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La journée du gamay





Un gros rendez-vous professionnel, qui n’en reste pas moins ouvert aux amateurs avertis, a lieu aujourd’hui
dans le Beaujolais avec l’édition 2013 des trois salons de Bien Boire en Beaujolais, soit une centaine de vignerons pour un seul cépage, mais trois « approches » du vin. Pour La Beaujoloise, vingt-six vignerons partisans d’une vinification nature, ainsi que quatre domaines du Mâconnais et huit de Touraine, seront réunis dans l’orangerie du château des Ravatys, à Saint-Lager. Comme son nom le laisse entendre, La Biojolaise (Lieu-dit Le Marquisat, Saint-Lager) présentera les productions de vingt-cinq vignerons du Beaujolais certifiés en agriculture biologique ou en deuxième ou troisième année de conversion bio. Onze vignerons AB d’autres régions ont également été invités. Enfin, au château de Saint-Lager, La Beaujol’Art’ accueillera les œuvres de vingt-trois vignerons artisans.

Les grands blancs du monde


Ci-dessous, vous trouverez la liste des vins ayant obtenu une « grande médaille d’or », soit une note minimum
de 92/100 lors des Grands concours du monde 2013 qui se tenaient à Strasbourg ce week-end.

Riesling :
RUHLMANN-DIRRINGER (Dambach la Ville, Alsace), riesling 2011 Vieilles Vignes.
DOPFF & IRION-DOMAINES DU CHÂTEAU DE RIQUEWIHR (Riquewihr, Alsace), riesling 2007 Grand Cru Schoenenbourg-Vendanges Tardives
SCHLOSS ORTENBERG WEINGUT (Ortenberg, Allemagne), riesling 2011 Klingelberger-Spätlese trocken 

Pinot gris :
ARBOGAST FREDERIC (Westhoffen, Alsace), pinot gris 2011 Geierstein-Cuvée Théo
CAVE DE TURCKHEIM (Alsace), pinot gris 2009 Vendanges Tardives
DOMAINE VITICOLE DE LA VILLE DE COLMAR (Alsace), pinot gris 2011 AOC Alsace-Hospices de Colmar

Gewurztraminer :
HAAG JEAN-MARIE (Soultzmatt, Alsace), gewurztraminer 2011 Grand Cru Zinnkoepflé
VIGNOBLE BRAUN CAMILLE ET FILS (Orschwihr, Alsace), gewurztraminer 2011 Sélection de Grains Nobles
HAULLER JEAN ET FILS (Dambach la Ville, Alsace), gewurztraminer 2010 Grand Cru Mambourg
FAHRER SYLVIE (Saint Hyppolite, Alsace), gewurztraminer 2011 l’excellence

Catherine Péré-Vergé nous a quitté

Elle était l’exact inverse de la caricature qu’en fit le cinéaste Jonathan Nossiter dans Mondovino. Ce n’était pas la comtesse aux champs, fabriquant sa future cuvée parkerisée en obéissant béatement aux injonctions d’un Michel Rolland mécanique, mais l’incarnation de l’absolue exigence, au-delà de tout, au-delà des relations avec les autres, les proches comme les plus lointains, avec qui elle entretenait des relations paradoxales.
Catherine Péré-Vergé était une femme du Nord, issue d’une de ces grandes familles où l’on tait autant les douleurs que le bonheur, une femme du Nord qui avait choisi Pomerol pour construire une seconde vie, une seconde œuvre. Bien sûr, elle avait de l’argent, mais elle ne s’est pas contenté de le dépenser avec un certain faste – le château Montviel pour commencer, l’illustre endormi Le Gay pour suivre, l’étoile mystérieuse La Violette pour finir, elle s’est impliqué comme personne dans l’ascension de ses crus, s’interrogeant sur toutes les pratiques culturales, sur tous les moments de la vendange, sur toutes les options de vinification, sur toutes les tendances de l’élevage, sur tous les axes de communication, sur tout, en étant capable à chaque fois de remettre à plat ses convictions et ses a priori. Combien de vignerons depuis cinquante générations, combien de professionnels aguerris ont été capable d’associer ainsi, en permanence, la plus absolue humilité et la quête la plus ambitieuse ?
Catherine était ainsi, et son œuvre viticole est tout sauf anodine. Montviel est devenu un archétype formidable du grand pomerol, Le Gay s’est rapidement imposé comme l’un des incontournables de prestige de l’appellation et la Violette concourt avec le Pin pour le titre de prince de l’exubérance bordelaise. Ça ne l’a pas fait changer pour autant : je l’ai toujours connu humble, inquiète et insatisfaite. Certains avait pris cela pour de l’ignorance. Ils avaient tort. C’était au contraire le témoignage de la grandeur de cette femme qui manquera à Bordeaux et à tous les amateurs de grands vins.

Thierry Desseauve

Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ?




Pendant que l’amateur s’achète du vin, les professionnels les découvrent et les notent. En attendant la déferlante des primeurs bordelaises, Strasbourg accueille ce week-end l’édition 2013 des Grands concours du monde (consacrés aux riesling, pinot gris, gewurtraminer et, c’est nouveau, au sylvaner). Neuf cents échantillons venus de dix-sept pays seront dégustés par quatre-vingt jurés venus du monde entier qui débattront durant deux jours afin de décerner les médailles (Grand or, or et argent) aux meilleurs vins. En parallèle et pour la première fois, se tiendra dimanche, de 11 h à 18 h, la première édition d’un salon logiquement consacré aux grands cépages blancs (entrée 5 € avec un verre de dégustation). Le programme complet des accords parfaits, gourmandises et ateliers proposés durant cette journée est ici.

Le 21e marché aux vins de Givry à ouvert ses portes ce matin (entrée 5 € avec un verre de dégustation) et c’est l’occasion pour l’amateur d’y découvrir, de 10 h à 19 h, jusqu’à dimanche soir, une centaine de productions, givry
et givry premier cru, présentées dans la Halle ronde par une vingtaine de domaines. On pourra aussi réserver sa place pour le festival Musicaves 2013 qui se tiendra du 26 au 30 juin et dont le programme sera dévoilé à cette occasion.

La quatrième édition des Printemps de Châteauneuf-du-Pape, salon des vins créé à l’initiative des jeunes vignerons de l’appellation, regroupera cette année plus de soixante-dix domaines et proposera à l’amateur d’acquérir une cuvée unique élaborée à partir de l’assemblage de cinquante grands vins dans le millésime 2010. Mise en bouteilles le 15 novembre dernier, du format classique de 0,75 cl jusqu’au melchior (18 litres) en passant par le jéroboam (3 litres), cette cuvée très spéciale sera mise aux enchères demain, sous le parrainage de Patrick Timsit, au profit de l’Institut du cerveau et de la moëlle épinière. On peut télécharger ici le catalogue de la vente.




Les primeurs 2012 (2/2)

Les Primeurs 2012, c’est parti. Voici, en exclusivité, les commentaires de Denis Hervier qui promène son verre sur la Rive droite.

Saint-émilion grand-cru-classé 2012, Château La Tour-Figeac
À l’aveugle, on part sur un terroir tout proche de Pomerol, on en a d’ailleurs le soyeux en attaque de palais, la bouche est irrésistible, avec une allonge de grand style et une aromatique déclinant la violette et la guimauve.
C’est l’un des saint-émilion du millésime.

Pomerol 2012, Château Le-Moulin
Sensuel et charmeur, avec des tanins qui se déposent en spirales voluptueuses, ce moulin est déjà un séducteur,
il évoluera parfaitement. Encore une réussite pour ce cru de poupée.

Pomerol 2012, Clos du Clocher
Du volume et un tanin persistant de belle ampleur. À ce stade, ce vin a plus de charme que lors des millésimes précédents, et il a toujours un bon potentiel qui permettra de le retrouver au delà de dix ans.

Pomerol 2012, Château La Violette
Nez de violette avec une touche poivrée, bouche caressante et toute en sensualité, avec une texture en spirales renversante de soyeux. Volume parfait et harmonieux.

Pomerol 2012, Château La Pointe
Grande délicatesse de tanin, il y a du fond et de délicieux accents de violette avec une touche de poivre de Madagascar. C’est un séducteur.

Bon anniversaire





C’est parti pour les festivités de l’année dans les appellations d’origine contrôlée Cheverny et Cour Cherverny,
qui fêtent leurs vingt ans d’existence, promulguée par décret en mars 1993. Ce matin, les vignerons ont accompagné leurs invités dans les vignes afin que chacun taille son cep. Tout ces amateurs reviendront le
7 septembre pour récolter leur production et fêter les vendanges. Juste après, l’exposition Portraits de vignerons
a été inaugurée à la Maison des vins installée dans l’ancienne forge du château de Cheverny, qui accueille chaque saison près de cent mille visiteurs, propose cent cuvées à la dégustation et écoule plus de 200 bouteilles par jour entre mars et novembre. Cet été, grâce aux dons des producteurs, les restaurateurs du Loir-et-Cher proposeront également des dégustations gratuites de ces vins fruités et légers qui naissent sur la rive gauche de la Loire.
Produit par vingt-quatre communes, le cheverny existe dans les trois couleurs. C’est un vin d’assemblage issu
de sauvignon et de chardonnay ou de pinot noir et de gamay. Vin blanc sec produit sur onze communes, le cour-cheverny est uniquement issu de romorantin, un cépage introduit par François 1er en 1519 et planté aux abords
du château où vivait sa mère. 52 % de sa production est éco-certifiée.

Jazz à Palmer






Voici venu le temps d’écouter Palmer. C’est désormais une tradition que ce concert de jazz, interprétation du millésime proposée en avant-première de la semaine des primeurs. Après le pianiste Jacky Terrasson sur le millésime 2009, le clarinettiste Michel Portal et le pianiste Yaron Herman pour l’interprétation respective du premier et du second vin (Alter Ego) du château dans le millésime 2010 et le trio Air (Giovanni Mirabassi au piano, Glenn Ferris au trombone et Flavio Boltro à la trompette) l’année dernière, c’est le Lionel Belmondo Trio qui fera
« entendre » aux amateurs la substance, les nuances et la nature du millésime 2012. Le saxophoniste Lionel Belmondo, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Jean-Pierre Arnaud seront au château dès ce soir pour déguster ce château-palmer 2012 et son alter ego. Le temps pour les trois jazzmen de décrypter les vins et de les mettre en musique et le public sera là, attendu demain soir à 19 h. Comme l’année dernière, on pourra écouter
ce concert en direct à partir du site du château (sur la page que Palmer consacre à ces créations, on peut aussi écouter les artistes et les œuvres des années précédentes) et aussi. Il sera ensuite disponible en streaming
dès samedi et pour soixante jours.


Les Primeurs 2012 (1/2)

Les Primeurs 2012, c’est parti. Voici, en exclusivité, les commentaires de Denis Hervier qui promène son verre sur
la Rive droite.

Blaye, côtes de-bordeaux 2012, Château Magdeleine-Bouhou
Pour sauver son domaine, Muriel Revaire-Rousseau est allée frapper en 2010 à la porte de Stéphane Derenoncourt qui s’est pris de passion pour ce domaine de Blaye situé sur l’un des meilleurs terroirs d’argilo-calcaire où croissent merlot et malbec. Le résultat de ce 2012 est probant avec un nez de violette et de poivre blanc, la bouche constitue une vraie corbeille de fruits rouges et de fruits noirs avec une jolie finale épicée. C’est l’un de nos coups de coeur sur le secteur. Le premier millésime en blanc s’annonce également prometteur. Ce seront d’excellents rapports qualité/prix.

Puisseguin-saint-émilion 2012, Château Clarisse, Vieilles Vignes
Robe concentrée et profonde, nez de myrtille et de poivre noir de Sichuan, la bouche a de l’allure et le vin tapisse tout le palais en largeur comme en longueur, la finale épicée a du style. 

Saint-émilion grand-cru 2012, Château Montlabert
C’est le premier millésime où le style imprimé par Hubert de Boüard se fait sentir. Nez de myrtille, attaque pleine, bouche à la fois puissante et élégante de bonne dimension avec de la fraîcheur en fin. C’est le meilleur jamais produit par la propriété.

Saint-émilion grand-cru-classé 2012, Château de Pressac
Les consultants qui entourent Pressac ont encore bien œuvré sur ce terroir de premier ordre, l’entrée de bouche est plus suave et l’allonge persistante avec une aromatique déjà bien dégagée où se mêlent les fruits noirs, le poivre de Sichuan et une belle finale florale.

Saint-émilion grand-cru-classé 2012, Château Sansonnet
On a plus d’énergie que dans les millésimes précédents, avec le charme habituel du cru qui a de la sève,
un toucher de tanin onctueux, et une persistance épicée particulièrement harmonieuse. Cela fera une très belle bouteille!

La photo provient du site officiel du Château de Pressac.

Les primeurs (2/2)

Si vous ne parlez pas le chinois, c'est pas grave

Des professionnels chinois ont réalisé ce film lors de la Bettane+Desseauve Wine Experience de Shanghaï, ils ont eu la gentillesse de nous l’envoyer. Le voici.
Vous pouvez également le retrouver ici.

Le monde magique de 1855.com

Avec ce merveilleux angélisme attribué le plus souvent aux enfants, la gouvernance de 1855 (.com, oui) annonce une deuxième année consécutive bénéficiaire. Bref, ça marche très bien pour ces jeunes gens qui ont complètement dévalué la célèbre expression américaine « take the money and run ».
Eux, ils ne courent pas, ils restent. Avec un bon sourire, absents de la réalité qui les entoure, de la somme de mauvaises ondes qu’ils cristallisent sur leurs noms, des procès qu’ils perdent en rafale, des dégâts collatéraux infligés au e-commerce du vin, de l’image désastreuse qu’ils imposent aux châteaux bordelais.
Un côté pas concerné qui est proprement ahurissant. Pour commenter leurs résultats, ils se félicitent de constater lire la suite…