
Au cours des cinq matinées de dégustation de cette dix-neuvième édition, les cent trente-sept dégustateurs de trente-six nationalités différentes ont goûté trois mille quatre cent vingt-cinq cuvées. Les huit vins* qui ont reçu
un Trophée Vinalies Internationales (les mieux notés dans leur catégorie) ont été dévoilés lors d’une soirée de clôture à huis clos chez Ledoyen, en présence de Madame Claudia Inés Quini, présidente de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) et des représentants des ministères et organismes de la filière vin.
Cyril Payon, président de l’Union des œnologues de France, organisatrice du concours, a déclaré lors de cette remise de prix que ces dégustations, des échanges aux regards et attitudes des dégustateurs autour de la table, «sont simplement majestueuses tant la concentration qui y règne impose un silence des plus respectés. Les mots, tous en français, sont précis, justes, flatteurs, parfois cinglants. Rien n’échappe aux palais de ceux qui s’attachent
à comprendre les cuvées qu’ils dégustent lors de leur caractérisation. Avec nos Trophées, nous sommes loin du précepte qui voudrait désigner le meilleur vin du monde. Nous saluons seulement celui qui, dans sa catégorie,
a obtenu la meilleure note et donc ébloui le plus favorablement par ses qualités intrinsèques.». Ces qualités sont d’ailleurs toutes répertoriées de manière instantanée et sauvegardées grâce à un système informatique conçu spécialement pour le concours. Si besoin est, un débat s’instaure pour aboutir à un consensus général. Chaque note, accompagnée du commentaire de dégustation, est à la disposition du vigneron concourant qui peut recueillir ainsi des éloges fondés et professionnels et obtenir un argument commercial des plus légitimes. L’intégralité de ces commentaires de vins primés sera éditée dans un ouvrage diffusé à l’ensemble des acteurs et acheteurs de la filière vin en France et dans le monde. Au total, mille vingt-quatre vins ont été récompensés cette année, 256 par une médaille d’or et 768 par une médaille d’argent. La totalité de ce palmarès est à retrouver ici.
* Catégorie vins blancs secs :
Vinicola San Lorenzo, S.A. de C.V. – Casa Madero Chenin blanc 2012 (Mexique)
Catégorie vins rouges secs :
Manny O. Wines Ltd, Philippines – Château La Chandellière Cru bourgeois rouge 2007, AOC Médoc (France)
Catégorie vins rosés :
Famille Quiot – Domaine Houchart rosé 2012, AOC Côtes-de-Provence (France)
Catégorie vins effervescents (ex aequo) :
EARL Vignobles Baudry – Champagne Baudry Brut Privilège blanc, AOC Champagne (France)
Champagne Prestige des Sacres Brut Cuvée Grenat blanc 2007, AOC Champagne (France)
Catégorie vins liquoreux :
Provins Valais – Domaine Tourbillon blanc 2008, AOC Valais (Suisse)
Catégorie vins de liqueur :
Bodegas Robles SA – PX Robles, Seleccion del 1927, DO Montilla-Moriles (Espagne)
Catégorie eaux-de-vie :
Bodegas y Viñedos Tabernero SAC – Tabernero Pisco Premium Mosto Verde Italia, DOC Pisco (Pérou)
Vinalies Internationales 2013
Rubbish, le vin naturel ?
C’est Michel Chapoutier qui le dit, en anglais et ici, dans la troisième édition du supplément de Drinks International consacré aux marques de vins les plus admirées dans le monde*. Placé en quatrième position, et à nouveau le premier cité pour ce qui concerne les marques françaises, Chapoutier déclare que faire du vin naturel c’est comme faire du vinaigre, et même du mauvais vinaigre. Comment, se demande celui dont les vignobles sont conduits en agriculture bio ou biodynamique, quelqu’un peut-il permettre à des levures toxiques de se développer dans le vin ? Par quelqu’un, comprendre un vigneron. Vigneron que ce vigneron et négociant trouve un peu gonflé de produire des vins avec des défauts et de présenter ces défauts comme étant « naturels » (comprendre qu’on faisait comme ça, avant, et que c’est donc forcément bon). Michel Chapoutier, lui, ne voit rien de naturel dans le retour au temps où l’on n’avait pas les outils pour faire des vins sans défaut. À part ça, il se voit encore vigneron dans vingt ans et il ne souhaite défendre qu’une chose, le fait de faire des vins rares, de terroir.
* Top 3 : Concha y Toro (Chili & Argentine), Torres (Espagne) et Penfolds (Australie).
Henriot, Grange des pères, Petite Cocotte
Ingrédients
– Un samedi soir un peu doux,
– trois paires de potes de bonne qualité,
– une grande table dans une vaste cuisine,
– un hôte talentueux aux fourneaux,
– un menu de princes.
Secouez tout ça avec précaution. Prévoir des fleurs.
Vins
– Attaquer la soirée avec un champagne rosé 1989 Henriot en magnum. Les griottes le disputent au miel, c’est la grande émotion. Il y en a beaucoup dans ce magnum. Décidément, chaque fois que je rencontre un champagne de cette maison, ça se passe très bien. Rappeler au passage que le champagne est sans doute le vin qui vieillit le mieux.

– Avoir le choix entre un trévallon blanc et un autre. Choisir un blanc 2007 de la Grange des pères, que je ne connais pas (à la différence du trévallon blanc). Divine surprise. Au nez, on comprend lire la suite…
Brane-Cantenac en primeur (et en photos)

La Semaine des primeurs approche. Si chaque château bordelais peaufine ses échantillons et ses invitations, certains d’entre eux poussent le concept un peu plus loin. Brane-Cantenac en est un. Après les photos de l’œnologue Éric Boissenot, l’an dernier, l’idée de l’expo photo trouve son ancrage cette année avec une série de portraits des collaborateurs du château. En noir et blanc, encore une fois.
Ces photos sont signées François Poincet, un Girondin…lire la suite
La taille à Pichon-Longueville

C’est une étape-maîtresse pour l’obtention de raisins de très grande qualité que celle de couper les anciens rameaux afin que se développent ceux qui vont porter les fruits de l’année. Pied après pied, à la main, la minutieuse taille a débuté en décembre au château Pichon-Longuville, et elle se terminera fin mars. Les secrets pour obtenir une répartition équilibrée des bourgeons sur le rameau tout en respectant la bonne circulation de la sève sont dévoilés dans cette vidéo.
Coup de cœurà Saint-Émilion

Denis Hervier poursuit ses dégustations dans l’optique du prochain guide Bettane & Desseauve. Découvrez le Château Sansonnet.
« Sur le plateau argilo-calcaire de Saint-Émilion, à proximité du château Trottevieille, sur un terroir de grand cru classé, le Château Sansonnet appartint au duc Decazes, ministre épicurien de Louis XVIII. Avec l’arrivée de Marie-Bénédicte Lefévère en 2009 pour diriger la manœuvre, ce domaine affiche une nouvelle ambition qui apparaît sur le millésime 2010. Le 2011 joue dans la cour des grands, et le reclassement en grand cru classé est pleinement mérité.
Sansonnet 2011
La texture soyeuse possède du style et ce 2011 possède également de la profondeur, un volume harmonieux.
La finale sur les accents de pivoine a de la classe. »
Denis Hervier
En route pour le Rhône

• Le Palais des Papes d’Avignon accueille lundi et mardi la septième édition du rendez-vous viticole Découvertes en vallée du Rhône. A cette occasion, réservée aux professionnels, près de 650 exposants seront présents pour rencontrer cavistes, sommeliers, importateurs, grossistes, agents commerciaux, journalistes et restaurateurs-hôteliers français et étrangers. Les quatre-vingt familles de vignerons de Vacqueyras regroupées sous la dénomination de Vignerons de caractère participeront aux master class* et présenteront sur leur stand (le n°85) leurs nouveaux millésimes ainsi que quelques cuvées inédites. Depuis leur union en 1957, ces Vignerons de caractère se sont attachés à la valorisation de leur territoire. En 1990, leurs efforts ont abouti à la reconnaissance par l’INAO du cru de Vacqueyras. Leur expertise s’est aujourd’hui étendue aux crus avoisinants des Dentelles
de Montmirail et de Châteauneuf-du-Pape. Après avoir été parmi les premiers à publier un rapport sur le développement durable, ils se sont engagés en 2007 dans une démarche appelée Vignerons en développement durable et ont mis en œuvre un plan de 90 actions autour des trois piliers concernés : économique, social et environnemental. Ces efforts seront récompensés par la reconnaissance du « niveau de maturité » de la norme mondiale développement durable ISO 26 000.
* Lundi 11, à 17 h : Vacqueyras, la force du biologique. Mardi 12, à 10 h :
Verticale de Gigondas de 2007 à 1990.
• Si vous n’êtes pas un professionnel (et que vous êtes à Paris), vous pourrez quand même faire un petit tour dans
la vallée du Rhône, mercredi soir, lors de la désormais très régulière dégustation de grands vins proposée par l’école Dégust’Emoi. C’est à 20 h, dans un restaurant du douzième arrondissement et il faut très vite réserver ici (tarif 78 euros). Fromages et charcuteries, et deux vins surprises, vont seront proposés avec ce programme-là :
– Domaine Rostaing, Côte rôtie « Cote blonde » 2004
– Domaine Gérin, Côte rôtie « Champin le seigneur » 2009
– Domaine Jamet, Côte rôtie 1997
– Domaine Sorrel, Hermitage rouge « Gréal » 2006
– Domaine Dard & Ribo, Hermitage rouge 2010
– Domaine Thierry Allemand « Reynard » 2007
– Domaine Voge, Cornas Vieilles Vignes 1997
Le spiritueux préféré des Français

Selon une étude réalisée pour le salon Vinexpo qui se tiendra à Bordeaux en juin, la France reste le premier consommateur de whisky au monde, devant les Etats-Unis et le Royaume Uni, avec plus de quatorze millions de caisses de neuf litres commercialisées en 2011 et une consommation en croissance de 10% par rapport à 2007. Rien ne devrait changer dans les années à venir, cette même étude prévoyant même une croissance de 3,35 % entre 2012 et 2016. A l’instinct, on aurait dit que les Français préféraient le pastis et on aurait volontiers réservé la consommation de whisky à des ambiances plus anglo-saxonnes, façon clubs de gentlemen. Il n’en est rien, donc, et ce succès est du à la fois à une gamme très diversifiée, qui touche une large palette de consommateurs, des non-initiés aux plus fins connaisseurs, et à une variété de «moments» de consommation. Avantage que n’a pas forcément la vodka, star mondiale des spiritueux, dont la consommation a enregistré une progression de 47 % en France entre 2007 et 2011 (exactement comme le bourbon, qui profite de l’engouement autour du whisky). Globalement, la consommation de ces alcools, dont plus de 55 % sont importés, reste stable en France (+ 0,93% entre 2007 et 2011). Au niveau mondial, elle enregistre une hausse spectaculaire sur la même période, + 74%, portée évidemment par la zone Asie-Pacifique qui représente 61,5 % du marché.
Les coulisses du vin

Pourquoi certains vins sont plus rouges que d’autres ? Pourquoi certains vins se gardent plus longtemps que d’autres ? Quelle sont les différences entre un vin sec, demi-sec ou moelleux ? Quelles sont les techniques pour obtenir des bulles dans le vin ? Voilà le genre de questions que l’amateur est en droit de se poser et auxquelles
la maison saumuroise Langlois-Chateau se propose de répondre au long d’une visite guidée découpée en quatre actes. Le premier se déroule dans le décor d’une ancienne classe reconvertie en Ecole du vin. Là sont enseignées les bases de l’œnologie. Au programme, présentation des différentes appellations de la Loire, de la géologie,
des terroirs, des cépages ligériens et des vinifications dans les trois couleurs. Deuxième acte, visite du chai de la maison, en profitant au passage de la vue panoramique sur la vallée de la Loire. Après avoir vu le vendangeoir,
les pressoirs et les cuveries, on passe à l’acte trois, consacré aux caves de tuffeau (voir photo ci-dessus). Soit une balade souterraine qui est aussi l’occasion de découvrir l’élaboration traditionnelle du crémant (vieillissement sur lie, remuages manuels et mécaniques, dégorgement par la glace). Après la théorie vient évidemment la pratique,
le quatrième acte étant une dégustation commentée des différents vins produits par cette maison implantée à Saumur depuis 1885 qui exploite 71 hectares de vignes sur différentes AOC. Coup de cœur Smartbox du public en 2012 et recommandée par Tripadvisor, cette visite guidée d’une heure et demie (pour 5 euros) a déjà été effectuée par près de 12 000 personnes. Récompensé en 2011 par le réseau des caves touristiques du vignoble de Loire, Langlois-Chateau est labellisé France Qualité Tourisme. Réservation au 02 41 40 21 40.











