Accueil Blog Page 450

Les domaines du Languedoc à découvrir


Les experts Bettane+Desseauve ont sélectionné dans chaque vignoble de France les producteurs
qui leur paraissent avoir le potentiel de s’affirmer au plus haut niveau de leur appellation.


[ubergrid id=26443]
suivre

Crédits photo d’ouverture : http://semaineosoleil.com/

Le Cas Pernin Rossin et la « méthode » Accad 1978/1998


Première partie


Les amateurs de Bourgogne en France et à l’étranger m’ont souvent reproché mon affection pour les vins du domaine André Pernin-Rossin à Vosne-Romanée dans les années 1980 et 1990. André Pernin a pris sa retraite depuis plus de 10 ans et ses meilleures vignes (Les Champs Perdrix et les Beaumont sur Vosne, Les Charmes et les Baudes sur Chambolle et la Richemone et les Murgers sur Nuits) ont été achetées par le domaine Perrot-Minot. Mais la polémique autour du style de ses vins reste vivace, car certains amateurs aiment avoir la dent dure et expriment encore aujourd’hui, sans mâcher leurs mots, leur point de vue. Leur jugement évidemment sincère et parfaitement respectable est souvent né de malentendus ou de ragots colportés par des vignerons ou des techniciens jaloux, sans avoir été vérifiés. Rappelons donc certains faits avant que l’histoire ne les oublie. André Pernin a commencé sa carrière comme ouvrier agricole et sa première épouse Monique travaillait chez Moillard. Avec le temps il est monté en grade, très bien vu de ses employeurs, et exploitait quelques vignes, dont la majorité était en métayage. De son passé d’ouvrier agricole il n’avait pas oublié les bons gestes du travail de la vigne ! Or le niveau de viticulture moyen de Vosne- Romanée à la fin des années 1970 était un vrai cauchemar pour le jeune journaliste du vin que j’étais. Les sols n’étaient plus travaillés, mais désherbés chimiquement, à de très rares exceptions près. On n’ébourgeonnait plus, on vendangeait avant maturité, on chaptalisait à outrance. Même Henri Jayer n’échappait à aucun de ces reproches ! Pas question non plus de vendanges en vert ou de tri perfectionné à la vigne, les tables de tri comme celles que nous connaissons n’existant pas. Le vigneron le plus influent du village, dans le cadre de la commission technique de l’INAO avait même entamé une croisade pour autoriser 2°,5 de chaptalisation, comme pour les vins du nord de l’Europe et je m’étais sévèrement disputé avec lui sur ce point en lui faisant remarquer qu’un Richebourg vendangé à 10°,5 et remonté à 13° (euphémisme pour 13°,5 ou 14 réels) ne servirait pas vraiment la cause de l’expression du terroir, un quart du volume réel du vin ainsi produit étant obtenu par le sucre de la betterave !

André Pernin faisait partie de ceux, très rares, comme Jacky Confuron ou les ouvriers du domaine de la Romanée-Conti, qui continuaient à faire le vrai travail, parfois sous les regards moqueurs de ceux qui croyaient être les pionniers de la « modernité ». Mais j’avais été surtout surpris de sa patience pendant les vendanges, en 1978, 1979, 1980, 1981, et de l’état sanitaire remarquable de ses vignes dans des millésimes à botrytis galopant comme 1986. La dégustation comparative de ses 1979,1980, 1981,1982 et 1983 par rapport à la moyenne locale était un camouflet pour bien des noms plus réputés. Deux cuvées sortaient vraiment du lot, un Vosne-Romanée Beaumont d’une élégance naturelle irrésistible mais surtout un premier cru peu connu de Nuits Saint-Georges, la Richemone, d’une race, d’une complexité et d’une persistance hors concours. La vigne appartenait en partie à André Pernin, mais pour l’essentiel à la famille Dufouleur, puis dans les années 1985 à …..Gérard Depardieu qui, enthousiasmé par la qualité des derniers millésimes, eut très vite la générosité incroyable de l’offrir à son métayer. Dans ces millésimes les vins n’avaient pas de réduction et étaient marqués par un des boisés les mieux intégrés dont je me souvienne, grâce à la qualité des barriques d’un petit tonnelier local, Baudinet, travaillant sur des bois de la forêt de Citeaux. J’ai mis trois ans au moins à découvrir que ce vigneron bénéficiait (comme Jacky Confuron, d’ailleurs ) des conseils d’un étonnant agronome et œnologue libanais, Guy Accad, formé à Montpellier par le grand agronome Branas…
suivre

L'heure de la charpente

Vendredi dernier à Bordeaux, une étape importe du chantier de construction de la Cité des civilisations du vin a été présentée par Alain Juppé et les partenaires du projet, la fin du gros œuvre après un an de travaux (voir le début ici). Ceux-ci vont se poursuivre encore pendant plusieurs mois avec la suite de la pose de la charpente, l’installation des façades et l’aménagement intérieur. La fin de ce chantier dont le budget total a été actualisé à 81,1 millions d’euros est prévue pour mars 2016.

Selon une étude du cabinet Protourisme, cette phase de construction génère 60 millions d’euros de retombées économiques directes, indirectes et induites sur 3 ans et 200 emplois (équivalent temps plein) par an pendant 3 ans. Pour la phase exploitation de ce lieu qui devrait accueillir environ 450 000 visiteurs par an, l’étude prévoit 40 millions de retombées économiques directes, indirectes et induites par an, dont un tiers pour la filière vin, et 750 emplois (équivalent temps plein), dont 250 emplois directs.

Des chiffres.

Financement :
Communauté urbaine de Bordeaux B (8,5 M€) + Conseil régional (5,5 M€) + Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (5,5 M€) + Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux (0,5 M€) + Conseil général (1 M€) : 21 M€,
État : 2 M€ au lieu de 4 (Fonds national d’aménagement et de développement du territoire 2011, France-Agrimer 2012),
Europe : 12 M€ (Fonds européen de développement régional),
Mécénat : 15 M€ (détails ici),
Ville de Bordeaux 31,1 M€.

Gros-oeuvre :
9 000 m3 de béton,
1 000 tonnes d’acier,
80 000 heures de travail.

Charpente :
574 arcs lamellés collés,
128 épines lamellées collées,
8 000 pannes entretoises,
940 m3 de lamellé collé épicéa et douglas,
14 000 h de fabrication,
10 550 h de pose.

Façade :
3 440 panneaux de verre et d’aluminium de forme unique fabriqués sur-mesure,
2 500 panneaux d’aluminium,
940 panneaux de verre.

cité des civilisations

Vino Bravo 2014

La nouvelle édition du colloque « expert et citoyen » inauguré l’année dernière à Bordeaux par le magazine Le Point et Vin & Société se tiendra demain à Dijon avec le soutien de l’interprofession bourguignonne (BIVB). De 9h à 18h, cette session 2014 intitulée « La vigne habille la France » accueillera, entre autres intervenants, le scénariste et écrivain Jean-Claude Carrière, la directrice de la Chaire Unesco Culture et Tradition du vin Jocelyne Pérard, le géographe Jean-Robert Pitte, l’historien Alain Corbin ou encore le philosophe Ruwen Ogien. Animés par Etienne Gernelle, directeur du magazine Le Point, Jacques Dupont, dont l’édito est à découvrir , Patrick Bonazza et Jérôme Cordelier, les différents débats aborderont la filière viticole sous trois axes :

L’économie.
« Fleurons de l’économie tricolore avec 7,8 milliards d’euros, les ventes de vins se hissent au deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française derrière l’aéronautique et devant le luxe et les cosmétiques. Quels sont les grands défis pour les vins français à l’international : marchés émergents, simplification de l’offre, fuite des grands vins à l’export ? »

La société.

« La filière viticole fait face à une crise des vocations qui se caractérise par une moyenne d’âge relativement élevée. Pourtant, dans le même temps, des femmes et des hommes choisissent de plus en plus souvent de recommencer leur vie et quittent tout pour la vigne. Le vin, entre exigence éthique et nouveaux métiers, quel impact sur l’éducation et la formation ? »

Les paysages.
« Sans l’empreinte de l’homme, que serait le paysage ? Quel est le rôle de la vigne dans le paysage et l’imaginaire français, aujourd’hui, demain ? »

Le programme complet de cette deuxième édition de Vino Bravo est à découvrir ici, tous les intervenants sont et l’inscription (gratuite) se fait par ici.

Cyril Camus, ambassadeur de France en Chine

Cette année, la France et la Chine célébraient leurs cinquante ans de relations diplomatiques (toute l’histoire ici). A cette occasion, la Maison des Arts franco-chinoise Yishu 8 et le China Philanthropy Research Institute, en partenariat avec l’Institut Français, ont distingué cinquante personnalités « ayant le plus contribué aux relations franco-chinoises » via un comité de sélection présidé l’ancien Premier ministre et vice-président du Sénat Jean-Pierre Raffarin et l’ancien ambassadeur de Chine en France, Monsieur Wu Jianmin. Révélée récemment, cette liste de vingt-cinq Chinois et vingt-cinq Français choisis pour leur « contribution exceptionnelle à la compréhension mutuelle et à la promotion des échanges entre la Chine et la France » comprend des personnalités du monde intellectuel, scientifique, artistique et de l’entreprise.

Aux côtés de ceux de l’actrice Sophie Marceau, du couturier Pierre Cardin et du chef d’orchestre Michel Plasson figure le nom du président des Cognacs Camus, Cyril Camus, qui a fait de la Chine « sa deuxième maison » il y a plus de vingt ans (il en a 43). Il explique « ce grand écart » entre le terroir des Borderies où il a grandi et l’immensité de villes comme Shanghai ou Pékin par la mission qu’il s’est assignée de véhiculer « un certain art de vivre à la française » et de défendre les valeurs de la maison Camus, fondée en 1863 et toujours familiale après cinq générations. Cyril Camus a noué des partenariats privilégiés avec la Chine dont le meilleur exemple est « la distribution en duty free du plus célèbre alcool chinois, le Moutai. » La maison Camus avait également été choisie en mars dernier pour un cadeau officiel de la France au président chinois.

Ci-dessus, dans le bureau du Général de Gaulle, au château de Versailles, François Hollande remet au président Xi Jinping le coffret “CAMUS 1964” créé pour l’occasion.

CamusChine

Pierre Péters grand cru Blanc de Blancs


 

Pierre Péters grand cru Blanc de Blancs

Toute en élégance minérale avec une aromatique où se mêlent la mandarine, la noisette et la pêche blanche, cette cuvée est celle de la séduction.

16,5/20

Environ 32,95 euros la bouteille
ACHETER


Rodolphe Péters est devenu en quelques millésimes l’une des coqueluches de la côte des Blancs. Neveu de Jacques Péters, l’excellent chef de cave de Veuve Clicquot jusqu’en 2009, il élabore depuis 2007 les champagnes du domaine familial situé au Mesnil-sur-Oger et qui représentent l’une des gammes les plus savoureuses du secteur. Il dispose d’un vignoble très morcelé, avec 60 parcelles sur 32 terroirs (le Mesnil bien sûr mais aussi un peu de vignes sur Vertus et Sézanne).

cuvee-extra-brut

Années 90 : la révolution bio est en marche


Brève – et personnelle – histoire contemporaine du vin de France


 

Chapitre neuf, où Lalou Bize Leroy et Michel Chapoutier engagent à leur façon la révolution bio

 

L’autre personnage clé de la Vallée du Rhône est sans conteste Michel Chapoutier. J’ai eu la chance de le rencontrer très tôt, alors qu’à moins de trente ans, il venait de prendre le pouvoir dans la maison familiale de Tain l’Hermitage. Contrairement à l’autre grande marque de l’Hermitage, Jaboulet, dont la cuvée la-chapelle était certainement le vin le plus régulier et le plus impressionnant qui m’ait été donné de déguster au cours d’une verticale incroyable (de 1947 à 1990) où les chefs-d’œuvres succédaient aux chefs-d’œuvres, la maison Chapoutier produisait au milieu des années quatre-vingt des vins décevants, mal mis en valeur par les choix incongrus du père de Michel, comme celui de les élever dans des foudres de châtaigner. À partir de 1987 et en très peu d’années, l’exubérant et volontaire Michel fit de cette vieille maison un producteur ultra excitant, inventant sans cesse tant dans les vins génériques que dans ces cuvées parcellaires qui sont des modèles d’excellence.
Chapoutier s’était converti dès le début des années quatre-vingt à la viticulture biodynamique, suivant en cela l’exemple de celle qui est certainement pour moi le plus grand vigneron de la planète, Lalou Bize-Leroy. Femme de convictions au caractère trempé, elle avait quitté avec fracas le Domaine de la Romanée-Conti dont elle est co-propriétaire pour reconstituer un double domaine :

 

crédits photo d’ouverture : http://www.brevesdefemmes.fr/

 

Leroy en Côte de Nuits et Auvenay en Côte de Beaune. Quand elle décida de choisir ce mode de viticulture, au début des années 90, la Bourgogne était comme on l’a vu loin d’avoir abandonné ses pratiques productivistes. Beaucoup voyaient dans ces principes bio, où l’on associe le respect des rythmes lunaires à des préparations homéopathiques, une lubie de rêveurs soixante-huitards. Qu’une femme aussi célèbre que Lalou Bize-Leroy choisisse d’appliquer ces méthodes paraissait incroyable. Lorsque le mois de juillet 1993 fut marqué par une terrible attaque de mildiou, que Lalou, se refusant à utiliser des traitements chimiques, eut du mal à maîtriser, beaucoup de vignerons nous disaient « vous voyez, ces méthodes ne marchent pas ». Pourtant, au prix d’un travail incroyablement minutieux et d’un tri à la vigne drastique, Lalou fit des vins en 1993. La plupart des critiques internationaux étaient passés à côté de ces vins miraculeux, ils nous avaient émus dès leur naissance. J’ai eu la chance de déguster plusieurs fois avec Lalou ce millésime de toutes les difficultés. Ses vins transmettent avec une précision et une tension incroyable la quintessence à coup sûr, l’âme certainement, de leurs terroirs.

 

A Beaune : Le Jardin des remparts


[row] [col width= »four »]
Menu de 29 à 91 euros
Du mardi au samedi de 12h à 13h30, et de 19h à 21h30

10 rue de l’Hôtel Dieu
21200 Beaune
03 80 24 79 41

[/col] [col width= »six »]

Mis sur le devant de la scène gastronomique par Roland Chanliaud, le Jardin des Remparts continue son histoire gourmande beaunoise avec l’ex second de la maison, Christophe Bocquillon né sous de bons auspices: à 28 ans ce lutin des poêlons est déjà la tête dans les étoiles, et son menu à 29 euros du midi décoiffe: oeuf cuit à basse température sur une crème de coco de paimpol fumée, couronnée de petits poivrons doux, et d’une salade, donne le ton: on en apprécie le contraste entre moelleux, croquant avec une touche de fraîcheur; voilà une entrée tonique qui possède une assise douillette. La daurade escortée d’une polenta aux chanterelles et d’une mousseline de champignons réveillée par un zeste de citron confit a du jump et de la percussion. Les cuissons sont justes, les goûts bien soutenus et les fins de bouche se révèlent d’une grande élégance. Le soufflé aux coings continue sur la lancée avec ce qu’il faut de concentration et d’aérien. Côté cave, une demi bouteille de Chassagne Caillerets 2011 de Fontaine Gagnard énergique et soyeuse, et une demi du Domaine Dujac 2009 Gevrey, Combottes au tanin enrobant donnent le change. Le reste de la carte est de la même veine. A conseiller sans modération!

À LA CARTE :

  • Cannelloni Végétal de Panais et Topinambours
  • Tartare de Charolais et Huitres Gillardeau, Écume de Mer, Selon Roland Chanliaud
  • Turbot Rôti en Croute de Pieds de Cochon, Échalotes et Genièvre Frais
    des Hautes Côtes de Beaune
  • Entrecôte de Cross Angus, Millefeuille de Cèpes et Œufs de Féra Fumés
  • Riz au Lait Crémeux, Poires William, Poivre Sauvage de Madagascar,
    Crème Glacée au Lait concentré

 

RÉSERVER[/col] [/row]


Crédits photo d’ouverture : cecj2.com

Touche pas à mes vins d'or

Un projet de Ligne à Grande Vitesse (LGV) au sud de Bordeaux menace de disparition les grands vignobles de Sauternes et Barsac. Une fois de plus les pouvoirs publics avancent à l’aveugle, sans concertation et sans réflexion.
Voici le communiqué que nous a adressé le syndicat.
Les grands vins liquoreux de la Gironde vont-ils disparaître ?
Un projet de construction d’une ligne ferroviaire nouvelle pour des TGV, allant de Bordeaux à Toulouse et de Bordeaux à Dax, constitue une terrible menace pour le Sauternais. Cette Ligne à Grande Vitesse (LGV) détruira 5.000 hectares de nature, de vie sauvage, de forêts, de terres agricoles, dans les départements de la Gironde, des Landes et du Lot et Garonne. En outre, elle fera disparaître des grands vignobles dans le sud de la Gironde, notamment ceux des Graves, de Sauternes et Barsac.
Pourquoi ? En saccageant la vallée du Ciron et de ses affluents, la LGV va trouer la forêt-galerie qui protège ces rivières du soleil, donc de la chaleur. Et c’est justement la fraicheur de ces eaux ainsi conservée qui créé, en arrivant sur les terres chaudes du Sauternais, le phénomène de condensation et les fameux brouillards qui génèrent la « pourriture noble ».
Cette LGV constitue un arrêt de mort pour des crus connus depuis des siècles et pour certains classés en 1855, dont la réputation planétaire doit tout à ce micro-climat si particulier du Sauternais. Depuis des années, de multiples oppositions se sont manifestées contre ce projet destructeur. Mais en vain.
Et pourtant, les dégâts occasionnés par la LGV sont irréparables : zones classées dévastées, pollutions, chantier considérable, bruits infernaux, gaspillage d’énergie, et tout cela pour gagner quelques minutes sur des trajets peu fréquentés, pour des billets de train hors de prix.
Ce projet de LGV en Gironde est ruineux pour l’économie, honteux pour l’écologie, mortel pour le vignoble.
C’est pourquoi l’ODG de Sauternes et Barsac et le Conseil des Crus Classés en 1855 appellent le public et la presse à se mobiliser contre ce projet, AVANT LE 08 DECEMBRE, en diffusant l’information et en donnant un avis négatif sur le site de l’enquête publique :
Registre internet de l’enquête d’utilité publique


À lire aussi sur le blog bonvivant :
Le sauternes a-t-il encore une chance ?
Mais que se passe-t-il à Sauternes ? Convenons que Bernard Magrez, les associés Bernard-Neipperg-Peugeot-Planty ou Silvio Denz ne sont pas des perdreaux de l’année. Quelle drosophile culottée les pique soudain ? Voilà qu’ils investissent à Sauternes… Lire la suite

Dégustation verticale du vosne-romanée Les Suchots Domaine Confuron-Cotetidot


Cette dégustation verticale s’est faite au domaine fin octobre 2014, mais pour le millésime 1978 j’ai ouvert une semaine plus tard une bouteille de ma cave, encore plus chanceuse, et le commentaire et la note se rapportent à cette bouteille.


[col width= »six »]

À LIRE >Vosne-Romanée Les Suchots du Domaine Confuron-Cotetidot : voyage au cœur du plus grand des premiers crus de Bourgogne… >Vosne-Romanée Les Suchots du Domaine Confuron-Cotetidot : la viticulture et la vinification…



[/col]


2012 18/20

Le vin sera mis en bouteille en septembre. Ce fut une petite récolte d’environ 20hl/ha, marquée par un printemps et un été humides , rendant les traitements très délicats et le feuillage pas très reluisant. Mais le retournement climatique et une longue patience ont permis de récolter des raisins parvenus à jolie maturité sur les terres maigres, les terres grasses ayant dévissé. L’ensemble est né fort séduisant, marqué par une très belle couleur profonde, des arômes larges, francs, épicés et balsamiques, avec une touche de poivre donnée par la rafle, une texture généreuse et harmonieuse, sans la moindre réduction, plaie des vinifications modernes ! Ce n’est pas très corsé mais la race aromatique du cru est bien présente avec des notes de rose ancienne en formation. Le tannin est typique des vins du domaine, un rien rugueux mais sans sécheresse, s’assouplissant après une très longue aération (trois heures ou plus).


2011 16,5/20

Superbe printemps mais été fort pluvieux, viticulture très délicate dans le contrôle de l’herbe et la préservation de l’état sanitaire des raisins. Il a fallu beaucoup trier la vendange, mais une petite quantité de raisins (moins de 20hl/ha) est parvenue à bonne maturité.
Robe moins riche et un peu plus évoluée que celle du 2012. Le nez est encore réservé et affaibli par une mise en bouteille encore récente. Le tannin de rafle semble plus agressif, mais la forme du vin montre la tension et la droiture propre aux vins du domaine. Le vin restera sans doute un peu austère, exigera une mise en carafe plusieurs heures avant le service pour assouplir les sensations tactiles.


2009 18/20

Temps variable jusqu’à la mi-août mais remarquablement favorable après, vendanges parfaites vers les 27/28 septembre, degré naturel supérieur à 13°.
Grand vin puissant et onctueux, large, sans réduction (merci au long élevage !), contrastant avec le sérieux du tannin. Finale légèrement mentholée, ce qui lui donne une fraîcheur étonnante pour autant de maturité de raisin, ensemble noble, terrien, énergique, venant des profondeurs. Une fois la matière domptée par le temps cela devrait faire une bouteille remarquable, digne des grands millésimes du passé.


2008 17/20

Millésime froid, vendanges d’octobre.
Voici le premier millésime où le caractère aromatique propre aux Suchots commence à se développer suffisamment, avec des notes de roncier, d’épices douces, de chocolat noir et une touche de menthe. Le tout donne une sensation fumée et empyreumatique très racée, liéé à la nature des marnes jaunes du terroir bathonien. Vin de fond, très intéressant sur le plan tactile, remarquable pour le millésime. On peut commencer à en parler mais pas vraiment encore à le boire…


2007 17/20

Millésime chaud, très précoce au début du cycle, ralenti par un été froid et pluvieux puis à nouveau chaud pendant les vendanges, à l’opposé du 2008. Pour atteindre la pleine maturité il a fallu allonger le cycle végétatif jusqu’au 15 septembre, soit plus de 115 jours après floraison.
La robe commence à tuiler et à se dégrader mais certainement pas le nez, très noble, très ouvert, avec des notes florales mêlées d’épices, de nuances de tabac, de truffe, superbement Suchots et Confuron ! Grand vin de haute tradition, sans concession, donnant des émotions à tout amateur un tant soit peu cultivé ou instinctif. Vin de consensus, au début de sa carrière.


2005 18,5/20

Année idéale pour le vigneron, vendange parfaite d’état sanitaire et de maturité. Rendements faible, 25hl/ha.
Grande robe profonde, comme celle du 2012, nez plus discret que la matière, énorme, somptueuse de texture et d’éclat en fin de bouche. Vin cathédrale, vinifié sans concession, au futur garanti, qu’il faut continuer d’attendre en cave.


2003 18/20

Eté caniculaire, cycle végétatif extraordinairement précoce. La côte fe Nuits a eu la chance d’être décalée de 8 jours sur la côte de Beaune et de bénéficier de pluies providentielles dès la fin août. Le raisin comme la feuille se sont métamorphosés à une vitesse éclair. Toute petite récolte (moins de 20hl/ha).
Grand vin original, au fort arôme de truffe, et à la texture incroyablement veloutée, exotique par rapport au classicisme du pinot noir. On pense à Pomerol ! Tannin enveloppé, sève magnifique, persistance hors norme. Contrairement au 2005 on peut commencer à le consommer car sa fin de bouche sensuelle n’a pas la raideur habituelle du tannin de rafle. Vin grandiose mais à ne pas mettre entre toutes les mains.


1999 18,5/20

Récolte facile à vinifier, relativement abondante, mais le travail des vignes et du sol propre au domaine a ici protégé le vin de la petite dilution qui ternit bien des vins du millésime.
Sublime coup de nez, très « Romanée », rappelant la pivoine ou la rose ancienne, suavité remarquable, grande longueur, exceptionnelle race de pinot noir entier mais fin ! On n’oublie pas un vin d’une telle séduction et d’une telle intégrité. Il se gardera encore longtemps mais il n’est pas criminel de commencer à le boire.


1996 17/20

Volume généreux de récolte, pour le domaine, près de 35hl/ha. Climat assez froid mais lumineux et très venté, forte acidité du raisin même cueilli à maturité complète.
Parfaitement suchots au nez, sur des notes de ronce, de chocolat noir et d’épices, plus impressionnant que la bouche. Une pointe d’acidité encore trop marquée la simplifie un peu mais on ne peut qu’admirer la pureté et la netteté de la forme, la droiture du tannin et la classe de la retro olfaction. Un vin distingué, encore un peu fringant, pour amateurs. Il fera un grand vieillard dans une vingtaine d’années.


1993 18/20

Nez parfait, expressif, complexe, avec une petite note saline caractéristique, des nuances originales rappelant pour certains le beurre de cacahuète. Mo palais est davantage sensible à la finale mentholée et aérienne, qui est une transformation du tannin de rafle et qui donne un envole et une fraîcheur que les vins de vinifications chaudes n’approcheront jamais. Une merveille de sincérité.


1988 17/20

Millésime classique et tardif du domaine, qui fut un des rares à vendanger un raisin mûr, ce que permettait une fin de saison éblouissante jusqu’à la toussaint !
Ample, sérieux, épicé, construit, plus austère que le 1993, fait pour la table. A point si on le carafe deux heures à l’avance.


1987 16,5/20

Millésime difficile et ici parfaitement réussi avec la collaboration de Guy Accad, conseiller œnologique du domaine, discuté et caricaturé par tous ceux qui ne l’ont pas connu.
Tout à fait étonnant de puissance pour le millésime, très homogène, construit, complexe, terrien épicé et encore jeune. Lui donner le temps de se développer dans le verre. Peu de côtes de Nuits ont été vendangés à ce degré de maturité.


1983 17,5/20

Millésime vraiment tordu marqué par des grêles, des développements de toute sortes de maladie, mais la toute petite quantité de raisins a donné aux meilleurs une forme monumentale.
Nez grandiose et complexe de champignon et de sous-bois, fortement truffé, exotique comme le 2003 mais ici rappelant plus le Piémont et le nebbiolo que le merlot de Pomerol. Violent, sans finesse mais terriblement dense, tendu, musclé, et doté d’un soutien tannique épique qui ne plaira pas à tous : il faut le juger à table, sur du gibier, et aimer les beaux monstres pour l’apprécier à sa vraie mesure .


1978 18,5/20

Toute petite récolte tardive (fin octobre) et mise pour une fois dans 100 de fûts neufs du tonnelier local d’alors, Beaudinet, à partir de bois de la forêt de Citeaux. J’ai eu la chance de le déguster depuis sa naissance et je n’ai jamais retrouvé depuis de grains plus adaptés à ce type de vin issu de raisins non égrappés. Très poivron à son départ (on n’accepterait plus ce caractère) il a merveilleusement évolué !
Nez sublime rappelant la rose ancienne, où le végétal de naissance s’est métamorphosé en essence de pinot noir, subtil, long, plus en parfum qu’en corps, ce qui ne surprendra personne, mais qui est bien dans le génie du cépage. Le charme incomparable d’un grand Vosne, parvenu à glorieuse maturité en bouteille.