Accueil Blog Page 513

Le doux week-end





Ce week-end, pas moins de 51 vignerons des appellations sauternes et barsac ouvrent les portes de leur domaine au grand public. C’est évidemment l’occasion d’une belle balade aux couleurs d’automne au cœur de ce territoire viticole de 22 km2, situé à moins de 40 kilomètres de Bordeaux. C’est aussi, pendant trois jours, la meilleure façon de s’initier à la pourriture noble, ce fameux botrytis qui se développe sur le raisin et qui est à l’origine des arômes typiques des liquoreux (dont un grand amateur fait ici l’éloge).

Les vendanges enfin terminées, les vignerons seront ravis de parler du millésime en cours. Comme chaque année, Château Guiraud sera de la partie (ouverture en continu de 10 h à 18 h) avec un départ de visite prévu toutes
les 30 à 40 minutes, et des dégustations gratuites. De nouveaux grands crus classés jouent aussi le jeu, comme Château Suduiraut (en lire plus ici). Le très exhaustif site internet consacré à ces vins qui vont avec tout déroule
le programme complet de ces trois jours ici, ainsi qu’une carte interactive des châteaux et de leurs différentes propositions, accords mets-vins et expositions.


2013 selon Margaux


Inoubliable de complexité dès sa naissance, c’est ainsi que Ludovic David décrit le millésime 2013 sur le terroir de Château Marquis de Terme, le grand cru classé de l’appellation margaux dont il est le directeur général.



« Dans notre métier, nous avons coutume de dire que chaque millésime possède une vraie personnalité,
que son histoire lui est propre et que de fait, chaque vin est diffèrent. Avec bientôt 25 ans de vinifications en France, à Bordeaux, à Pomerol, à Saint-Emilion, à Margaux, en Afrique du Sud ou en Californie, je n’avais jamais connu
une telle difficulté d’appréhension des vendanges. Une quadrature du cercle à résoudre, une équation à multiples inconnues où l’objectif reste cependant irrémédiablement le même, élaborer un grand vin.
 Si nous considérons l’ensemble des difficultés rencontrées au cours de cette année 2013 la liste est bien longue, et parfois pathétique. Un printemps pluvieux et froid, de la coulure, du millerandage, du mildiou et de l’oïdium, un retard de maturité,
une présence croissante de la pourriture grise, un très faible rendement à l’hectare imputant l’équilibre économique ; de mémoire de viticulteur un tel cumul nous ramène des décennies en arrière. Dans un autre siècle.

Après une période d’attente à scruter les changements permanents de la météo, les vendanges ont commencé
avec une pression phytosanitaire et un retard de maturité considérables. Nous avions beau suivre l’évolution des anticyclones et dépressions sur l’Europe, le temps ne s’est jamais stabilisé. Chaque matin, nous oscillions entre
le besoin d’accélérer le rythme des vendanges et le désir de tout arrêter. Les merlots ont été vendangés du 2 au 4 octobre, les petits verdots les 8 et 11 octobre et, enfin, les cabernets sauvignon du 8 au 15 octobre. 

J’aime à rappeler à notre équipe que nous avons fêté la fin des vendanges le jour où nous avions prévu de les démarrer. Aléas du temps, de l’histoire du millésime, c’est notre travail de vigneron que de nous adapter à toutes les situations pour produire le meilleur vin possible. C’était une année de défis, de décisions fortes et de choix techniques minutieux. Les mots « sélection »  et « rigueur » ont rarement eu autant de sens que dans le travail de notre équipe.

Alors, quelle qualité attendre ? Le terroir est là, évidemment. Et la préparation des vignobles, grâce aux effeuillages, la maîtrise des engrais, la limitation des produits phytosanitaires, la gestion éco-environnementale de nos parcelles, le travail de sélection et le tri réalisé lors de la récolte ont fait leur effet sur les raisins. C’est cette alchimie entre graves profondes et interventions viticoles précises qui fonde la qualité de nos vins. Les derniers investissements, particulièrement l’amélioration de notre système de réception vendange et de tri au chai, nous ont permis d’être intraitables sur les raisins destinés à être mis en cuves. Indiscutablement, les techniques de vinification plus douces, plus naturelles, permettent de limiter toutes actions mécaniques et d’optimiser la texture et le soyeux des tanins. 


La nature sait nous rappeler que le vin est un magnifique produit issu de l’agriculture et non en rien un produit industriel. Il est marqué par son sol et sa climatologie à chaque millésime, et c’est ce qui lui donne la dimension historique, culturelle et patrimoniale que nous aimons et défendons. Cette année, la nature nous a rappelés à l’ordre et nous avons relevé le défi. Dans les chais, un millésime agréable, souple, de fraîcheur et d’équilibre,
est en train de se construire. Paisible, enfin.
»

Le mariage de la Bourgogne et du Jura





Avec des origines remontant jusqu’en 1632, la Maison Henri Maire est le propriétaire le plus important du Jura,
dont elle exploite 16 % du vignoble. Aujourd’hui, ce vigneron historique dans ses appellations s’unit à un autre opérateur historique, la maison bourguignonne Labouré-Roi, fondée en 1832. Cette fusion inclut aussi la société Nicolas Potel, renommée pour ses micro vinifications. Fin septembre 2013, la société Henri Maire et le groupe Cottin Frères ont conclu un accord de principe portant sur l’acquisition de la totalité des fonds de commerce et des actifs d’exploitation détenus par les sociétés Labouré-Roi et Nicolas Potel. Henri Maire avait beau avoir une passion pour le vignoble jurassien, qu’il a passé sa vie à entretenir et révéler, il n’en avait pas moins un rêve de Bourgogne. Il avait d’ailleurs ouvert un magasin au cœur de Beaune, juste en face des Hospices, il a fait de son château de Grange Grillard son « Petit Clos de Vougeot » et il avait même caressé un temps le projet de reprendre la maison Labouré-Roi. Prémonitoire. 


Cette fusion permet de créer un groupe équilibré disposant d’un fort ancrage vigneron dans le Jura, d’une expertise des vins tranquilles dans les deux régions, mais aussi des vins effervescents (dont Henri Maire est un spécialiste,
« Vin Fou » et crémants, depuis plus de 60 ans) et d’une grande maîtrise des exportations, Labouré-Roi étant fortement ancré sur certains marchés clés comme le Japon, les Etats Unis, le Royaume Uni. La distribution se fera par des réseaux traditionnels, mais aussi directement vers les particuliers, un canal que la Maison Henri Maire, fondateur de ce métier en France, maîtrise tout particulièrement. En avril 2013, la société a d’ailleurs repris la société bourguignonne Dufouleur (Père et Fils Distribution) qui achevait le travail de recomposition de son métier historique de vente à domicile. Le groupe ainsi constitué devrait réaliser en 2014 un chiffre d’affaires de plus de
50 millions d’euros (45 % à l’export / 55 % en France, 40 % en vente directe / 60% par des canaux indirects, environ 60 % en bourgognes / 20 % en vins du Jura et 20 % en autres vins).

Enfin, cette nouvelle entité viticole souligne la complémentarité entre les vignobles de Bourgogne et du Jura, proches par les cépages et la géologie – ils tous deux nés lors de l’affaissement du bassin de la Saône.
Un cousinage géographique et historique – les racines des domaines emblématiques d’Henri Maire sont liées à l’Empereur Frédéric Barberousse, comte de Bourgogne et aux moines de Cîteaux installés à l’abbaye de Balerme – désormais représenté par un groupe viticole qui portera, selon Patrick Coupier, président des Domaines Henri Maire, « les valeurs et les produits des deux vignobles dont nous sommes issus ». La mise en place de ces nombreuses synergies «  tant sur le plan technique que commercial » permettra d’assurer un développement qualitatif important. « Chaque entité gardera sa structure actuelle et sera animée par les mêmes collaborateurs.
Elle conservera ses spécificités et répondra au mieux aux demandes de ses clients.
»


2013, Michel Bettane à la sortie des vendanges. #1, Calon-Ségur

Comme chaque année, Michel Bettane fait le tour de plusieurs propriétés pour y gouter les jus du nouveau millésime et donner ses premières impressions. Première étape de cette série au château Calon-Ségur, à Saint-Estèphe.

La Wine Experience de Hong Kong, c'est parti

Après Londres, la Wine Experience de bettane+desseauve s’installe pour deux jours à Hong Kong dans le cadre de la Hong Honk Wine and Spirits Fair. Pour cette cinquième édition qui débute aujourd’hui, cinquante producteurs ont répondu présent pour présenter, faire déguster et vendre leurs vins au public Chinois, chaque année de plus en plus nombreux.

Un Rive gauche sur la Rive droite

figeac



Souvent mis en retrait des poids lourds et des derniers premiers « A » de Saint-Émilion, Figeac n’a pourtant rien à leur envier. Thierry Manoncourt a dirigé cette magnifique propriété pendant plus de soixante ans et c’est la nouvelle génération, incarnée par ses filles, qui est désormais en place. Fréderic Faye est Directeur Général et Valmy Nicolas, arrivé en début d’année 2013, est co-gérant et s’occupe de la gestion commerciale ainsi que du rayonnement et de la pérennité familiale de Figeac.
Voisin de Cheval Blanc, avec lequel il partage un terrain de graves exceptionnel, Figeac n’est pas un saint-émilion comme les autres. Pourquoi ? Grâce à son encépagement qui compte deux tiers de cabernet (35 % de franc et 35 % de sauvignon) pour un tiers de merlot. On a ainsi coutume de dire que Figeac est le plus médocain des saint-émilion. C’est vrai. Les vins sont droits, directs, sveltes et frais. Sans jamais renier ses convictions, le cru a ajouté depuis 1995 une réelle vigueur de constitution, et surtout une fraîcheur et un équilibre qui lui donnent un peu plus les qualités premières d’un grand bordeaux.
La semaine dernière Thierry Desseauve a dégusté les cinq derniers millésimes de la propriété. Les vins évoluent avec le temps, les commentaires aussi. Sans attendre plus longtemps, les voici.

Figeac 2008
Robe profonde, nez de merrain, vinosité et nerf, bon tanin fin, allonge svelte, tanin élégant, du style mais à l’opposé des saint-émilion de séduction.
Apogée : 2014 à 2024
16/20

Figeac 2009
On poursuit dans l’élégance nerveuse. Pas de chair opulente, mais un vin très racé, brillant même, dans un registre unique en son genre. C’est svelte et intense, avec aussi un refus de l’éclat aromatique presque assumé.
Apogée : 2016 à 2026
17/20

Figeac 2010
Certainement le plus complet et racé, c’est le millésime le plus taillé pour la garde. Il y a du corps, de la chair, de la profondeur, de l’acidité (mais de la bonne) plus que de la fraîcheur.
Apogée : 2018 à 2035
18/20

Figeac 2011
Très précis, de l’éclat, fraîcheur fruitée, tanin précis, allonge souple et racée.
Apogée : 2023 à 2031
17,5/20

Figeac 2012
Souple, racé, bon fruit, intensité presque gourmande, de l’allonge et de la fraîcheur.
17/20

Photo : Château Figeac

Le Bristol tient salon



La première a eu lieu le 3 octobre. C’était avec Franz-Olivier Giesbert. Ce jeudi soir, c’est avec Philippe Labro
que se poursuivent les rendez-vous mensuels du Bristol avec les étoiles de la littérature et celles de la table
(à suivre Amélie Nothomb le 3 décembre, Eric-Emmanuel Schmitt le 9 janvier, Hélène Carrère d’Encausse
le 6 février et Jean-Christophe Rufin le 20 février). Chacun de ces écrivains est invité à partager, dans le salon Castellane et en compagnie de quatre-vingt convives, un dîner conçu par le chef triplement étoilé Eric Frechon
et accordé à un vin qui sera accompagné par son propriétaire. On peut réserver une table pour deux, classique, mais aussi pour dix, ce qui est sans doute plus indiqué. Chacun de ces heureux dîneurs repartira avec un ouvrage dédicacé de l’auteur présent ce soir-là et une bouteille du vin dégusté, qui sera commenté par le chef sommelier des lieux, Marco Pelletier. C’est le journaliste Olivier Barrot, à l’initiative de ce projet avec son ami de longue date Didier Le Calvez (PDG du Bristol), qui jouera les maîtres de cérémonie tout au long de cette chaleureuse saison. 


260 € la soirée (19 h 30 – 22 h 30). Réservations au 01 53 43 43 40.

31e édition des Rencontres Vinicoles, la vidéo

Créé en 1997 à Paris par Sophie Morgaut-Lejeune, fondatrice de l’agence Force 4, le salon des Rencontres Vinicoles propose aux professionnels des dégustations de très haut niveau.
La 31ème édition s’est déroulé le 22 octobre 2013 dernier au Pavillon Kléber, en partenariat avec l’Association des Sommeliers de Paris. Elle a réuni près de 1200 visiteurs venus déguster plus de 120 domaines et Châteaux d’exception. Cette édition était parrainée par le chroniqueur télé et humoriste Gaspard Proust. Ce dernier a remis le Prix Pampre aux lauréats, La Maison Joseph Mellot en Blanc, Le Domaine Parent en Rouge et le Champagne Bonnaire. Voici un aperçu de la soirée en vidéo.

Aberlour fête la Saint-Hubert





Comme chaque automne depuis quatre ans, pour fêter le patron des chasseurs, la marque de whisky Aberlour
tient un restaurant éphémère aux Buttes Chaumont, le «Aberlour Hunting Club» (dans un restaurant pas du tout éphémère appelé Le Pavillon du lac). Y sont proposés aux amateurs des accords entre single malts et gibier concoctés par un spécialiste de la question, le chef étoilé (x3) Eric Pras qui officie habituellement à la maison Lameloise, à Chagny. On pourra y découvrir le 18 ans d’âge double maturation (en fûts sherry et bourbon) de la maison dans deux nouvelles versions, l’une dédiée au sherry et l’autre au bourbon, proposées dans un coffret
en édition très limitée (quinze pièces seulement). 


Aberlour Hunting Club, 150 euros le dîner, sur réservation.

Deux provences, mais pas de rosé



Le 8 du Château Les Valentines
Un blanc très joli à regarder avec ses fines nuances roses. Un vin gras, ample, aromatique, avec du caillou en bouche, du caillou qui a eu chaud cet été-là, une minéralité très provençale ; plus loin, une note épicée. On est en Provence, pas à Chablis, ce n’est pas un monstre de tranchant ou de vivacité. Mais dans le suave, la partition est bien exécutée. C’est très bien fait. C’est un vin d’appellation…lire la suite