Cantate des Garrigues, une cuvée lyrique à 11 euros
En attendant les vacances, vous rêvez de grands espaces et de senteurs de garrigue ? Cette cuvée de languedoc-cabrières devrait vous rendre le temps moins long…
Les lecteurs du Guide des Vins Bettane+Desseauve le savent bien. La Cave de Cabrières produit l’un des plus grands rosés du Languedoc car le terroir sied à merveille à cette couleur. Mais une fois n’est pas coutume, ce n’est pas de rosé dont nous parlons ici. La Cantate des Garrigues 2017 est un rouge très attachant, une cuvée à découvrir absolument pour ceux qui aiment dans les vins du Languedoc fraîcheur, générosité, arômes et saveurs. Nous ne connaissions pas cette cuvée sur les schistes qui diffuse des senteurs de garrigue comme peu de vins peuvent le faire. Thym, lavande, ciste, cade, genièvre, réglisse, cuir noble, c’est un bouquet d’arômes à savourer dès maintenant en attendant les beaux jours d’été.
Le vin : Cave de Cabrières, Cantate des garrigues, languedoc-cabrières rouge 2017
Le prix : 11 euros, prix de départ cave.
Les coordonnées : 04 67 88 91 60 ; email : [email protected]
http://www.estabel.fr/produit/cantate-garrigues-rouge-aop-languedoc-cabrieres/
Vignerons et terroirs d’avenir,
saison 4
Ci-dessus et ci-dessous, découvrez les trois projets qui ont remporté la quatrième édition du concours Vignerons et terroirs d’avenir, soutien à l’activité viticole initié par Advini en 2015 et co-organisé avec Montpellier SupAgro et SupAgro Fondation. Connus depuis la fin mars, ces lauréats installés en vallée du Rhône, dans le Roussillon et à Cahors ont été officiellement récompensés hier lors d’une remise de prix qui s’est tenue au Club Français du Vin.
Grands vainqueurs de cette session 2019 qui a généré 150 candidatures (et la mobilisation de 110 étudiants ingénieurs auprès des candidats retenus), Julie et Graeme Bott, vignerons dans les AOC côte-rôtie, condrieu, saint-joseph et seyssuel, ont reçu 50 000 euros. Installés depuis 2016 dans l’un des vignobles les plus hauts de France, entre 600 et 700 mètres d’altitude, Solenn et Dominique Génot (Mas Llossanes) se sont vu remettre le deuxième prix, une dotation de 20 000 euros. Enfin, le jury a été touché par le projet de Benoît Aymard (Clos d’Audhuy, Cahors), fervent défenseur de son terroir et du malbec et récipiendaire d’un troisième me prix exceptionnel de 10 000 euros.
Destiné aux jeunes vignerons, ce concours a pour objectif d’encourager « le développement de l’activité viticole en soutenant des projets humains et respectueux de l’environnement qui mettent en avant la grande variété des terroirs français. » Lauréat en 2017 avec sa compagne Maya Sallée, Nicolas Fernandez (Domaine La Calmette, Cahors) confie que cette participation leur a d’abord permis de prendre du recul sur leur projet. Ensuite, dit-il, « remporter le premier prix donne un vrai coup de pouce pour démarrer et mettre en œuvre des initiatives dont nous n’avions pas les moyens. C’est fabuleux qu’un concours aide autant les jeunes vignerons simplement en leur demandant de défendre ce en quoi ils croient. »
Champagne de vignerons, le bar éphémère est ouvert !
Sous la bannière collective “Champagne de vignerons” créée en 2001 par le syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV-Champagne) sont regroupés près de 4 300 vignerons et coopératives du vignoble champenois qui défendent les valeurs de l’artisanat, de l’authenticité et de la proximité et participent à « la création de cuvées rares et uniques. »
Chaque année depuis 2016, ces champagnes qui portent haut l’identité de celui ou celle qui les a élaborés prennent leurs quartiers d’été à Epernay où un espace de dégustation éphémère, installé dans la cour d’honneur du syndicat, sert de vitrine aux producteurs qui s’y succèdent (vingt-quatre vignerons sont attendus cette saison, la liste est à découvrir là).
Inaugurée dès aujourd’hui, la quatrième édition de cet événement permettra aux amateurs du monde entier de découvrir jusqu’au 15 septembre « la diversité et la typicité » de ces cuvées issues des quatre grandes régions de Champagne (côte des Bar, côte des Blancs, montagne de Reims et vallée de la Marne), présentées cette année dans le bel écrin en photo ci-dessus, une caravane Airstream de 1948.
Les Primeurs 2018, par Michel Bettane
Parler moins pour parler mieux
Dans notre France du blabla, 2018 a déjà fait beaucoup parler de lui alors que les vins ne sont que des embryons. Les faits climatiques sont connus. Beaucoup d’eau l’hiver et en début de printemps, beaucoup de chaleur et de sècheresse l’été avec de la souffrance sur les sables, mais pas sur les sous-sols argileux. Des orages, parfois de grêle, avec des dégâts dont des développements fulgurants du mildiou, piégeant les naïfs, les imprudents ou les paresseux. Un incomparable été indien concentrant les sucres dans le raisin à un niveau inédit (largement au-dessus de 14 degrés naturels dans de nombreux cas, mais avec des PH de 3,50/3,60 inespérés par rapport aux 3,8/4 de 1989 ou 1990). Et, de surcroît, des réserves en jus dans les raisins qui ont pu diluer les vignes trop productives. Les échantillons primeurs variaient d’un jour à l’autre, comme souvent. Ce qui n’a pas évité les jugements expéditifs et péremptoires. Sans parler des mauvais coucheurs qui dénonçaient un peu vite un manque de matière. Un comble avec ces raisins champions toutes catégories.
On jugera encore mieux des réussites individuelles dans un an et on évitera les matchs absurdes entre Rive droite et Rive gauche. Mais on peut affirmer que les deux cabernets furent souvent monumentaux sur les sols qui leurs conviennent et que je n’ai jamais, en quarante millésimes, vu des merlots aussi riches au cœur du Médoc. Quelques très rares vins manquent à l’appel, n’ayant pas été présentés chez les négociants ou visités au cours de marathons épuisants avec des samedis fermés à la visite (!). Exception faite à Sauternes pour des raisons que j’expose plus bas et à Yquem qui ne présentait pas de 2018.
Considérez nos notes discutées une à une par notre collectif de dégustateurs aguerris et souvent à la suite de plusieurs dégustations, dans des lieux et des atmosphères différentes plus comme des indices de préférence plutôt qu’un avis définitif qui serait absurde. Et foin de nos dégustateurs internationaux qui enchaînent les 98/100 à la parade, par démagogie. Bref, un grand millésime mais vous êtes avertis d’un type inédit dans un contexte économique international prudent et morose.
En attendant sauternes
L’année 2018 fut difficile pour les vins liquoreux du Sauternais : différents accidents climatiques (gel, grêle, mildiou) ont souvent considérablement réduit la récolte. Jusqu’au 12 octobre, il n’y avait pas de pourriture noble bien développée. Après cette date, la pourriture noble s’est développée de façon très rapide (et pas toujours noble) avec de grandes concentrations en sucres, mais souvent un manque de pureté aromatique. Au moment des primeurs, les assemblages ne se présentaient pas à leur mieux. C’est la raison pour laquelle nous préférons pour beaucoup de crus retarder notre jugement sur les réussites individuelles.
Photo : Guy Charneau
Dans la famille Le Grand Tasting, voici Le Grand Tasting de Printemps
Les 24 et 25 mai prochains au Carreau du Temple, l’équipe Bettane+Desseauve vous attend pour une édition spéciale, fraîche et printanière, du Grand Tasting Paris. La billetterie est ouverte.
Pourquoi un Grand Tasting de Printemps ?
Le mieux est de poser la question à Thierry Desseauve : « La civilisation du vin a de multiples facettes et toutes ne peuvent être présentes dans un seul festival, fut-il le plus grand. C’est ainsi que s’est progressivement imposée l’idée d’imaginer un second évènement annuel capable d’ouvrir de nouvelles portes du monde du vin, de permettre des découvertes, des rencontres et des bonheurs inédits : Le Grand Tasting de Printemps est né et nous vous y attendons avec plaisir et impatience. »
Le Languedoc, l’autre pays du rosé
Même si l’on en boit désormais tout au long de l’année, le printemps est LA saison du rosé. Le Languedoc propose de très belles cuvées, des rosés assez pâles comme en Provence mais aussi des cuvées plus soutenues en couleur, en arômes et en intensité. Ce sont des rosés de gastronomie capables de sublimer un apéritif comme d’accompagner des viandes rouges. Et ils font merveille avec de la cuisine exotique, notamment asiatique. Bref, cette sélection de cuvées en AOC languedoc et IGP pays d’oc est à découvrir de toute urgence.
Le prix du plaisir
Grand plaisir mais petit prix. Chaque année, le concours Prix Plaisir Bettane+Desseauve récompense des vins entre 2 et 18 euros et à moins de 30 euros pour les champagnes. Le jury ? Des amateurs passionnés qui dégustent à l’aveugle dans des conditions professionnelles quelque 1 800 cuvées. Au final, un podium or, argent, bronze et bio (c’est la nouveauté 2019) à tester au Carreau du Temple.
Tour de France
Faites un tour des meilleurs terroirs avec, entre autres domaines qu’on aime, Hugel & Fils (Alsace), Paul Jaboulet Aîné (Vallée du Rhône), Taittinger (Champagne), Pierre Gimonnet & Fils (Champagne), Aegerter (Bourgogne), Château La Gardine (Châteauneuf-du-Pape), Château de Côme (Bordeaux), Chante-Cocotte (Languedoc), Domaine Hauvette (Provence), La Bastide Blanche (Provence), Terra Vecchia (Corse), Château Marsyas (Liban), Vignobles Gérard Bertrand (Languedoc), etc.
Spirit, es-tu là ?
Six bartenders parisiens, parmi les meilleurs évidemment, concourent pour le prix du Cocktail Hero, en partenariat avec la Maison de spiritueux Villevert. Les épreuves du concours auront lieu en public au Carreau du Temple devant un jury expert. Résultat le samedi 25 avril vers 16h.

La surprise
Comme c’est une surprise, on ne peut encore rien vous dire. Juste que jusqu’à aujourd’hui ces vins n’ont jamais été dégustés lors d’un salon amateur…
Infos et billetterie sur : printemps.grandtasting.com
Du pique-nique au dîner vigneron, escapade à Sancerre
C’est reparti pour les déjeuners sur l’herbe dans le Sancerrois avec le domaine Henri Bourgeois. Et pour bien d’autres choses encore organisées à la belle saison par une famille de vignerons installée depuis dix générations dans le village de Chavignol.
Des dégustations au caveau (tous les jours de 9 h 30 à 18 h 30) aux promenades balisées dans ses vignes assorties du désormais traditionnel pique-nique concocté tous les jours de mi-avril à fin septembre par Jean-Marc Bourgeois, chef du restaurant gastronomique La Côte des Monts Damnés (il y a aussi un bistrot et un hôtel, cliquez ici pour plus de détails), la famille Bourgeois propose aux amateurs tout un programme pour découvrir Sancerre et son patrimoine « à travers ses spécificités géologiques, culturelles, gastronomiques et touristiques. »
Notamment au fil de dîners “accords mets-vins” durant lesquels un vigneron de Chavignol s’invitera à votre table « pour des échanges privilégiés autour de ses propres cuvées » (à partir de 65 euros par personne, sur réservation au 02 48 78 53 20).
Voyage à Bordeaux
Avis aux amateurs de passage dans la région de Bordeaux, une rencontre avec le journaliste et écrivain Jean-Paul Kauffmann est programmée le mardi 30 avril dans le cadre des “grands entretiens” organisés à La Cité du vin. Moment d’échange privilégié avec l’auteur de Voyage à Bordeaux (1989) et Voyage en Champagne (1990), connaisseur éclairé qui fut également rédacteur en chef de L’Amateur de Bordeaux, cette rencontre d’une heure et demie animée par le journaliste Jérôme Baudouin se tiendra à 19 h à l’auditorium Thomas Jefferson du musée. L’événement est gratuit, ce qui n’empêche pas de retirer son billet en cliquant là. Un dîner de prestige organisé dans le cadre de la cave Latitude 20 complètera cette soirée (plus de détails et réservation ici).
« Le vin est la seule matière vivante qui devient délectable avec le passage des années. On remonte le sens interdit du temps »
Jean-Paul Kauffmann
Visite de la plus ancienne maison de Bourgogne
Au cœur de la Bourgogne, face aux Hospices de Beaune, un site inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2010 vient de rouvrir ses portes au public. Au sein de ce lieu de production en activité, Champy étant la dernière maison « à vinifier, élever et embouteiller ses vins dans la vieille ville de Beaune », l’amateur se verra proposer, « dans une mise en scène inédite » et sur la base de trois siècles d’histoire, un parcours ponctué par un contenu patrimonial et audiovisuel « affirmant une histoire locale forte. » Ambitieuse proposition dans une région déjà riche et diversifiée en terme d’accueil qui est, rappelons-le, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2015, “la visite Champy” se veut être tout à la fois « originale et complémentaire » et contribuer au rayonnement du territoire : « Ici, les visiteurs pourront non seulement découvrir les secrets d’élaboration du vin, mais aussi replacer ce savoir-faire dans un contexte historique, culturel et humain. »
Débutant par la découverte des plus beaux vignobles de la maison, dans les appellations pernand-vergelesses et corton-charlemagne (en voiture ou à vélo électrique), cette visite propose ensuite un aperçu de toutes les étapes de l’élaboration du vin, de la vigne à la dégustation et un parcours initiatique dans les caves datant du XVe siècle ayant appartenu au couvent des Jacobines de Beaune. De l’espace “accueil” avec vue sur le chai qui rend hommage aux illustres personnages ayant marqué l’histoire de la maison (Edme Champy, Louis Pasteur, Gustave Eiffel) à un espace “histoire” qui déroule la chanson des siècles et le développement de la maison comme de la Bourgogne depuis 1720, ce lieu entièrement repensé en collaboration avec le cabinet 331 Corniche Architectes et les Bâtisseurs de mémoire, agence spécialisée en conseil, muséographie et histoire, accueillera également des expositions, des conférences, des projections et des soirées thématiques.

Tarifs et horaires des visites :
Format court à 11 h (environ 1 h 30), de 25 à 55 euros selon la dégustation choisie.
Format standard à 15 h (environ 2 h 30), de 40 à 70 euros.
Circuit dans les vignes (en complément ou non des options de visite ci-dessus), 90 euros.
Une sommelière à suivre
La première édition du challenge organisé par le château Gassier, propriété provençale qui déroule ses quarante hectares de vignes au pied de la montagne Sainte-Victoire, a permis aux élèves sommeliers de France (mention complémentaire en sommellerie) de déployer leurs talents au cours d’une compétition organisée avec l’association de sommellerie Alpes-Marseille-Provence (ASAMP) dont le fil conducteur était la mise en avant de la richesse des terroirs de Provence. C’est Daphnée Extrassiaz, actuellement élève au lycée hôtelier de la Rochelle et en stage chez Michel Guérard (Les Prés d’Eugénie***), qui a remporté ce challenge auquel ont participé quatre-vingt élèves représentant dix lycées hôteliers.
Sept d’entre eux ont été sélectionnés pour les demi-finales (dégustation à l’aveugle) et cinq ont accédé aux épreuves finales. Devant un jury composé de Mathias Dandine (chef du restaurant étoilé Le Saint-Estève), Robert Desbureaux (président de l’association des sommeliers formateurs), Guillaume Cordonis (œnologue du château Gassier), Emmanuel Letournoux (sommelier, Le Saint-Estève) et Christian Péchoutre (meilleur ouvrier de France en sommellerie, 2000), les élèves ont du conseiller une table de six convives (choix du vin et service d’un magnum de côtes-de-provence rosé), composer et justifier un accord mets-vin, déguster à l’aveugle un cru classé de Provence et répondre à un questionnaire sur la région.
A propos de la performance de la gagnante, Olivier Souvelain, le directeur général de Château Gassier évoque une prestation de haut vol : « Sa technicité, son aisance et sa passion feront d’elle une des personnes à suivre dans le monde de la sommellerie au cours des prochaines années. » Pour le moment, Daphnée Extrassiaz compte parfaire ses compétences dans l’art de la sommellerie. D’abord en poursuivant ces débuts prometteurs au mois de juin au sein du restaurant triplement étoilé de Régis et Jacques Marcon, ensuite en partant enrichir son expérience aux États-Unis, plus particulièrement en Californie (son rêve de petite fille). A terme, elle aimerait ouvrir son propre établissement spécialisé dans le vin.









