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Le meilleur vin de France de France

Il ne peut plus s’appeler vouvray. Les buveurs d’étiquette passeront leur chemin, les amateurs éclairés le mettront précieusement dans leur cave.

On a déjà trop écrit sur les mésaventures de Jacky Blot avec l’appellation vouvray qui a exclu, pour une histoire de chai construit à Montlouis à quelques centaines de mètres de la zone autorisée et du mauvais côté de la Loire, celui qui est certainement le meilleur vigneron actuel de l’appellation.
Les millésimes de la Taille aux Loups se succèdent et chacun semble encore supérieur au précédent. Le Clos de la Bretonnière, un monopole, affiche dans le millésime 2017 une minéralité vibrante, enrobée avec la race des meilleurs chenins. Une leçon d’esthétisme de plus pour ce cru qui ne peut plus être étiqueté que vin de France, au plus bas de la hiérarchie viticole française. Et si vous deviez être encore séduit davantage, tentez le Clos de Venise 2017, bientôt disponible, étiqueté avec malice « vin de France Venise ». Tous deux pourront vieillir plusieurs décennies. La pièce de théâtre Ubu roi a été publiée en 1896, en voici la version du XXIe siècle.

Le vin : Domaine de la Taille aux Loups, clos de la bretonnière, vin de France 2017, blanc
Le prix : 22 euros
Les coordonnées : 02 47 45 11 11 ; email : [email protected]

Toutes les infos sur ce domaine sont à retrouver dans l’appli Le Grand Tasting.

Le sauvignon, le chenin et les Américains

Premier marché au monde pour les vins avec un taux de croissance annuel de 1,1 % en moyenne (et une consommation de 32,6 millions d’hectolitres en 2017), les Etats-Unis sont une destination majeure pour la production française, et plus particulièrement pour les blancs ligériens dont les exportations ont doublé en volume et presque triplé en valeur ces dix dernières années, pour atteindre en 2018 un chiffre d’affaires de 67 millions d’euros (contre 26 millions en 2008). Parmi les appellations les plus performantes, on trouve celles des vignobles d’Anjou-Saumur et de Savennières, qui ont multiplié par onze leurs chiffres à l’export, et l’AOC touraine, qui les a quintuplés.

Ces succès s’accompagnent de prévisions remarquables sur ce même marché selon le Wine Trade Monitor de l’institut Sopexa*, le Val de Loire étant la région qui devrait connaître la plus forte demande en 2019 et 2020 sur le segment des blancs (suivie par Marlborough en Nouvelle Zélande et Rueda en Espagne). Cette appétence pour le vin blanc, dont la consommation a progressé de 36 % aux Etats-Unis depuis 2005, et notamment pour les deux cépages emblématiques du vignoble de la Loire, sauvignon et chenin, devrait être comblée sans mal par la dernière récolte, millésime 2018 aussi généreux en qualité qu’en quantité (3,1 millions d’hectolitres, soit 22 % de plus que la moyenne quinquennale).

Au-delà de l’engouement américain, la reconnaissance des vins du Val de Loire s’inscrit à l’échelle mondiale avec pour conséquence une progression des revenus à l’export de 36 % en dix ans. Président de l’interprofession (Inter Loire), Jean-Martin Dutour estime que « le Val de Loire a les atouts pour être le grand vignoble de demain (…) : une situation géographique privilégiée, une proximité, l’environnement naturel exceptionnel de la Loire, un climat favorable, des cépages uniques et des équilibres de vin sur la fraîcheur. Les signaux du marché sont au vert pour répondre aux aspirations des générations futures. Compte tenu de son histoire millénaire et de son potentiel, nous pouvons être raisonnablement optimistes pour l’avenir du vignoble. »


*
Wine Trade Monitor 2018. Six marchés-clés étudiés : États-Unis, Canada, Belgique, Chine, Hong Kong, Japon ; 781 acheteurs professionnels interrogés sur les tendances pendant deux ans ; 64 % des professionnels américains estiment que les ventes de vins ligériens vont progresser.

Du nouveau à Miraval

Non, non, les propriétaires ont beau en être et la grande cérémonie de récompenses américaine approcher, on ne parlera pas cinéma ici. Le “studio” qui a donné son nom au nouveau rosé proposé par Miraval – domaine viticole mené conjointement par la famille Perrin (Château de Beaucastel) et les Jolie-Pitt – n’est pas celui d’un tournage de film, mais un lieu d’enregistrement datant de l’époque où cette propriété varoise appartenait au jazzman Jacques Loussier.

Construit en 1977 au-dessus de la cave, et toujours là aujourd’hui, ce studio de musique a vu passer Pink Floyd, AC/DC ou encore Sade, entre autres artistes internationaux venus chercher ici plutôt qu’à Londres une qualité de son autant qu’une inspiration, celle de la French Riviera. C’est à cette histoire que rend hommage cet assemblage de cépages méditerranéens (cinsault, grenache, rolle et tibouren), « fil conducteur » reliant un lieu, son héritage et l’amour de l’art dont la sortie est prévue le 5 mars prochain.

Delamain, le retour au vignoble

Historique maison de cognac installée à Jarnac depuis bientôt 200 ans, Delamain n’exploitait plus de vignes en propre depuis 1910, date à laquelle a été vendue sa propriété de Bois Clair, à Saint Brice. Aujourd’hui, c’est avec un vignoble d’environ 20 hectares situé « sur trois vallons idéalement exposés au sud, sur l’un des plus beaux terroirs de Grande Champagne et sur la bien-nommée commune de Bellevigne » qu’elle renoue avec le métier d’exploitant. Un retour à la terre souhaité par la famille Bollinger, actionnaire majoritaire de la maison depuis deux ans.

Outre l’opportunité de continuer « à révéler l’extraordinaire potentiel de ce terroir d’exception », la reprise en fermage de cette exploitation, à laquelle Marie-France et Bruno Chabannais ont consacré leur vie, permet à Delamain de sécuriser son avenir via un contrôle direct sur son approvisionnement en eaux-de-vie. La direction technique de ce vignoble composé de quatre hameaux (La Rambaudie, Montplaisir, La Sentinelle et Les Grands Champs), sera assurée par Dominique Touteau, le maître de chai de la maison depuis 1980.

Grands travaux au château Haut-Bailly

Initié par Bob Wilmers, propriétaire de cette terre de 1998 jusqu’à sa disparition il y a un peu plus d’un an, et aujourd’hui prolongé par sa famille, un ambitieux projet en deux phases est en cours au château Haut-Bailly afin d’inscrire ce grand cru classé de Graves dans le long terme. La première étape, qui concerne la construction d’un nouveau chai, devrait s’achever au printemps 2020 :

« Au point culminant du domaine, le nouveau chai permettra de découvrir d’autres points de vue sur le vignoble. Architecture et paysage se côtoient pour réaliser un jardin suspendu au-dessus d’un ensemble qui abritera la nouvelle unité de vinification, d’élevage, de conditionnement et de stockage. »

Le réaménagement des bâtiments existants suivra, courant 2021. Menés dans le cadre d’une démarche responsable et pérenne par l’architecte Daniel Romeo, « qui a officié avec les plus grands et a réalisé des ouvrages remarquables en France et à l’étranger », ces travaux sont le fruit de la dynamique insufflée par l’équipe en place depuis vingt ans et de sa volonté de voir la propriété continuer à progresser.


Biondi-Santi en verticale

L’un de nos dégustateurs, Raoul Salama, était présent à Montalcino la semaine dernière pour l’édition 2019 de l’événement Benvenuto Brunello. Il a goûté beaucoup de choses dont les vins de Biondi-Santi, propriété majeure de l’appellation récemment acquise par le groupe EPI (Charles et Piper-Heidsieck, Bonpoint, Weston, etc.). Voici ce qu’il en dit :

« Belle verticale chez Biondi Santi : rosso-di-montalcino 2015 aux saveurs précises, brunello annata 2013, ferme et élégant, riserva 2006, identitaire et imposant et, enfin, riserva 1995 parvenu à son apogée. Il n’y aura pas de 2014, millésime jugé insuffisant, toute la production étant vendue sous une nouvelle étiquette “faccia rossa”. Les prix montent fortement, le marché suit pour l’instant. Une grande attention est portée sur les nouvelles étiquettes destinées à combattre la contrefaçon. »

Pour info, le brunello-di-montalcino de Biondi-Santi se décline en deux qualités, Annata (environ 100 euros) et Riserva (environ 400 euros).

Même un peu, c’est trop

L’ail. Ce bulbe malodorant adulé par les cuisiniers paresseux ou radins ou les deux, ce fumet envahissant, entêtant, ces lendemains qui déchantent, ces réunions foutues, ces amis chers dont on s’écarte en détournant la tête, ces gigots sacrifiés, ces baisers repoussés. D’où nous vient cet Attila des saveurs, des goûts, des sensations, des plaisirs, derrière lequel les arômes ne repoussent pas ? D’une lointaine époque où nous manquions de froid. Pas de frigo, pas de conservation. Dans les pays du sud de l’Europe, les chaleurs avaient vite fait de mettre à mal les aliments frais et l’ail servait de cache-misère, prolongeait de quelques jours les aliments fragiles, viandes, poissons, légumes. Son goût très fort masquait les odeurs de pré-décomposition et chacun, je suppose, y trouvait son compte, faisait une économie. Très bien. Aujourd’hui, nos sociétés suréquipées et délicates jettent les aliments périmés avant que les choses deviennent graves ou juste incommodantes. Pas question d’une petite mauvaise odeur au creux du frigo familial. Quoique. Celle de l’ail, pas petite, y est trop souvent admise. L’ail règne en maître. Où que nos gourmandises nous portent, nos narines sont agressées par des odeurs d’ail, cru, cuit.

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Une nouvelle carte des vins, s’il vous plaît

Pour sa 6e édition, le WineLab fait peau neuve et devient Le Grand Tasting Pro.

Comme Le Grand Tasting Paris et ses déclinaisons en Asie, Le Grand Tasting Pro se positionne comme un événement de référence pour les professionnels du vin. Cavistes, restaurateurs, sommeliers, acteurs de la grande distribution, peuvent rencontrer quelque 95 vigneron(ne)s venus des quatre coins de la France et déguster des vins sélectionnés avec soin par les experts Bettane+Desseauve. Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Vallée de la Loire, Vallée du Rhône, Jura, Savoie, Sud-Ouest, Languedoc, toutes les grandes régions viticoles sont représentées par des producteurs hautement recommandés. Le moment idéal pour trouver de nouvelles références pour sa carte des vins.

Le Grand Tasting Pro permet aux pros d’accéder à une sélection pointue qui met en avant les talents du vignoble d’aujourd’hui et de demain, dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale. L’accent est mis également sur des cuvées à l’excellent rapport qualité prix qui séduiront le consommateur final. Nouveauté 2019, l’espace exposants s’agrandit avec une troisième salle.

Rendez-vous le 1er lundi du printemps au Pavillon Wagram.

Inscriptions sur : https://pro.grandtasting.com/

Il se passe des choses à l’ombre de l’hermitage

Près de Valence dans la Drôme, l’appellation crozes-hermitage propose des vins plus accessibles en prix et en densité de texture que l’hermitage voisin.
Les terroirs de cette appellation sont assez variés, des terrasses de cailloutis et d’argile rouge mais également des coteaux assez pentus et des zones de sable et de granit.
Le décret d’appellation permet en rouge de compléter la syrah en lui ajoutant jusqu’à 15 % de cépages blancs, marsanne et/ou roussanne. C’est rarement le cas hélas, la demande de blancs dans l’appellation étant très supérieure à l’offre. Si la typicité de crozes-hermitage est de proposer des vins croquants de fruits et d’épices pour les cuvées axées sur la gourmandise, on trouvera davantage d’intensité dans les cuvées les plus ambitieuses.

En rouge  
Nos coups de cœur 
Domaine les Bruyères, Georges, 2016, 17,50 euros
Domaine Gilles Robin, Albéric, 2016, 20 euros
À découvrir absolument
Domaine Habrard, Valérie, 2016, 19 euros
Domaine Yann Chave, Le Rouvre, 2016, 25 euros
Maison Delas frères, Domaine des Grands Chemins, 2016, 22,20 euros
Maison les Alexandrins, 2016, 18 euros
Paul Jaboulet Aîné, Domaine de Thalabert, 2016,
26 euros

En blanc
Les meilleurs

Cave de Tain, les Hauts d’Éole 2017, 13,15 euros
Domaine Combier, Clos des Grives 2016, 38 euros
Domaine des Entrefaux, les Pends 2016, 22 euros
Paul Jaboulet Aîné, Mule blanche 2017, 30 euros

Les Caves de Taillevent inventent la vente flash en boutique

Dreamwine, un vin de rêve, jolie façon de parler d’un vieux millésime du domaine Leflaive.

Dreamwine c’est aussi le nom de la vente exceptionnelle organisée par Les Caves du Taillevent ce mercredi 20 février à 10h. Une vente flash, comme on en trouve partout sur le web, mais en boutique. L’originalité est là, la vraie bonne idée aussi. Les grands vins ont pour vocation de réunir les passionnés. Ils seront tous là, ou presque. Huit millésimes (entre 1987 et 2010) des vins du domaine seront proposés à la vente. Évidemment, les quantités sont confidentielles. Evidemment, il ne faut pas être en retard.

Plus d’informations
Inscription : bit.ly/2GlRQja
Ouverture des ventes le mercredi 20 février à 10h
Stocks limités, pas de pré-réservation

Les Caves de Taillevent
15 rue Lamennais, 75008 Paris
01 44 95 15 01