte le cadre réglementaire. Ou on ne l’est pas.

Nous respectons les vignerons qui se sentent proches de notre démarche, nous sommes très heureux de savoir qu’ils sont de plus en plus nombreux à faire des essais, sur des bouts de parcelles, mais « être en bio », c’est être contrôlé et certifié.

Ce rappel est d’autant plus indispensable que c’est précisément grâce à ce cadre réglementaire (qui, à ce propos, ne vous permet pas de présenter dans votre sélection des vins bio …qui ne le sont pas) que le vin biologique ne peut pas être une « imposture ».

Votre affirmation selon laquelle « Le vin bio est une utopie totale et pire, une tromperie organisée, quand il se cache derrière le vocable de vin « naturel » ou « authentique » » relève donc d’une méconnaissance sérieuse du sujet. Il existe, d’un côté, un cadre réglementaire – celui du vin bio et de la biodynamie [2]. Le vin « naturel » ou « authentique » relève quant à lui de la conception qu’en a son producteur. Les vins biologiques ne sont donc pas tous des vins « naturels », et les vins « naturels » ne sont pas tous des vins « biologiques ». La nuance est sensible, mais quand on s’adresse, comme vous le faites, au consommateur, elle doit être rappelée.

Quant au fond de votre discours, j’avoue être parfois un peu perdu.

Vous semblez en effet penser que la viticulture conventionnelle s’est « égarée depuis les années 1960 dans le piège de la productivité et de l’oubli de son fondement : la mise en valeur respectueuse et durable de terroirs exceptionnels ». Vous rappelez que les viticulteurs bio-dynamistes (et les viticulteurs bio dans leur ensemble) « s’épargnent, et ce n’est pas rien, le recours systématique et inutile à bien des produits nocifs », pour en arriver à la conclusion : « j’avoue ne pas comprendre pourquoi tant de leurs collègues n’en font pas autant ». Je ne peux, bien évidemment, que partager votre point de vue et votre interrogation.

Mais vous parlez aussi de « reculs de civilisation », comme si la réponse au « tout chimique » ne pouvait être qu’un retour à la charrue et aux bœufs, comme si les viticulteurs bio étaient des producteurs dogmatiques et obscurantistes, refusant toute notion de progrès.

Comprenez ma confusion, et, ce qui est plus grave à mes yeux, la confusion du consommateur auquel vous vous adressez.

Je me permettrais donc de vous rappeler quelques points techniques:

– Les seuls produits autorisés sur vigne bio sont « le soufre, le cuivre et la chaux ».

Cela signifie donc que la réglementation bio interdit, a contrario, l’usage des désherbants chimiques, des engrais chimiques, et des pesticides chimiques de synthèse.

L’Etat français ayant officiellement reconnu en mai dernier le lien entre la maladie de Parkinson et l’usage des pesticides chimiques de synthèse, cette précision méritait d’être apportée car, effectivement, « ce n’est pas rien ».

– En ce qui concerne le cuivre, molécule utilisée par tous les viticulteurs, Bio et conventionnels, les doses utilisables sont limitées [3]. Et c’est faire injure à l’ensemble de la profession, à laquelle vous appartenez, que de considérer que « Nul ne voit d’inconvénient à accumuler dans le sol le cuivre, molécule qui ne s’élimine pas ». C’est justement parce que l’usage de cette molécule nous préoccupe tous que les viticulteurs bio sont parvenus, grâce à leur expérience, grâce à la recherche, à rester très en deçà des doses autorisées [4]. C’est encore parce que nous ne sommes pas des irresponsables que bien des instituts techniques viticoles ont mis en place des programmes de recherche, depuis des années, sur les réductions de doses et les alternatives au cuivre. Vous voyez, nous sommes déjà loin des « reculs de civilisation » que vous mentionnez.

– Quant à l’hypothèse du « génie génétique », là encore, votre propos me semble confus.

Si vous parlez ici de transgénèse, cela ne peut pas être une voie pour la viticulture bio, vous le savez, puisque notre réglementation européenne interdit, en bio, l’usage des OGM. Opposer « le lobby bio » qui « crie au scandale », les « esprits faibles » contre les chantres du tout génétique, c’est simplifier, là aussi, le débat. A l’heure où même la Commission européenne semble très embarrassée sur ce sujet, où la cacophonie règne au sein des Etats membres, où le consommateur refuse à ce point d’ingérer des OGM que certaines enseignes de grande distribution garantissent le « sans OGM », je ne suis pas certain que l’on parle là d’une grande avancée de civilisation.

Si votre propos concerne en revanche la sélection massale, je ne peux bien sûr qu’aller dans votre sens, puisque c’est justement l’un des objectifs de la bio que d’utiliser des espèces et des plants les plus adaptés à leur environnement, tout en respectant la biodiversité, indispensable à une vraie viticulture durable. La filière bio participe aussi, sur ce sujet, à des programmes de recherche. Ainsi, vous le voyez, là aussi, la nuance est de taille.

Je m’arrêterais là, car, à l’heure d’internet et des réseaux sociaux, l’information doit aller vite, la nuance n’est pas de mise, et je réponds déjà, une semaine après votre publication, avec quelque retard !

Je reste persuadé – mais on me dit parfois naïf – que vous êtes convaincus de l’intérêt des vins Bio (pourquoi, sinon, en effectuer une sélection dans Terre de Vins ?), et qu’il n’était pas de votre intérêt de « faire le buzz » en opposant bio et conventionnel, bio et biodynamistes, etc. Comme le montre d’ailleurs le partenariat récent signé entre l’ITAB et l’IFV, ces querelles de chapelle sont heureusement derrière nous.

C’est pourquoi je serais ravi de poursuivre personnellement ces échanges, autour d’un verre de vin bio, car, comme vous le dites, nous aimons le bon vin « en pays gaulois ».

Je vous prie d’agréer, Messieurs, mes cordiales salutations.

Alain REAUT,
Président de la FNIVAB

Réponse de Michel Bettane à Alain Reaut

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu, lu et médité votre lettre ouverte à l’intention de Bettane & Desseauve. J’en ai apprécié la modération et le sincère désir de défendre un label que vous dirigez, au nom de tous ceux qui en font partie.
Vous nous reprochez principalement un certain nombre de confusions dans les mots et les concepts et en particulier de mettre dans le même sac agriculture bio, vin bio, vin nature et vin authentique. Je reconnais que vous avez en grande partie raison, même si nous savons évidemment ce que chacune de ces expressions veut dire. Nous aurions pu être plus pédagogiques dans l’article publié par Terre de Vins en demandant à la revue de définir plus clairement son sujet. Mon texte personnel qui a suscité tant de réponses (pas toujours aussi polies que la vôtre) ne les confond pas, mais dénonce justement comment chacune cache l’autre dans le discours même de nombreux viticulteurs qui adhèrent à l’agriculture biologique, et dans celui de ceux qui défendent, distribuent, vendent ou commentent leurs produits.
Cet article destiné à l’origine à un magazine anglais était un texte d’opinion, écrit par un observateur de longue date du monde du vin qui est aussi un citoyen très attaché à la liberté d’expression. Je n’ai pas utilisé uniquement le mot imposture, qui a tant choqué et qui relève du plan de la morale, mais aussi les mots leurre et utopie, qui ne veulent pas dire la même chose et qui se comprennent dans la problématique qui était la mienne, celle de la relation à une réglementation précise, mais insuffisante par rapport à son objet, du moins pour ceux qui conçoivent le concept d’écologie et de développement durable dans toute sa force. Il s’y ajoutait le respect pour une notion aussi progressiste que celle des appellations d’origine et le souci du maintien de la qualité de nos grands vins et de l’information du public, en le mettant en garde contre les innombrables petits mensonges et confusions qui entourent la mode du vin « bio ».
Je crains malheureusement que votre lettre contribue elle aussi à entretenir ces confusions. Personne ne songe à nier la légalité du label agriculture biologique (et désormais, celui du vin bio) qui suit une réglementation acceptée par la puissance publique, sous contrôle d’organismes privés indépendants, dont cette même puissance a défini la mission et accordé la délégation d’autorité. Mais vous le présentez vous-même comme « un signe officiel de qualité », reprenant ainsi les arguments de ceux qui prétendent que les vins certifiés bios sont meilleurs que les autres. Moi-même je ne suis pas le dernier à écrire que les raisins issus d’une agriculture respectueuse, fondée sur une observation intelligente de la nature et un respect du sol et de l’environnement, sont de grande qualité. Mais des raisins produits par des voies différentes, parfois encore plus rigoureuses dans leur cahier des charges, peuvent être tout aussi bons. Bien au-delà de ces comparaisons, ce hold-up sémantique – je ne vois pas comment le définir autrement, et il y en a un second, tout aussi grave, que je dénoncerai plus loin – rend le citoyen perplexe. Il y aurait donc deux vitesses dans les vins d’appellations d’origine, le vin ordinaire et le vin bio, ce dernier porteur d’un signe officiel de qualité ? Le vin ordinaire, dont font partie la plupart de nos produits les plus internationalement réputés, serait-il moins qualitatif que ce vin bio ? Et l’expression « Appellation d’origine protégée » ne serait-elle pas un signe officiel de qualité ? Ne faudrait-il alors pas rendre obligatoire pour tout vin d’appellation d’origine protégée le cahier des charges des vins bios, puisque par définition l’État se doit non seulement de protéger la véracité des origines, mais la qualité de leurs vins ? Reste le problème de fond, de loin le plus important, et au cœur de ce problème un second hold-up sémantique, qui s’inscrit dans une problématique encore plus large qui pourrait se définir ainsi : peut-on faire commerce de vertu ?
Le label AB, même géré par la Nation (ce n’est pas tout à fait exact, puisqu’elle en délègue la surveillance à des organismes certificateurs), même bombardé « signe officiel de qualité », ne peut pas interdire l’existence de concepts définis par les mêmes mots (on n’est jamais propriétaire de noms communs). Le dictionnaire donne à l’adjectif biologique deux grandes définitions : « qui a rapport à la vie et aux organismes vivants » et « qui est caractérisé par la vie ». Il a récemment ajouté une troisième nuance liée à l’écologie, même si notre brave Robert annonce malicieusement son « emploi non scientifique » (tome 1, page 998) : signe de « vie spontanée, naturelle ». L’agriculture bio devrait donc dépasser un simple cahier des charges, défini à l’échelle européenne dans une perspective de compromis, et contrôlé par des organismes certificateurs indépendants des États (intrigante délégation de pouvoir, contradictoire avec la prise en charge directe du contrôle de la dangerosité des produits agro-alimentaires), mais pas du commerce et de ses principes, pour se poser des questions autrement plus profondes : comment définir l’idéal d’un développement durable et comment l’atteindre ?
Tant que le label Agriculture Biologique définissait uniquement la matière première, donc le raisin de départ, le décalage entre label et concept n’était pas suffisamment important pour éveiller les esprits en polémiquant sur la légitimité de la chose. Je continue à penser que la liberté de ceux qui s’accordent le droit de faire appel aux progrès de l’industrie en matière de molécules de synthèse, et de ne pas interdire à la science de travailler sur la transgénèse, va plus loin dans la recherche de la durabilité et de la protection de l’environnement que ceux qui, dogmatiquement, se le refusent. L’écologie intelligente se doit aussi de prendre en compte le bilan carbone. Mais il n’y a aucune raison de mettre en doute la sincérité des uns comme des autres, leur idéalisme et leur dévouement à leur patrimoine. Mais avoir défini un cahier des charges œnologique et, donc, réglementé la vie fermentaire, pour des raisons uniquement commerciales et à la demande des réseaux de distribution, entraîne une distorsion conceptuelle trop importante et, donc, un mensonge public. Tout vin de qualité suit en principe le même parcours fermentaire et peut donc se définir comme issu d’un processus biologique naturel. Limiter règlementairement le vin bio au respect d’un cahier des charges, c’est faire croire au public que tous les autres ne sont pas bios et semer une confusion inutile. Et que dire des vins non certifiés dont le cahier des charges est encore plus strict que celui des vins certifiés parce qu’ils peuvent le vendre à des prix plus élevés permettant une discipline de travail encore plus rigoureuse ? Le jour où l’on indiquera sur une contre étiquette obligatoire les taux de soufre, de cuivre résiduel ou de pesticides de tous les vins, on verra bien que le cahier des charges bio est largement moins contraignant que les normes que se fixent nos plus grands viticulteurs dont certains d’ailleurs pour des raisons fort honorables ont recours à la certification.
Reste le problème moral si important à mes yeux et qui justifie la vigueur de certains de mes propos. Le signe de qualité Agriculture Biologique est un produit commercial. Commercial parce que la certification relève d’un contrôle annuel payant, effectué par des organismes indépendants qui vivent de la chose. Les produits sont distribués par des filières qui ont évidemment un intérêt économique dans cette distribution et qui sont en concurrence d’un pays à l’autre. Je ne suis pas sûr que les normes de production de certains fruits et légumes certifiés soient les mêmes dans chaque pays de la communauté européenne. Je ne suis pas sûr que la distribution n’entre pas dans le capital de certains organismes certificateurs, avec toute l’ambiguïté des conflits d’intérêt qui peuvent naître de leur participation. Cette commercialisation risque à terme de tuer l’image de marque que l’agriculture biologique a voulu créer, c’était la conclusion de mon article. Le moraliste que je suis n’en sera pas inconsolable.

Bernard Pivot et moi, on est très déçu

Voilà que deux ministres toutes gonflées de leur importance nous ont chagriné notre Bernard Pivot qu’on aime tant. Autant le dire tout de suite, il a rejoint un club qui compte des dizaines, voire des centaines de milliers de membres, dont moi.
Mesdames Filipetti (Culture) et Batho (Écologie, etc.) ont décidé du haut de leur savoir immense de ne présenter ni la candidature des « Coteaux, maisons et caves de Champagne » ni celle des « Climats de Bourgogne ». C’est net et sans réplique, les représentants du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO vont avoir à se pencher sur deux autres impétrants : la grotte Chauvet et la chaîne des Puys-faille de Limagne.

Non ne riez pas, c’est vrai et ce n’est pas drôle du tout.
Au lieu de porter haut les couleurs toniques de la France, ces dadames préfèrent une bousculade…

Jeanjean + Jeanjean





La Maison Jeanjean et les Vignobles Jeanjean se sont réorganisés afin que soient bien dissociées les activités de chacune des structures. La Maison Jeanjean, dirigée par Sébastien Narjoud, reste dédiée à la production et à la diffusion des domaines partenaires. Les six propriétés familiales qui constituent les Vignobles Jeanjean sont dirigés par Brigitte Jeanjean. Avec son équipe, qui vient de s’attacher les conseils de l’œnologue Claude Gros, cette dernière travaille à opérer une montée en gamme basée sur la connaissance des terroirs languedociens et une réelle démarche vigneronne.

Deux régions, deux salons.



Deux salons professionnels importants démarrent ce lundi.

A Marseille, la quatrième édition de Bleu Wine Expo, le salon organisé par la Fédération régionale des vignerons indépendants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, se tiendra durant deux jours au Palais du Pharo. Plus de cent vignerons indépendants de Provence et du sud de la vallée du Rhône y seront présents pour accueillir importateurs, détaillants, restaurateurs et acheteurs professionnels venus du monde entier. Pour célébrer le statut spécial de la ville, capitale européenne de la culture cette année, une cuvée collector « Marseille-Provence 2013 » sera élaborée sur la base du vote des visiteurs. Plus d’infos ici.

Plus au nord, c’est le troisième vignoble de France et ses quatre-vingt trois AOC qui tiennent salon au Parc des expositions d’Angers. Créé en 1987, le Salon des Vins de Loire permet aux visiteurs français et internationaux de découvrir, en avant-première et avant la mise en marché, le millésime de l’année. Près de six-cents exposants du Pays Nantais, des Régions Anjou-Saumur, Touraine et Centre Loire, proposeront aux neuf mille visiteurs attendus de découvrir la richesse, la fraîcheur et la diversité de leurs vins. De dégustations en master class, l’une d’entre elles sera consacrée au chenin et au melon de Bourgogne, le programme complet de ces trois jours est .

Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ?






On mange (deux fois) des crêpes. Samedi, à 17 h à Paris, chez Legrand Filles & Fils, pour accompagner la dégustation de deux cidres, cuvée brut et cuvée Saint-Georges AOC Pays d’Auge, issus du domaine familial Manoir d’Apreval (Honfleur). Dimanche, direction Reims, le domaine Les Crayères et son restaurant gastronomique Le Parc pour un savoureux brunch de la Chandeleur. Saveurs sucrées-salées et crêpes préparées sous vos yeux de 11h30 à 14h30. Menu hors vin 85 €, on pense à réserver.

On s’initie au gamay. Si on le rencontre dans de nombreux vignobles de France et s’il pousse sur 37 000 hectares au total dans le monde, ce cépage a pour terre de prédilection les côteaux granitiques du Beaujolais où il couvre
18 000 ha. Tout récemment, lors de la 3e édition de l’International du Gamay organisée par l’Inter Beaujolais, les experts ont jugé des centaines d’échantillons de vins élaborés à partir de cépage gamays (85 % minimum) produits dans le monde entier. Les gamays français ont reçu cent-quarante deux médailles, dont trente-deux Grand Or. Les appellations du Beaujolais, cent-treize médailles, dont vingt-trois Grand Or. Liste complète des vins médaillés .

On anticipe. Février est arrivé dont le point d’orgue sera la traditionnelle Saint-Valentin. A ce sujet, trois choses à faire. D’abord, consulter le catalogue en ligne de la vente aux enchères de vins fins que la maison Artcurial organise mardi et mercredi et qui comporte, en partenariat avec le Château Yquem, quelques lots de sa cuvée Y,
un vin blanc sec moins connu, mais pas moins grand, que son célèbre liquoreux. Parfait si vous partagez votre vie avec Yves ou Yaëlle, mais aussi dans les autres cas.

On anticipe, suite. Que les pointilleux le sachent, ce ne sera pas tout à fait le jour J, mais la veille, que se tiendra cette dégustation en forme de tour de France des rouges mythiques, dont les places sont comptées. Le tarif est de 68 €, on s’inscrit ici après avoir lu le programme des réjouissances, qui se dérouleront dans un restaurant parisien :

-Domaine de Trévallon 2004
-Domaine Clos Rougeard, Saumur Champigny « Les Poyeux » 2007
-Domaine Rostaing, Côte-Rotie « La Landonne » 2004
-Château Bel Air Marquis d’Aligre, Margaux 1995
-Domaine Barral, Faugères « Jadis » 2000
-Domaine Breton, Bourgueil « les Perrières » 1986
-Château de Fonsalette 1997
-Domaine de l’Arlot, Vosne Romanée 1er Cru « les Suchots » 2006

On anticipe, fin. Si vous aussi, vous croyez que «la connaissance du vin et de ses univers permet d’accroître le plaisir et l’intérêt de la dégustation» et que «mieux connaître le vin permet également de mieux boire», à savoir ne boire que les vins que l’on préfère, «ceux qui sont à notre goût, ceux qui sont bien nés et bien faits, dans le respect du terroir, de la nature et de la santé», alors votre idée du vin, cet hédonisme contemporain, va avec les objets qui sont sur ce site-là, une mine de trésors pour le jour des amoureux et pour tous les autres jours.

On va se promener. Mardi dernier, la Maison de cognac Rémy Martin, et plus précisément son offre appelée
Visites et Rendez-Vous, a reçu le Prix national de l’œnotourisme dans la catégorie Mise en valeur d’un site viticole. Une récompense qui vient saluer un travail à destination du grand public, mis en place dans les années
90 et affiné en 2007, qui propose des expériences épicuriennes autour des cognacs de la maison, du terroir, de l’histoire, du patrimoine, du savoir-faire et de de la gastronomie.