Entre Lausanne et Montreux, le plus grand vignoble de Suisse déroule plus de huit cents hectares de vignes plantées en surplomb du lac Léman. Les paysages des terrasses de Lavaux, que l’on peut admirer depuis le Lavaux Express ou le Lavaux Panoramic, petits trains serpentant à flanc de collines entre Lutry et Saint-Saphorin, sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007. C’est avec la complicité des vignerons de cette région viticole sur laquelle règne le chasselas que le Beau-Rivage Palace de Lausanne a décidé de mettre les meilleures cuvées suisses à l’honneur sous la conduite enthousiaste de son chef sommelier, Thibaut Panas. Originaire de Troyes et formé à Châlons-en-Champagne, ce jeune homme de 29 ans a débuté sa carrière à Epernay auprès de la maison Moët Hennesy. Il est en charge de la cave du Beau-Rivage, l’une des plus prestigieuses de Suisse, depuis deux ans. Sa parfaite connaissance des vins de la région a été distinguée par le guide Gault et Millau 2014 qui lui a décerné le titre de « sommelier de l’année » (en lire plus ici).
Rachat de Billaud-Simon
Originaire de Nuits-Saint-Georges, point de départ de la constitution de son domaine viticole en 1825, la famille Faiveley est propriétaire en Côte de Nuits et Côte de Beaune (Domaine Faiveley) ainsi qu’en Côte chalonnaise (Domaine de la Framboisière). Aujourd’hui, elle est désormais implantée à Chablis où elle vient d’acquérir l’historique Domaine Billaud-Simon (1815), une propriété dont les vingt hectares portent sur quatre grands crus (Les Clos, Les Preuses, Vaudésir et Les Blanchots), quatre premiers crus (Montée de Tonnerre, Mont-de-Milieu, Fourchaume et Vaillons), ainsi que des chablis et petit-chablis. Erwann Faiveley, qui a succédé à son père François en 2005 et représente la septième génération de sa famille, confirme ici sa volonté d’offrir des vins qui révèlent au mieux la diversité des grands terroirs bourguignons. « Nous sommes heureux et fiers de cette acquisition. Le Domaine Billaud-Simon est une grande signature chablisienne que nous aurons plaisir et honneur à développer. Dans la continuité de Bernard Billaud, nous nous attacherons à affirmer un style de vins précis, francs et minéraux, l’expression des grands climats kimméridgiens de Chablis. »
Ruinart, 250 ans de rosés
Le livre de comptes de l’historique maison de Champagne Ruinart, fondée en 1729, témoigne d’une expédition de champagne rosé dès 1764. A la date du 14 mars, une belle écriture déliée mentionne l’envoi d’un « panier de 120 bouteilles dont 60 bouteilles œil de perdrix », terme indiquant que la couleur du vin était d’un rose délicat. Outre ce livre, diverses correspondances attestent d’« une multitude de déclinaisons et d’essais œnologiques autour de la recherche de goût, d’arômes et de la couleur idéale. Ce qui était vraisemblablement au début un rosé de macération va donc évoluer pour devenir un rosé d’assemblage. » Au fil des siècles, différentes façons d’obtenir un champagne teinté (par exemple, grâce à certaines baies de sureau) seront donc testées et la palette de couleurs de ces vins restera longtemps très large. Pour décrire leur robe, on se sert alors des mots de « roset, œil de perdrix, rozet, paillé, clairet et même cerise ». Vers la fin du XVIIIe siècle, l’expression « œil de perdrix » perd l’avantage et « rozet » devient plus courant. Au début du XIXe, François-Irénée Ruinart, petit-fils du fondateur, lègue à ses fils tout le savoir-faire de Ruinart dans un manuel où il présente le champagne « rosé » comme un vin précieux proposé par la Maison à ses clients les plus connaisseurs. Enfin, les chefs de Maison successifs ayant fait le constat que ni la macération, ni l’ajout de teinte dans le champagne blanc ne répondaient à leurs attentes, la méthode d’assemblage, aujourd’hui technique traditionnelle de l’appellation, est définitivement adoptée par Ruinart au milieu du XIXe siècle.
Éloge d’un tout petit vin
Vers Istanbul. Trois heures et quelques de vol au-dessus d’un tas de pays. Un plateau-repas. Pourquoi ai-je demandé du vin rouge ? Un vieux réflexe de province ? Non, non. Un goût immodéré pour l’expérimentation même si, même si. Finalement, non, ce n’était pas couru d’avance. Cette grosse mignonnette en plastique dur contenait un vin…lire la suite.
Enchères en ligne, vingt beaux résultats
Au cours du premier semestre 2014, dix ventes aux enchères électroniques se sont tenues sur le site de ventes en ligne iDealwine qui ont permis à 15 725 lots de trouver preneur auprès d’amateurs enchérissant depuis trente-cinq pays différents. Au palmarès des flacons les plus chers (à retrouver ici dans son intégralité), Bordeaux occupe soixante places sur cent pendant que la Bourgogne aligne des records de prix. Première du Top 20 des plus belles adjudications du semestre (voir ci-dessous), une caisse panachée du domaine de la Romanée Conti a été vendue 30 664 € à un amateur de Hong Kong. La bouteille la plus chèrement acquise est bordelaise, flacon historique de Château Mouton Rothschild 1945 adjugé plus de 9 000 € à un acheteur français.
1 – Domaine de la Romanée-Conti 2010, caisse panachée (1 bouteille Romanée-Saint-Vivant,
1 bouteille Richebourg, 1 bouteille Grands-Echézeaux, 1 bouteille Montrachet, 1 bouteille Corton,
3 bouteilles La Tâche, 2 bouteilles Echézeaux, 1 bouteille Romanée-Conti) adjugée 30 664 € le 2 avril.
2 – Château Haut Brion 1945, 12 bouteilles adjugées 30 000 € le 28 mai.
3 – Caisse Carré d’As 2000 (2 magnums Château Margaux, 2 magnums Château Haut Brion,
2 magnums Petrus, 2 magnums Château Latour) adjugée 23 588 € le 19 mars.
4 – Caisse Carré d’As 2000 (4 bouteilles Petrus, 4 bouteilles Château Margaux, 4 bouteilles Château Haut Brion, 4 bouteilles Château Latour) adjugée 18 045 € le 19 mars.
5 – Petrus 1989, 6 bouteilles adjugées 15 000 € le 28 mai.
6 – Château Haut Brion 1989, 12 bouteilles adjugées 12 030 € le 30 avril.
7 – Petrus 2008, 6 bouteilles adjugées 10 733 € le 19 mars.
8 – Château Mouton Rothschild 1945, 1 bouteille adjugée 9 081 € le 16 avril.
9 – Château Cheval Blanc 1990, 12 bouteilles adjugées 8 963 € le 19 mars.
10 – Romanée-Conti 1996, Domaine de la Romanée-Conti, 1 bouteille adjugée 8 020 € le 19 mars.
11- Petrus 1997, 6 bouteilles adjugées 6 841 € le 22 janvier.
12 – Caisse Bordeaux 2005 (1 bouteille Château La Mission Haut-Brion, 1 bouteille Château Margaux, 1 bouteille Château Latour, 1 bouteille Petrus, 1 bouteille Château Mouton Rothschild,
1 bouteille Château, d’Yquem, 1 bouteille Château Cheval Blanc, 1 bouteille Château Haut Brion, 1 bouteille Château Lafite Rothschild) adjugée 6 605 € le 19 mars.
13 – Petrus 1982, 2 bouteilles adjugées 6 605 € le 16 avril.
14 – Romanée-Conti 2004, Domaine de la Romanée-Conti, 1 bouteille adjugée 6 600 € le 11 juin.
15 – Château Lafite Rothschild, 12 bouteilles adjugées 6 120 € le 30 avril.
16 – Romanée-Conti 1981, Domaine de la Romanée-Conti, 1 bouteille adjugée 5 897 € le 22 janv.
17 – Romanée-Conti 1986, Domaine de la Romanée-Conti, 1 bouteille adjugée 6 000 € le 28 mai.
18 – Romanée-Conti 1983, Domaine de la Romanée-Conti, 1 bouteille adjugée 5 760 € le 28 mai.
19 – Petrus 2008, 3 bouteilles adjugées 5 400 € le 11 juin.
20 – Caisse Prestige 1994 (2 bouteilles Petrus, 2 bouteilles Château Cheval Blanc, 2 bouteilles Château Lafite Rothschild, 2 bouteilles Château Mouton Rothschild, 2 bouteilles Château Latour,
2 bouteilles Château Margaux), adjugée 5 296 € le 30 avril.
Source chiffres et photo : iDealwine, bilan semestriel enchères on-line 2014.
Du jazz à la belle étoile
Ce vendredi, ainsi que le 14 août, Jean-Luc et Elisabeth Dumoutier, propriétaires du domaine provençal de l’Olivette, accueilleront les amateurs pour la quatrième édition de leur proposition estivale Jazz en vignes. Si ces deux soirées débuteront à 20 h 30 par un apéritif dédié à la dégustation des vins du domaine, accordés à des spécialités provençales telles que tapenades, anchoïades, pissaladières, le public peut arriver dès la fin de l’après-midi pour visiter en calèche ce vignoble de
55 hectares en appellation bandol qui appartient à la famille Dumoutier depuis deux siècles.
Jazz en vignes 2014.
25 juillet, 21h30 : Al Copley Trio.
14 août, 21 h 30 : Fabrice Eurly Duo.
30 € la soirée, plus d’informations et réservation ici.

Nicolas Feuillatte à l’heure de la succession
Directeur général depuis vingt ans du Centre Vinicole – Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF), Dominique Pierre a décidé de faire valoir ses droits à la retraite à la fin de cette année. Pour lui succéder à la direction de cette union de coopératives, la plus importante de Champagne, qui rassemble plus de 5 000 vignerons adhérents, le conseil d’administration a désigné à l’unanimité, Julie A. Campos, directrice commerciale du CV-CNF depuis mars 2011 (en photo ci-dessus). C’est avec lʼobjectif de poursuivre la stratégie engagée que Véronique Blin, présidente du CV-CNF, a proposé cette candidature. Forte de son expérience professionnelle en France et à l’international, Julie Campos saura apporter à la coopérative et à sa célèbre marque « le dynamisme et la direction nécessaires pour accompagner leur développement. »
Dévoilés en mai dernier, lors de la dernière assemblée générale, les beaux résultats de la marque Nicolas Feuillatte pour 2013 ont conforté les performances des exercices précédents. Le CV-CNF a dégagé un résultat net de 17,77 millions d’euros et son chiffre d’affaires a atteint 209,5 millions d’euros. Avec 9,9 millions de bouteilles commercialisées, la marque Nicolas Feuillatte a largement rempli ses objectifs. 43 % des ventes se sont faites à l’export, avec des scores records sur deux de ses marchés historiques, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, et des positions améliorées en Europe du Nord, au Canada, au Japon, en Afrique et à la Réunion. Cette assemblée a également été l’occasion de dévoiler le projet du nouveau siège social de l’entreprise dont les travaux débuteront ce semestre.
Dominique Pierre avait alors rappelé que « depuis son origine, l’activité du Centre Vinicole–Champagne Nicolas Feuillatte n’a cessé de croître, tant en matière de prestation aux adhérents que de développement commercial. Bien sûr cela n’a été possible que grâce aux apports, à la confiance et à la fidélité de nos adhérents (en lire plus ici sur les approvisionnements), mais également grâce à leur compréhension des enjeux de demain. » Structure solide et pérenne grâce à ces vignerons dont Véronique Blin dit qu’ils sont devenus de « véritables partenaires », le CV-CNP compte poursuivre sa progression de façon réfléchie « en explorant tous les axes de développement » qui sauront le porter plus loin encore. Le grand public peut découvrir l’univers de cette coopérative et l’élaboration du champagne Nicolas Feuillatte grâce à ce circuit de visite certifié tourisme durable.

Les deux cuvées en photo ci-dessus sont les propositions d’été de David Henault, chef de caves de Champagne Nicolas Feuillatte. Le dernier millésimé de la marque, Brut Chardonnay 2006 (35 €, prix indicatif) et le champagne Brut Rosé Nicolas Feuillatte (30 €, prix indicatif)
Château Dauzac, la MAIF à 100 %
Les Vignobles André Lurton viennent de se retirer du capital de la société d’exploitation de Château Dauzac (Margaux) dont ils étaient actionnaires à hauteur de 42 % (en lire plus ici). Acquéreur de Château Dauzac en 1988, la Mutuelle d’assurance des instituteurs français (MAIF) avait confié la régie du domaine aux Vignobles André Lurton en 1992. Drainage des sols, vendages parcellaires ou encore construction d’un nouveau chai figurent au rang des soins prodigués à cette propriété depuis plus de 20 ans. Après cette renaissance du vignoble menée en commun, la MAIF reprend seule la direction opérationnelle du château. Directeur général de Château Dauzac depuis mars 2013, Laurent Fortin poursuit le développement de la notoriété de ce grand cru classé en 1855 avec l’objectif de le faire figurer « parmi l’élite » de sa catégorie (en lire plus dans cet article de Sud-Ouest).
Calon-Ségur au XXIe siècle
Après avoir fait ses débuts, au XVIIIe, en tant que propriété chérie du marquis de Ségur, qui possédait également Latour, Lafite et Mouton, Calon-Ségur a traversé tout le vingtième siècle aux mains de la famille qui l’acquit en 1894. Après la mort de Denise Gasqueton en 2011, ce très préservé domaine a été racheté par une filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa, la société Suravenir (en lire plus ici et là).
La direction technique, confiée en 2006 à Vincent Millet par Madame Gasqueton, est restée inchangée. Le programme de renouvellement du vignoble a donc pu se poursuivre pendant que des travaux de rénovation de grande ampleur étaient menés dans ces lieux historiques, adossés au bourg de Saint-Estèphe et entièrement clos. Tout récemment Calon-Ségur a été doté d’un site internet à sa mesure, dont les photos ne sont pas le moindre des charmes. Ce voyage au cœur de l’un des plus anciens domaines du Médoc qui, habité par ses propriétaires, ne recevait pas le public, est à apprécier ici.
Un champagne au sommet
De dîners sous les étoiles sur le toit d’un immeuble parisien en construction en dîners étoilés aux accords conçus par de grands chefs, la maison de Champagne Krug ne cesse de faire à ses amateurs d’insolites et insolentes propositions. La dernière en date met encore Paris à l’honneur. Depuis la terrasse panoramique de la suite située au septième et dernier étage de l’hôtel Shangri-La, la vue sur la tour Eiffel toute proche est époustouflante. Chaque soir, dans ce décor privilégié, initiés ou novices peuvent découvrir les différentes cuvées de la maison Krug, accompagnées de caviar Petrossian (450 € pour deux, avec une bouteille de Krug Grande Cuvée). Réservation indispensable au 01 53 67 19 98.
Krug at Shangri-La Rooftop Lounge, de 17 h à 23 h 30, jusqu’au 6 août.
Shangri-La Hotel Paris, 10, Avenue d’Iéna, 75116 Paris.










