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Royal Taittinger

Champagne officiel de la cérémonie des British Academy of Film and Television Arts Awards (BAFTA) depuis 13 ans, la maison Taittinger soutient désormais la Royal Academy of Dramatic Arts (RADA). Lynne Murray, directrice marketing chez Hatch Mansfield, qui distribue les champagnes Taittinger de façon exclusive au Royaume-Uni, a salué ce nouveau partenariat avec une institution qui favorise l’émergence de nouveaux talents.

Le directeur de la Royal Academy of Dramatic Arts, Edward Kemp, a quant à lui souligné l’importance de ce soutien de la part de la maison rémoise. En effet, les champagnes Taittinger seront servis lors des événements « d’une importance vitale » organisés par l’académie afin de recueillir les fonds nécessaires à son fonctionnement (en lire plus ici en anglais).

Mes huit premiers rosés de l’été (d’autres viendront)

L’été, le rosé. Ceci posé, qu’est-ce qu’on boit ? Des rosés mûrs. Comprendre des vins ayant passé au minimum un an à fond de cave. Pour la grande majorité d’entre eux, c’est mieux. Ou plus, quand les vins le permettent (les bandols, surout). Un contre-exemple, un seul…lire la suite sur le blog bonvivant


Cazes : Une distribution en question

La seconde remarque tient à la structure du marché. Les Anglais de Porto et les Portugais ont bâti des maisons de négoce qui commercialisèrent leurs marques en tant que vins, aux côtés des clarets ou des sherrys. Les grandes marques du Roussillon s’engagèrent sur la voie des apéritifs, dans l’univers des spiritueux. Le porto était dans les caves, les Byrrh, Dauré et autres Noilly-Prat (pas vraiment roussillonnais, puisque basé à Marseillan dans l’Hérault) au bar. Dans le monde du bar, une mode en chasse une autre. Ces marques, quand elles existent encore, appartiennent à des groupes internationaux qui les gèrent sans état d’âme. On ne fait pas de grand vin sans grand commerce.
Et les VDN se sont retrouvés, dès les années soixante-dix, sans locomotives pour apporter leurs trésors dans les caves du monde entier. Vignerons talentueux, les frères Cazes ont trimé toute leur vie pour porter la bonne parole. Mais bien seuls, comme le faisait le Docteur Parcé, les coops du Cellier des Templiers ou de l’Etoile à Banyuls, ou le Mas Amiel à Maury. Aujourd’hui, les Cazes ont intégré un groupe ambitieux AdVini, et c’est certainement la meilleure chose qui pouvait leur arriver : recréer en Roussillon des maisons puissantes et conquérantes, bien décidées à replacer le rivesaltes là où il devrait être. Dans la cave et dans le verre de tout honnête œnophile.


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Saga Cazes


Andes, main d’œuvre abondante et agriculture biologique

Michel Bettane au Chili, notre saga de l’été


L’été a commencé chaud, nos vins auront peut-être cette année
un profil d’hémisphère sud. Autant commencer à s’y habituer en révisant nos connaissances
sur les vins chiliens, modèles du continent sud-américain.

CARNET DE ROUTE >À consulter ici…

 

Viticulture

La main d’œuvre abondante et pas encore trop couteuse permet de travailler les sols et surtout de veiller à une irrigation raisonnée, car l’eau naturellement manque. En revanche le savoir-faire de cette main d’œuvre est perfectible notamment en matière de taille et de palissage. Les vendanges se font encore souvent à la main en petites cagettes avec un tri manuel bien plus exigeant que chez nous, en raison d’une longue tradition de production de raisins de table qui exigent une calibration manuelle exemplaire ! On assiste à un développement rapide de l’agriculture biologique et biodynamique, ce qui est réjouissant pour l’environnement, dans l’ensemble déjà assez bien préservé ! Les principales maladies sont l’oïdium, les maladies du bois, les dégénérescences virales et les piqûres d’un mystérieux insecte noir sur les racines. En revanche le phylloxera n’a jamais aimé les sols sableux et les teneurs en cuivre et en minéraux du sol, ce qui a préservé un peu partout des plants non greffés, dont certains devraient être protégés par l’état Chilien ou la communauté internationale, car ils sont les exemplaires les plus génétiquement purs au monde de grands cépages comme le cabernet sauvignon ou le cabernet franc. Beaucoup de nouvelles plantations en revanche se font en plants greffés avec tous les problèmes d’adaptation au sol et au cépage qu’on peut imaginer mais qui rendront les viticulteurs plus expérimentés ! Le pays manque cruellement de pépinières de haut niveau professionnel car la pratique de planter directement fait qu’on a tendance à se servir sur place, sans chercher à améliorer le matériel végétal.

Sols

La matrice des sols est bien entendu celle des Andes, un granit plus ou moins complexifié par l’activité volcanique et donc le métamorphisme des roches. L’érosion délite le granit en sables, mais fait aussi descendre les cailloux de la montagne. La présence ancienne dans la vallée de glaciers a également laissé après leur fonte en de multiples endroits de gros cailloux roulés et des dépôts morainiques, tandis que certains fleuves, comme le Maipo, constituaient des terrasses un peu comme dans la vallée du Lot à Cahors, les meilleures étant les plus hautes. Les formations marno-calcaires sont rarissimes. Les meilleures propriétés commencent seulement dans le détail à comprendre les multiples mini différences qui distinguent, comme dans tous les grands vignobles du monde, des parcelles en apparence très ressemblantes, en particulier le taux d’argile et les différents niveaux d’oxydation de sols riches en fer ou en aluminium.

crédits photo d’ouverture : Paulina Sanchez

Chili : géographie, économie et climat

Michel Bettane au Chili, notre saga de l’été


L’été a commencé chaud, nos vins auront peut-être cette année
un profil d’hémisphère sud. Autant commencer à s’y habituer en révisant nos connaissances
sur les vins chiliens, modèles du continent sud-américain.

CARNET DE ROUTE >À consulter ici…

 

Géographie et économie

14 sous régions principales formant une longue bande de plus de 1300 kilomètres au centre du pays, au nord, au sud et à l’ouest de Santiago, rarement plus large que 120 Kilomètres, entre une rangée de montagnes longeant la côte pacifique et la cordillère des Andes, qui sépare le Chili de l’Argentine. La surface du vignoble atteignait en 2013 200 000 ha, ce qui donne au Chili le sixième ou le septième rang, selon les années avec 4% de la production mondiale, soit plus de 13 millions d’hectolitres. Les devises rapportées par le commerce se montent à 1,5% du produit national brut du pays, avec comme principaux pays acheteurs, les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Japon, la Chine (Chine et Japon réunis dépassant la part des deux premiers) et le Brésil.

Climat

La conjonction du courant froid de Humbolt et de la barrière de la cordillère crée un climat de type méditerranéen, plus ou moins exacerbé, avec très peu de précipitations pendant le cycle végétatif ce qui conduit dans l’immense majorité des cas à rendre l’irrigation des sols obligatoire au moins deux ou trois fois par an. L’alternance entre des journées très ensoleillées et des nuits très fraîches contribue à donner au raisin un fruit plus exacerbé qu’en Europe, et des tannins parfois plus secs et tendus aux vins rouges, avec une richesse en alcool élevée, très souvent largement supérieure à 14°.

 

chili

 

 

crédits photo d’ouverture : Paulina Sanchez

Le patrimoine souterrain de la Champagne (1)

Avec l’inscription par l’Unesco des « Coteaux, maisons et caves de Champagne » sur la liste du patrimoine mondial (qui sera fêtée ce soir à Reims, nous vous en avons parlé ici), la valeur exceptionnelle de différents hauts lieux de l’histoire du champagne est reconnue, parmi lesquels les impressionnantes crayères situées sous la colline Saint-Niçaise.

Les bas-reliefs souterrains de la maison Veuve Clicquot, fondée en 1772, figurent désormais au rang des biens de l’humanité. Labyrinthe situé à 20 mètres sous terre, ces anciennes carrières idéales à la maturation du champagne du fait de leur température et hygrométrie constantes ont été acquises par la maison en 1909. Afin d’étendre les capacités de stockage des bouteilles, des caveaux ont été adjoints aux crayères médiévales, reliées entre elles par des galeries, qui témoignent « des différentes activités humaines qui les ont façonnées au fil des siècles. »

Les carriers, les réfugiés de la Grande Guerre, les cavistes, ont laissé des marques de leur passage ici et la maison honore par des plaques à leurs noms la fidélité de ses collaborateurs. Aujourd’hui, cet immense réseau souterrain de 24 kilomètres est « le plus vaste et le plus dense de toutes les maisons de champagne rémoises. » Saluant l’ensemble des acteurs ayant contribué au succès du dossier champenois auprès de l’Unesco, le président de Veuve Clicquot, Jean-Marc Gallot, dit mesurer la responsabilité de la Maison « dans la conservation et la valorisation de ses crayères désormais inscrites au Patrimoine mondial. »

Les crayères de la maison Veuve Clicquot se visitent sur rendez-vous (Tél. : 03 26 89 53 90).

Le patrimoine souterrain de la Champagne (2)

« Tout terroir repose avant tout sur son sous-sol. Celui de la Champagne est constitué de craie formée au temps du Crétacé (du latin Créta, craie), il y a 60 à 80 millions d’années, par une accumulation de coquilles et micro-organismes marins. Lorsque la mer s’est retirée, la boue calcaire s’est solidifiée donnant naissance à la craie, qui par sa capacité à emmagasiner une grande quantité d’eau, garantit à la vigne qui s’y enracine une irrigation idéale quelles que soient les saisons. Descendre dans ces sous-sols, c’est donc remonter à la source du champagne. »

Premier à comprendre l’intérêt des anciennes carrières situées à l’entrée de Reims, Claude Ruinart, fils du fondateur de la maison du même nom, y installe ses caves dès le XVIIIe siècle. « Stabilité thermique, absence de vibrations et taux d’humidité parfait, ces kilomètres de galeries abandonnées lui paraissent un lieu idéal pour entreposer, faire vieillir et conserver le vin », il acquiert donc un site déployant huit kilomètres de galeries sur trois niveaux, « cathédrale des profondeurs » à laquelle on accède par l’escalier ci-dessus depuis le siège historique de la maison.

Après les étapes essentielles qui se déroulent “sur terre”, à la vigne et au chai, c’est sous terre qu’ont lieu depuis lors les étapes clefs de l’élaboration des champagnes de la Maison Ruinart.

Dégorgement au premier palier, situé à 8 mètres de profondeur, remuage un peu plus bas, vieillissement, enfin, sous une gigantesque nef. Ici, dès l’Antiquité, les hommes ont extrait des blocs de craie. Pour en faire de la chaux et du blanc de Champagne. Puis pour édifier Reims. Ici aussi, on s’est réfugié dans les périodes troubles et l’on a stocké du blé, de la glace et du vin d’abbaye. André Ruinart y avait ses bureaux pendant les bombardements de la première guerre mondiale. Et les années 50 et 60 virent défiler les vedettes de l’époque lors de soirées mondaines.

Désormais inscrit au patrimoine de l’Unesco, « ce monde de blancheur et de silence » qui abrite « des siècles de mystères et de présences secrètes » a été classé dès 1931 « au titre des sites et monuments naturels à caractère artistique, historique, scientifique ou pittoresque ». En installant ses caves dans les crayères de Reims, « Claude Ruinart a (…) révélé une cohérence évidente entre la surface où pousse la vigne et le sous-sol où mature le champagne. C’est de cette forte interaction entre sol et sous-sol dans la culture champenoise, qu’est né le terme de “paysage vertical”. »

©Ruinart
Pour visiter les crayères de la maison Ruinart, il faut commencer par s’annoncer ici.

Du vin à la mer

A l’heure où les écoliers se préparaient à partir en vacances, CA Grands Crus, filiale en charge des propriétés viticoles du Crédit Agricole, a envoyé un certain nombre de ses cuvées à la mer, au large de l’île d’Ouessant. Confiée à Amphoris, une société créée en 2014 par deux ingénieurs amateurs de vin et de champagne et spécialisés dans les opérations offshore et les travaux sous-marins, cette immersion a pour objet de faire vieillir les vins listés ci-dessous dans les conditions idéales offertes par l’Atlantique.

L’utilisation de la mer comme cave devrait aussi permettre « d’accélérer la maturation du vin. » Cachetées à la cire, les bouteilles ont été stockées par 90 mètres de fond, « là où il n’y a jamais de jour et où la température est égale toute l’année », dans des casiers spécialement conçus pour résister aux tempêtes. Selon les échantillons concernés, elles y resteront 9 à 24 mois à l’issue desquels une dégustation comparative avec les vins restés dans les chais des châteaux sera organisée.

Château Grand-Puy Ducasse 2011 (5e grand cru classé en 1855, Pauillac)
Château Meyney  2011 (Saint-Estèphe)
Château de Rayne Vigneau 2011(1er grand cru classé, Sauternes)
Château La Tour de Mons  2011 (Margaux)
Château Blaignan 2011 (Médoc)
Château de Santenay, mercurey 2013 blanc
Château de Santenay, saint-aubin « En Vesvau » 2013 blanc
Château de Santenay, mercurey 1er cru « les Puillets » 2013 rouge
Château de Santenay, aloxe-corton 2013 rouge

CAgrandscrus+Amphoris

Noble barsac

Parmi les 2 000 hectares de vignoble du Sauternais, le village de Barsac situé sur la « rive gauche » du Ciron est le seul à bénéficier de sa propre AOC, en raison de spécificités géologiques expliquées ici, sur le nouveau site internet de Château Climens (auquel nous avons emprunté l’image ci-dessus). Conçue pour être aussi « esthétique que pratique», cette plate-forme très détaillée est l’occasion pour l’amateur, ou le futur amateur, de se promener dans l’univers particulier du blanc liquoreux « délié et aérien » produit à Climens, d’en comprendre les spécificités et les exigences (ici, le travail des hommes, , le journal de bord de la propriété), de s’initier au « prodige de la pourriture noble » et de s’essayer aux accords mets-vins en hésitant entre les recettes de chefs et les recettes « maison », dont certaines sont signées par la maîtresse des lieux, Bérénice Lurton.