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Lafite à l’heure de la relève


Le groupe Domaines Barons de Rothschild, appartenant à la branche familiale propriétaire de Lafite, accueillera en début d’année 2018 Jean-Guillaume Prats, qui préside depuis 2013 la division vins du groupe Louis-Vuitton Moët-Hennessy (15 vignobles dans 8 pays) après avoir dirigé Cos d’Estournel durant 14 ans. Il succédera en mars prochain à Christophe Salin, l’actuel président de Domaines Barons de Rothschild, qui a été nommé Senior advisor et « assurera une continuité dans cette transition. »

Dans le même élan, Saskia de Rothschild deviendra Chairman du groupe. Impliquée dans la gestion et le suivi technique des propriétés depuis 2008, cette diplômée d’HEC et de la Columbia University qui a commencé sa carrière en tant que journaliste à l’International New York Times à Paris et en Afrique de l’Ouest est depuis deux ans la cogérante de Château Lafite aux côtés de son père, Eric de Rothschild.

Ce dernier, qui conservera ses fonctions de Managing partner de Lafite a commenté ainsi cette relève : « Christophe Salin et moi-même avons passé plus de trente ans à travailler ensemble au développement de Lafite et des domaines et je lui suis particulièrement reconnaissant pour l’essor qu’il a su donner à notre groupe. Nous sommes tous deux heureux d’accueillir un nouveau tandem qui saura mener le groupe vers de nombreux succès, tout en continuant à faire ce que nous savons faire de mieux : des vins formidables. »

Montus célèbre le rouge et le noir


C’est notamment avec deux “rendez-vous des icônes” dédiés aux meilleurs jambons du monde (samedi) et à la rencontre de trois grands cépages (dimanche) que les vignobles Brumont tiendront portes ouvertes ce week-end au cœur de l’appellation madiran. Un dîner conçu par le chef doublement étoilé Alain Dutournier rendra hommage au “Noir de Bigorre”, « l’expression la plus aboutie d’un territoire, du mode de vie d’un animal au savoir-faire des hommes », accordé avec les vins du château Montus. En présence de maîtres trancheurs venus de toute l’Europe, les participants pourront déguster huit des plus grands jambons au monde pendant qu’un jury de dix connaisseurs établira son classement à l’aveugle.

Le lendemain, parmi les milliers de visiteurs attendus, seuls une soixantaine d’amateurs participeront à la dégustation de grands vins issus des cépages tannat, nebbiolo, très ancien cépage du Piémont, et tempranillo, emblématique cépage espagnol, qui sera animée par celui qu’Alain Brumont décrit comme « le meilleur vigneron, technicien et ambassadeur du vin dans le monde viticole », Hubert de Boüard, propriétaire de Château Angélus. « Alliant la tradition à une approche futuriste, Saint-Emilion lui doit le succès qu’il rencontre aujourd’hui. Il est l’œnologue conseil le plus recherché dans le monde. Il nous donnera sa version du grand vin de demain et s’exprimera sur les terroirs de Madiran. »

Tout près de là, le château Bouscassé proposera une dégustation en verticale du pur tannat Vieilles Vignes de la propriété à 11 heures, midi et 15 heures, samedi et dimanche (durée 45 minutes, places limitées). Outre les visites commentées, un “concert des cinq sens”, spectacle de lumière éclairant l’évolution des arômes du vin, animera les chais en continu de 11 heures à 13 heures et de 15 heures à 17 heures. Enfin un marché gastronomique dédié aux saveurs du Sud-Ouest se déroulera tout au long de la journée. Le programme complet de ces festivités gastronomiques et œnologiques est à découvrir ici.

Dégustations de fin d’année, ça commence samedi

Dès ce 18 novembre et chaque samedi d’ici Noël, l’équipe de sommeliers officiant au sein de La Cave du Lafayette Gourmet (Galeries Lafayette, Paris) attend les amateurs d’ici et d’ailleurs pour des dégustations choisies de vins issus des 2 500 références qu’elle propose, dont 1 200 constituent sa “bordeauxthèque”. Pour y participer, il faut impérativement s’inscrire par mail à l’adresse suivante : [email protected]

Conçue par le groupe Duclot, historique maison de négoce fondée en 1886 à Bordeaux et disposant de plusieurs millions de bouteilles et grands formats en stock, achetés en direct aux châteaux et conservés dans ses chais de 20 000 m2, cette cave déploie « une gamme exceptionnelle de grands crus bordelais, le meilleur des autres vignobles français et étrangers, ainsi que des champagnes et des spiritueux, tout en cultivant l’esprit d’un caviste de quartier. »

Détaillé ci-dessous, son programme de dégustations de fin d’année illustre « les liens étroits établis de longue date entre les plus grands noms du vignoble » et le groupe appartenant à la famille Moueix (via la holding Videlot, qui est également propriétaire de Petrus, à Pomerol).

Les bordeaux d’excellence, le 18 novembre :
Château Smith Haut Lafitte ; Château Brane Cantenac ; Château Saint-Pierre ;
Château Gloria ; Château Pontet-Canet ; Château Lafon Rochet ; Château Cantemerle ;
Château Pavie ; Château La Conseillante ; Château Suduiraut.

Les meilleurs champagnes de vigneron, le 25 novembre :
Huré Frères ; Horiot Père et Fils ; Vignier ; Eric Rodez ;
Pierre Péters ; Alfred Gratien ; Lenoble  ; etc.

Les plus grandes maisons de Champagne, le 2 décembre :
Ruinart ; Deutz ; Laurent-Perrier ; Bollinger ; Moët & Chandon ;
Billecart-Salmon ; Henriot ; Charles Heidsieck ;
Piper-Heidsieck ; Delamotte ; etc.

Sélection de spiritueux français, le 9 décembre :
Liqueur H Theoria ; Cognac Bourgoin ; Whisky Bellevoye ;
Bas-Armagnac L.-M. de Castelbajac 700 ; Eau de vie Metté ; etc.

La crème des spiritueux, le 16 décembre :
Gin Drumshanbo (Gunpowder) ; Gin Capreolus Distillery (Garden Tiger) ;
Kyoto Dry Gin Kyoto Distillery (Ki No Bi) ; Whisky Dalmore ; Cognac Lheraud ;
Calvados Lemorton ; Bas-Armagnac Dartigalongue ; etc.

La Cave du Lafayette Gourmet. 35 boulevard Haussmann, 75009 Paris.
Ouvert du lundi au samedi de 8 h 30 à 21 h 30. Tél : 01 40 23 91 75.

Business class pour Haut-Condissas

Déja présents sur les vols des compagnies aériennes Air France, United Airlines et Eva Air, les domaines Rollan de By-Jean Guyon (Médoc) voient leur “fleuron” monter à bord des avions de la compagnie Qatar Airways. Dès le 3 décembre, cette dernière proposera à ses passagers de classe affaires le millésime 2010 de Château Haut-Condissas, « médoc exceptionnel [qui] ne cesse de surprendre lors de dégustation à l’aveugle où il n’est pas rare qu’il surclasse certains premiers grands crus classés. »

A l’origine de cette réussite saluée par tous les experts de France et d’ailleurs, il y a la volonté de Jean Guyon d’adopter la stratégie des vins de la Rive droite, « déployer un maximum d’efforts sur un petit vignoble pour atteindre la qualité des meilleurs grands crus. » En 1995, la propriété faisait trois hectares, aujourd’hui elle en déroule quinze, cultivés comme un jardin que se partagent le merlot (80 %) et le petit verdot (20 %). Installé sur des graves argileuses, cet encépagement typiquement médocain donne une cuvée que son créateur aime à qualifier de « haute couture du vin. »

Création du prix Alain Senderens

Lors de sa dernière assemblée générale qui s’est tenue ce mardi, l’Académie du vin de France a entériné la création d’un prix en hommage à Alain Senderens, qui fut l’un de ses membres et s’est illustré tout au long de sa carrière dans la recherche d’accords mets-vins. Cette distinction récompensera chaque année « un établissement gastronomique faisant un réel effort d’association entre les mets et les vins », sous la houlette d’un jury composé du président de l’Académie, Alain Graillot, de son trésorier, Philippe Bourguignon, de son secrétaire perpétuel, Benoît France, ainsi que de quatre membres de l’Académie.

« Au cours de l’année, les membres de l’Académie sont invités à indiquer au jury tous les établissements en France ou à l’étranger susceptibles d’être distingués. Une présélection sur dossier donnera lieu à une visite aussi anonyme que possible. » Chaque année, lors du dîner de dîner de gala de l’Académie du vin de France qui se tient traditionnellement en novembre au restaurant Laurent (siège de cette association fondée en 1933), le lauréat recevra un diplôme mentionnant son prix et chacun des vignerons membres de l’Académie (trente-deux à ce jour) lui offrira trois bouteilles de son vignoble.

Ci-dessus, de gauche à droite, René Rougier, vice-président de l’Académie du vin de France, Benoît France, secrétaire perpétuel, Eventhia Senderens, Alain Graillot, président de l’Académie, Philippe Bourguignon, trésorier, Aubert de Villaine, vice-président.

A vos marques

Avec pour point d’orgue la traditionnelle mise aux enchères d’une pièce de charité, dite “des présidents” (deux pièces de 228 litres d’appellation corton grand cru “Clos du Roi”), qui se fera cette année au profit de la fondation Tara Expéditions, représentée par Agnès b et Julie Depardieu, de la Fédération pour la recherche sur le cerveau, parrainée par Marc-Olivier Fogiel et de la fondation Recherche sur Alzheimer, soutenue par Charles Aznavour, la 157e vente des Hospices de Beaune permettra dimanche aux amateurs d’acheter en primeur les vins issus des 60 hectares de vignes (85 % de premiers et grands crus) dont cet hôpital-vigneron fondé en 1443 est propriétaire.

Depuis 2009, la maison Albert Bichot, premier acheteur de cette vente, propose aux particuliers d’enchérir à distance, via un site internet dédié (c’est par ), et ce à partir d’une bouteille*. « Les acheteurs potentiels sont guidés à toutes les étapes par Jean-David Camus,(…) à leur service depuis la sélection des vins jusqu’à la livraison. Chaque acheteur reçoit également après la vente des informations par email (vidéos de dégustation) pour découvrir les coulisses du domaine des Hospices et les secrets de l’élevage Albert Bichot. » Régisseur du domaine des Hospices, Ludivine Griveau vinifiera le « superbe millésime 2017 », après une année dont elle a fait un compte-rendu détaillé qu’on pourra lire ici.

* Achat primeur à partir d’une bouteille parmi une sélection de 5 vins, entre 40 et 100 euros la bouteille (prix maximum fixé avant la vente ; possibilité de marquer le nom de l’acquéreur sur les bouteilles). Il est également possible d’acheter en primeur un fût entier (soit l’équivalent de 288 bouteilles) parmi tout le catalogue (50 vins). Livraison après 18 mois d’élevage, à la mi-2019.

Les fantastiques master-class du Grand Tasting

La douzième édition du Grand Tasting arrive à toute allure. Il est temps de savoir ce qui nous attend. Ami lecteur, passionné de vin que tu es, tu trouveras ci-dessous le programme des master-class. De A comme Angélus à S comme sauternes et V comme Riedel, il n’y a pas beaucoup d’autres choses à faire ces deux jours-là.
Pour chaque tranche horaire, il y a deux master-class. Il y a deux salles et il va falloir choisir, ce qui est terrible. En même temps, il n’y en a jamais eu autant. Pas mal. Les abonnés attentifs de ce blog savent où me trouver.

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La mort de Robert Tinlot

J’apprends avec tristesse le décès de Robert Tinlot, ancien directeur de l’Office international de la Vigne et du vin et président de l’Académie Amorim. Cet éminent juriste dijonnais a joué dans les quarante dernières années un rôle considérable dans les organismes internationaux. Il a en particulier conçu et animé le projet de permettre à quelques-uns de nos meilleurs agronomes et œnologues, triés sur le volet, de parcourir le monde pour mieux connaître les produits, les marchés, et donc de mieux défendre la qualité et la protection du public. Il a aussi lui-même, à la demande de certains pays, dont la Chine, apporté sa contribution à l’amélioration de leurs vins. J’ai eu l’occasion à de nombreuses reprises de témoigner de la redoutable finesse de ses analyses et de l’ampleur de sa culture humaniste, si rare de nos jours. Je tiens ici à transmettre à sa famille, à ses amis, à ses nombreuses relations, les condoléances de toute l’équipe de Bettane+Desseauve.

Un week-end en Bourgogne à gagner

Il ne reste plus que quelques jours – précisément jusqu’au 26 novembre – pour tenter de gagner le séjour pour deux mis en jeu à l’occasion de la célébration en cette année 2017 des 80 ans de la route des grands crus de Bourgogne, anniversaire que nous avions évoqué ici. Nuit au Grand Hôtel La Cloche (Dijon) avec accès au spa, demi-journée de wine-tour avec l’agence d’œnotourisme haut de gamme Bourgogne Gold Tour ou encore dégustation prestigieuse chez Bouchard Père & Fils (Beaune), le détail des réjouissances est et le règlement de ce jeu par tirage au sort est ici.

Une année dans les vignes


A dix jours de la 157e édition de la célèbre vente en primeur et aux enchères des vins du domaine de l’hôpital-vigneron de Beaune, dont une nouvelle cuvée Bernard Clerc (Domaine Henry Clerc) issue de la donation d’une parcelle d’une vingtaine d’ares en appellation puligny-montrachet, nous reproduisons ici l’histoire détaillée, racontée Ludivine Griveau, régisseuse du domaine des Hospices, de ce millésime 2017 qu’elle a baptisé “L’équilibriste”.

La climatologie (octobre 2016-septembre 2017)

« Après un automne très ensoleillé, notamment en octobre qui est presque estival, voilà bien longtemps que nous n’avions pas eu un véritable hiver. Certes le soleil brille en décembre et janvier (+ 121 heures de soleil en plus), mais il fait très froid ! Nous comptons ainsi sept jours sans dégel en décembre et vingt en janvier. La pluviométrie aussi est changeante par rapport à ces dernières années car le déficit de pluies hivernales est en net recul de cet hiver. Tout s’inverse en février et mars qui sont des mois chauds (+ 2°C au-delà des normales de saison) et très lumineux. On s’attend à un démarrage rapide de la végétation. L’ensoleillement de début avril est largement excédentaire et les pluies sont faibles, c’est l’opposé de 2016. La fin du mois est plus chaotique, tout le monde scrute les prévisions météo qui annoncent des risques importants de gelées. Mais il fait sec et le vent diminue les risques. On se rassure, les bourgeons résistent normalement à – 3°C. Pourtant le contexte plus humide des 27 au 29 avril donne des sueurs froides et des nuits blanches. En effet, deux nuits durant, les vignerons des villages des côtes et hautes-côtes se mobilisent tant bien que mal pour assurer une couverture nuageuse aux levers de ces deux jours là. Au final, les dégâts sont très localisés et contenus. Nous avons une pensée pour des vignobles voisins qui ont parfois presque tout perdu. »

« La fraîcheur perdure début mai, puis l’été arrive avant l’heure avec des températures autour de 33°C et un ensoleillement exceptionnel jusqu’à la fin du mois. Les pluies sont régulières, la vigne les accueille avec soulagement. Au demeurant, la chambre d’Agriculture nous alerte : « le déficit est notable » et comparable à 2016 où, à l’inverse, l’excédent de pluies battait des records. En juin, les périodes de forte chaleur continuent, mais sont entrecoupées d’épisodes pluvio-orageux qui aboutissent à des cumuls très variables selon les secteurs (20 à 50 mm en 7 jours). La dernière semaine de juin est caniculaire avec des journées à 38°C à l’ombre. Les plantations ont particulièrement soif. Les orages continuent en juillet, mais sont entrecoupés de périodes beaucoup plus fraîches montrant de grandes amplitudes thermiques d’un jour à l’autre. Le déficit d’eau ne se comble pas, et au final, l’ensoleillement est déficitaire de 30 heures sur ce mois (l’équivalent d’un mois de mai selon la chambre d’Agriculture). Le mois d’août sera plus régulier, malgré une semaine autour du 15 août où il fait frais et gris. Le vent, présent depuis le début du millésime, continue d’assainir les vignes et de bien ressuyer chaque pluie. À la toute fin du mois, les vignes sont vertes et les raisins bien visibles. Les premiers raisins du domaine, à Chaintré, sont coupés sous un soleil de plomb les 26 et 27 août. »

Le cycle végétatif

« Suite au printemps plus que clément en février et mars, la vigne est dans les starting-blocks et montre une reprise de son activité végétative déjà autour du 20 mars. On observe en effet des stades de bourgeons gonflés dans le coton à cette date. C’est plus rapide que prévu et la fraîcheur revenant, les choses se calment un peu jusqu’à début avril. Le 28 mars, on trouve deci delà des pointes vertes dans les secteurs les plus précoces. Dès lors, on perçoit que ce millésime se lance dans la course à la précocité avec ses voisins 2014 et 2011. C’est quinze jours plus tôt que 2016. Tout le long du mois d’avril, la végétation ne fait qu’accélérer son développement et les travaux d’attachage se finissent à la hâte. Le rythme est intense, les feuilles s’étalent les unes après les autres : on peut observer entre trois et cinq feuilles au 20 avril, c’est assez hétérogène au sein des parcelles du domaine et il est difficile d’établir une tendance au sein des jeunes vignes d’une part, et des plus âgées, d’autre part. Les sourires se crispent à la fin du mois à l’annonce des risques de gel. Un an après, jour pour jour, encore en ce 27 avril, la Bourgogne retient son souffle, déploie une action collective inédite pour tout faire pour sauver la récolte. Au petit matin, le verdict tombe : les jeunes poussent sont saines et sauves dans la plupart des parcelles. Durant cette période, le travail du sol est suspendu afin de ne pas engendrer de remontée d’humidité. Il ne reprendra que début mai, alors que la pousse stagne pendant plus de quinze jours. »

« Les vignes sont vert pâle, elles se remettent doucement de la vague de froid et de sec. Nous voyons cependant que la sortie des bourgeons est importante, donc nous entamons un long et précis travail d’ébourgeonnage au sein de toutes les parcelles. A partir de mi mai, la vigne pousse à une allure effrénée. On note l’apparition de trois à quatre feuilles par semaine. Pourtant les températures remontent tout doucement, mais on voit bien que les vignes n’attendaient que ce petit coup de redoux pour se lancer. Fin mai est très chaud, le rythme de pousse est intense et l’on s’attend à voir les premières fleurs assez tôt. Gagné ! En chardonnay, la pleine floraison est atteinte la semaine du 30 mai et celle du pinot noir dans la semaine d’après. Nous choisissons de limiter les risques de coulure en attendant 50 à 75 % de floraison avant d’écimer. Parfois les branches sont longues, mais il faut favoriser les afflux de sèves vers les fruits plutôt que vers les apex des rameaux. L’avance est conservée, les maladies et ravageurs n’exercent pas une trop forte pression. Cela nous laisse donc le temps des opérations en vert en pleine pousse active. Il faut tenir la cadence car les alternances pluies-chaleur sont très favorables à la vigne. Par choix, aux Hospices de Beaune, nous confions une surface de 2,5 hectare par salarié viticole, ce qui, même dans cette configuration de pousse intense, laisse tout le temps à un travail de précision primordial dans les opérations de relevage, d’accolage et de labour. »

« Les baies de certaines parcelles de chardonnay ont déjà atteint 2 à 3 mm à la mi-juin, 2017 entre donc parmi les trois millésimes les plus précoces de ces dix dernières années. Ce rythme restera soutenu durant juin et juillet avec un développement homogène en pinot noir et une pression phytosanitaire très limitée sur l’ensemble des secteurs. Nous décelons toutefois des phénomènes de coulure sur les chardonnays, parfois assez conséquents (débourrements rapides + averses importantes. + fortes chaleur). Pour les pinots, on reste dans la moyenne physiologique (nouaison moyenne environ de 70 %). Jusqu’au 28 juin, les chaleurs sont écrasantes, les vignes se bloquent parfois dans leur développement et montrent même des signes de sécheresse. Les effeuillages ayant été menés de bonne heure en pinot noir (courant juin), les fruits se sont acclimatés à la chaleur et au soleil. Les dégâts des plus importants s’observent ainsi sur des raisins pour qui l’exposition est plus brutale. Autour du 10 juillet, les grappes ont parfois atteint le stade de fermeture : on reparle de 2007 et 2009 en termes de comparaison de précocité et déjà la date de fin août-début septembre se dessine pour la récolte. Un épisode de grêle en côte de Nuits nous fera encore frémir, mais c’est ce sera la dernière grosse alerte climatique de l’année. »

La récolte

« Les pluies d’averses sont parfois à l’origine de cumuls importants, très hétérogène : Vosne affiche 90 mm quand Pommard n’en reçoit “que” 50. Le 15 -20 juillet, les premières grumes se teintent en rouge car la fermeture de grappe ne s’est pas faite attendre. L’avance de 3 semaines sur 2016 se confirme, nous débutons la préparation de la cuverie et du matériel de réception de la vendange. Tout début août, les vignes sont au stade mi-véraison. Cette dernière sera un peu plus étalée que ce à quoi l’on s’attendait car la deuxième décade d’août est plus fraîche et surtout moins lumineuse (temps nuageux mais chaud). Elle s’achèvera autour du 21-25 août. L’état sanitaire est très bon et nous avons le sentiment qu’il faudra plus gérer le tri de raisins hétérogènes en maturité que de raisins abîmés par du botrytis quasi absent à ce stade. Dans les derniers jours d’août, le pinot noir se gorge de sucre et le chardonnay se goûte de plus en plus équilibré. Une fois encore, les contrôles de maturité et la dégustation des baies sont indispensables. Nous avons fait le choix de les mener de nouveau sur l’intégralité du domaine, soit 117 parcelles. Le 21 août, nous débutons nos contrôles de maturité, la récolte est saine, les chardonnays semblent un peu en avance sur le pinot noir. Décidément, rien à voir avec 2016 ! »

« L’état sanitaire est vraiment superbe, la météo annoncée plus que clémente, nous avons le temps de récolter des raisins à parfaite maturité. Ce sont les 26 et 27 août pour notre pouilly-fuissé et le 1er septembre en côte de Beaune, que nous avons récolté nos premiers raisins de chardonnay. Dans le même temps, les contrôles de maturité sur les pinots sont unanimes : il faut commencer ! Les tous premiers arriveront en cuverie le 2 septembre. Tous les raisins, ont bien entendu été passés sur table de tri. Nous avons pu constater que la récolte était assez abondante, comme prévu, mais nos choix de méthodes culturales portent leurs fruits et nous avons des rendements parfaitement maîtrisés comme à notre habitude. Cette année, la dégustation des baies de pinot noir et des pellicules nous laissaient entrevoir des tannins et des couleurs qu’il va falloir aller extraire et qui vont exiger une certaine “technicité”. Cela tombe bien, nous sommes prêts à mener ce travail d’équilibriste que le pinot noir demande parfois. Les chardonnays sont denses, les pressoirs se règlent au cas par cas. C’est donc bien pour un millésime “d’équilibriste” pour des vins équilibrés que nos énergies vont se mobiliser pendant plusieurs semaines. »