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Demaison s’amuse, nous aussi

François-Xavier Demaison marie l’amour du vin et son métier de comédien. Acteur, auteur, vigneron à ses heures, son spectacle Di(x) Vin(s) a de l’allonge et du mordant

On ne l’avait pas vu seul en scène depuis un moment. Pour ce retour chez lui, dans son Théâtre de l’Œuvre, FX Demaison a choisi de rendre hommage au vin. Dans Di(x) Vin(s), chaque bouteille constitue une étape dans un cheminement qui lui permet de raconter cinq décennies de souvenir. Il en profite pour créer une amusante galerie de portraits. Le millésime 73 est celui de sa naissance. Pour fêter son Bac, en 1991, il évoque le dîner familial au Grand Véfour où son père avait commandé un ducru-beaucaillou 1986. Le jeune boutonneux à mèche de l’époque ne s’était pas fait prier pour en consommer largement. Un premier jalon mémorable dans un parcours qui va aussi lui faire apprécier les tokajs de Hongrie ou les vins du Roussillon. Le souvenir d’un danjou-banessy lui permet de croquer un de ces rugbymen catalans expansifs et bruyants. Il incarne aussi sa logeuse américaine du temps de sa vie d’avant. Elle boit un zifandel californien tellement « Oh my god » et raconte, avec l’accent, sa vie dissolue au temps du flower power.

La salle s’esclaffe sans arrêt dans ce spectacle rythmé dont l’écriture a été peaufinée avec Mickael Quiroga pendant les confinements. Au-delà des personnages exubérants, dont son incontournable boxeur avec qui il partage un gevrey-chambertin de Geantet-Pansiot, on sent que l’approche de la cinquantaine le pousse à être plus audacieux. Et parfois un peu nostalgique. Il a élargi son registre, comme un vin qui a bien vieilli. Il n’hésite pas à être plus mordant qu’avant et à jouer avec autodérision de son physique. Il fait dire à Giuseppe Quintarelli, vigneron vénétien, qu’il ressemble à un « petit cochonnet ».

Après avoir bondi sur la musique de Flashdance, un des moments les plus drôles, il passe parfois une tête au bar du théâtre. On peut y déguster des vins sélectionnés avec l’aide de son ami Gwilherm de Cerval, et surtout son vin. Cet épicurien a franchi le pas, dans la région de sa femme Anaïs. Avec le sommelier-conseil Dominique Laporte, ils ont acheté quelques hectares dans la vallée de l’Agly pour créer le domaine Mirmanda. Ils produisent 15 000 bouteilles de côtes-du-roussillon par an, en rouge et en blanc. Comme ce sont des garçons ambitieux, ils proposent aussi trois cuvées de négoce en vin de France. Ça représente désormais 60 000 bouteilles par an. Le-cibelle, goûté après le spectacle, est une base de grenache avec de la syrah et du viogner. Ce dernier apporte souplesse et fraîcheur. Une bonne façon de conclure la soirée ou de la prolonger.

FX Demaison, Di(x) Vin(s)
Au Théâtre de l’Œuvre (Paris 9e) jusqu’en mai
Réservations au 01 44 53 88 88.
Cibelle, disponible entre 15 et 18 euros.

Le mondovino de la semaine #153 tourne à fond

Soutien aux Ukrainiens • Le nouveau flagship parisien du saké • Beaujolais, la sélection de Montmartre  • Pages et cépages • Un clisson partagé entre équilibre et fraîcheur • Chaque jour du nouveau, en voici cinq

Dans le vignoble


Soutien aux Ukrainiens

Une vente aux enchères caritatives sera organisée du mercredi 30 mars au vendredi 8 avril sur le site idealwine.com à l’attention de Ukraine Amitiés, une association humanitaire qui collecte des dons et des médicaments pour les populations civiles. Les lots seront mis en vente au prix symbolique d’un euro. Une idée solidaire de Laurent Fortin, consul honoraire d’Ukraine en Nouvelle-Aquitaine et directeur général de Château Dauzac. « Quand j’ai accepté mes fonctions consulaires par amour pour ce beau pays si proche de la France, personne ne pouvait imaginer que la guerre serait à nos portes, avec ses cortèges de réfugiés et ses désastres humanitaires. A l’époque où on parle de responsabilité sociale et de RSE, j’en appelle à l’engagement citoyen de la filière pour soulager ce peuple ami en détresse ».

Vous pouvez contribuer à cet élan de générosité en envoyant des bouteilles et/ou des grands contenants directement au château Dauzac jusqu’au lundi 21 mars. La propriété se chargera de les envoyer à la plateforme du site d’enchères.

Château Dauzac
1 avenue Georges Johnston
33460 Labarde

Le nouveau flagship parisien du saké

Fraîchement rénovée par l’architecte Kim Leou, la Maison du saké et du whisky, située rue Tiquetonne en plein cœur de Paris, s’affirme comme l’adresse incontournable des amateurs de sakés et de spiritueux d’exception mais aussi pour les gastronomes et les passionnés de mixologie. Trois espaces de dégustation, de découverte et de restaurations rythment ce lieu qui met à l’honneur le Japon contemporain. 650 whiskies et spiritueux du monde entier ainsi que 100 références de sakés issues des meilleures brasseries japonaises sont disponibles à la vente.
lamaisondusake.com et whisky.fr

Beaujolais, la sélection de Montmartre

La première sélection de Montmartre des beaujolais et beaujolais-villages a eu lieu le samedi 19 février au restaurant La Bonne Franquette. Près de 160 vins ont été dégustés par un jury de sommeliers, des cavistes, des restaurateurs, des journalistes, des vignerons, et des amateurs, présidé par Jean-Luc Jamrozik, président de l’Association des sommeliers Paris – Île-de-France. Daniel Bulliat, président de l’InterBeaujolais et David Ratignier, président de l’ODG Beaujolais et Beaujolais-Villages étaient également présents.
Retrouvez la liste des 51 vins sélectionnés sur bigbouffe.com

Pages et cépages

Dans le Ve arrondissement de Paris, face à la Sorbonne, cette nouvelle librairie spécialisée sur le thème du vin et de la cuisine vient d’ouvrir ses portes au 54 rue des Écoles. Pages & Cépages est le fruit d’une rencontre entre deux amis de longue date. Édouard Sindler, caviste indépendant et Laurence de Cabarrus, libraire. « Nous souhaitons donner vie à un nouvel espace convivial et accessible autour du livre et du vin. Chaque amateur ou connaisseur puisse trouver le livre et la bouteille qui lui convient. »
Pages & Cépages, 54 rue des Ecoles

Dans le verre


  • Un clisson partagé entre équilibre et fraîcheur

Sur le papier, on est à Clisson en appellation muscadet-sèvre-et-maine au climat océanique. Ce vin est issu de vielles vignes de plus de 40 ans. Un 100 % melon de Bourgogne, cépage plus connu sous le nom de muscadet, comme le nom du vin qu’il produit. Dans le verre, nez complexe, minéralité, fraîcheur. On doit le plaisir de ce vin blanc à Hugues Brochard, talentueuse 4e génération de vignerons. Un vrai vin de plaisir à l’image de cette Loire accueillante.
Hugues Brochard, Clisson, muscadet-sèvre-et-maine 2015, 12 euros

Rémy Martin, un pas de plus sur la voie verte

Cette innovation tout droit sortie du cerveau fertile de ses concepteurs, propulse le cognac dans un univers gustatif tout neuf. Il était temps

Dans un numéro récent, En Magnum faisait le point sur la démarche vertueuse dans laquelle la maison cognaçaise Rémy Martin engageait, avec son partenaire de toujours et un peu d’avance sur ses concurrents, la viticulture à l’origine de ses eaux-de-vie. Accompagnement des viticulteurs, alternatives et prévention pour réduire les traitements, réduction des emballages, la marque insistait sur la dimension collective de cette nouvelle vision, incarnée par une équipe œnologique et agronomique talentueuse et soudée, en ordre de bataille derrière la partition magistrale livrée par Baptiste Loiseau, maître de chai génial. Pour concrétiser ce travail d’équipe, la maison a fait le choix audacieux et inhabituel de proposer à la vente une édition limitée baptisée non sans malice L’Étape. Fidèle au style maison, ce cognac Fine Champagne, assemblage d’eaux-de-vie des terroirs de Grande et Petite Champagne, est un nouveau venu dans l’univers du centaure. Pour l’élaborer, Baptiste Loiseau a fait confiance au travail de dix-neuf viticulteurs de la coopérative Alliance Fine Champagne. Historiquement associée à la maison, cette cave partage les ambitions nouvelles de Rémy Martin en matière de logique environnementale et s’est engagée dans une démarche d’agriculture durable depuis des années. Pour Baptiste Loiseau, ce nouveau cognac représente « une étape représentative de l’équilibre des pratiques » de la maison, entre « amélioration » et « excellence ». Surtout, le lancement de cette édition limitée, dont le principe est reconductible avec d’autres partenaires, est une manière de concrétiser les ambitions RSE du groupe Rémy Cointreau et de leur donner ce « cadre de développement sur le long terme, respectueux de son environnement » souhaité par Philippe Farnier, le directeur de Rémy Martin. Cette première « étape », présentée en flacon de 35 ml sans autre emballage qu’un papier de soie dans le but de limiter son impact carbone, est aussi une petite révolution dans le monde discret des vignerons de Cognac, puisque les prénoms des participants à ce projet sont mentionnés sur l’étiquette et leurs témoignages, disponibles via un QR Code. Une volonté de transparence et de reconnaissance du travail fait à la vigne qui nous semble être une manière nouvelle et enthousiasmante de concevoir le cognac en prenant en compte la qualité de son vignoble, l’un des plus importants de France en surface, tout en l’inscrivant de plain-pied (et sans le ménager) dans les attentes environnementales d’un marché français des vins et des spiritueux premium et ultra premium sensible à ces questions. Avec ce cognac engagé et accessible, on peut souligner aussi la démarche entreprise par la maison mère du cognac Louis XIII pour revenir au-devant des consommateurs français. Nous ne souhaitons rien d’autre.

Étape franchie ?
Comme toujours avec la maison, notre dégustation se concentre sur les équilibres des saveurs, toujours irréprochables sans jamais tomber dans la facilité du consensuel. Notes fraîches d’abricot et de coing, senteurs florales dans un registre d’intensité identique à celle des notes boisées. Suavité, gourmandise, énergie finale. Son harmonie évite toute sensation trop présente d’alcool. On entrevoit dans la tension de cette sélection d’eaux-de-vie la qualité des raisins qui les ont fait naître. Ce qui est assez rare pour être souligné. À servir un peu frais, à déguster comme un vin.

Rémy Martin, L’Étape, 65 euros, 35 cl,
Disponible chez Drinks & Co, rue Saint-Lazare (Paris 8e) et sur cognatheque.com

Alice Paillard fait du champagne (encore une fille de qui fait très bien)

Alice Paillard est plus jeune que la maison que son père Bruno a fondée. Cette Champenoise élevée aux grandes valeurs de la région qui l’a vue naître en est un porte-drapeau impeccable. Directrice générale de Champagne Bruno Paillard, elle joue avec son père la partition de la transmission exemplaire, sorte de modèle pour le monde dont beaucoup feraient bien de s’inspirer. Elle précise : « Ce n’est pas simple. Le rôle du fondateur qui doit maintenant laisser la place n’est pas d’une évidence parfaite. Nous parlons beaucoup, un dialogue permanent qui me permet de confronter mes idées à son expérience. Comme il est moins concerné par l’opérationnel, il est prudent dans ses jugements. Nous partageons un respect mutuel qui est enrichissant. » C’est beau à entendre, et rassurant.

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[Vite vu, vite bu] Domaine Jean-Luc Colombo, Les Forots 2017 (épisode 1)

Ce superbe rapport prix-plaisir, au-dessus des standards de son appellation, enchante par ses notes gourmandes de petits fruits noirs, ses arômes précis d’épices et de réglisse. Vinifié avec style par cette famille iconique du nord de la vallée du Rhône, voilà un vin au profil typiquement rhodanien qui emprunte aux terroirs de Cornas dont il est issu une classe certaine et une concentration étonnante. Équilibre idéal, fraîcheur modèle, on pourra l’apprécier dès maintenant ou le garder encore un peu dans sa cave. Coup de cœur de notre équipe.

Note Bettane+Desseauve : 93/100

Pour vous faire profiter de nos sélections et de nos coups de cœur,
Bettane+Desseauve et son partenaire WineSitting proposent aux lecteurs d’En Magnum

un tarif préférentiel direct producteur : 12 euros au lieu de 14 euros
(Soit une réduction de 15 %).

Alain Graillot l’entêté

Alain Graillot nous a quitté brutalement hier. Avec une passion, un courage et un entêtement qu’il revendiquait fièrement, il avait lâché une première vie professionnelle pour créer son propre domaine à Crozes-Hermitage au milieu des années quatre-vingt, à une période où rares étaient les néophytes qui s’engageaient dans le métier de vigneron. Avec un immense respect pour son terroir, il avait pourtant innové sans relâche pour créer une vision originale et sincère du crozes moderne, loin des caricatures fatiguées que l’on trouvait à l’époque dans les mâchons lyonnais et les bistrots parisiens.  Sa cuvée La Guiraude, vite devenue un must have,a surtout donné envie à d’innombrables jeunes vignerons, en vallée du Rhône et ailleurs, de se lancer à leur tour et de maitriser comme lui la totalité de ce métier multiple sans jamais lâcher l’essentiel, la recherche inlassable de la qualité optimale. Inspirateur plus que guide, l’obstiné Alain ne s’est jamais endormi sur ses lauriers, affinant encore et encore son travail avant de transmettre la destinée de son domaine à son fils Maxime (qui a également créé Equis et le Domaine des Lises) tandis que lui s’amusait à conseiller quelques domaines comme le Château la Cavale de Paul Dubrule ou le domaine Ouled Thaleb au Maroc et sa cuvée Tandem. Attaché à la valeur des terroirs et à une véritable éthique du vin, il était devenu le président de la vénérable Académie Internationale du Vin et, avec notre consœur Laure Gasparotto, avait écrit et publié chez Glénat un livre d’échanges avec d’autres grands vignerons, justement baptisé « Éloge de l’entêtement ». Ce grand sportif était aussi, simplement, un honnête homme, un homme de cœur.

Nous transmettons à sa famille nos plus sincères condoléances.

Paris 2023 : qui sera le meilleur sommelier du monde ?

Grand entretien avec Philippe Faure-Brac, Président de l’union de la sommellerie française, dans lequel il annonce le lancement du concours du meilleur sommelier du Monde.

Après 34 ans d’attente, la 17e édition du concours qui décerne le titre de Meilleur sommelier du monde aura lieu à Paris du 7 au 12 février 2023. Environ 70 candidats de 67 pays s’affronteront pendant 14 jours. Leur connaissance des vins, des spiritueux et d’autres boissons produites à travers le monde seront évaluées. Leur qualité de service et leur capacité à conseiller et faire vivre des émotions aux clients seront aussi au centre des différentes épreuves. La finale aura lieu le 12 février à Paris La Défense Arena. Ce concours est organisé par l’Association de la sommellerie internationale et l’Union de la sommellerie française.
Plus d’infos sur le site de l’UDSF sommelier-france.org
Facebook : facebook.com/asibestsomm/
Instagram : instagram.com/asibestsomm/

Abelé, le retour d’une belle maison

Abelé 1757,
champagne blanc de blancs

Cette maison historique vient d’être acquise des mains du groupe espagnol Freixenet par la grande coopérative Nicolas Feuillatte, intelligemment menée par Christophe Juarez qui lui assure un développement choisi. Si la maison…

 

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Pichon-Baron, Suduiraut : Jean-René Matignon prend sa retraite, Pierre Montégut lui succède

Les grandes maisons du groupe AXA millésimes joue la continuité. Nous avions rencontré chacun d’entre eux il y a quelques mois. Retour sur les deux interviews


Château Pichon-Baron, par Michel Bettane et Thierry Desseauve

Jean-René Matignon, le Baron de Pichon

Jean-René Matignon, vous êtes à Pichon-Baron depuis combien de temps ?
Je suis arrivé en 1985. J’ai été embauché par la famille Bouteiller, ancienne propriétaire de Pichon-Baron. Quand Axa Millésimes a acheté, en 1987, j’ai rencontré Jean-Michel Cazes qui m’a gardé dans l’équipe.

À cette époque, la propriété n’avait pas le rayonnement qu’elle a aujourd’hui. C’était comment ?
Elle était un peu endormie, c’est vrai. Même s’il y avait des investissements, la motivation et des objectifs ambitieux faisaient peut-être un peu défaut. L’actionnariat de l’entreprise était assez dilué et éloigné de la vie de la propriété. Le développement de la propriété n’était pas la priorité. Dans les années 1980, il y eu un élan pour les grands crus de Bordeaux auprès du public nord-américain. La propriété, à l’époque, a un peu raté ce tournant important.

Le vin n’était pas à la hauteur ?
Il était élaboré de manière assez classique, mais manquait d’ambition pour soutenir un vrai développement. J’ai eu l’occasion de goûter des vieux millésimes de la propriété, produits entre les années 1930 et 1960. Certains étaient d’une très grande densité et d’une tonicité saisissante. Il y avait cette énergie fantastique que la propriété ne retrouvait pas dans les années 1980. Ces vieux millésimes prouvaient cependant que le potentiel était toujours là. Jean-Michel Cazes le savait au moment de l’achat par Axa. Avec cette reprise, il y a eu une nouvelle motivation pour les équipes et une restructuration complète. L’ambition était de redonner à la propriété son rang de deuxième cru classé.

C’est ce que vous avez cherché à apporter à Pichon-Baron ?
Mon objectif a toujours été d’avoir un outil de travail le plus sain et le plus satisfaisant possible, avec une hygiène irréprochable. C’est un travail de longue haleine mais c’est la base de la viticulture et de l’œnologie. L’arrivée d’Axa a permis de donner plus ambition aux vins et d’aller vers une caractérisation plus forte. Cet objectif passait par une meilleure viticulture, avec des rendements maitrisés et plus d’attention, mais aussi par une vinification plus ambitieuse, peut-être aussi plus extractive, à partir d’un raisin abouti. Il y a eu beaucoup de changements à ce moment-là.

L’arrivée de Christian Seely à la direction générale d’Axa Millésimes a permis de continuer sur cette lancée. Quelle est la vision du cru pour ses vins ?
C’est vrai, son arrivée a constitué un deuxième mouvement au début des années 2000. II a considérablement redéfini l’ambition de la propriété en recentrant son potentiel sur des sélections encore plus précises, avec une volonté d’avoir un vin plus régulier, avec plus de personnalité. Même dans les petits millésimes, nous voulons avoir un vin authentique et de qualité qui ne déçoit jamais le consommateur. C’est une ambition forte, qui passe par une identification des terroirs et des parcelles plus précises. Nous avons été plus précis dans notre viticulture et dans la vinification. Notre idée n’est pas de faire de la sélection pour faire de la sélection. On cherche à retranscrire le caractère particulier qui fait partie de l’ADN et qui soit le reflet de ses terroirs les plus qualitatifs. Ça passe par viticulture plus pointue et une meilleure adaptabilité de nos terroirs à chaque millésime.

En matière de notes, Pichon-Baron a aujourd’hui retrouvé son rang. Ça signifie que vous êtes pleinement satisfait de ce que vous avez mis en place ?
On est toujours dans l’incertitude quand on est dans l’élaboration de quelque chose. C’est le propre de l’artisanat. Nous ne sommes jamais sûr à 100 % de ce que nous faisons. Bien sûr, nous avons des analyses et des outils qui nous permettent de mieux maitriser la situation. Mais ça ne fait pas tout, c’est ce qui fait le charme de ce métier. Si je devais faire un bilan de mon travail aujourd’hui, je dirais que je travaille dans une certaine osmose avec tous ces paramètres. Mais je ne dirais pas que j’arrive à une forme de plénitude.

Bordeaux change et cherche à se réinventer là où le vignoble a besoin d’un second souffle. C’est vrai aussi pour le Médoc des crus classés ?
Je crois qu’il y a, en ce moment, un grand changement des vins dans le Médoc, notamment de la part des grands crus, qui va vers une exigence plus poussée. Il n’a d’ailleurs peut-être pas été initié dans la région. Dans les années 80, il y avait des gens comme Jean-Luc Thunevin à Saint-Emilion qui ont bousculé les codes et essayé de faire bouger les lignes. Cette attitude a permis à d’autres de se remettre en question. En tant que technicien, c’est quelque chose à laquelle je crois profondément. Après, bien sûr, il faut se donner les moyens pour mettre en œuvre ce changement. Ce n’est pas toujours facile. Dans les années 2000, cette volonté de changer est arrivée dans le Médoc avec beaucoup d’ambition, portée à son paroxysme aujourd’hui par les premiers crus classés. Ce sont eux qui ont permis à beaucoup d’autres d’être dans la compétition et de pouvoir affirmer leur position. C’est un modèle fondamental pour avoir les idées claires au niveau de l’ambition et de la qualité, sans diluer la cohérence de notre famille de crus.

On peut s’attendre à un éclatement du style des vins du Médoc où chaque propriété cherchera à créer sa propre idée de son niveau d’appellation ?
Il y a des choix techniques faits par les propriétés au sujet de la vinification et des élevages. Pour autant, elles ne cherchent pas à changer le style des vins. Ce qu’on peut modifier, c’est leur caractère, en fonction du millésime. Il faut le faire progressivement, par petites touches, pour éviter de perdre le consommateur. Par exemple, il faut travailler sans cesse pour améliorer la réception au chai des vendanges. Chez nous, ça passe par un chargement gravitaire, pour éviter la trituration et pour que le raisin s’exprime sainement lors de la vinification. On doit aussi limiter les intrants. Pourquoi trions-nous autant le raisin ? C’est pour utiliser moins de soufre. On ne veut pas adapter notre vinification à l’état sanitaire de la vendange, mais intervenir sur notre produit de la manière la moins négative possible. Nous avons une aide technologique formidable et beaucoup d’outils, d’éléments et d’informations pour faire nos choix. C’est une période où la nouvelle technologie, issue d’horizons très divers, nous aide à mieux comprendre notre métier.

Le débat actuel associe beaucoup les vins de Bordeaux à des questions d’élevage, l’incriminant souvent sur ce sujet.
C’est un point très important, c’est vrai. Nous ne souhaitons pas adopter de religion en matière d’élevage. Bien sûr, nos vins restent élevés en barrique. C’est notre identité. On ne peut pas tout modifier du jour au lendemain. Il faut rester sur des stratégies claires. Pour cette raison, en ce qui concerne le pourcentage de bois neuf, on peut décider, si le millésime le permet, d’être très proche de 100 %. Si les vins ont la structure nécessaire tout en ayant le besoin de s’ouvrir et de se patiner, le bois neuf aide la matière à se mettre en place. L’enjeu est de ne pas le percevoir de manière aberrante. Il faut garder beaucoup d’harmonie, c’est ça le plus difficile.

Au fond, votre démarche est assez cartésienne. Il faut douter de tout concernant ce qu’on a dans ses cuves. C’est une approche nouvelle chez vous ?
Peut-être qu’avec l’âge, on doute davantage. Je vois beaucoup de techniques évoluées, des modes qui passent et qui reviennent. Par le passé, il me semble quand même que les choses étaient plus formatées. Il y a 30 ans, le Médoc produisait des vins affirmés. Il fallait de la structure, plus encore à Pauillac qu’ailleurs. Seules quelques propriétés, comme le château Pichon-Comtesse, par exemple, suivaient une autre voie et réussissaient à avoir des styles de vins différents et réussis. C’est ce que nous essayons de faire, tout en gardant une ligne directrice dans notre technique. On teste beaucoup de nouvelles pratiques. On en utilise, on en abandonne. Parfois, elles fonctionnent bien chez nous et pas chez d’autres, ou l’inverse. Il faut rester ouvert. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises techniques. Le plus important, c’est la personne qui les utilise et la manière dont on elle s’en sert, avec quel type de vins, avec quel type de matière première, etc. Mais en même temps, Il faut aussi admettre la puissance et le caractère du terroir et rester humble, essayer de le caractériser sans rien renier. Avec le vieillissement, on sait très bien que le terroir revient.

Dernier point. Le consommateur plébiscite toujours les grands vins de Bordeaux. Le problème, c’est qu’il les consomme en les gardant en cave de moins en moins longtemps.
C’est un sujet qu’on aborde tout le temps avec les visiteurs. On nous fait presque parfois le reproche de faire des vins bons à boire dès à présent. Je suis issu d’une famille de vignerons originaire d’Anjou. J’ai le souvenir que mon père disait, de concert avec les consommateurs et les professionnels de l’époque : « Un grand vin, c’est bon tout le temps ». Il faut trouver une buvabilité instantanée et franche. Il y a des millésimes plus ouverts et gourmands que d’autres, c’est vrai, mais un grand vin doit pouvoir être apprécié tout au long de sa vie. Il y aura des périodes où il va se refermer, où le tannin va être un peu plus dur, et d’autres où il sera plus agréable, plus velouté. La plus important pour un grand vin, c’est de ne pas percevoir d’amertume, ni d’astringence marquée. La recherche d’une maturité du raisin très aboutie doit nous permettre d’éviter ces caractères. La vinification, quant à elle, vient mettre de l’ordre, équilibrer les choses et créer de l’harmonie.


Pierre Montégut, chercheur d’or liquide

Pierre Montégut, vous êtes directeur technique de la propriété. Comment êtes-vous arrivé à Suduiraut ?
Je m’occupe de la propriété depuis septembre 2004. Avant ça, je faisais déjà des liquoreux. J’ai passé un peu plus de sept ans dans la Loire, en Anjou, sur les prestigieuses appellations de quart-de-chaume et de bonnezeaux à travailler le chenin. Ensuite, j’ai passé huit ans à Buzet. Ça fait maintenant plus de 16 ans que je suis à Sauternes, à faire des liquoreux mais aussi des blancs secs.

Quand on vient de la vallée de la Loire, comment fait-on pour apporter sa vision à un cru classé de Sauternes à la réputation aussi établie ?
Au départ, j’ai fait mes deux stages d’ingénieur au château Léoville-Las-Cases, réputé pour sa qualité et sa rigueur depuis toujours. Ça m’a beaucoup marqué. J’ai appris là-bas que tout venait du raisin et de la connaissance des parcelles et des terroirs. Quand je suis arrivé à Suduiraut, c’est ce que j’ai immédiatement cherché à mettre en place avec les équipes. Travailler sur les parcelles, bien les isoler. Faire un ramassage plus précis que ce qui se faisait avant. À la propriété, nous vendangeons soit la parcelle entière soit des parties de parcelle en fonction des cuvées. Nous avons trois cuvées de liquoreux. Notre carte de ramassage est découpée de manière à ce qu’on puisse connaître celles qui entreront dans nos cuvées. C’est un découpage pointu. Nous cherchons le raisin et le terroir le plus en accord avec le style de chaque cuvée.

Et en quoi consiste ce travail d’identification ?
Le chef de culture et moi-même passons dans les vignes. Méthodiquement, tous les huit rangs, dans toutes les parcelles, nous goûtons les raisins. Nous faisons ensuite des séparations dans ce terroir, à l’aide de deux ou trois piquets pour encadrer les vignes qui serviront pour telle ou telle cuvée. C’est assez précis, le ramassage suit cette carte.
Cette vision implique aussi des changements quant au mode de culture ?
Selon notre volonté d’améliorer sans cesse la qualité, on fait un travail important sur les amendements et la fertilisation. Il ne s’agit pas d’engrais minéraux, mais d’amendements qui nous permettent de corriger le PH des sols, assez acides à la propriété. On utilise des matières naturelles comme le basalte, mais aussi de la tourbe et d’autres matières organiques qui nous permettent de réguler la vigueur de la vigne et d’avoir une production stable dans le temps. Nos vignes sont plus homogènes en ce qui concerne la vigueur. Les différences dans les raisins, c’est-à-dire ce qui nous permet de justifier leur sélection dans telles ou telles cuvées, se jouent donc uniquement sur le terroir, et à moindre mesure, sur le clone. Nous avons beaucoup allégé la stratégie phytosanitaire de la propriété, en utilisant plutôt des produits bios et des aides, comme, par exemple, des tisanes inspirées des pratiques de la biodynamie. Tout est fait avec la volonté d’avoir les raisins les plus sains possibles. C’est un effort qui prend du temps. Dans la culture de la vigne, tout est pensé à long terme. Aujourd’hui, on voit le résultat de notre travail.

Si on vous comprend bien, vous cherchez à mettre en place une viticulture de précision ?
Tout à fait. Autrefois, les vignerons de la région avaient tendance à se reposer uniquement sur la qualité de la pourriture noble. Je crois que ça permettait de se dégager de beaucoup de responsabilités. Pour beaucoup, c’était le botrytis cinerea qui faisait tout, peu importe l’état de la vigne ou la signature du terroir. On se disait trop souvent : « Si les raisins sont rôtis, ça sera forcément bien ». Le botrytis est un formidable accompagnateur pour révéler un potentiel. Mais il ne traduit pas la même chose, selon l’âge des vignes et la richesse du terroir. La taille a aussi beaucoup d’importance. Chez nous, elle a toujours été assez courte, et sur ce sujet aussi, on est allé encore plus loin dans le détail et la précision.

Ce qui marque l’entrée de la propriété dans une nouvelle ère. Vous nous dites un mot sur l’ancienne ?
En raison de la météo, le début des années 1980 était très difficile pour l’élaboration des vins liquoreux. Le marché n’est pas non plus facile. Ça ne s’est amélioré qu’à partir des millésimes 1989 et 1990. Il faut reconnaitre aussi qu’il y avait une pratique assez fréquente de la chaptalisation, aujourd’hui interdite, qui tendait à banaliser les vins. Quand je suis arrivé à Suduiraut, c’est un sujet sur lequel j’ai beaucoup échangé avec Christian Seely. Nous nous sommes dit que le produit était tellement magique que nous ne pouvions pas laisser de la place à la banalisation et à la standardisation. Ce n’est pas une décision facile. Pour conserver cette éthique, il faut accepter d’avoir des années avec des très petits rendements. Financièrement, ce n’est pas une solution. La modèle de vinification a longtemps donné des vins plus élevés en alcool que ce qu’on fait aujourd’hui. Les vins avaient aussi beaucoup moins de sucres résiduels, si l’on considère cet équilibre avec l’alcool acquis. Les vignerons ramassaient moins riche au départ pour ne pas prendre de risques. Aujourd’hui, et c’est vrai de manière générale pour l’appellation, on va plus loin, on attend plus longtemps et on accepte cette notion de risque. Ça ne veut pas dire qu’on ramasse forcément des raisins beaucoup plus sucrés. On veut juste attendre des baies avec plus de potentiel de complexité, des baies où la pourriture noble a eu davantage le temps de travailler et de faire son effet. Il y a plus d’arômes, plus de glycérol, plus de création. À la dégustation, c’est bien là, on sent qu’il y a un gain fabuleux dans l’aromatique, permis par cette nouvelle manière de ramasser à l’œuvre dans les crus classés qui travaillent bien.

La société fait la guerre au sucre. À terme, cela signifie que les vins de Sauternes doivent s’alléger sur ce point ?
C’est très difficile à faire pour que ce soit vraiment bon. Quand on cherche moins de sucre, le goût du sauternes change vite et s’éloigne très rapidement des standards de l’appellation. Il y a un déséquilibre important avec les autres paramètres qui font la grandeur de nos vins. J’aime la typicité du sauternes et des liquoreux, c’est ce que nous essayons de protéger. Aujourd’hui, il y a des choses magnifiques dans beaucoup de vignobles. La concurrence est forte et il faut exister sur le marché. Malgré le contexte, les vins liquoreux restent souvent des petites perles que les gens font par passion.

Est-ce que la montée en puissance des blancs sec de Sauternes influence le style des liquoreux de l’appellation ?
Nous avons commencé à faire des blancs secs avec l’idée que le terroir de Sauternes était capable de produire de grands vins dans ce style. C’était en 2004, dès mon arrivée, un peu plus tard que Doisy-Daëne ou Yquem. À l’époque, la mode n’était pas au blanc sec. Aujourd’hui, beaucoup de propriétés en font alors que certaines étaient les premières à dire que l’idée n’était pas pertinente. Peut-être aussi qu’on en fait plus aujourd’hui par nécessité économique. Pour Suduiraut, dans une année normale, le marché du blanc sec représente 25 à 30 % de nos parts de marché. Il n’y a pas de quoi abdiquer notre foi dans les liquoreux. Mais nous sommes très fiers de ce que l’on fait dans la catégorie. Est-ce que ça a changé quelque chose pour les liquoreux ? Je ne pense pas. Le sec se travaille sans botrytis cinerea. Nous avons des parcelles sélectionnées pour faire nos blancs secs. Elles sont les mêmes depuis dix ans, isolées après un long travail d’identification. Il y aussi eu un travail important sur le bois de nos barriques et les volumes que nous souhaitions produire. Bref, toute cette recherche n’a pas bousculé ce que nous avions mis en place pour l’élaboration de nos liquoreux. En revanche, les secs bénéficient de toute la précision de notre viticulture et sont faits selon la philosophie de la maison qui consiste à vouloir faire des vins attractifs. C’est pour ça qu’on se concentre sur le sémillon. C’est la cépage roi de la propriété. Comme nous avons bien identifié nos terroirs, il a logiquement toute sa place dans nos assemblages. C’est un peu à contre-courant de ce qui est produit dans le Sauternais et je trouve un peu dommage de ne pas en voir davantage dans les assemblages des blancs secs, qui se remarquent dans le panorama du Bordelais. On est une appellation à part pour nos liquoreux, autant avoir également une identité à part pour nos blancs secs.

Les blancs secs n’ont pas le droit à l’appellation. Pour ou contre ?
C’est un débat houleux qui a mis à mal la cohésion de notre appellation et des crus classés. Les opinions sont très tranchées. Personnellement, je pense que les consommateurs auraient peut-être bien compris qu’on ait une appellation sauternes sec et sauternes. Cela demande une campagne importante de communication, pour expliquer les choses. En même temps, j’ai l’expérience de l’appellation vouvray où il n’y a qu’seule appellation et plusieurs types de vins, ce qui est aussi compliqué puisqu’il faut bien identifier et connaitre les cuvées. Les domaines vendent parfois la même étiquette avec des sucres résiduels différents selon les millésimes. Il y a du pour et du contre à avoir la même appellation pour deux styles différents. En tant que cru classé assez célèbre, nous capitalisons sur la connaissance qu’ont les gens de notre savoir-faire et de notre façon de travailler. Quand ils voient une cuvée avec notre nom, ils savent que ça vient du terroir de Suduiraut et que c’est fait par la même équipe, dans un esprit qui cherche la qualité à chaque millésime.

Bordeaux a besoin de marques fortes, Suduiraut en est une. Pour les blancs secs, les propriétés sont plus fortes qu’une possible appellation ?
Quand on décide de faire une appellation d’origine protégée, c’est qu’on a réussi à définir un certain cahier des charges et une certaine homogénéité de goût. Or, aujourd’hui, il y a des différences importantes. Tous les producteurs qui en produisent sont partis dans des directions très différentes en termes d’assemblage et de style, c’est donc compliqué de trouver une certaine unité. Chacun a son idée et sa vision du blanc sec, en fonction de ce qu’il peut faire avec ses terroirs. C’est une chance pour le consommateur. De là à dire qu’il y a une homogénéité qui permet de reconnaitre un sauternes sec, c’est plus compliqué.

Le mondovino de la semaine #152 tourne à fond

Le meilleur sommelier du monde • Faire la fête • En toute transparence • Une belle syrah d’altitude • Un malepère singulier • Chaque jour du nouveau, en voici cinq

Dans le vignoble


Le meilleur sommelier du monde

Après 34 ans d’attente, la 17e édition du concours qui décerne le titre de Meilleur sommelier du monde aura lieu à Paris du 7 au 12 février 2023. Environ 70 candidats de 67 pays s’affronteront pendant 14 jours. Leur connaissance des vins, des spiritueux et d’autres boissons produites à travers le monde seront évaluées. Leur qualité de service et leur capacité à conseiller et faire vivre des émotions aux clients seront aussi au centre des différentes épreuves. La finale aura lieu le 12 février à Paris La Défense Arena. Ce concours est organisé par l’Association de la sommellerie internationale et l’Union de la sommellerie française.
Plus d’infos sur le site de l’UDSF sommelier-france.org
Facebook : facebook.com/asibestsomm/
Instagram : instagram.com/asibestsomm/

Faire la fête

Les 26, 27 et 28 mars 2022, le vignoble de Saint-Mont ouvre ses portes pour sa traditionnelle fête annuelle. Pendant trois jours, l’appellation célèbre le vin, un des piliers de l’art de vivre du Sud-ouest. 10 villages gersois vibreront au rythme des dégustations, des rencontres avec les vignerons, des démonstrations culinaires. Au programme :
– visites festives et conviviales des vignobles
– visite de la vigne inscrite aux monuments historiques et de la vigne préphylloxérique
– animations culinaires avec des produits locaux
– ateliers d’assemblage
– visite chez une vigneronne bio
– en avant-première, visite guidée du chai expérimental, à Saint-Mont
Programme complet sur plaimont.com

En toute transparence

« Dans ma bouteille » est une appli qui permet de mieux comprendre le contenu des flacons des différentes boissons alcoolisées. Des informations sur le nom, l’appellation, les différentes certifications, les ingrédients, les analyses, les calories et les additifs de ces boissons sont dévoilées en installant l’appli et en scannant tout simplement l’étiquette. Cette démarche gratuite et indépendante a pour but d’offrir au consommateur des informations simples, claires, facilement compréhensibles et de profiter de sa boisson préférée en toute transparence.
Plus d’infos sur dansmabouteille.com

Dans le verre


Une belle syrah d’altitude

Le vignoble de 30 hectares, conduit en agriculture biologique et perché sur son piton rocheux, est dominé par le village de Roquetaillade. Sur un terroir d’altitude et fortement venteux, Jean-Louis Denois élabore des vins d’une grande originalité. Cette syrah, issue de vielles vignes, en est un parfait exemple. Un nez fin d’épices et de violette. Une bouche ample marquée par le fruit et accompagnée d’une pointe d’acidité qui apporte de la fraîcheur. La syrah est là, avec des tannins soyeux. La finale est longue et salivante.
JL Denois, Saint-Louis – Syrah 2018, vin de France
16 euros
jldenois.com

Un malepère singulier

En 1997, Joëlle et Dominique Parayre reprennent les 10 hectares d’un domaine situé sur le siège d’un camp gallo-romain avec une vue imprenable sur la cité médiévale de Carcassonne. Après 15 ans d’inactivité viticole, ils entreprennent dix années de travaux qui s’achèvent en 2007 avec la création du chai. Ce malepère 2016 joue sur le raffinement de texture et la fraîcheur, jamais sur la puissance. Nez délicat, frais et mûr. Bouche dense, riche, sur les fruits noirs. Finale longue, savoureuse.
Domaine de la Sapinière, Archibald 2016, malepère
16,50 euros
chez-julien-carcassonne.fr