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Mes magnums (24) : un vacqueyras bio

Domaine Montirius, cuvée Minéral, vacqueyras 2012

Ce qu’il fait là
Un blanc d’été, c’est pour ça. Un blanc d’un pays de rouges. Un blanc élevé à l’abri des Dentelles de Montmirail. Un blanc, quoi.

Pourquoi on l’aime
Sur moins de deux hectares, le domaine produit ce vin élevé en bouteille (ou en magnum), mais pas sous bois, qui devient très élégant avec une finale légèrement saline. Bref, le vin qui donne faim et soif.

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Decelle Villa, saint-aubin premier cru, sur-gamay 2010

Decelle Villa, saint-aubin premier cru, sur-gamay 2010

LE VIN : Du négoce haute couture pour ce cru où l’énergie et la subtilité font penser aux pulignys voisins. L’élevage est parfaitement intégré et ce vin offre une intensité rafraîchissante qui séduit.

LE DOMAINE :

Olivier Decelle (château Jean-Faure et mas Amiel) et Pierre-Jean Villa (Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph) ont constitué une winery à la bourguignonne qui trace bien son chemin. Ils ont quelques hectares du côté de Savigny et ils achètent également des raisins. Ils ont confié la direction technique à Jean Lupatelli, un vinificateur de talent qui surveille et contrôle tous les approvisionnements avec une grande perspicacité.

Le riesling, un blanc pour le monde

Ce cépage a toutes les exigences de sol, de pente, d’exposition, de températures. Pourtant, il a trouvé son expression partout dans le monde. Et il fait bien tout ce qu’on lui demande, du sec au liquoreux. étrange, le riesling

Le chardonnay a conquis la planète et on le comprend. Cépage moderne, mondain, il s’adapte à tous les climats, tous les maquillages, toutes les modes, tous les goûts et toutes les gastronomies. Il lui arrive même de donner le meilleur de terroirs exceptionnels, mais enfin quand on mange un raisin bien mûr, il n’exprime pas grand-chose en dehors de son sucre. C’est donc le ferment et l’imagination créatrice humaine qui l’exaltent. Avec le riesling, c’est différent, les petites baies ont quelque chose d’unique en matière de fruité, de fraîcheur, de subtilité dans les différences aromatiques et tactiles d’un terroir à l’autre, que je trouve vraiment incomparable. Stoltz, le grand ampélographe du XIXe siècle, natif d’Andlau et propriétaire au Kastelberg, trouvait dans le raisin des notes uniques de cannelle, d’orange amère, de poivre et de clou de girofle qui sont exactement ce que l’on goûte aujourd’hui. Les spécialistes des arômes reconnaissent là la présence de précurseurs terpéniques. La fermentation évidemment les accentue et produit des molécules de linalol, de nérol, de géraniol, de citronnellol, entre la citronnelle et la rose, que le riesling partage d’ailleurs avec le traminer et le muscat et qui, en vieillissant en milieu réducteur, sans oxygène, comme dans la bouteille, évoluent vers l’hydrocarbure et les fameuses notes dites pétrolées, particulièrement sur les terroirs riches en fossiles calcaires ou en minéraux comme le schiste. Si l’on presse trop fort les peaux où se trouvent ces précurseurs ou si l’on triture trop la vendange, on accentue cette tendance jusqu’à la caricature et à la saturation.
Comme par hasard, la génétique confirme cette nature unique de raisin : on n’a pas vraiment encore élucidé le mystère de l’origine génétique du riesling, mais on est à peu près sûr qu’il a des liens forts avec le gouais blanc, mère du chardonnay et tante du traminer et, donc, un rapport étroit avec le furmint, le savagnin, l’elbling du Luxembourg. Ce qui commence à rendre plus claire l’énigme de son implantation en Europe et nous permet d’admirer encore plus les intuitions de Stoltz. Le mot riesling n’apparait que vers 1435 dans la Rheingau, mais évidemment le cépage existait depuis longtemps. Le premier à faire planter des vignes en Rhénanie fut Louis II dit le Germain, vers 840. Stoltz est persuadé que c’était déjà le « gentil aromatique », qu’il se refuse à appeler riesling en raison de son origine qu’il jugeait française, ce que corrobore le nom d’un autre très ancien cépage de la Rheingau appelé orleaner. Si l’on songe que le sauvignon antique de Château-Châlon avant la Révolution française était sans doute déjà le savagnin ou une forme de traminer et que des descriptifs aromatiques précis d’un sauvignon de la région de Vendôme correspondaient exactement à sa vision du riesling, il y avait un pas que Stoltz sautait allègrement. En attendant que la vérité éclate, la version officielle actuelle est que le riesling est probablement un descendant de lambrusques locales de la vallée du Rhin, fécondées par le gouais, planté également avec parcimonie dans des vignobles seigneuriaux ou ecclésiastiques d’Alsace et, plus largement et beaucoup plus tard, tout au long du XIXe siècle, dans le reste de l’Alsace et de la Moselle allemande, en Europe centrale, puis au-delà des mers en Afrique du Sud, en Australie et en Californie. Partout, ce cépage très exigeant ne se plaît que sur des terrains bien drainés, aimant les fortes pentes, une floraison par temps frais et une maturation lente, acceptant les étés continentaux chauds si les nuits restent fraîches, ce qu’il trouve évidemment à la perfection à la limite nord de la culture de la vigne en Europe. Ses peaux acceptent parfaitement le botrytis s’il se développe sur un raisin mûr, ce qui permet en dehors d’un type de vin sec de produire de beaux moelleux ou liquoreux, mais en toutes petites quantités. Comme il est cultivé en climat froid et récolté fin octobre, début novembre, les levures sont à la peine et souvent les fermentations s’arrêtent avant 10 degrés d’alcool transformé, ce qui explique l’équilibre original des vins allemands, encore renforcé par l’homme qui peut aussi muter au SO2 pour ne pas dépasser 8 degrés. Le sucre restant préserve le fruit et équilibre la forte acidité. En Alsace, et même de plus en plus souvent en Allemagne ou ailleurs, en réduisant les rendements et en prenant des risques pour vendanger tard, on obtient des raisins qui peuvent atteindre 13 degrés d’alcool naturel ou plus et rivaliser avec les plus grands chardonnays comme grands vins secs de gastronomie.Malgré les 3 400 hectares plantés en Alsace et les efforts de sommeliers et de cavistes passionnés, les amateurs français ne connaissent souvent pas bien la valeur des vins les plus réussis de ce cépage, qu’ils adopteraient pourtant immédiatement comme une gloire nationale. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

Mes magnums (23) : un corbières-boutenac bio

Château de Caraguilhes,
cuvée Solus, corbières-boutenac 2013

Ce qu’il fait là
Un chablis de belle origine a sa place dans toutes les portes de frigo. Il y a très peu d’occasions qui écartent le chablis. Un beau chablis, c’est frais, tranchant, aromatique, donc indispensable.

Pourquoi on l’aime
C’est un vin du désert des Corbières, produit dans une propriété sauvage en surplomb d’une vallée de vignes et de bosquets. C’est d’une beauté de commencement du monde. Vous n’irez pas, vous devriez.

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Vendanges en Provence au château Rasque

2016 ne laissera pas le souvenir d’un millésime facile en Provence. Le déficit en eau constaté dès la fin de l’hiver n’a fait que s’aggraver pendant un printemps sec, contrairement aux vignobles situés plus au nord, et un été qui le fut tout autant. La vigne a souffert, une petite pluie fin août a débloqué la maturité et 40mm d’eau vers la mi-septembre ont permis de récolter un volume raisonnable, en léger retrait par rapport aux moyennes connues dans les côtes de Provence mais les vignerons pouvaient craindre bien pire. Le principal problème pendant les vendanges sera une hétérogénéité forte, certaines grappes pouvant héberger des raisins encore verts, des raisins bien mûrs et des raisins passerillés.
Le château Rasque est une création de toutes pièces, 30 hectares de vignes pris sur la forêt dans les années 1980. C’est la seconde génération de la famille Biancone qui le mène aujourd’hui, avec à sa tête la pétillante Sophie secondée par Enzo, le dernier d’une fratrie de cinq très unie. Petit paradis de verdure à quelques kilomètres des Arcs et de Draguignan, Rasque est une superbe propriété construite par le père, un maçon d’origine italienne. Le sens du beau se perçoit dans les chais et le bâti, une architecture classique provençale revisitée par un amoureux de la renaissance italienne avec force clefs de voute et statues néo-classiques. Un peu d’oenotourisme complète la production viticole avec quatre chambres superbement décorées et un immense espace pour des évènements accueillant jusqu’à 300 personnes.

Les vins

– Cuvée Alexandra, rosé 2015 : grenache noir et cinsault à parité dans cette cuvée très nette, bien fruitée, de bonne longueur. Une belle réussite dans l’AOP côtes de Provence. On pourra la boire jusqu’à la fin de l’année.
15/20 17,20€

– Clos Madame, rosé 2015 : assemblage de 80% de syrah complétée par du rolle (également appelé vermentino). Plus de matière encore que dans la cuvée Alexandra. Ce clos a une inspiration bandol évidente bien qu’il ne contienne pas de mourvèdre. C’est un rosé puissant, de gastronomie, délicieux maintenant, et qui pourra être bu jusqu’en 2017.
15,5/20 22€

– Blanc de blanc 2015 : le second terme blanc est ici orthographié sans s final car il est issu du seul cépage rolle. Ce qui ne l’empêche en rien de développer sa finesse, son charme sur de beaux amers et une pointe d’iode délicate en finale. Très frais, à boire dans l’année.
15/20 19€

Un espace dédié au temps

La maison Rémy Martin vient d’ouvrir à Pékin, dans le cadre du grand magasin SKP (dont les « sept étages consacrés au luxe et à l’art de vivre » sont une référence sur le continent asiatique), un écrin uniquement dédié à son cognac Louis XIII. Première pour la marque, qui se positionne ici « comme un acteur à part entière de l’industrie du luxe », cet endroit ont l’agencement a été confié à l’agence d’architecture d’intérieure RDAI décline différents espaces de rencontre avec l’histoire et l’élaboration de ce célèbre assemblage de 1 200 eaux-de-vie, dont les plus jeunes ont au moins quarante ans. 


Eric Vallat, le directeur général de la maison Rémy Martin, estime que l’ouverture de cette boutique « peut changer les règles du jeu dans l’univers des spiritueux », l’espace permettant « d’instaurer un dialogue direct » avec les clients. Qu’ils soient connaisseurs de ce cognac « icône de l’art de vivre et de l’excellence à la française », comme le définit Ludovic du Plessis, directeur exécutif international de la marque, ou amateurs d’un artisanat d’exception, l’idée est de leur permettre de « vivre une expérience » incomparable, un voyage au cœur des savoir-faire qui ont cours dans les chais cognaçais de la maison.

Hommage au temps qui passe, notamment via une œuvre interactive qui rend compte de ses effets sur le cognac (La Roue du cycle du temps, en photo ci-dessus), cette boutique met en scène de façon luxueuse le caractère exclusif de ces carafes abritant « le travail de quatre générations de maîtres de chais sur cent ans » (toutes les éditions permanentes et limitées y sont disponibles) et propose à ses visiteurs des dégustations de Louis XIII en accord avec une sélection de mets (caviar, jambon ibérique de Bellota, etc.) choisis par le chef de la maison Rémy Martin, Philippe Saint-Romas.

L'Eternity Room de la boutique Louis XIII de Pékin reçoit les dégustations privées et les invités de marque.
L’Eternity Room de la boutique Louis XIII de Pékin reçoit les dégustations privées et les invités de marque.

Jayer au sommet

Hier, lors de la quatrième vente aux enchères en ligne de l’année organisée par le cabinet genevois spécialisé dans les vins d’exception Baghera Wines et consacrée aux French Terroirs, les amateurs de grands crus du monde entier ont établi un record autour d’un lot constitué de douze bouteilles de vosne-romanée 1993 du domaine Henri Jayer, adjugé un peu plus de 56 000 euros (61 200 francs suisses). Ce résultat fait de cette rare étiquette « le vin le plus cher jamais adjugé en ligne et en Suisse. » La prochaine vente aux enchères en lignes de Baghera Wines se tiendra le 25 octobre et sera notamment dédiée aux vins de Bordeaux en grands formats, le catalogue sera disponible ici dès demain.

De vin et de bois

L’abbaye de Noirlac (18) accueille aujourd’hui la quatrième édition du concours international de vins élevés en fûts de chêne, l’International Wine & Barrel Competition d’Alliances du Monde, et la Fédération des tonneliers de France, qui représente cinquante entreprises installées dans les principales régions vinicoles françaises, est à nouveau partenaire de l’événement cette année.

Lancé en 2013 par l’association Forum œnologie, qui organise différentes confrontations de vin au niveau mondial, mais aussi des colloques scientifiques, des formations et le festival de films sur la vigne et le vin Œnovideo, ce concours vise à « rassembler et sélectionner les meilleurs vins élevés en fût de chêne avec comme principe d’évaluation l’harmonie entre le vin et le chêne. »

Accompagnatrice dès l’origine de cette compétition distinguant cette méthode d’élevage et mettant en lumière « le savoir-faire de ses adhérents, largement reconnu, en France comme à l’étranger » (en 2015, 64 % de la production a été exporté, principalement vers les Etats-Unis, l’Espagne, l’Australie et l’Italie), la Fédération des tonneliers de France se félicite de son caractère pérenne.

Cette session 2016 donnera l’occasion à l’ensemble des experts-jurés, comme à tout professionnel qui en fait la demande, d’approfondir « leur habileté à percevoir les meilleures alliances et harmonies vin-bois de chêne » via le programme mis en place par le cercle Science & Culture d’Alliances du Monde, dédié à la recherche et au partage de connaissances sur le sujet et soutenu par la tonnellerie française.

Mes magnums (22) : un chablis, un beau chablis

Château de Béru,
cuvée Côte aux prêtres, chablis 2014

Ce qu’il fait là
Un chablis de belle origine a sa place dans toutes les portes de frigo. Il y a très peu d’occasions qui écartent le chablis. Un beau chablis, c’est frais, tranchant, aromatique, donc indispensable.

Pourquoi on l’aime
Béru est un vrai château du XVIIIe et l’une de ses ailes fait office de cuvier, de chai. Cette production dynastique n’a jamais changé de main et c’est Athénaïs de Béru, énième représentante d’une famille en place depuis quatre siècles, qui est l’œnologue en charge des vins.

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Têtes de cuvée #04

Parmi tous les vignerons que nous avons rencontrés depuis dix ans,
un grand nombre travaillent en bio ou en biodynamie.
Pour EN MAGNUM, voici une sélection de onze géants verts,
il y en a beaucoup d’autres

Helen Durand

Lui, c’est l’un des meilleurs vignerons de Rasteau. À ce titre, il a la confiance de ses pairs et, c’est moins fréquent, celle de l’élite de la sommellerie française. S’il travaille très bien les appellations rasteau et côtes-du-rhône villages Cairanne, avec des vins puissants et charpentés, il est aussi très apprécié pour la grande qualité de son rasteau VDN (vin doux naturel). La raison de son succès ? C’est un excellent vinificateur qui a tout appris sur le tas (et qui s’est perfectionné chez Beaucastel). Il a commencé à mettre les vins de sa famille (Domaine du Trapadis) en bouteilles dès l’âge de 16 ans.

Philippe Fabrol

Nous avons bien failli faire souche dans ce domaine béni des dieux, nous ne voulions plus en partir. Nous étions aussi bien que les raisins issus de ces vignes menées en agriculture biologique depuis des générations parce qu’il y a des campagnes où l’on n’avait pas les moyens du phytosanitaire. C’est leur chance. Là, au pied de du village fortifié de La Garde-Adhémar, ce garçon fin et sympathique issu d’une famille émigrée du Piémont pas si lointain mène son domaine intelligemment. Moderne, il affirme que seule la qualité du raisin compte. À le regarder faire, ce vigneron donne envie d’être vigneron.

Éloi Dürrbach

Le grand homme de Trévallon a entièrement planté son domaine en 1973 au milieu des garrigues et des chênes verts des Alpilles sur des terres vierges de tout produit phytosanitaire. C’est l’une des caractéristiques de ses excellents vins rouges et de ses rares vins blancs. Si aujourd’hui, 100 % de ses soucis sont dus aux sangliers, il fut un temps déjà lointain où il s’agaçait des injonctions contradictoires de l’Inao jusqu’à décider de n’en tenir aucun compte, privilégiant la qualité de son vin aux diktats administratifs. La suite a donné raison au rebelle qui a vu ses vins célébrés partout, en Amérique comme en Europe.

Bérénice Lurton

Ce patronyme impose quelques devoirs. Si elle a reçu Château Climens en reprenant les parts de sa sœur, elle a tôt fait de le hisser au panthéon des grands barsacs à côté des liquoreux de Château Coutet, l’autre premier cru classé de l’appellation. Cette fille énergique et sympathique a décidé un beau matin de convertir son domaine à la biodynamie. Ce qui fut fait séance quasiment tenante, à la hussarde, il y a peu d’années. Et bing, le grand vin d’or a encore gagné en précision. Et comment comprendre l’extraordinaire, voire transcendante, finesse de ses parfums ? Bettane parle de « mystère ». Tout ce qu’il faut pour porter la légende de Climens encore un peu plus loin, si c’est possible.

Jérôme Bressy

Lui, avec sa belle tête d’acteur américain, c’est un rebelle de première catégorie. Encore un qui n’a pas bien supporté les atermoiements de l’Inao sur les cépages de l’appellation rasteau. Comme Dürrbach à Trévallon, Jérôme Bressy a donc sorti son domaine Gourt de Mautens de l’AOC. C’est surtout dommage pour cette dernière que de voir l’un des tout meilleurs claquer la porte. Bressy est un perfectionniste, sans cesse à la recherche du style qui rende le plus parfait hommage à ses terroirs et à ses cépages inhabituels. Et il le trouve. Ses deux cuvées, un rouge et un blanc, sont saluées partout comme des ovnis de haut niveau.

François Chidaine

Nous l’avons rencontré un matin de vendanges sur son coteau de Montlouis, sous un ciel bleu dur. Il faisait un froid polaire. Chez les garçons et les filles qui assuraient la vendange, on percevait nettement une espèce de passion qui vibrait entre les rangs de vigne, les regards concentrés, les gestes précis, l’attention portée. Certains prennent des vacances pour ça, ils trouvent qu’ils ont de la chance, qu’ils en sont, une petite troupe de rebelles avec une cause, ils travaillent avec François Chidaine. Ce garçon bienveillant et souriant emporte l’adhésion, force la sympathie. Il exploite trente-cinq hectares en montlouis et dix en vouvray, sur la rive d’en face. Tout ça en biodynamie depuis dix ans. En tout, il sort dix-huit cuvées, mais pas toutes tous les ans, ça dépend des millésimes.

Anne-Claude Leflaive

D’une influence majeure en Bourgogne, celle qui menait en biodynamie son domaine de Puligny-Montrachet était un modèle et une direction pour tous les vignerons un peu conscients de leur métier. Nous l’avions rencontrée chez elle et y avions goûté ses vins les plus fins, les plus rares, entre deux éclats de rire contenus. Elle était de bonne humeur, mais réservée. Elle a quitté le monde des vivants au début de la saison 2015, elle n’aura pas vu le beau millésime, mais elle a laissé un domaine capable d’en produire beaucoup d’autres.

Jean-Sébastien Fleury

Le champagne Fleury est un emblème (puisqu’il est un pionnier) de la viticulture propre en Champagne. Le domaine est dans la famille depuis 1895 et, bien sûr, a accueilli avec joie – la terre est basse – l’arrivée du Progrès. Mais pas très longtemps. Dès 1989, Jean-Pierre, le père de notre héros d’un jour, convertit le vignoble à la biodynamie. Vingt ans après, Jean-Sébastien rejoint son père. À charge pour lui de projeter la maison dans l’avenir, ce qu’il accomplit sans attendre. Il profite du millésime 2009 pour créer une cuvée sans soufre, Sonate n° 9. Un air connu ? Oui, mais pas tellement en Champagne.

Damien Brisset

Ce garçon tonique et, sans doute, pas très commode est œnologue, directeur technique et vice-président de la belle maison Ferraton à Tain-L’Hermitage (le président, c’est Michel Chapoutier). Là, il embouteille des crozes, des hermitages, des côtes-du-rhône et d’autres encore pour une trentaine de références et un total de 400 000 bouteilles, belle perf’ pour une petite maison. Il mène le domaine en biodynamie et ose le parallèle qui fait tout comprendre : « La biodynamie, c’est des impulsions. Comme un cavalier du Cadre noir et sa monture. » C’est joli, mais pas seulement. Son dada à lui, c’est « la caractérisation scientifique de la notion de terroir. » Et là, c’est du lourd.

Christophe Bousquet

Là-haut au milieu des garrigues, au sommet du massif de La Clape, nous étions au domaine de Pech-Redon. En fait, à moins de dix minutes de Narbonne, on est au bout du monde, pas moins. Christophe Bousquet mène en bio et avec beaucoup de rigueur un domaine de vieilles vignes. Excellent vinificateur et courroie d’entraînement pour (presque) tous ses collègues du massif, il est l’un de ceux qui croient en leur appellation et sa capacité à sortir de très beaux vins. Ce que nous vérifions année
après année.

Xavier Planty

Très vite, nous avons compris que ce type n’est pas comme les autres. Dans ce château Guiraud auquel il a voué son existence depuis longtemps déjà, il a planté des kilomètres de haies, inventé des hôtels à insectes, converti les 100 hectares en agriculture biologique (certifiés fin 2010) et encore, avant ça, il avait banni les insecticides de la liste des courses. Bref, tout ce qu’il faut pour compliquer gravement la production d’un sauternes de haut vol. Pourtant, millésime après millésime, il confirme la très belle tenue de son vin d’or. Tout en se désolant du peu de goût de ses contemporains pour ses jus fabuleux. Avec ses nouveaux associés (familles Peugeot, Bernard et von Neipperg), il a donné une nouvelle impulsion à Guiraud. Soutenons-le, il le mérite plus que d’autres.