Comme chaque année, il faut se demander qui va en vouloir.
Les Américains semblent tenir la corde sur le 2015. Grand marché d’amateurs curieux, les USA se positionnent déjà via quelques gros marchands de la côte Ouest (ils donnent le ton) et de la côte Est (ils font les volumes).
Londres, comme toujours, explique qu’il va falloir être très light sur les augmentations. Comme la livre ne se tient pas très bien face à l’euro, si le vote du 23 juin sur le Brexit ne se passe pas comme il faudrait, le plongeon risque d’être sévère.
On nous serine en boucle que la Chine serait atone, ce que nous ne croyons pas. Le repli des grands premiers crus dans les ventes aux enchères n’a aucun impact sur les ventes en primeur…
Les prix du 2015 en primeur, ça va se passer comment ?
Joël Robuchon à la Grande Maison, c'est terminé
Voici le communiqué de presse qui vient de tomber :
« Joël Robuchon et Bernard Magrez vont cesser leur collaboration à « La Grande Maison » de Bordeaux.
Le chef le plus étoilé du monde avait débuté cette aventure fin 2014 après
le rachat de l’hôtel particulier bordelais par Bernard Magrez. Un projet ambitieux d’hôtel-restaurant « haute couture » pour lequel Joël Robuchon avait pensé une cuisine française d’exception, récompensée par deux macarons au Guide Michelin seulement un an après son ouverture.
Néanmoins, dans un contexte économique difficile avec un ralentissement
du tourisme lié aux attentats de 2015, « La Grande Maison » a décidé de changer de cap et d’adapter sa formule.
Joël Robuchon reste l’ambassadeur des vins Bernard Magrez à travers le monde…
Lire la suite ici sur le blog bonvivant
En passant par la Moselle
Appellation d’origine contrôlée depuis 2010, le moselle peut être blanc, rouge ou rosé. Elaboré à partir de trois cépages majoritaires, l’auxerrois, cépage blanc originaire de la région, le pinot gris et le pinot noir, ce vin est assez souvent bio, plus de la moitié des vignes de cette AOC étant menée selon le cahier des charges de l’agriculture biologique. Après Vaux en 2014 et Contz-les-Bains en 2015, deux éditions qui ont réuni plus de 4 000 visiteurs sur une journée, c’est au tour de Marange-Silvange d’accueillir ce dimanche la fête des vins de Moselle.
A quinze minutes de Metz, dans un village devenu entièrement piéton pour l’occasion, ce troisième rendez-vous propose aux amateurs de venir découvrir le millésime 2015 en compagnie des vignerons de l’AOC et en même temps que d’autres produits locaux labellisés « Mangeons mosellan » présentés par des agriculteurs venus de toute le département. Plus de soixante vins blancs, rouges et rosés seront proposés à la dégustation et un stand sera réservé aux vins des voisins, Allemagne et Luxembourg, dans une « démarche de coopération transfrontalière entre les acteurs du vin de la Moselle internationale. »
Plus de détails sur cette 3e Fête des vins de Moselle en cliquant là.
Encore vainqueurs
Déjà vainqueurs du Sciences Po International Tasting (SPIT), nous vous l’avions annoncé ici, les étudiants de l’EM Lyon ont remporté la finale du Concours de dégustation inter-grandes écoles organisé depuis 2003 par la maison champenoise Pol Roger. L’édition 2016 de cette compétition qui départage les participants sur leurs capacités à identifier six vins blancs et six vins rouges à l’aveugle (identification des cépages, du pays d’origine, de la région, de l’appellation et du millésime) et leur aptitude à comprendre et analyser les vins qu’ils dégustent et exprimer et décrire les émotions qu’ils ressentent a débuté en janvier à Paris, avant de se poursuivre à Lyon, Lille et Bordeaux.
Avant que les dégustateurs de l’EM Lyon ne remportent la victoire, cinq écoles se sont affrontées à Epernay lors d’une ultime épreuve « très disputée » (Ecole normale supérieure, EDHEC Lille, ESSEC, Kedge Bordeaux et EM Lyon). Cédric Jardin, Henri Frangin et Robin Lenfant (photo) se sont imposés « d’une courte tête » devant Normale Sup’, vainqueur de l’édition 2015. L’EDHEC Lille s’est classée troisième. Les vainqueurs ont reçu une bouteille de Brut Vintage 2006 et les autres finalistes une bouteille de Brut Réserve. En plus de cette finale par équipe, une épreuve individuelle a également opposé les étudiants. Elle a été gagnée par Robin Lenfant, récompensé par une bouteille de Sir Winston Churchill 2004.
Réplique française d’un événement que la maison champenoise sponsorise depuis 1992 en Grande-Bretagne, le Varsity Blind Wine Tasting Match opposant depuis 1953 les universités anglaises d’Oxford et Cambridge, rejointes en 2015 par l’université d’Edimbourg, le concours de dégustation Pol Roger réunira comme chaque année les finalistes français et britanniques pour The Pol Roger International University Tasting Competition. En 2015, l’Ecole normale supérieure avait gagné face à Oxford. Le SPIT ayant vu la victoire de l’EM Lyon face à Cambridge et Oxford, nous sommes confiants pour la suite.
Une école pour mon nez
Jusqu’alors outil pédagogique et ludique sous forme de livre-objet traduit en onze langues et vendu dans plus de soixante-dix pays, le coffret d’arômes du vin créé par Jean Lenoir (qui propose aussi aux curieux de se familiariser avec les arômes du whisky, du café ou encore avec les défauts du vin) se décline désormais en un enseignement dispensé aux amateurs comme aux professionnels. Aboutissement d’une démarche de transmission entreprise il y a plus de trente ans par le “défricheur de la culture de l’odorat”, la formation proposée par Jean Lenoir (en photo ci-dessus) a été conçue avec un autre passionné de vin, Gabriel Lepousez, agrégé de biologie, docteur en neurosciences, aujourd’hui chercheur dans l’unité « Perception et Mémoire » de l’Institut Pasteur.
Notre formation s’inscrit dans le bouillonnement actuel du monde de l’œnologie, qui comprend que le plaisir de la dégustation du vin n’est pas uniquement le fruit de ses qualités intrinsèques, mais davantage la résultante d’une construction cérébrale associée à des perceptions multi-sensorielles. Comme le formule le Dr. Gordon M. Shepherd, professeur de neuroscience et de neurogastronomie de l’université de Yale à propos des arômes : « le goût est dans la tête ».”
Sur la base des différents “Nez” parus aux Editions Jean Lenoir , qui constituent « un solfège pour faire ses gammes et améliorer ses capacités d’identification et de mémorisation », l’Ecole du Nez propose à ses élèves un enseignement théorique et pratique « où les exposés scientifiques sont ponctués de nombreux exercices sensoriels. » Via cette approche pluridisciplinaire, il est ici question de réhabiliter l’odorat, « sens primordial pour la dégustation », encore mal connu et très peu entraîné. Au long d’un parcours en trois étapes, les amateurs comprendront ainsi « comment leur cerveau déguste » et apprendront à « décomposer et verbaliser » leurs sensations olfactives.
Aux professionnels du vin, en exercice ou encore étudiants, l’Ecole du Nez propose un apprentissage « s’appuyant sur une synthèse approfondie des dernières avancées scientifiques en neuroscience olfactive et gustative. » L’objectif de cette journée de formation de huit heures est l’acquisition ou la mise à niveau des connaissances « à la fois en biochimie des molécules olfactives et en neurobiologie de l’analyse sensorielle, deux disciplines complémentaires pour comprendre l’univers des arômes du vin. » Pour le moment, l’Ecole du Nez dispense son enseignement uniquement à Paris, renseignements sur les dates et les tarifs ici. À terme les cours seront proposés dans d’autres lieux, l’Ecole cherchant à nouer des partenariats avec des centres de formations dans toute la France.

L’association tient salon
Les seize maisons réunies au sein de l’association “Les Mains du terroir de Champagne” accueilleront cavistes, sommeliers, importateurs, journalistes et blogueurs* ce dimanche à l’hôtel de ville de Reims dans le cadre du Printemps des champagnes (événement également réservé aux professionnels du vin). Chacun des domaines sera représenté à l’identique par trois champagnes et deux vins clairs. Cette association représentant « un patchwork des terroirs champenois », selon les dires de sa présidente, Charlotte De Sousa, cette cinquième édition du salon devrait à nouveau faire la part belle à la richesse de la terre de Champagne.
Nous ne souhaitions pas nous restreindre uniquement, par exemple, à des chardonnays ou des champagnes bio, mais au contraire, représenter la diversité du champagne et de ses régions. Chaque vigneron représente son terroir dans l’AOC champagne : la côte des Blancs, la vallée de L’Ardre, la vallée de la Marne, la Montagne de Reims, la côte des Bar, le Sézannais… ”
Charlotte de Sousa (Champagne de Sousa),
présidente de l’association Les Mains du terroir de Champagne
Le vice-président de l’association, Richard Desvignes (Champagne Lacourte-Godbillon), souligne que le succès grandissant de la manifestation “Le Printemps des champagnes” « permet de recevoir chaque année de nouveaux dégustateurs, parmi lesquels 60 % sont étrangers. » Eloigné de toute considération commerciale, le salon organisé par Les Mains du terroir propose un moment de dégustation marqué par la convivialité et la découverte. « Cela nous permet d’échanger sur notre travail de vigneron, d’expliquer les caractéristiques de notre terroir, de partager notre professionnalisme ainsi que notre joie et notre plaisir de travailler avec un grand vin ! »
C’est notre diversité qui fait notre force. Nous ne sommes pas des concurrents. Et dans cette dynamique d’entraide collective, tout le monde en sort grandi. ”
Maxime Blin (Champagne Maxime Blin),
vigneron et trésorier de l’association Les Mains du terroir de Champagne

* Dégustation réservée aux professionnels, sur invitation nominative. Inscription ici.
Le grand dîner
Mercredi dernier à Bordeaux, la Commanderie du Bontemps – Médoc et Graves, Sauternes et Barsac a organisé la seizième édition de la plus “jeune” de ses manifestations, le Ban du millésime, dont la notoriété est désormais équivalente à celles de la Fête de la Fleur créée dans les années 50 et de la Saint-Vincent célébrée chaque année en janvier.
Cet événement créé en 2000 par des négociants membres de la Commanderie en collaboration avec l’Union des grands crus de Bordeaux rassemble chaque année à l’occasion de la semaine des primeurs les plus grandes maisons de négoce bordelaises qui convient ce soir-là « leurs clients, leurs amis et les propriétaires pour présenter le nouveau millésime issu des crus de la rive gauche. »
Ce dîner d’envergure donné au Palais de la Bourse de Bordeaux a réuni 600 convives. Outre le négoce bordelais, de grands amateurs, des journalistes de la presse internationale et nationale et des acheteurs du monde entier étaient présents ce soir-là pour faire honneur au millésime 2015.
Lyon bat les Anglais
La huitième édition du Sciences Po International Tasting (SPIT) a réuni début avril dans les locaux de la maison Bollinger, à Aÿ, des étudiants de grandes écoles venus de trois continents* à l’initiative de l’association œnophile de Sciences Po (In Vino Veritas). Ce concours mettant à l’honneur « la viticulture française et mondiale » et « une culture du vin accessible et responsable » a vu s’affronter douze équipes autour de trois séries de questions théoriques et de dégustations à l’aveugle.
Trois champagnes de la maison Bollinger (R.D. 1996, R.D. 2002 et Spectre 2009) ont ouvert la compétition. Sur le thème « le long du Rhin », une série de trois vins blancs (riesling Nonneberg 2008, Weingut Georg Breuer ; gewurztraminer grand cru Furstentum 2013, Domaine Weinback ; grand cru Altenberg de Bergheim 2009, Domaine Marcel Deiss) a suivi avant l’arrivée des rouges, avec pour thème le pinot noir (coteaux-champenois La Côte aux Enfants 2009, Bollinger ; beaune Boucherotte 2009, Louis Jadot ; Pinot Noir 2013, Hamilton Russel Vineyards, Afrique du Sud).
Le jury présidé par Andreas Larsson, meilleur sommelier du monde en 2007, et dont les membres étaient Jérôme Philipon, président de Champagne Bollinger, Gilles Descôtes, chef de cave de Bollinger, Joëlle Weiss-Boisson, journaliste pour Terre de vins, Angélique de Lencquesaing, confondatrice d’Idealwine (qui raconte ici son expérience de juré) et Franck Ramage, chef du département Vins de l’école Le Cordon Bleu, a départagé les trois équipes finalistes (Oxford, Cambridge et EM Lyon) sur leurs commentaires de dégustation de la cuvée Vieilles Vignes Françaises 1985 de Bollinger et du liquoreux château-climens 1975.
Si « l’excellent niveau de tous les dégustateurs » a été souligné, c’est l’équipe de l’école lyonnaise qui a remporté le titre. De nombreux lots, offerts par les partenaires du projet, sont venus récompenser tous les participants. Cette année, en plus du « soutien sans faille apporté par la maison Bollinger depuis huit ans », le SPIT a pu compter sur la participation de Vin et Société, d’Idealwine, de l’école Le Cordon Bleu, de Bettane et Desseauve, d’Eurocave, de CA Grands Crus, de Duval et Blanchet, de l’Atelier du Vin, de Ligne W, d’Orcel et Romieu, de la cristallerie Saint-Louis et du caviste parisien Legrand Filles et Fils, où s’est tenu le cocktail de clôture de cette édition 2016.
* Le SPIT a poursuivi cette année son ambition d’ouverture à l’international en conviant, en plus des six équipes issues d’écoles françaises (EM Lyon Business School, Ecole normale supérieure, École supérieure des sciences économiques et commerciales, École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie, École des hautes études commerciales de Paris et Polytechnique), six équipes étrangères venues de Cambridge, Oxford, St. Andrews, de la Copenhagen Business School, de Cornell University (Etats-Unis) et de la Chinese University of Hong Kong.
La disparition brutale d’Étienne Hugel
La triste nouvelle est tombée ce week-end, Étienne Hugel s’est brutalement éteint à l’âge de 57 ans. L’émotion est d’autant plus grande que notre dernière rencontre remontait à moins d’un mois. Comme à l’accoutumée, Étienne débordait d’énergie dans sa manière de mettre au premier plan les vins de la maison. Ambassadeur infatigable pour Hugel, il sillonnait tous les continents pour communiquer le goût du riesling à tous les marchés du vin d’Alsace. Lorsque nous nous étions croisés, il revenait de son périple annuel en Asie où, chaque année, il passait plusieurs mois. On suivait ses pérégrinations et ses multiples aventures culinaires sur sa page Facebook où il était particulièrement actif. Par sa présence sur les réseaux sociaux, il faisait souffler un vent nouveau sur cette maison pluri-centenaire, où les générations se succèdent. Étienne appartenait à la douzième génération, aux côtés de son frère Marc et de leur cousin Jean-Philippe, la treizième génération venait d’intégrer les équipes. Son charisme dépassait le cadre de la famille, il était l’un des moteurs de l’association Primum Familiae Vini, club prestigieux regroupant les plus anciennes familles du vin dans le monde. Signe des temps, Hugel venait de faire un pas vers la mise en avant des grands crus sur ses étiquettes, en rebaptisant « grossi-laüe » ses fameuses cuvées « jubilée », en attendant, un jour peut-être, de revendiquer pleinement les origines Schoenenbourg et Sporen. Un changement pour suivre au mieux les évolutions de l’Alsace et les demandes des consommateurs, auquel Étienne n’était pas étranger.
À tous les membres de la famille Hugel, et plus particulièrement à ses enfants Charlotte et Jean-Frédéric ainsi qu’à son épouse, Kaoru, nous voulons témoigner de notre profonde tristesse et leur présentons nos condoléances les plus sincères.
Palmer à quatre mains
Pour la septième fois, Château Palmer a invité des artistes de jazz à “révéler” son dernier millésime. Fin mars, après s’être plongé dans l’univers de la propriété « pour tenter d’en saisir les nuances et nourrir leur imagination », deux jeunes pianistes ont livré leur interprétation du 2015 lors d’un concert donné dans le chai. Déjà présents lors des vendanges, Dan Tepfer (ci-dessus, en haut à gauche) et Thomas Enhco (ci-dessus, en bas) ont improvisé à deux pianos ce concert retransmis par France Musique le soir même. On peut l’écouter, le réécouter et le télécharger sur le site qui répertorie toutes ces créations depuis le millésime 2009*, cliquer là.
* Jacky Terrasson a ouvert le ban. Il a été suivi par Michel Portal et Yaron Herman (millésime 2010), Giovanni Mirabassi, Glenn Ferris et Flavio Boltro (millésime 2011), Lionel Belmondo, Sylvain Romano et Jean-Pierre Arnaud (millésime 2012), Daniel Humair Quartet (millésime 2013) et Christophe Dal Sasso Big Band (millésime 2014).
