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Jay McInerney en taille sommelier

Chroniqueur de la rubrique vins du Wall Street Journal et du magazine House & Garden, le célèbre écrivain new-yorkais s’est vu proposer par le grand restaurant Taillevent de choisir les cinq vins d’un menu d’exception qui est soumis à la clientèle sur réservation. Je l’ai rencontré et nous avons passé une heure ensemble à bavarder…lire la suite sur le blog bonvivant

Tout sur la dégustation

Restaurant BEAUCOUP, 7 rue Froissart. Paris 3. septembre 2014.

Chacun, un jour, est passé par là. Le vin, comme les langues vivantes,
dispose d’une grammaire et d’une orthographe, une somme de choses qu’il est agréable d’apprendre. Dans cette rubrique, nous essayons d’apporter toutes les réponses
à toutes les questions que vous vous posez.


Tout sur la dégustation


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Le champagne a-t-il un avenir ?

Oui, le champagne est un vin et un grand. Il gagnerait à s’en souvenir au moment où il est attaqué de toutes parts. Les cavas espagnols, le prosecco d’Italie, les sparklings de toutes provenances lui font de plus en plus d’ombre au pied de l’échelle de l’argent et du goût. Et ce qui fait toute la différence entre nos beaux vins de Champagne et ces productions, c’est l’aptitude unique du champagne à vieillir en toute harmonie. Le grand public l’ignore encore et toujours, mais le champagne est le vin qui vieillit le mieux avec les liquoreux et les vins fortifiés.lire la suite.

Les domaines du Languedoc à découvrir


Les experts Bettane+Desseauve ont sélectionné dans chaque vignoble de France les producteurs
qui leur paraissent avoir le potentiel de s’affirmer au plus haut niveau de leur appellation.


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Crédits photo d’ouverture : http://semaineosoleil.com/

Le Cas Pernin Rossin et la « méthode » Accad 1978/1998


Première partie


Les amateurs de Bourgogne en France et à l’étranger m’ont souvent reproché mon affection pour les vins du domaine André Pernin-Rossin à Vosne-Romanée dans les années 1980 et 1990. André Pernin a pris sa retraite depuis plus de 10 ans et ses meilleures vignes (Les Champs Perdrix et les Beaumont sur Vosne, Les Charmes et les Baudes sur Chambolle et la Richemone et les Murgers sur Nuits) ont été achetées par le domaine Perrot-Minot. Mais la polémique autour du style de ses vins reste vivace, car certains amateurs aiment avoir la dent dure et expriment encore aujourd’hui, sans mâcher leurs mots, leur point de vue. Leur jugement évidemment sincère et parfaitement respectable est souvent né de malentendus ou de ragots colportés par des vignerons ou des techniciens jaloux, sans avoir été vérifiés. Rappelons donc certains faits avant que l’histoire ne les oublie. André Pernin a commencé sa carrière comme ouvrier agricole et sa première épouse Monique travaillait chez Moillard. Avec le temps il est monté en grade, très bien vu de ses employeurs, et exploitait quelques vignes, dont la majorité était en métayage. De son passé d’ouvrier agricole il n’avait pas oublié les bons gestes du travail de la vigne ! Or le niveau de viticulture moyen de Vosne- Romanée à la fin des années 1970 était un vrai cauchemar pour le jeune journaliste du vin que j’étais. Les sols n’étaient plus travaillés, mais désherbés chimiquement, à de très rares exceptions près. On n’ébourgeonnait plus, on vendangeait avant maturité, on chaptalisait à outrance. Même Henri Jayer n’échappait à aucun de ces reproches ! Pas question non plus de vendanges en vert ou de tri perfectionné à la vigne, les tables de tri comme celles que nous connaissons n’existant pas. Le vigneron le plus influent du village, dans le cadre de la commission technique de l’INAO avait même entamé une croisade pour autoriser 2°,5 de chaptalisation, comme pour les vins du nord de l’Europe et je m’étais sévèrement disputé avec lui sur ce point en lui faisant remarquer qu’un Richebourg vendangé à 10°,5 et remonté à 13° (euphémisme pour 13°,5 ou 14 réels) ne servirait pas vraiment la cause de l’expression du terroir, un quart du volume réel du vin ainsi produit étant obtenu par le sucre de la betterave !

André Pernin faisait partie de ceux, très rares, comme Jacky Confuron ou les ouvriers du domaine de la Romanée-Conti, qui continuaient à faire le vrai travail, parfois sous les regards moqueurs de ceux qui croyaient être les pionniers de la « modernité ». Mais j’avais été surtout surpris de sa patience pendant les vendanges, en 1978, 1979, 1980, 1981, et de l’état sanitaire remarquable de ses vignes dans des millésimes à botrytis galopant comme 1986. La dégustation comparative de ses 1979,1980, 1981,1982 et 1983 par rapport à la moyenne locale était un camouflet pour bien des noms plus réputés. Deux cuvées sortaient vraiment du lot, un Vosne-Romanée Beaumont d’une élégance naturelle irrésistible mais surtout un premier cru peu connu de Nuits Saint-Georges, la Richemone, d’une race, d’une complexité et d’une persistance hors concours. La vigne appartenait en partie à André Pernin, mais pour l’essentiel à la famille Dufouleur, puis dans les années 1985 à …..Gérard Depardieu qui, enthousiasmé par la qualité des derniers millésimes, eut très vite la générosité incroyable de l’offrir à son métayer. Dans ces millésimes les vins n’avaient pas de réduction et étaient marqués par un des boisés les mieux intégrés dont je me souvienne, grâce à la qualité des barriques d’un petit tonnelier local, Baudinet, travaillant sur des bois de la forêt de Citeaux. J’ai mis trois ans au moins à découvrir que ce vigneron bénéficiait (comme Jacky Confuron, d’ailleurs ) des conseils d’un étonnant agronome et œnologue libanais, Guy Accad, formé à Montpellier par le grand agronome Branas…
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L'heure de la charpente

Vendredi dernier à Bordeaux, une étape importe du chantier de construction de la Cité des civilisations du vin a été présentée par Alain Juppé et les partenaires du projet, la fin du gros œuvre après un an de travaux (voir le début ici). Ceux-ci vont se poursuivre encore pendant plusieurs mois avec la suite de la pose de la charpente, l’installation des façades et l’aménagement intérieur. La fin de ce chantier dont le budget total a été actualisé à 81,1 millions d’euros est prévue pour mars 2016.

Selon une étude du cabinet Protourisme, cette phase de construction génère 60 millions d’euros de retombées économiques directes, indirectes et induites sur 3 ans et 200 emplois (équivalent temps plein) par an pendant 3 ans. Pour la phase exploitation de ce lieu qui devrait accueillir environ 450 000 visiteurs par an, l’étude prévoit 40 millions de retombées économiques directes, indirectes et induites par an, dont un tiers pour la filière vin, et 750 emplois (équivalent temps plein), dont 250 emplois directs.

Des chiffres.

Financement :
Communauté urbaine de Bordeaux B (8,5 M€) + Conseil régional (5,5 M€) + Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (5,5 M€) + Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux (0,5 M€) + Conseil général (1 M€) : 21 M€,
État : 2 M€ au lieu de 4 (Fonds national d’aménagement et de développement du territoire 2011, France-Agrimer 2012),
Europe : 12 M€ (Fonds européen de développement régional),
Mécénat : 15 M€ (détails ici),
Ville de Bordeaux 31,1 M€.

Gros-oeuvre :
9 000 m3 de béton,
1 000 tonnes d’acier,
80 000 heures de travail.

Charpente :
574 arcs lamellés collés,
128 épines lamellées collées,
8 000 pannes entretoises,
940 m3 de lamellé collé épicéa et douglas,
14 000 h de fabrication,
10 550 h de pose.

Façade :
3 440 panneaux de verre et d’aluminium de forme unique fabriqués sur-mesure,
2 500 panneaux d’aluminium,
940 panneaux de verre.

cité des civilisations

Vino Bravo 2014

La nouvelle édition du colloque « expert et citoyen » inauguré l’année dernière à Bordeaux par le magazine Le Point et Vin & Société se tiendra demain à Dijon avec le soutien de l’interprofession bourguignonne (BIVB). De 9h à 18h, cette session 2014 intitulée « La vigne habille la France » accueillera, entre autres intervenants, le scénariste et écrivain Jean-Claude Carrière, la directrice de la Chaire Unesco Culture et Tradition du vin Jocelyne Pérard, le géographe Jean-Robert Pitte, l’historien Alain Corbin ou encore le philosophe Ruwen Ogien. Animés par Etienne Gernelle, directeur du magazine Le Point, Jacques Dupont, dont l’édito est à découvrir , Patrick Bonazza et Jérôme Cordelier, les différents débats aborderont la filière viticole sous trois axes :

L’économie.
« Fleurons de l’économie tricolore avec 7,8 milliards d’euros, les ventes de vins se hissent au deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française derrière l’aéronautique et devant le luxe et les cosmétiques. Quels sont les grands défis pour les vins français à l’international : marchés émergents, simplification de l’offre, fuite des grands vins à l’export ? »

La société.

« La filière viticole fait face à une crise des vocations qui se caractérise par une moyenne d’âge relativement élevée. Pourtant, dans le même temps, des femmes et des hommes choisissent de plus en plus souvent de recommencer leur vie et quittent tout pour la vigne. Le vin, entre exigence éthique et nouveaux métiers, quel impact sur l’éducation et la formation ? »

Les paysages.
« Sans l’empreinte de l’homme, que serait le paysage ? Quel est le rôle de la vigne dans le paysage et l’imaginaire français, aujourd’hui, demain ? »

Le programme complet de cette deuxième édition de Vino Bravo est à découvrir ici, tous les intervenants sont et l’inscription (gratuite) se fait par ici.

Cyril Camus, ambassadeur de France en Chine

Cette année, la France et la Chine célébraient leurs cinquante ans de relations diplomatiques (toute l’histoire ici). A cette occasion, la Maison des Arts franco-chinoise Yishu 8 et le China Philanthropy Research Institute, en partenariat avec l’Institut Français, ont distingué cinquante personnalités « ayant le plus contribué aux relations franco-chinoises » via un comité de sélection présidé l’ancien Premier ministre et vice-président du Sénat Jean-Pierre Raffarin et l’ancien ambassadeur de Chine en France, Monsieur Wu Jianmin. Révélée récemment, cette liste de vingt-cinq Chinois et vingt-cinq Français choisis pour leur « contribution exceptionnelle à la compréhension mutuelle et à la promotion des échanges entre la Chine et la France » comprend des personnalités du monde intellectuel, scientifique, artistique et de l’entreprise.

Aux côtés de ceux de l’actrice Sophie Marceau, du couturier Pierre Cardin et du chef d’orchestre Michel Plasson figure le nom du président des Cognacs Camus, Cyril Camus, qui a fait de la Chine « sa deuxième maison » il y a plus de vingt ans (il en a 43). Il explique « ce grand écart » entre le terroir des Borderies où il a grandi et l’immensité de villes comme Shanghai ou Pékin par la mission qu’il s’est assignée de véhiculer « un certain art de vivre à la française » et de défendre les valeurs de la maison Camus, fondée en 1863 et toujours familiale après cinq générations. Cyril Camus a noué des partenariats privilégiés avec la Chine dont le meilleur exemple est « la distribution en duty free du plus célèbre alcool chinois, le Moutai. » La maison Camus avait également été choisie en mars dernier pour un cadeau officiel de la France au président chinois.

Ci-dessus, dans le bureau du Général de Gaulle, au château de Versailles, François Hollande remet au président Xi Jinping le coffret “CAMUS 1964” créé pour l’occasion.

CamusChine

Pierre Péters grand cru Blanc de Blancs


 

Pierre Péters grand cru Blanc de Blancs

Toute en élégance minérale avec une aromatique où se mêlent la mandarine, la noisette et la pêche blanche, cette cuvée est celle de la séduction.

16,5/20

Environ 32,95 euros la bouteille
ACHETER


Rodolphe Péters est devenu en quelques millésimes l’une des coqueluches de la côte des Blancs. Neveu de Jacques Péters, l’excellent chef de cave de Veuve Clicquot jusqu’en 2009, il élabore depuis 2007 les champagnes du domaine familial situé au Mesnil-sur-Oger et qui représentent l’une des gammes les plus savoureuses du secteur. Il dispose d’un vignoble très morcelé, avec 60 parcelles sur 32 terroirs (le Mesnil bien sûr mais aussi un peu de vignes sur Vertus et Sézanne).

cuvee-extra-brut

Années 90 : la révolution bio est en marche


Brève – et personnelle – histoire contemporaine du vin de France


 

Chapitre neuf, où Lalou Bize Leroy et Michel Chapoutier engagent à leur façon la révolution bio

 

L’autre personnage clé de la Vallée du Rhône est sans conteste Michel Chapoutier. J’ai eu la chance de le rencontrer très tôt, alors qu’à moins de trente ans, il venait de prendre le pouvoir dans la maison familiale de Tain l’Hermitage. Contrairement à l’autre grande marque de l’Hermitage, Jaboulet, dont la cuvée la-chapelle était certainement le vin le plus régulier et le plus impressionnant qui m’ait été donné de déguster au cours d’une verticale incroyable (de 1947 à 1990) où les chefs-d’œuvres succédaient aux chefs-d’œuvres, la maison Chapoutier produisait au milieu des années quatre-vingt des vins décevants, mal mis en valeur par les choix incongrus du père de Michel, comme celui de les élever dans des foudres de châtaigner. À partir de 1987 et en très peu d’années, l’exubérant et volontaire Michel fit de cette vieille maison un producteur ultra excitant, inventant sans cesse tant dans les vins génériques que dans ces cuvées parcellaires qui sont des modèles d’excellence.
Chapoutier s’était converti dès le début des années quatre-vingt à la viticulture biodynamique, suivant en cela l’exemple de celle qui est certainement pour moi le plus grand vigneron de la planète, Lalou Bize-Leroy. Femme de convictions au caractère trempé, elle avait quitté avec fracas le Domaine de la Romanée-Conti dont elle est co-propriétaire pour reconstituer un double domaine :

 

crédits photo d’ouverture : http://www.brevesdefemmes.fr/

 

Leroy en Côte de Nuits et Auvenay en Côte de Beaune. Quand elle décida de choisir ce mode de viticulture, au début des années 90, la Bourgogne était comme on l’a vu loin d’avoir abandonné ses pratiques productivistes. Beaucoup voyaient dans ces principes bio, où l’on associe le respect des rythmes lunaires à des préparations homéopathiques, une lubie de rêveurs soixante-huitards. Qu’une femme aussi célèbre que Lalou Bize-Leroy choisisse d’appliquer ces méthodes paraissait incroyable. Lorsque le mois de juillet 1993 fut marqué par une terrible attaque de mildiou, que Lalou, se refusant à utiliser des traitements chimiques, eut du mal à maîtriser, beaucoup de vignerons nous disaient « vous voyez, ces méthodes ne marchent pas ». Pourtant, au prix d’un travail incroyablement minutieux et d’un tri à la vigne drastique, Lalou fit des vins en 1993. La plupart des critiques internationaux étaient passés à côté de ces vins miraculeux, ils nous avaient émus dès leur naissance. J’ai eu la chance de déguster plusieurs fois avec Lalou ce millésime de toutes les difficultés. Ses vins transmettent avec une précision et une tension incroyable la quintessence à coup sûr, l’âme certainement, de leurs terroirs.