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Quand le lait devient vodka

Installée à Cazeneuve dans le Gers en 1929, La distillerie Gimet a d’abord été avant tout productrice d’armagnac dans le plus grand respect des traditions, alambics centenaires et travail manuel garantissant l’intégrité organoleptique de ses eaux-de vie. Depuis deux ans, ce « travail d’excellence » mené depuis quatre générations par la famille Gimet est poursuivi par Nicolas Sinoquet, qui a repris les rênes de la maison en lui insufflant un sens de l’innovation incarné aujourd’hui par une vodka nommée Lactalium. En fait de nouveauté, cette eau-de-vie issue de la distillation de lait n’en est pas vraiment une puisqu’elle est issue des traditions mongoles (qui la réservent aux invités de marque lors des grandes occasions). Cette version 100 % française est produite à partie de lait de montagne provenant des fermes du Parc naturel régional des volcans d’Auvergne. Après une étape de clarification d’une semaine, le lait fermente 10 jours avant d’être distillé à trois reprises dans des alambics charentais en cuivre. Distribuée en France par la Maison de l’Hédonisme (cliquer ici) cette vodka se boit seule, à température ambiante ou légèrement rafraîchie, ou en cocktail. Son prix est de 55 euros.

Les 271 hectares du chignin-bergeron

Dénomination géographique associée à l’appellation savoie depuis 1973, la zone de production de Chignin-Bergeron n’avait pas jusqu’alors de délimitation officielle. Par décision de l’INAO datant de février dernier, faisant suite à la démarche de reconnaissance d’une aire géographique délimitée initiée en 2001 par les producteurs du cru, l’AOP savoie dénomination chignin-bergeron s’étend désormais officiellement sur 271 hectares incluant trois communes, Chignin, Francin et Montmélian. Situées sur des éboulis calcaires du massif des Bauges, en Combe de Savoie, ses vignes produisent un vin blanc mono-cépage issu de la roussanne (autrefois nommé Bergeron de Savoie, ce cépage représente 4 % de l’encépagement du vignoble de Savoie).

Dans l’ouvrage d’Evelyne Léard-Viboux et Laurent Madelon, Vins et Vignobles en Savoie Mont Blanc (LM Editions, 2014), on peut lire que le chignin-bergeron, « fils de l’élégante roussanne, aux grains blanc doré, presque roux » n’est rien de moins que « le prince des vins de Savoie. » Voilà qui méritait bien un territoire. Après plus de 12 ans d’une large réflexion, le Syndicat régional des vins de Savoie a validé les travaux des experts désignés par l’INAO, « un travail guidé par des valeurs basées sur l’adéquation du sol avec le cépage roussanne, le climat et les usages locaux. » Président du syndicat, Michel Quénard a rappelé que le terroir demeure l’élément principal de la qualité du vin. « Avec un climat et une topographie propices à la maturité optimale de ce raisin, le sol par sa géologie confère l’identité au vin. » La prochaine étape pour le chignin-bergeron sera de de bénéficier d’une appellation autonome, « pour une protection juridique forte à l’international. »

Photo ci-dessus, ©CIVS

Une Maison des vins à Chambord


Depuis son ouverture en 2008, la Maison des vins de Cheverny connaît un beau succès auprès du public, dont nous vous avons parlé ici. Près de 90 000 visiteurs apprécient en effet chaque année son approche pédagogique (dont ceci est un exemple) et l’originalité de sa proposition en matière de dégustation des vins des AOC cheverny et cour-cheverny (ce procédé unique en son genre est expliqué ).

L’été prochain, le concept qui prévaut dans ce lieu attenant au château de Cheverny va s’installer au cœur du site de Chambord. Les vignerons de Cherverny y ouvriront, en juillet, une maison des vins qui donnera une visibilité internationale à leurs appellations. Situé sur la place Saint-Louis, « d’où l’on peut apercevoir les tours en tuffeau et les toits ardoisées du château », ce nouvel espace de dégustation et de vente de 70 m2 proposera d’abord une expérience visuelle.

« Marchant sur des dalles de verre, sous lesquelles sont entreposés les stocks de bouteilles », le visiteur sera plongé dans un univers épuré et moderne qui abritera une cinquantaine de vins, blancs, rouges et rosés, qui bénéficieront de la renommée internationale de Chambord, un site touristique qui draine chaque année « 1,5 million de visiteurs, dont 750 000 pour le château. » Des vins, un beau château, il ne manquera plus qu’une vigne sur les terres de Chambord.

Verbalon


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Menu

12,80€ (enfant)
19,80 (au déjeuner)

Accueil : jusqu’à 22h30. Terrasse.
Fermé le dimanche. Fermé la semaine du 15 Août.

198 bis, rue de Tolbiac – 75013
Métro : Corvisart ou Tolbiac
01 45 88 88 83
www.leverbalon.fr
Laurent Chainel (Maître Restaurateur) , Fabien Pizzolato

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Ce bistrot accueille sous une marquise d’âge vénérable et propose de sympathiques dégustations autour du foie gras, du saumon ou d’un choix de charcuteries qui restent autant d’occasions de goûter au choix impressionnant de vins au verre (plus d’une trentaine). Le tout servi prestement sur de petites tables nappées en vichy rouge et entouré de nombreux fidèles qui, comme nous certainement, apprécient la sincérité et la générosité d’une telle offre.

À LA CARTE :

  • Salade de roquette aux copeaux de parmesan, tomates séchées 7,20€
  • Assiette de pommes grenaille 4,80€

 

  • Folie charcutière de la maison Conquet à Laguiole 17,80€
  • Atelier de dégustation de foie gras des Landes 26,80€
  • Wok de pâtes aux légumes fraîcheur et coriandre 14,90€

 

  • Cheese-cake 8,50€
  • Glaces et sorbets d’Ardèche 8,50€

 

Notre sélection

  • Champagne Jacquesson cuvée 735 65€
  • Bordeaux 2010, Château Tire Pé Diem 24€
  • Côtes-du-rhône Un Air de Réméjeanne 2011, Domaine de la Réméjeanne 24€

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DÉCOUVREZ LA SÉLECTION LEBEY

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Primeurs 2014 : les premières impressions de Thierry Desseauve

2014 est un millésime furieusement hétérogène. On parle souvent de « millésime de vignerons », là c’est franchement un « millésime de terroirs ». Les secteurs tardifs – je pense par exemple à Moulis-Listrac – n’ont pas eu les mêmes chances que les autres et il fallut redoubler d’efforts et de précision pour faire, comme à Poujeaux, un grand vin. Mais tous n’ont pas redoublé d’efforts et de précision.

Au milieu d’une centaine de vins dégustés chez un excellent négociant (Dourthe, en l’occurrence), un moment d’éblouissement avec un couple Grand Vin – Second Vin d’un extraordinaire éclat : Calon-Ségur et Marquis-de-Calon. Tous deux avaient la fraîcheur, la distinction, la sveltesse et l’énergie qui seront les marques de naissance de ce millésime. Je dégusterai certainement d’autres grands vins cette semaine, mais je sais d’ores et déjà que Calon-Ségur sera l’une des stars de l’année.

L’homogénéité, je l’ai dit, n’est pas le fort de ce millésime. Margaux et même Saint-Julien offrent ainsi de saisissantes différences de style et de niveau. Curieusement, le niveau est plus soutenu globalement chez les cinquièmes crus classés 1855 du Haut-Médoc. Remplacez Camensac par Sociando-Mallet et, avec Cantemerle, Belgrave et La Tour-Carnet, vous avez un beau quatuor. Je n’ai pas encore goûté La Lagune, mais on en reparlera.


Primeurs 2014 : les premières impressions de Michel Bettane à Pessac-Léognan et Sauternes

Pessac-Léognan

Les rouges
Petite déception globale. Six ou sept vins manquent de corps et de suite en bouche malgré des qualités réelles de fruit. Les meilleurs ont une vraie élégance aromatique et un tannin harmonieux de la famille des 1953 ou 1962. Mission et Haut-Brion ont une supériorité éclatante grâce à des merlots exceptionnels. Excellents Domaine de Chevalier, Malartic-Lagravière, La Louvière et Château de France. Charmant Smith-Haut-Lafitte et subtil Carbonnieux.

Les blancs

Pas mon style, trop de copiés collés et une jolie technique au service de vins de nez impotents à table. Beau style à Domaine de Chevalier et Fieuzal et immense et écrasante réussite de Mission et Haut-Brion fondées sur une base dominante de sémillon au contraire des autres.

Sauternes

Difficile et inégal avec, pour les vins décevants, du pourri acide et des amertumes peu élégantes. Les premiers crus classés, en revanche, font un quasi sans faute combinant plénitude de corps, parfum et très grande fraîcheur. Superbes Suduiraut, Sigalas-Rabaud, Coutet et Lafaurie-Peyraguey. Climens avant assemblage avec une formidable pureté dans tous les lots présentés dans l’ordre de leur succession.


Les primeurs en primeur, jour 2 : Un anniversaire et une renaissance

Yves Vatelot est arrivé à Reignac en 1990 et en hélicoptère. Comme il avait son brevet de pilote, il a embarqué son épouse et un notaire. Il cherchait un vignoble, il a trouvé Reignac et comme Michel Rolland disposait d’une étude complète des sols de la propriété, il savait à quoi s’en tenir. Peu à peu, il a porté le domaine à 135 hectares par adjonction de parcelles mitoyennes. Une moitié est plantée de vignes, l’autre en bois, prairies, bosquets, étangs et ronciers divers. Tout ce qu’il faut de biodiversité pour rendre un viticulteur heureux. C’est le cas de Nicolas Lesaint, le directeur du domaine, infiniment épanoui avec ses beaux vins, ses chevreuils, ses lapins et son blog, un sommet du genre (clic). C’est un garçon d’une grande sensibilité…lire la suite sur le blog bonvivant

Tain-l'Hermitage et la luttecontre le handicap visuel

Hier, la maison M. Chapoutier a remis un chèque de 24 600 euros à l’Ecole méditerranéenne de chiens guides d’aveugles lors de la manifestation « Rencontre avec l’EMCGA » qui avait lieu à Antibes, durant laquelle l’école à présenté son travail au public. Forte du succès de son partenariat avec Alberta Guide Dogs au Canada, la maison M. Chapoutier est devenue partenaire de l’Ecole méditerranéenne de chiens guides d’aveugles en octobre 2013. Mais son action en faveur de l’insertion des non-voyants est initiée dès 1996 avec l’impression en braille de toutes ses étiquettes de vin. Inscrit dans une politique de soutien d’envergure qui compte différentes actions (notamment l’opération « Chiens-Guides d’Aveugles » dont nous vous avions parlé ici), ce don permettra de financer la tutelle, l’éducation, le placement et le suivi d’un chien-guide pour une personne non-voyante.

Le chien en question ne pouvant être rebaptisé, un chiot dont la naissance est prévue pour juin prochain sera nommé Lorée afin de remercier la maison M. Chapoutier. Précisant l’attachement de sa maison à la présence de l’écriture braille sur toutes les étiquettes depuis presque vingt ans maintenant, Michel Chapoutier s’est déclaré ravi que le succès de l’opération « Chiens-Guides d’Aveugles », « qu’un homme de l’Hermitage, Maurice Monier de la Sizeranne, famille propriétaire des parcelles de la Sizeranne, inventeur de la première version du braille abrégé et fondateur de l’association Valentin Haüy, aurait sans aucun doute apprécié », lui permette d’apporter son soutien à la lutte contre le handicap visuel. « Nous espérons qu’elle contribue également à sensibiliser une part importante de la population française à cette cause. »

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Château Climens 2014,une 
« petite » merveille

Issu d’une année marquée par des conditions climatiques excessives et contradictoires, le premier millésime certifié en biodynamie du domaine* s’avère « aussi limité en quantité que grand en qualité. » Explications dans le journal des vendanges reproduit ci-dessous, signé Bérénice Lurton et Frédéric Nivelle, la propriétaire et le directeur technique de Climens (Barsac).

« Après une année humide et perturbante pour la vigne, l’hiver 2013-2014 s’avère également peu favorable à la constitution de réserves. Particulièrement doux, il bat aussi des records de pluie. Avec le printemps commence la valse des températures. Tandis qu’un anticyclone accompagné de chaleur précoce hâte le débourrement de la vigne début mars, le froid tente une percée tardive entre les 22 et 25 mars. Ces gelées printanières n’auront heureusement pas de conséquences, le premier virage est passé. Après deux millésimes tardifs, 2014 se présente dès lors comme plutôt précoce. Bénéficiant d’une importante humidité dans le sol et de températures supérieures aux normales saisonnières, la vigne se développe assez rapidement au point de présenter – comme en 2011 – une dizaine de jours d’avance. »


Un printemps en montagnes russes

« Comme chacun sait, en avril, ne te découvre pas d’un fil. Le retour de conditions pluvieuses et froides perturbe la pousse et provoque, çà et là quelques symptômes de stress sous forme de décolorations jaunâtres sur le feuillage. Heureusement, Zorro est arrivé à Climens sous la forme d’un tracteur enjambeur à chenilles, commandé et attendu depuis deux ans, qui n’a pas tardé à faire ses preuves. Le 25 avril, après 22 millimètres de pluie dans la nuit, le traitement contre le mildiou est possible dès la fin de matinée. Une révolution pour qui a connu les glissades et embourbages d’enjambeurs, voire les traitements à pied, pulvérisateur sur le dos. Le beau temps revient début mai accompagné d’un vent glacial qui n’épargne pas les travailleurs de la vigne lancés dans les travaux d’épamprage. Mais foin des demis-mesures, la chaleur s’impose ensuite subitement à partir de la mi-mai, dépassant les 27°C. Bien évidemment, l’orage ne tarde pas à gronder, mais nous restons heureusement à l’écart de cette perturbation qui, le 19 mai, déverse une bonne cargaison de pluie sur le Nord-Médoc. Début juin, l’anticyclone des Açores s’installe durablement avec un temps chaud et ensoleillé en journée et des nuits plutôt fraîches avec le retour du vent du Nord. La floraison jusque-là timidement amorcée se déroule alors rapidement, profitant enfin de conditions climatiques favorables. Cela n’évitera pas, hélas, les dégâts dus à la coulure sur les parcelles les plus âgées. Autour du 20 mai, il faisait relativement frais au stade dit des “boutons floraux séparés”, lequel est déterminant pour une bonne fécondation de la fleur. En dehors de cela, les conditions ensoleillées et sèches autour de la floraison nous ont aidés à obtenir un état sanitaire assez exceptionnel au vignoble. Mildiou et vers de grappe sont aux abonnés absents. »

L’automne en été

« A ce mois de juin estival succède une première quinzaine de juillet caractérisée par des pluies et des températures maximales de 22°C. Bien frustrant pour les vacanciers comme les vignerons. Au vignoble, les traitements se succèdent, tant en fonction des précipitations enregistrées que de la croissance de la vigne. Un traitement est déclenché après 20 mm cumulés et ou après 20 cm de pousse. Le soufre et la bouillie bordelaise, utilisés respectivement contre l’oïdium et le mildiou, sont renforcés en tisanes, ortie, ou encore prêle à la période du périgée, qui accentue l’influence de la lune notamment sur les remontées d’humidité. L’osier, riche en salicine (“cousine” de l’acide salicylique), est utilisé comme régulateur en cas de blocage de sève par le froid. Enfin, pour faciliter le bon déroulement de la fleur, nous l’encadrons par des traitements à base de silice et de millepertuis, une tisane maison qui convient bien à Climens. La pression parasitaire est modérée mais nous restons vigilants car la biodynamie repose exclusivement sur une approche préventive. »


« Le développement végétatif de la vigne est cette année particulièrement erratique du fait des intenses variations de température et d’humidité ; les travaux de levage et de tricotage des rameaux se chevauchant, l’équipe de saisonniers atteint jusqu’à 30 personnes (pour 30 hectares) en juillet. Après un week-end du 14 juillet presque digne de la Toussaint, le retour de l’anticyclone des Açores renverse la situation et les températures atteignent rapidement les 35°C dès le 17 juillet. Mais il est dit que l’été ne sera plus en été, le mois d’août particulièrement maussade nous renvoie 10 ans en arrière, en 2004. Les rares journées ensoleillées provoquent de façon cyclique des dégradations orageuses accompagnées de chutes des températures, notamment nocturnes (moins de 12°C, adieu la terrasse, vive la cheminée).
Au plan parasitaire, le risque « mildiou » est toujours jugé très fort par les professionnels. Mais si Climens n’échappe pas au développement de mildiou mosaïque sur l’une des parcelles les plus vigoureuses, notre ténacité a été payante. Aucun symptôme sur grappe, et toujours pas de vers de la grappe, contrairement à 2004. Sans doute n’apprécient-ils guère la fraîcheur nocturne… »

L’été à l’automne

« En septembre, si temps ne change, Climens ne vendange !, (proverbe maison).
Comme il est à la mode ces dernières années, l’été revient à la rentrée des classes. Le vent d’Est maintient de belles conditions anticycloniques, leur lot de nuits fraîches et de belles journées chaudes et ensoleillées avec près de 30°C. Malgré la présence de quelques foyers de pourriture grise dans certaines parcelles, nous gardons espoir de faire une belle récolte. A l’euphorie de la rentrée ne tarde pourtant pas à succéder dans le sauternais le souci de ne pas voir revenir la pluie. Notre ami botrytis est un champignon, tout de même. Un long été indien s’installe, sans aucune précipitation chez nous à l’exception de 9 petits millimètres le 17 septembre. Les 50 qui nous auraient été nécessaires sont allés s’égarer du côté de Montagne-St Emilion. Nous ne pouvons guère nous plaindre, ayant au moins échappé à la grêle qui a encore une fois sévi, notamment sur Grézillac. Pourtant, la situation devient préoccupante. Dès le 15 septembre, nous observons des phénomènes de blocage de maturité (relatés également ailleurs). Sur nombre de grappes, les grains commencent à flétrir. Les vendanges dans le sauternais semblent encore loin, même si on observe les prémices de la pourriture noble sur nos plus jeunes vignes de 2011. Pour un peu, nous ferions la danse de la pluie (après tout, on prête tant d’excentricités aux biodynamistes). »

Ça tourne au vinaigre

« De telles conditions de sécheresse ont limité le développement de la pourriture noble à quelques baies isolées, mais une autre forme de pourriture, redoutable celle-ci, fait son apparition. La pourriture acide (ou bouïroc, en jargon local), qui a le très mauvais goût de transformer les raisins sur pied… en vinaigre. Cette caractéristique du millésime, que l’on retrouve dans de nombreuses régions françaises, serait due à la prolifération d’une nouvelle venue, la drosophile Suzukki. Pourtant les piégeages effectués dans le vignoble de Climens n’en révèlent pas la présence significative. Ce phénomène est plus probablement lié à des moucherons bien de chez nous, dont le développement a été favorisé par les conditions climatiques. Une première trie sanitaire est donc engagée le 22 septembre dans les parcelles les plus atteintes afin d’éliminer les grappes touchées, dans l’espoir d’éviter la prolifération du fléau et de faciliter la future vendange (mais quel arrache-coeur de voir évacuer du vignoble des remorques de raisins sacrifiés). Nous passons ensuite récolter les quelques baies botrytisées tout en continuant à nettoyer. Quinze jours de travail méticuleux, fastidieux, frustrant, mais ô combien indispensable, accompli par notre petite équipe de quinze vendangeurs aguerris. Heureusement, les quelques lots vendangés au cours de cette première trie sont sans défaut, et s’avèreront même magnifiques. La pourriture noble n’étant toujours pas montée au créneau, nous remisons temporairement épinettes et paniers le 6 octobre. Quelques jours après, la pluie daigne enfin nous rendre une visite sérieuse, près de 40 millimètres entre le 08 et le 16 octobre. Tandis que le botrytis se met enfin au travail, l’attente se poursuit, mais elle est fébrile. Nous devrons comme ces dernières années nous montrer réactifs, sachant que le soleil et la chaleur persistants rendront la reprise soudaine. »

Enfin du bon

« Le 20 octobre, c’est reparti, et pour de bon. A notre première équipe vient se greffer celle de vingt-cinq vendangeurs portugais. Le tempo tranche singulièrement avec celui de la première trie. La coupe se fait « à tire » tant le confit abonde maintenant. Le changement est aussi radical au niveau de la météo. Dès le lendemain, le vent se lève avec force en fin de journée. Chassant une petite perturbation, il laisse place à des conditions anticycloniques venant du nord, et fait chuter nettement les températures, 8°C, puis 5°C les 22 et 23 octobre au petit matin. Ces vendanges de deuxième trie réclament au moins autant de rigueur, de patience et de nez que la première car la pourriture aigre a hélas continué à se développer en coeur de grappe. Chacune doit être examinée avec attention par le vendangeur, soigneusement reniflée (les vendangeurs enrhumés sont invités à porter les paniers), coupée au minimum en deux voire disséquée si nécessaire. Heureusement, outre l’équipe de vendangeurs, nous sommes plusieurs à veiller au grain sans relâche : Danièle, notre chef d’équipe maison, ainsi que Vitor, l’intransigeant responsable de la troupe portugaise, arpentent les rangs en vérifiant le travail de chacun, organisant les changements de rang et de parcelles. »


« Tandis que Frédéric se partage entre le chai et les vignes, je navigue sans cesse entre les vendangeurs et la remorque, pour donner un coup de main à Flora et Gaëlle quand les paniers affluent. Les deux jeunes femmes accomplissent un travail fabuleux, examinant sur le plateau de tri le contenu de chaque panier. Elles n’en lèvent le nez, qu’elles ont noir à force de sentir les grappes, que pour indiquer aux chefs d’équipe le numéro d’un panier déficient. Rappelons au passage qu’à Climens, nous ne respectons pas les directives du Ministre de l’Education. Nous attribuons quotidiennement à chacun des vendangeurs une note correspondant à la qualité de leur travail (avec prime à la clé, bien sûr). En somme et plus que jamais, un millésime réclamant des vendangeurs expérimentés et une équipe dirigeante ultra exigeante. Le rythme ne doit pas se relâcher, il s’agit de ne pas traîner et de ne pas se tromper dans le programme des parcelles à ramasser – que Frédéric et moi inspectons quand les vendangeurs sont en pause – afin de ne pas laisser les degrés potentiels trop augmenter. Les barriques enfin se remplissent, entre 10 et 13 par jour, et l’anticyclone nous accompagne jusqu’au bout.
En une semaine, cette récolte soumise à de rudes épreuves est enfin à l’abri. Certes, entre la coulure, la pourriture grise, le flétrissement, et la pourriture aigre, les rendements sont réduits comme peau de chagrin (8 hl/ha). Mais, après tout, nous avons craint, et aussi connu, bien pire. »

De pied en cave

« Les dégustations des moûts puis des vins après fermentation nous rassurent, voire nous enchantent. Notre travail de tri implacable a encore une fois porté ses fruits. Tous les lots sont parfaitement nets et francs. Les vins sont tous très aromatiques, les lots de première trie présentant un profil fruité et particulièrement vif, tandis que la deuxième trie offre des vins complexes, élégants, voire puissants. Les assemblages en cours nous donnent à penser qu’une proportion importante de cette petite récolte passera dans le grand vin, tant la qualité est homogène et remarquable. »

* L’intégralité de ce vignoble de 30 hectares a été convertie en biodynamie en 2010. « Après une période d’adaptation logiquement un peu délicate, les différentes parcelles répondent merveilleusement à cette approche, plus respectueuse et individualisée. » Château Climens est l’un des rares grands crus de Bordeaux à avoir mis en pratique la biodynamie. C’est à ce jour le seul premier cru classé en 1855 à être certifié.

Photo ci-dessus : Matteo Conti/Les Editions d’Autils – Frédéric Nivelle.

La soirée des Lebey 2015

Pour la deuxième année, des restaurateurs parisiens ont jugé le travail de leurs pairs et élu les « meilleures créations culinaires de l’année » dans les catégories entrée, poisson, viande-volaille, dessert et dessert au chocolat. Forte du succès rencontré en 2014, cette initiative des éditions Lebey, qui souhaitent ainsi « fédérer tous les acteurs de la gastronomie parisienne » et valoriser la place de Paris comme capitale gastronomique, se déroule un peu comme « les César ou les Molière » pour le cinéma et le théâtre. C’est la profession qui apprécie la qualité des prestations. Il a donc été demandé aux mille restaurateurs visités pour les deux guides Lebey de bien vouloir voter parmi une pré-sélection de quinze plats établie par les enquêteurs du Guide Lebey des Restaurants 2015. Un collège de quinze personnalités a ensuite été convié début mars à l’école Ferrandi pour goûter ces plats lauréats. Ce soir, après une ouverture en forme d’ateliers permettant aux restaurateurs de rencontrer des artisans et des vignerons « réputés pour l’excellence de leurs produits », un dîner conçu par Pascal Barbot, Pierre Gagnaire et Christian Le Squer sera le décor de la remise officielle des “Lebey” de la gastronomie aux chefs ayant proposé les meilleures créations culinaires de l’année.

Pour découvrir des adresses de la sélection Lebey sur ce site, cliquer