Ce jeudi, ce n’est plus dans un château mais dans une abbaye datant du XIe siècle (celle de Bassac,
en Charente) que se déroulera la neuvième édition de « La Part des Anges », vente aux enchères de cognacs exceptionnels à destination des collectionneurs du monde entier dont les bénéfices vont chaque année à deux associations caritatives, l’une au niveau international, l’autre agissant au niveau local. Encore une fois, tous les acteurs de la filière du cognac, négociants et verriers, viticulteurs et tonneliers, feront partie des des centaines de convives qui assisteront au dîner de gala, élaboré cette année par les chefs des maisons de négoce de Cognac, uniquement avec des produits locaux.

Sous le marteau de Me Vincent Gérard-Tasser, les vingt-cinq lots présentés devraient être adjugés à des prix record, les résultats de cette vente ne cessant d’augmenter depuis sa création en 2007. Tous ces flacons (le catalogue complet est là) contiennent des eaux-de-vie exceptionnelles, assemblées par les maîtres de chai des maisons donatrices*. Ce sont les « Restos du Coeur Charente » qui seront les récipiendaires de cette générosité, au même titre que « Children in Crisis », association dont la marraine, la duchesse d’York, sera présente lors de la soirée, accompagnée de sa fille la princesse Eugénie. La tradition veut également qu’une œuvre soit présentée à la vente. Cette année, elle est signée Philippe Seys, artiste et designer diplômé des Beaux-Arts vivant entre la France et la Russie, qui habille depuis plus de vingt-cinq ans les cognacs de cristal, de cuir et de bois précieux.

* Baron Otard, Normandin-Mercier, Gautier, Merlet, Hardy, Deau, Braastad, Léopold Gourmel, Frapin, Larsen, Pierre Ferrand, Martell, Meukow, ABK6, Hennessy, Hine, Rémy Martin, Château Montifaud, Courvoisier, Dupuy, Delamain, Prince Hubert de Polignac, Louis Royer, Godet, François Voyer.
Le grand soir du cognac
Part des Anges 2014, une dame-jeanne.
Ce soir, lors de la neuvième édition de la vente aux enchères caritative « La Part des Anges »,
vingt-cinq lots exceptionnels seront présentés à la vente à des collectionneurs du monde entier
(le catalogue est là). Parmi ces dons, le cadeau de la maison Prince Hubert de Polignac est une part d’histoire du cognac. Evoquant les racines de la maison autant que la longévité de ses eaux-de-vie,
la dame-jeanne en photo ci-dessus était conservée jusqu’alors au Paradis, ce fameux chai qui abrite
les eaux-de-vie les plus anciennes d’une maison (en lire plus ici) et dont le nom est aussi poétique
que celui utilisé pour nommer l’évaporation de l’alcool lors du veillissement. Mis à prix 6 000 euros, cet assemblage d’eaux-de-vie de Grande Champagne sera livré à son acquéreur conditionné en douze bouteilles de 700 ml.
Mise à jour du 21 septembre : C’est sous un tonnerre d’applaudissements que la dame-jeanne offerte par la maison Prince Hubert de Polignac a été adjugée pour 26 000 euros. C’est la deuxième plus belle enchère de la soirée après la carafe de la maison Rémy Martin (voir ici).
Part des Anges 2014, un hommage.
Parmi les flacons exceptionnels offerts par les maisons de cognac pour la neuvième édition de
« La Part des Anges » (voir le catalogue complet ici), la pièce unique signée Lalique en photo ci-dessus est un cadeau de la maison Hardy. « Quand on évoque le nom de Francis Hardy, on pense d’abord au maire de la ville de Cognac qu’il a été pendant une vingtaine d’années. On ignore souvent qu’avant d’entamer sa carrière politique, il a été le maître de chai de la maison éponyme, entre 1946 et 1973. » C’est en hommage à cet homme de conviction, « au palais fin et subtil » que la maison Hardy a souhaité faire figurer au catalogue de cette vente caritative ce cognac issu d’eaux-de-vie de Grande Champagne d’avant la Seconde guerre mondiale que Francis Hardy avait sélectionnées pour créer, au début des années 70, la cuvée Noces d’Or. Ce coffret de noyer noir centenaire abritant la carafe Trèves dessinée par Marc Lalique en 1955 est estimé 6 000 euros.
Mise à jour du 21 septembre : Figurant comme lors de l’édition précédente dans le top 5 des plus belles enchères, la pièce unique signée Lalique et dédiée à Francis Hardy offerte par la maison Hardy a été adjugée pour 12 500 euros.
Le ministre, l'œnotourismeet la loi Evin
Lundi soir, Florence Cathiard, la toute nouvelle présidente du Conseil supérieur de l’œnotourisme, recevait le ministre des Affaires étrangères, également en charge du développement de la France à l’international et du tourisme, pour la remise officielle du label Vignobles & Découvertes au pays de Bergerac (c’est une première pour l’Aquitaine, en lire plus ici et là).
« Qu’il faille faire attention en matière de santé, tout le monde est d’accord, les vignerons les premiers. Mais il faut quand même qu’ils puissent communiquer sur leur produit. Donc il faut trouver un juste équilibre. » Ces propos ne sont pas ceux d’un professionnel de la filière viticole,
mais bien ceux tenus par Laurent Fabius lors de cette soirée et cités ici par France Bleu.
Cet article de La Tribune rapporte quant à lui que le ministre, s’engageant à défendre les intérêts de l’œnotourisme, a encouragé les viticulteurs à davantage communiquer : « Il faut raconter l’histoire
de notre vignoble. » Il n’a pas exclu de demander un assouplissement de la Loi Evin (en lire plus là
sur la difficulté de transmettre la culture du vin en France) .
Les raisins de la guerre
Ce week-end, la Maison Krug participera pour la premières fois aux Journées européennes
du Patrimoine. C’est dans le cadre du centenaire de la Première guerre mondiale que les visiteurs découvriront ses caves, qui furent le lieu de vie des Rémois entre 1914 et 1918.
L’histoire de la Maison Krug a débuté en 1843 avec Joseph Krug, un homme anticonformiste et déterminé qui décida de constituer une bibliothèque de vins de réserve afin de pouvoir élaborer exclusivement des cuvées de prestige. Cette vision généreuse du champagne dans sa plus belle expression, délivré des aléas climatiques, allait bien au-delà des attentes de son époque. Les amateurs furent au rendez-vous, dans le monde entier. Six générations après lui, l’actuel directeur de la Maison, Olivier Krug, s’apprête à dévoiler un autre pan de cette histoire familiale et rémoise, les années de guerre. « J’ai partagé la préparation de ces journées avec une émotion certaine. Au-delà d’une histoire qui m’est proche, j’y ai vu le témoignage de nombreuses familles rémoises, elles aussi particulièrement touchées, courageuses et généreuses. Comme la plupart des collaborateurs de la Maison Krug, j’y trouve une source d’inspiration et de détermination constante. »
Reims sous les bombes
De septembre 1914 à novembre 1918, Reims subit 1 151 jours de bombardements. La famille Krug partage le sort de millions de Français touchés par la guerre. Elle soutient les familles de ses collaborateurs sous les drapeaux et met ses locaux à leur disposition et à celle de la population. Les Rémois se réfugient dans les caves où la vie s’organise. A la lueur des bougies et des lampes à pétrole, chacun s’occupe à lire, cuisiner, discuter, tricoter, pour passer le temps comme il le peut. Une classe est ouverte à laquelle assistent quarante enfants du quartier. Le temple de l’Église réformée tout proche étant détruit, la communauté protestante se réunit dans une des salles souterraines de la Maison, appelée “la Crypte”, pour y célébrer les offices. Témoignages de cette vie quotidienne en temps de guerre, des photographies découvertes récemment seront exposées dans les espaces souterrains de la Maison, là où elles ont été prises il y a un siècle.
Millésimes de guerre
Lorsque la guerre éclate en août 1914, la vendange s’annonce d’une qualité telle qu’on en n’avait plus vue depuis 1907. 1915 fera également un grand millésime. La récolte des raisins dans certains secteurs se fait à quelques centaines de mètres des tranchées et sous les bombardements. Mobilisé dès le début du conflit, Joseph Krug (petit-fils du fondateur) est fait prisonnier et détenu en Prusse jusqu’en 1917. Son épouse Jeanne, soutenue par le personnel présent, maintient l’activité, tout en s’engageant auprès des victimes de la guerre. Elle informe son époux de l’avancée des vendanges, de la qualité des vins, il lui transmet ses recommandations concernant les approvisionnements et les assemblages. Avec la Croix Rouge, elle soigne les soldats blessés dans les hôpitaux militaires alentour. Après la guerre, Jeanne poursuivra son engagement auprès de la population rémoise et participera notamment à la fondation de l’American Memorial Hospital pour les enfants de Reims et sa région.

L’exposition conçue pour les Journées européennes du Patrimoine a été élaborée sous le commissariat de Fabienne Moreau, historienne en charge du patrimoine de la Maison Krug. « Transmettre l’histoire de la Grande Guerre à travers celle d’une famille, d’une communauté d’employés, de soldats et de simples civils réfugiés relève d’une mission contemporaine exigeante. Plus que jamais la mémoire est l’avenir du passé. » Outre les photographies, différents éléments d’archive ont été assemblés au long d’un parcours qui s’achève sur les derniers exemplaires des millésimes 1914 et 1915.
La vie dans les caves de la Maison Krug au temps de la Grande Guerre,
samedi 20 septembre, de 10 h à 18 h et dimanche 21 septembre, de 14 h à 18 h.
Visite gratuite et accessible sans réservation.
Dans les vignesavec Seppi Landmann
A l’heure des vendanges en Alsace, le vigneron Seppi Landmann et la famille Rieflé avec laquelle il est associé depuis quelques années, ouvrent les portes de leur domaine de Pfaffenheim au public. Adultes et enfants (c’est gratuit s’ils sont moins de douze ans) sont conviés dès 7 h 30 du matin à se rendre – dans des autocars de collection – sur les parcelles à vendanger. Là, Seppi Landmann, Thomas ou Paul Rieflé leur expliqueront la manière de toucher les grappes, entre autres savoirs qui constituent l’art de vendanger. Après le déjeuner servi dans les vignes, les vendangeurs d’un jour découvriront la cave, le vendangeoir, les tonneaux en bois et les secrets du maître de chais. La participation à cette journée ouvre droit à un tarif préférentiel sur l’ensemble des vins de Seppi Landmann et fait de chaque participant un membre de l’association sans but lucratif « Les Amis du Zinnkoepflé » qui soutient chaque année un projet solidaire local.
Vendanges d’un jour 2014, 35 € avec repas, 25 € sans. Dates, informations et inscription ici.
Advini distribue Lapalu
Le groupe Advini est en charge de plus de 1 800 hectares de vignobles en France et à l’étranger (Chili, Afrique du Sud) et exporte ses vins dans plus de 90 pays. Parmi ses différents ancrages sur les terroirs viticoles français, dans le Languedoc (JeanJean, Laroche), le Roussillon (Cazes), à Châteauneuf-du-Pape (Ogier) ou à Cahors (Rigal), on trouve la maison Antoine Moueix, à Saint-Emilion. C’est via cette filiale qu’un contrat de partenariat a été signé avec les Domaines Lapalu, propriétaires de l’emblématique Château Patache d’Aux, cru bourgeois du Médoc.
Dirigée par Jean-Michel Lapalu et Marc Ferté, l’entité Domaines Lapalu est propriétaire, avec l’IDIA (Crédit Agricole), de sept châteaux en cru bourgeois dans le Médoc et le Haut Médoc. Cela représente 250 hectares, et un chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros en 2013, réalisé pour l’essentiel à l’export (50 %) et dans la restauration en France. « La totalité de cette activité sera intégrée au réseau de distribution d’Advini dans les prochaines semaines. Ce partenariat vient s’ajouter à la reprise de la distribution et la gestion technique de Château d’Hanteillan, cru bourgeois de 80 hectares (Médoc). »
Le vin, une culture
Vendredi, le caviste Lavinia emmènera un petit groupe d’amateurs à Reims, chez Krug, pour visiter le clos d’Ambonnay et celui du Mesnil ainsi que les caves de la Maison de Champagne. Mardi prochain, c’est la Napa Valley qui sera à Paris, boulevard de la Madeleine, avec le vin du domaine créé à la la fin des années 1970 par Robert Mondavi et Philippe de Rothschild, Opus One. Cette dégustation verticale des millésimes 2001, 2004, 2005, 2007, 2009, 2010 et 2011 est limitée à trente participants.
Début octobre, c’est sous forme d’horizontale que le millésime 1990 à Bordeaux sera dégusté, via onze étiquettes. On l’aura compris, les dégustations comme les cours tiennent une place centrale dans la relation que Lavinia entretient avec ses clients, qu’ils soient amateurs avertis ou néophytes.
Cette démarche de mise en avant de la dimension culturelle du vin permettant d’approfondir
sa « compréhension des cépages, des terroirs et des savoir-faire » va de pair depuis le début – en 1999 – avec « un lien fort avec les vignerons » et de parfaites conditions de stockage des bouteilles.
On découvrira ici la sélection très pointue de la foire aux vins 2014 de Lavinia et là l’agenda complet de cette fin d’année.
Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ?
Concert, promenade à dos d’âne, théâtre, dégustation de jus au pressoir, marché du terroir et, bien sûr, présentation par les vignerons des vins d’appellation cheverny et cour cheverny, on trouvera ici le programme complet des deux journées bien remplies de la Fête des vendanges de Cheverny, qui fêtait l’année dernière ses vingt ans d’AOC. Il faudra s’acquitter de 3 euros pour participer à l’une des deux propositions de randonnées dans les vignes (8 et 12 km). Il sera également possible d’y faire une promenade à dos d’âne (réservation au 06 84 25 71 69). Plus de renseignements ici.
Il ne sera plus seulement question de marcher, il s’agira aussi de courir dans le vignoble lors des Grandes Foulées du saumur-champigny qui auront lieu dimanche sur plusieurs itinéraires (8, 17 ou 35 km, renseignements et inscription ici). Organisées en clôture de la 5e édition de Festivini, festival de la culture du vin, ces courses dans les vignes seront précédées samedi d’un dîner dédié aux accords mets-vins de Saumur à l’abbaye de Fontevraud, ainsi que par de nombreux parcours ludiques et gourmands dans les caves. C’est la partie off du festival, à découvrir là.

Le vignoble médocain accueillera également des milliers de coureurs, ce samedi 13 septembre,
pour la 30e édition du Marathon du Médoc. Avec pour thème 2014 « Les Pays du monde et leurs carnavals », l’ambiance promet d’être festive. S’il n’est plus possible d’obtenir un dossard, on peut en revanche aller soutenir les candidats tout au long de la course, à partir de 10 h (au kilomètre 15) et jusqu’à 15 h 30 (au kilomètre 38). La carte de ce parcours spécialement mis en place pour les spectateurs est à découvrir ici. Les deux associations caritatives soutenues cette année sont Laurette Fugain, ensemble contre la leucémie et Parentr’aide Cancer.

On termine avec la proposition du Mas des Tourelles (Beaucaire) d’assister à ses vendanges romaines (outre ses vins “classiques” en AOC costières-de-nîmes ou IGP pays d’Oc, la propriété commercialise des vins “archéologiques”, à découvrir ici). Pressoir en bois, cuves et jarres en terre cuite et visite du site archéologique sont au programme de l’après-midi de dimanche, de 14 h à 18 h. Tarif : 5,50 euros par adulte, gratuit pour les moins de 18 ans. Tous les renseignements sont là.
Beaujolais, premiers coups de sécateurs
Sur les 16 500 hectares de vignes situés entre Lyon et Mâcon, les vendanges ont débuté en blanc comme en rouge, dans les secteurs les plus précoces du vignoble. L’interprofession (Inter Beaujolais) annonce que « 50 000 coupeurs et porteurs vont animer les rangs serrés de gamay et de chardonnay » pendant un mois, le Beaujolais étant le seul vignoble français, avec la Champagne, où les vendanges manuelles sont généralisées.
Les conditions printanières idéales de ce millésime « ont permis le bon déroulement de la floraison », et si les températures fraîches de l’été ont ralenti la maturation des raisins, « elles n’ont aucunement porté préjudice à la récolte ». L’état sanitaire du vignoble est bon et la maturation s’achève dans de parfaites conditions dans les zones les plus tardives. Le soleil de cette fin d’été permet d’envisager « une belle qualité de raisins » pour cette récolte 2014, dont le volume devrait être « légèrement supérieure à la moyenne de ces cinq dernières années. »
Crédit photo : Daniel Gillet, Inter Beaujolais.










