Accueil Blog Page 107

Un chablis grand cru de première classe

William Fèvre, Côte Bouguerots, chablis-grand-cru-bougros 2018

Pourquoi lui
Nous avions pris la défense de Joseph Henriot et de William Fèvre injustement attaqués par la bienpensance pinardière et, ainsi, nous avions découvert une maison productrice de beaux vins. Grâce leur soit rendue. 

On l’aime parce que
On n’est jamais à l’abri d’un beau chablis. Les premiers et grands crus sont des vins d’exception au prix du tout venant ou presque, comme c’est souvent la règle à Chablis, paradis des grands crus pas chers. Ce qui mérite une attention soutenue.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

Steven Spurrier s’en est allé

Steven Spurrier s’en est allé dans la nuit du 8 au 9 mars 2021, à 79 ans, et c’est toute une époque du vin qui part avec lui. Anglais amoureux de Paris, il s’était installé dans notre capitale pour y établir d’abord un magasin de vin, les Caves de la Madeleine, puis assez vite ensuite une école de dégustation, l’Académie du vin. Dans une France d’alors qui picolait beaucoup mais ne s’intéressait que de très loin au bon vin, il avait apporté ce sens très britannique de la connaissance et de la sélection.

Les meilleurs domaines trouvaient aux caves une ambassade essentielle, leurs propriétaires venaient expliquer verre à la main leur démarche et leurs convictions à l’Académie. Spurrier, qui ne s’est jamais départi de ce que Jancis Robinson qualifie avec justesse de « youthful enthusiasm », savait déjà mieux que quiconque apporter au monde du vin à l’époque bien routinier un cocktail de gaieté, d’élégance, de romantisme et d’impertinence dont il avait bien besoin. Ce fut lui qui organisa, en juillet 1976, pour le bicentenaire de la naissance des Etats-Unis, le fameux « Jugement de Paris » qui lança les meilleurs crus de la Napa Valley mais aussi réveilla les crus bordelais.

A l’Académie, les œnophiles se précipitaient pour suivre des cours et des master class en français ou en anglais dont l’un des principaux professeurs fut bientôt Michel Bettane. Steven continua à travailler à Paris tout au long des années quatre-vingt et l’une de mes grandes fiertés restera d’avoir constitué, pour le premier numéro de La Revue du vin de France dont j’eu la charge en tant que rédacteur en chef, un comité de dégustation d’une extraordinaire compétence et d’une formidable complicité : Michel Bettane, Pierre Casamayor, Michel Dovaz, Georges Lepré et Steven Spurrier.

Quelques temps plus tard, Steven m’annonça son retour à Londres, mais le respect et l’amitié qui l’unissait à Michel comme à moi-même perdura. En Angleterre, Steven continua, avec l’équipe de Decanter en particulier, son œuvre brillante d’exégète et de défenseur des fine wines, français en particulier. Curieux de tout, spirituel et délicieusement bien élevé, ce gentleman du vin symbolisait à lui tout seul ce que l’Angleterre a apporté au vin : elle en a fait une civilisation.

Photo : Presse

Le cabernet franc fait la tendance

Le cabernet franc, le cépage père de tous les cépages, devient peu à peu le chouchou des meilleurs vignerons du monde. Revue de détail

On commence à mieux s’intéresser à l’origine et à la lente évolution de tous nos grands cépages. En Europe de l’Ouest, ils sont certainement nés de métissages et de mutations entre un très vieux matériel végétal venu de l’Est (Asie Mineure et Mésopotamie), les fameux membres de la famille Vitis vinifera pontica, et les lambrusques ou vignes sauvages, soit autochtones, soit redevenues sauvages après la destruction des vignobles plantés par les Romains à la suite des invasions barbares. Un des métissages les plus intéressants sur le plan qualitatif est probablement né entre la Navarre et le Pays basque, on ne sait pas exactement trop quand.

À l’origine des Carmenets
Ce qui est sûr, c’est qu’il est à l’origine de la passionnante famille des Carmenets qui a essaimé en France, transportée par les hommes par mer ou sur les fleuves et rivières, remontant dans le Bordelais, puis dans la Loire, et passant les frontières vers l’Italie du nord, le Hongrie, l’Europe centrale. Nos grands voyageurs, voulant retrouver du vin de qualité dans les nouveaux mondes, l’ont naturellement plantée en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique du Sud, en Australie et partout où c’était possible.

Le plus ancien membre connu de cette famille (on ne lui connaît pas de parents précis) est le cabernet franc, franc voulant certainement dire vrai ou authentique, parce qu’on savait observer à défaut d’avoir déchiffré l’ADN de la vigne, par opposition avec ses nombreuses progénitures. Car il en a eu, ce sacré gaillard, par métissage avec d’autres lambrusques locales, donnant après union avec le basque fer servadou, le gros cabernet, puis la carmenère, avec le sauvignon, cette fois-ci en Bordelais, le cabernet-sauvignon (mais oui), avec l’obscure magdeleine noire des Charentes, le merlot noir, et avec la folle-blanche, le rare merlot blanc. Bref Dieu le père par rapport à Dieu les enfants, pour la plus grande gloire du classement de 1855.

Un statut d’ancêtre est des privilèges
Son statut d’ancêtre lui donne quelques privilèges, mais aussi un caractère pas toujours commode. Sa saveur forte, étonnante, épicée, presque poivrée à maturité, riche en pyrazine, qui donne des notes de poivron vert en sous-maturité, est sans doute celle qui se rapproche le plus des baies de raisin des lambrusques, mais aussi celle qui offre la plus grande complexité de saveur possible si les levures font bien leur travail. Il est aussi plutôt robuste, peu sensible aux maladies cryptogamiques qui ravagent ses descendants plus faibles, le mildiou et l’oïdium. Il a aussi parfaitement supporté le greffage sur bois américain après le phylloxera, ce qui est loin d’être le cas de ses enfants. En revanche, il n’aime pas tous les types de sol et tous les climats.

Il lui faut de l’eau et surtout pas de stress hydrique, et donc si on le plante sur des sables, l’été ne doit pas être trop sec. Il préfère logiquement les sols calcaires ou argilo-calcaires où ses peaux réagissent au moindre changement de composition du sol et du sous-sol, ce qui est un signe de noblesse puisque sans cette plasticité la notion de cru exprimant un terroir n’existerait pas. Voilà pourquoi, malgré ses éminentes qualités et son statut ancestral, il est bien moins planté dans notre pays et dans le monde que ses enfants merlot et cabernet-sauvignon, entre 35 et 40 000 hectares dans notre pays contre 120 000 ha pour le premier et 55 000 ha pour le second. C’est pareil à l’étranger, même s’il est en progression en Hongrie et si les meilleurs vignerons de la Napa, de la Sonoma et du Washington State commencent à en faire un cépage culte.

Des expressions les plus complètes
Dans notre pays, ses deux contrées d’élection sont la Touraine, qui lui apporte finesse et fraîcheur, avec un corps qui prend de plus en plus d’ampleur avec le réchauffement climatique et une meilleure viticulture, et la rive droite de la Garonne où il prend le nom local de “bouchet”. C’est dans ce secteur, associé au merlot, qu’il obtient ses expressions les plus complètes, parfois vraiment extraordinaires, s’il trouve des vignerons idéalistes.

Car cette qualité, née d’une maturité optimale du raisin, ne s’obtient qu’avec des rendements beaucoup plus faibles, trente hectolitres à l’hectare ou moins, ce qui explique que le merlot est encore trop souvent trop présent dans les assemblages. En Europe, récemment, la Toscane, le Frioul et quelques rares cuvées d’Europe centrale comme le fameux Kopar hongrois d’Attila Gere à Villany, se rapprochent en corps des meilleurs saint-émilion sans égaler encore leur raffinement de texture. Mais c’est aux Etat-Unis qu’on commence vraiment à rivaliser avec nos grandes expressions, particulièrement dans l’Etat de Washington, au nord de l’Orégon.

Lire l’article en entier dans En Magnum #10.

Soixantième anniversaire de la vente des vins des Hospices de Nuits

Pour fêter ses 60 ans dans un contexte inédit, la vente des Hospices de Nuits compte plus que jamais sur la mobilisation des grands amoureux de vins bourguignons afin de lui permettre de poursuivre sa mission de solidarité et de soutien


Une vente, deux causes
La vente aux enchères des Hospices de Nuits a systématiquement lieu le second week-end du mois de mars. Les vins ont eu plusieurs mois pour s’affiner et commencer à intégrer leur élevage. Le terroir de Nuits est mis à l’honneur. Seul un legs sur Gevrey-Chambertin vient compléter l’offre. Cette vente fonctionne sur le même principe que celle de Beaune. Les bénéfices contribuent au budget d’investissement d’un hôpital, celui du centre hospitalier de Nuits-Saint-Georges. Les Hospices de Nuits-Saint-Georges soutiennent aussi une œuvre caritative en leur versant les profits de la vente d’une pièce de vin : la pièce de charité.

Les vignes des Hospices de Nuits.

Une vente, une pièce
Une pièce bourguignonne contient 228 bouteilles. 114 seront individuellement proposées à la vente dont 112 de vin rouge et 2 de vin blanc. Il y a certes moins que l’année précédente (124 en 2020), mais la qualité est au rendez-vous. Des négociants, comme Albert Bichot, revendent certains lots à la bouteille pour le plus grand bonheur des particuliers qui ne peuvent pas s’offrir une pièce entière. En 2020, la pièce de Nuits-Saint-Georges rouge 1er Cru « Les Saint-Georges » cuvée Georges Faiveley a atteint le prix de 24 000 euros, un record. La vente sera menée pour la deuxième année consécutive par le tandem, Maître Hugues Cortot, commissaire-priseur, et Aymeric de Clouet, expert en vins. Grâce à ce duo, l’édition 2020 a enregistré une augmentation de 34 % des prix de vente par pièce. Ils espèrent faire la même performance en 2021 malgré un contexte difficile lié à la pandémie.

Des fûts ou des pièces bourguignonnes.
La pièce de charité.

Une nouveauté
À l’occasion des 60 ans de la vente des Vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges, le domaine propose aux particuliers de contribuer à cette œuvre de bienfaisance. Comment ? Ceux qui qui le souhaitent pourront acheter une ou plusieurs bouteilles issues de la pièce de charité. Ce lot exceptionnel est produit à partir de très vieilles vignes de plus de 70 ans plantées sur la prestigieuse parcelle de Nuits-Saint-Georges 1er Cru « Les Saint-Georges ». Chaque bouteille coûte 150 euros et chaque souscription permettra d’augmenter le montant de la pièce de charité dont les bénéfices seront reversés cette année à l’Institut Pasteur pour financer les recherches sur les mutations des virus de la grippe, qui peuvent également être utiles pour les variants de la Covid-19. Érik Orsenna, ambassadeur de l’Institut Pasteur et du Réseau International des Instituts Pasteur, sera le parrain de cette 60e édition.

2020, un millésime particulier
« Les vins présentent un profil de fraîcheur aromatique et gustative, de fruits rouges acidulés, le soleil ayant apporté beaucoup d’onctuosité sur les premières bouches, et on retrouve une tension en finale qui équilibre les cuvées. Les vins sont très riches et aériens. On retrouve même certaines fraîcheur sur les pinots. », souligne Aymeric de Clouet.

Pour le régisseur du domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges, Jean-Marc Moron : « Les crus se distinguent une nouvelle fois, chacun gardant bien ses caractéristiques, dans la continuité de 2019, mais quelques crus franchissent un palier qualitatif supplémentaire et la cuvée de charité, un assemblage nouveau, a permis d’obtenir un vin extraordinaire. »


La vente aux enchères aura lieu
le dimanche 14 mars à 14h30 au château du Clos de Vougeot. Vous pourrez suivre et participer à la vente, en direct, sur interencheres.com

Un nouveau domaine éthique et solidaire

Terra Noé, c’est le nom du nouveau projet né de la générosité et du savoir-faire des Vignerons Ardéchois. Avec plus de 500 sociétaires, les vignerons ont réussi, en deux ans, à lever près de deux millions d’euros auprès de particuliers. Le but ? Permettre à un jeune vigneron de s’installer sur des parcelles cultivées exclusivement en bio.

Le vignoble de 25 hectares, récolté à la main, se situe à Rochecolombe et domine la vallée de l’Ardèche au pied des montagnes des Cévennes. Il est conduit en agriculture biologique en respectant la charte « Ardèche Par Nature », mise en place par la structure. Un nouveau site de vinification et d’élevage avec un chai de vinification gravitaire entièrement dédié au parcellaire doit voir le jour cette année.

Les vins du domaine, millésime 2019
• Le blanc (assemblage viognier, chardonnay) affiche de la fraîcheur et de la délicatesse avec des notes de fleurs blanches.
• Le rouge (assemblage syrah, grenache) plaît par sa robe grenat intense, sa bouche charnue, ses tannins bien intégrés et sa finale longue et agréable.

Cette initiative vous plaît ? Vous pouvez devenir sociétaire à votre tour.
Vous voulez en savoir plus ? C’est par ici : https://www.vignerons-ardechois.com/fr/participer/investir-dans-le-vignoble

L’incroyable histoire du Clos Cristal

Clos Cristal, saumur-champigny 2018

Pourquoi lui

C’est une folle histoire qui remonte à 1929. Un mécène doublé d’un inventeur, Antoine Cristal, acquiert une grande parcelle close de murs et y installe d’autres murs orientés nord-sud. Il plante la vigne au nord des murs, perce un trou par pied, fait glisser la liane dans le trou et elle s’épanouit au sud. Bon, c’est une idée. Le temps passe, les vins sont bons, le clos peu rentable et vers 2016, tout part en quenouille, le lieu est repris par l’État propriétaire et confié à une excellente coopérative locale.

On l’aime parce que
On aime l’histoire autant qu’on a aimé les vins jusqu’à présent. La suite semble bien engagée et ce magnum est le premier millésime de la nouvelle équipe en charge.

Lire la suite ici sur le blog bonvivant

La nouvelle étoile est bleue

Nouveau format du guide, nouveau palmarès. En matière de vin la fierté nationale est de mise, qu’il s’agisse de gloire, de style ou d’avenir, le vignoble de France a du répondant. Nous le démontrons en trois équipes que le monde entier a le droit de nous envier. Cette semaine, notre XV du French Flair

Château Calon-Ségur
Château Carmes Haut-Brion
Château L’Évangile
Château Trottevieille
Domaine de Chevalier (pour son pessac-léognan blanc)
Château Montus
Clos du Mont-Olivet (pour sa cuvée du Papet)
Domaine Alphonse Mellot (pour sa cuvée Paradis)
Domaine de la Taille aux Loups (pour son clos-de-la-bretonnière)
Domaine Christophe Perrot-Minot (pour son chambertin et son clos-de-bèze)
Louis Latour (pour son corton-grancey et son corton-charlemagne)
Domaine Zind-Humbrecht
Gérard Bertand (pour son clos-d’ora)
Champagne Philipponnat
Veuve Clicquot (pour sa Grande Dame)

Le French Flair, c’est quoi ?
Comme au rugby, c’est une affaire de style(s), où l’imprévisibilité et l’originalité conduisent à la beauté du geste et du vin. Dans une forme exceptionnelle, c’est l’équipe la plus séduisante du moment.

Calon-Ségur, Carmes Haut-Brion et Trottevieille sont dans une forme époustouflante. Le domaine de Chevalier, avec sa classe, brille dans les Graves. Le château L’Évangile, le domaine Perrot-Minot multiplient les prouesses. Jacky Blot (La Taille aux Loups) et Alain Brumont (Montus et Bouscassé) imposent leur charisme pour renforcer un leadership régional. On retrouve aussi l’inspiration d’Olivier Humbrecht.

La maison Louis Latour apporte sa vision épanouie du grand cru de Corton. Veuve-Clicquot et Philipponnat définissent chacun une personnalité affirmée du champagne. Avec un sens impressionnant du vin, Gérard Bertrand a réussi son pari de créer un grand cru languedocien avec son clos-d’ora. Alphonse Mellot (Sancerre) joue le rôle du dynamiteur. Le Clos-du-Mont-Olivet rappelle le caractère unique des terroirs de Châteauneuf-du-Pape.

La nouvelle collection californienne de Penfolds

Vous connaissez le vignoble australien de Penfolds ? Vous devez aussi connaître celui de Camatta Hills situé à Paso Robles en Californie. Cette aventure unique commencée dans les années 1980 est la suite d’un programme viticole australien ambitieux, intitulé « sélection de l’héritage » et initié par la marque. L’histoire ? Demander aux vignerons australiens d’identifier les vignes qui produisent le meilleur raisin, prélever des sarments et les planter de l’autre côté du Pacifique pour créer le vignoble californien de Penfolds. Vingt ans plus tard, cette nouvelle collection met en avant l’identité du terroir de la Napa Valley et affiche les ambitions de la marque qui cherche à produire de grands vins californiens.


La Penfolds California Collection 2021

• Quantum Bin 98 2018 (cabernet-sauvignon)
• Bin 149 2018 (cabernet-sauvignon)
• Bin 704 2018 (cabernet-sauvignon)
• Bin 600 2018 (cabernet-shiraz)

Quantum Bin 98 et Bin 149 portent la mention « Vin du Monde ». Penfolds l’utilise pour décrire le profil gustatif du vin dont l’assemblage est composé de shiraz plantés à Quantum et de cabernet-sauvignon, issues de vignes plantées dans la Napa et de celles issues de la parcelle Bin 149 en Australie. « Cette nouvelle collection, dont Quantum 2018 est le fleuron, fait de la qualité une priorité. Cet assemblage est constitué de cabernet-sauvignon des meilleurs vignobles de la Napa et de shiraz renommée d’Australie Méridionale. C’est une première pour la marque. » souligne Peter Gago œnologue en chef de Penfolds.
Disponible à partir du jeudi 4 mars 2021

Où la trouver ?
penfolds.com
Penfolds Cellar Doors (Magill Estate Winery et Barossa Valley Cellar Door)
Chez les meilleurs cavistes

Le vin du chef pâtissier Aurélien Rivoire

Dans le monde, les pâtissiers français sont devenus la référence. Aurélien Rivoire, chef pâtissier de Yannick Alléno, propose des desserts qui font sensation au Pavillon Ledoyen. Il les propose autour de plusieurs séquences et les sert, dès que possible, avec des vins ou des alcools dans un but d’atteindre des accords originaux, presque inespérés en fin de repas. Le guide Lebey l’a rencontré

Aurélien Rivoire, chef pâtissier de Yannick Alléno

Selon moi, il y a deux façons de mettre en valeur le vin lorsqu’arrive le dessert. Soit en privilégiant l’harmonie de la rencontre entre l’assiette et le verre, soit en cherchant l’opposition pour provoquer le plat jusqu’à le sublimer. L’exercice me passionne. J’ai encore le souvenir de mes recherches pour sublimer un château-yquem 2015. À la clé, un travail autour de la mangue et des fruits confits, exacerbés par le grandiose sauternes. Plus récemment, j’ai dû réfléchir à l’accompagnement d’une composition qui plaît énormément : un soufflé à la guimauve et à l’extraction de champignons présenté avec meringue croustillante à la noisette, glace à l’extraction de champignons et crémeux au chocolat. En salle, le service fait aussi le spectacle, avec le chocolat au lait râpé au dernier moment ou les abricots confits et le sel déposés sur le soufflé avant le service de la deuxième assiette recouverte d’un nuage de vanille. Avec Vincent Javaux, directeur de la sommellerie du groupe Yannick Alléno, le choix s’est porté sur un madère Barbeito Boal de 10 ans d’âge. Le côté salin, expliqué par la présence du rivage, et en même temps la note oxydative, propre à l’appellation, donnent une grâce et une gourmandise insoupçonnées au dessert. Comme le soufflé, ce madère ne souffre d’aucun excès de sucre. Une complémentarité parfaite et une fin de repas pour le client à la fois rassurante et exaltante.
Propos recueillis par Pierre-Yves Chupin du Guide Lebey

Pavillon Ledoyen
8, avenue Dutuit – 75008 Paris
Métro : Saint-Philippe du Roule
01 53 05 10 00
www.yannick-alleno.com

Baulieu, un coteaux d’Aix en Provence réglissé et onctueux

Baulieu, Villa Baulieu, coteaux d’Aix en Provence rouge 2017

Le domaine : on est ici dans le cratère du seul volcan de Provence mais rassurez-vous, la venue au domaine devrait être sans risque, le volcan s’est endormi depuis 17 millions d’années. Cette implantation explique la présence de basalte, une roche inhabituelle pour la région mélangée par le temps aux plus classiques argilo-calcaires et aux marnes. Le domaine est l’un des plus grands de la région avec 300 hectares dont 170 plantés en vignes. L’altitude est élevée, 400 mètres, et permet une alternance de température importante, propice à une maturation qualitative du raisin. Cette magnifique propriété qui a appartenu aux comtes de Provence est désormais accessible au tourisme et propose 11 chambres de grand luxe.

Le vin : le sommet de la gamme est étiqueté villa Baulieu dans un registre structuré. Nous avons été séduits par le rapport qualité-prix du second vin, Baulieu, réalisé avec les jeunes vignes de syrah et de cabernet-sauvignon exposées à l’est ou au nord-est. Dans un registre assez puissant ce rouge rappelle dès le premier nez le basalte avec ce nez de cendre qui n’est pas sans parenté avec celui des rouges de Pessac en bordelais. Large en bouche, ce vin clairement sudiste est puissamment réglissé et onctueux. On peut commencer à le boire sur son fruité intense ou lui donner quelques années de répit. Il fonctionnera avec toute la gastronomie des viandes provençale, daubes, civet de porcelet,…

15/20
15,50 euros
villabaulieu.com