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L’Alsace au Japon


Lors du Japan Wine Challenge qui s’est tenu à Tokyo il y a une dizaine de jours, les trois producteurs alsaciens réunis sous le nom de Châteaux et Terroirs (La Cave des Vignerons de Pfaffenheim, Dopff & Irion Domaines du Château de Riquewihr et Le Clos du Château d’Isenbourg) ont reçu un total de douze médailles et cinq labels de qualité. Parmi ces récompenses, Le Clos du Château d’Isenbourg s’est vu attribuer les plus hautes distinctions possibles, Meilleur vin français et Meilleur vin blanc de l’Ancien monde, pour son millésime 2010 Les Tourelles,
un assemblage rare en Alsace de quatre cépages (riesling, pinot blanc, pinot gris et gewurztraminer). Lancé en 1997, le Japan Wine Challenge repose sur une dégustation indépendante, à l’aveugle. Cette année, la sélection de juges rassemblée en juillet dernier à l’Hôtel Conrad de Tokyo a goûté plus de 1350 vins provenant du monde entier. Patrick Doucet, directeur commercial de Châteaux et Terroirs, s’est dit enchanté des résultats remarquables obtenus par le groupe. «Nous estimons énormément le marché japonais et nous sommes très fiers d’avoir remporté ces récompenses. La production de vin est une passion, un mode de vie et produire avec constance des vins d’une si haute qualité demande un énorme engagement. Aussi est-ce un grand honneur que de recevoir la reconnaissance d’un groupe de juges aussi respecté.»

Château Monbousquet serait vendu

Le charmant Gérard Perse a décidé de se séparer de Château Monbousquet, acquis il y a vingt ans. En fait il semble qu’il ait vendu les murs et conservé l’exploitation du domaine et la jouissance du château, sa résidence depuis qu’il en a assuré la restauration. Son associé serait une mutuelle, soucieuse d’acquérir du foncier. Les raisons de cette cession semblent être le souci de Gérard de mettre sa fille à l’abri des soucis inhérents à la transmission.
Tout ceci est très conditionnel au motif qu’on manque sérieusement d’informations. Quelqu’un, quelque part, n’a pas fait le boulot.
On se souvient de l’arrivée de Perse à Saint-Émilion. L’acquisition de Monbousquet avait déclenché quelques railleries sur les supposées terres à maïs sur lesquelles ce Parisien ignorant, épicier de surcroît, avait l’impudence de vouloir faire du vin. La réponse avait été cinglante. Son premier millésime, 1993, avait été jugé extraordinaire par la critique, Michel Bettane ayant été le premier à se prononcer et à lire la suite…

Denis Hervier a goûté les bourgognes blancs d'Olivier Leflaive


À ce niveau, ce n’est même pas encore une avant-première que nous vous proposons, mais carrément une indiscrétion. Depuis un mois, les dix dégustateurs du Guide Bettane & Desseauve sont dans les régions en train de goûter les vins afin d’établir la sélection pour la prochaine édition du Guide. Nous leur avons demandé de nous dire leurs coups de cœur au fur et à mesure de l’avancement des dégustations. C’est Denis Hervier qui ouvre le bal et cette nouvelle section de MyBettaneDesseauve.
Il va de soi que tout ceci ne préjuge en rien de ce qui sera finalement édité dans le Guide.

« Les vins du négoce d’Olivier Leflaive comme ceux du domaine possèdent une grande sûreté de style, grâce à l’expérience et au talent de Frank Grux. Les 2011 sont d’une précision époustouflante et ils reflètent parfaitement le terroir qui les porte. C’est une des priorités sur le millésime : pour 12,50 euros, on a l’archétype du blanc de Bourgogne réussi, avec du gras, des accents salins qui rafraîchissent, et un coulant de bonne facture. Vin de tension équilibrée très typé, le pernand-vergelesses possède une allonge bien définie, tarifée autour des 18 euros. Avec ses accents de citron nuancés de fumé, sa bouche en tension élégante le saint-aubin en-remilly offre une finale saline délicieuse. Le chassagne-montrachet premier-cru abbaye-de-morgeot fait méditer sur la densité crémeuse et une tension cistercienne qui pousse au recueillement. Le puligny-montrachet les-folatières est un premier cru d’anthologie avec de la percussion et une aromatique déclinant tous les agrumes, la finale saline aérienne et montante est aristocratique. Le chevalier-montrachet présente un nez minéral avec une bouche toute en tension et une onctuosité fine en attaque, l’assise est toute en subtilité et il rayonne en finale, l’équilibre est parfait, un modèle absolu de chevalier. Le montrachet séduit par son nez de miel, d’amande, d’orange sanguine, de noisette et de fruits jaunes que l’on retrouve dans une attaque aux vibrations généreuses, puis la tension s’installe et se diffuse de la façon la plus ample jusqu’à la pointe des pieds. Un modèle d’équilibre. »

Denis Hervier

Avant Shanghai, retour à Paris

Au moment où chacun se prépare à partir à Shanghai pour assister à la Bettane+Desseauve Wine Experience, voici un petit reminder du Grand Tasting à Paris, décembre 2012. Où l’on a une vue imprenable sur l’avenir du vin : les jeunes générations et les Chinois.

Les climats de Bourgogne sont-ils vraiment exceptionnels ?

C’est la question sur laquelle se penchera l’ingénieur agronome et géographe Yves Luginbühl, directeur de recherche émérite au CNRS, lors de la conférence qu’il donnera mardi 26 février dans l’amphithéâtre du Lycée viticole de Beaune à 20 heures (l’entrée est libre). Articulant histoire, géographie, sociologie et aménagement du territoire, Yves Luginbühl explore le paysage et questionne les enjeux de société qui lui sont liés. Il se penchera donc sur le « cas » des climats du vignoble de Bourgogne en interrogeant la construction culturelle et naturelle du site, qui a fait sa singularité. Cette conférence, qui s’inscrit dans un cycle intitulé « La Bourgogne viticole » organisé par la direction du patrimoine culturel de la Ville de Beaune et ses partenaires, sera suivie d’une présentation du dernier ouvrage de l’auteur, La mise en scène du monde, construction du paysage européen (Editions du CNRS).

La session du premier semestre 2013 poursuit les objectifs entamés en 2012 avec succès. La volonté reste clairement affirmée de prolonger une politique active de sensibilisation aux valeurs des climats du vignoble de Bourgogne candidats au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les plans d’actions mis en place à travers l’étude de fonds, de médiation et de valorisation, ouvrent sur différents axes de réflexions et dévoilent une multitude de problématiques qu’il faut prendre en considération afin de saisir toute la complexité et la richesse de ce patrimoine unique. Ainsi la Bourgogne viticole se découvre à travers divers angles d’approche : histoire, géographie, analyse comparative avec les autres vignobles, commerce, consommation, environnement, publicité… La prochaine conférence, qui se tiendra le 19 mars, aura pour thème le développement durable.

Marquis de Terme et les futurs sommeliers


Le grand cru classé de Margaux dirigé par Ludovic David a été choisi comme parrain de la promotion 2012-2013
de sommellerie du Lycée d’hôtellerie et de tourisme de Gascogne. Chaque année, les élèves bénéficient des conseils et du savoir-faire d’un grand cru classé du Médoc. La propriété va donc accompagner dix-neuf futurs sommeliers jusqu’à leur diplôme et cette relation privilégiée permettra aux étudiants de suivre l’évolution du vin tout au long de l’année. Créée en 1984, la mention sommellerie permet à des élèves motivés et passionnés par le vin, issus d’une formation de restauration ou directement de la profession, de profiter du savoir régional que leur confère la proximité des grands crus classés. Des vendanges à Haut-Brion à la vinification dans les Graves, en passant par des stages au Grand Véfour ou chez Ledoyen, cette année d’apprentissage et de perfectionnement associe théorie et pratique.

Qu’est-ce qu’on fait ce week-end ?





On arpente le Salon de l’agriculture, qui fête cette année ses 50 ans d’existence. Le dynamique site du salon propose au visiteur de préparer son parcours à l’avance. Dix thèmes ont été listés, des plus événementiels
(Spécial anniversaire ou Concours général agricole) aux plus pragmatiques, comme ce Top chrono qui
déroule l’essentiel du salon en trois heures ou celui consacré à une visite avec des enfants. Sous le thème
Visite interactive, on trouvera tout ce que le salon propose d’animations basées sur l’échange, jeux, ateliers, dégustations. Les très attendues stars du salon ont évidemment droit à un parcours dédié, tout comme les terroirs, les saveurs et le tourisme vert, rural, équestre et de loisirs. Pour ce qui concerne le vin, qui dispose pour la troisième année d’un pavillon (de 300 m2), le site propose une très précise sélection par région, couleur ou accord avec des mets. Ca commence demain à Paris, Porte de Versailles, et ça dure jusqu’au 3 mars. Entrée plein tarif 13 euros.


On twitte @CarnetsRuinart. Frédéric Panaïotis, le chef de caves de la Maison Ruinart s’en va en Australie début mars. Comme il le dit lui-même, « c’est toujours un peu fatigant de traverser la planète, mais je ne vais pas bouder mon plaisir car, après un stop à Singapour, je file en Australie. Et l’Australie, j’adore ! Ce ne sera pas une découverte, ayant eu la chance d’y aller à plusieurs reprises, mais me dire que je vais notamment revoir Melbourne (après Brisbane et Sydney), ça me met en joie. » Il y passera six jours, trop peu à son avis pour y découvrir de nouveaux vins. S’il a en mémoire « de belles bouteilles, notamment chez Giaconda, surtout pour les blancs (chardonnay et assemblages roussanne marsanne), tendus et à la finesse quasi bourguignonne ; chez Bindi Vineyard avec la cuvée Quartz, encore en chardonnay ; chez Leeuwin Estate, tout à l’ouest, toujours pour des chardonnays magnifiques (et aussi les étiquettes, quelle splendeur !) ; chez Henschke (Hill of Grace) et Penfolds (Grange) pour les syrahs » et se souvient avec émotion d’un cabernet-sauvignon de ses amis de Cape Mentelle, dégusté sur un barbecue de kangourou, il met l’amateur à contribution afin de recueillir des suggestions de vins à découvrir, en particulier sur les cépages suivants : chardonnay, riesling, pinot noir, shiraz et cabernet. Comme il n’est pas obtus, « si vous avez en tête un vin d’un cépage non cité ou digne d’intérêt », il est également preneur. C’est dit. A vos notes de dégustation, 140 caractères de rigueur.


On réserve sa place pour une dégustation de bourgognes mythiques qui aura lieu mercredi prochain. Après
le succès de son “Tour de France des vins rouges mythiques” que nous avions annoncé ici-même, la maison Dégust’Emoi propose à l’amateur une soirée bourguignonne dont voici les étapes :
– Domaine Jean Louis Trapet, Chambertin Grand Cru 1998 
– Domaine Jean Louis Trapet, Chapelle chambertin Grand Cru 1993
– Domaine Meo Camuzet, Echezeaux Grand Cru 2006
– Domaine Amiot Servelle, Chambolle-Musigny 1er Cru Les Amoureuses 1990
– Domaine Morey, Batard Montrachet Grand Cru 2006
– Domaine Dauvissat, Chablis « Les Clos » Grand Cru 2006
– Domaine Prieuré Roch, Nuits Saint Georges 1er Cru « Clos des Corvées » 1999
– Domaine de Courcel, Pommard 1er Cru « les Rugiens 2002 »
Cela se passe à nouveau à Paris, dans un restaurant du faubourg Saint Antoine. Le tarif de cette dégustation
(avec planches de charcuteries fines et de fromages au lait cru) est de 137,20 € au lieu de 196 €. Le nombre
de places est évidemment limité, on s’inscrit vite et .

Un vin de l'ancien monde


Terre de soleil, mais aussi malheureusement terre de guerres, le Liban produit aussi du vin.
C’est le cas du Domaine de Baal. Visite.

Ce n’est un secret pour personne, on produit du vin au Liban et ce, depuis déjà quelques millénaires. Carlos Ghosn a trouvé la bonne formulation : « Après le vin d’Europe, celui du nouveau monde, c’est le vin de l’ancien monde qui émerge ». Voyez par là les vins grecs, palestiniens, chypriotes et syriens, mais aussi le Liban, l’un des premiers pays producteurs de vin. Il a gardé jusqu’à nos jours des traces de cette culture. Ainsi le plus grand temple romain dédié à Bacchus fut construit au Liban, à Baalbek plus précisément, dans la pleine de la Bekaa, à quelques dizaines de kilomètres du Domaine de Baal.
Sébastien Khoury est à la tête de ce domaine viticole. Franco-libanais, il a grandi à Pauillac auprès de son père qui était médecin. Se dirigeant davantage vers une carrière de négociant, il deviendra finalement vigneron, reprenant la propriété libanaise de son père en 2005. Mais ne sait pas faire du vin qui veut. Il apprit le métier à bonne école,
au château La Couspaude à Saint-Émilion, aux côtés de celui qui est devenu son mentor, Jean-Claude Aubert.
Le Domaine de Baal est situé sur les hauteurs de Zahlé au cœur de la vallée de la Bekaa, plaine fertile à 900 mètres d’altitude qui fut « le grenier à blé » des romains. Entourée par des montagnes, le Mont Liban côté ouest et l’Anti Liban côté est, la Vallée de la Bekaa offre un panorama splendide et un climat idéal pour la vigne. Le vignoble est entièrement cultivé en terrasses, compliquant ainsi les différentes taches qui sont exécutées manuellement. Bénéficiant d’une exposition sud, un magnifique terroir d’argiles rouges posées sur des roches calcaires apportent fraîcheur et minéralité aux vins. La propriété s’étend sur douze hectares, dont cinq de vignes. Le prochain objectif est d’agrandir la surface viticole de trois hectares. Les cépages cultivés sont bien connus des vignerons français. Ainsi, on y retrouve le cabernet franc et le merlot, le cabernet sauvignon, le syrah, le chardonnay et le sauvignon blanc.

Sébastien Khoury

Avec un climat parfois très chaud l’été, il est important de protéger le vin. Pour ce faire, la cave a été construite en pierres de taille, les murs font un mètre d’épaisseur et sont isolés avec de la terre. Tous les toits sont végétaux,
c’est-à-dire recouverts de terre et de différentes plantes grasses résistantes à la sécheresse, une isolation naturelle qui évite l’utilisation de climatisations. Construit en pierres à l’ancienne, le chai à barriques est entièrement voûté.
Il se situe sous le cuvier. La moitié du chai est sous terre, la roche y est apparente et la température naturelle varie entre 13 et 16 degrés durant l’année avec une humidité de 70% à 75%. L’élevage en barriques s’étend de 16 à 18 mois, dont 35% de barriques neuves. Le vignoble est travaillé en agriculture biologique. Ainsi, l’écologie, le respect de la terre et de l’environnement sont des facteurs fondamentaux aux yeux de Sébastien Khoury.
En ce qui concerne la commercialisation du vin, une moitié de la production est vendue au Liban, l’autre moitié est exportée en France, en République tchèque et en Suisse.
Maintenant bien installé au Liban, Sébastien Khoury ne renie pas pour autant son pays d’enfance. Il compte même revenir au moins une fois par an à Saint-Émilion et dans le Médoc, deux lieux auxquels il sera toujours très attaché.

Pour les intéressés, vous pouvez découvrir et déguster du Domaine de Baal à Paris. Pour cela, direction le bar à vin « O Château » dans le 1er arrondissement, ou « La Compagnie des Vins Surnaturels » dans le 6e arrondissement.

Les commentaires de Michel Bettane pour le 2009 :

Domaine de Baal, blanc 2009
Un vin généreux. Très fin équilibre entre acidité et alcool. Il bénéficie d’une bonne complémentarité entre les deux cépages. Très bien vinifié. 14,5/20

Domaine de Baal, rouge 2009
Nez très développé. Vin épicé, boisé avec des herbes aromatiques? Assez empyromatique. Extrêmement bien vinifié. Excellent vin. 16,5/20

Pierre Grenié
Photos : Hicham Abou Raad

Les succès du rosé




A l’occasion du salon professionnel Un jour en Provence qu’il organisait lundi à Paris, le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP) a dévoilé les derniers chiffres concernant le marché du rosé en France et dans le monde. En 1990, le rosé représentait 10,8 % du volume total de vin (tranquille) consommé en France. Aujourd’hui, ce chiffre dépasse les 28 % et continue de progresser. Si les 18-24 ans sont les premiers à l’apprécier (on passe alors à 32 %), le rosé est consommé par toute les générations et progresse chez les femmes (+8 points en quatre ans). Plus de neuf consommateurs de vin sur dix boivent du rosé, soit un marché estimé à 35,5 millions d’amateurs. En restauration, plus d’une bouteille de vin vendue sur quatre est une bouteille de rosé et 42 % des vins rosés d’AOC achetés en grandes et moyennes surfaces sont des rosés de Provence (+ 43 % en valeur sur 10 ans).




La Provence maintient donc sa position de leader avec 136 millions de cols AOC produits cette année, ce qui représente 40% de la production nationale et environ 5% de la production mondiale. 14 % du volume des vins de Provence est désormais vendu à l’international et les exportations vers les Etats-Unis ont triplé. D’une manière générale, on observe une accélération des flux au niveau mondial, une bouteille de rosé sur quatre traversant désormais les frontières de son pays de production avant d’être consommée. Avec 6,5 millions d’hectolitres produits en 2011, soit plus du quart de la production mondiale, la France est le premier pays producteur de rosé, devant l’Italie et les Etats-Unis. 23,8 millions d’hectolitres de rosé ont été produits dans le monde en 2011, ce qui représente 9 % du volume total de production de vin tranquille.

(Source Observatoire Economique du Rosé-CIVP. Crédit photo : G. Masson)

Château Figeac, du nouveau

La famille Manoncourt a décidé de nommer Jean-Valmy Nicolas co-gérant de la société d’exploitation du Château-Figeac. Sa mission : mettre en place une nouvelle Direction générale, une nouvelle stratégie commerciale en resserrant les liens avec la place de Bordeaux et « renforcer les moyens mis en œuvre au service du rayonnement et de la pérennité familiale de Figeac ».

Jean-Valmy est mieux connu pour être l’un des héritiers et le co-gérant de Château La-Conseillante.
Ce garçon qui est un spécialiste de la gestion des affaires à capitaux familiaux, est à l’origine du spectaculaire redressement du célèbre pomerol. Pour autant, il n’est pas vigneron, il ne peut pas l’être même s’il le souhaitait. Il a l’obligation d’exercer… lire la suite